SOCIÉTÉ

Les engagements du gouvernement chinois

- Interview de M. Zhao Pengfei, coordinateur de l’OMS en matière d’épidémie du sida

M. Zhao Pengfei, coordinateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière d’épidémie du sida, a accordé récemment à Beijing une interview à la presse. Voici des extraits du contenu de l’interview.

Question : Le gouvernement chinois a pris actuellement une série de mesures préventives tels que la généralisation de l’emploi de préservatifs et d’aiguilles de seringue nettes afin d’empêcher la propagation du sida. D’après vous, ces mesures sont-elles efficaces ?

Réponse : Les résultats obtenus dans les villes désignées comme banc d’essai montrent que ces mesures sont non seulement positives et efficaces, mais aussi très réussies.

Q. : Pouvez-vous fournir des données concernées du Programme de 100 % d’utilisation de préservatifs ou parler de l’exécution actuelle de ce programme ?

R. : Jusqu’à présent, le Programme de 100 % d’utilisation de préservatifs est fructueux dans toutes les quatre villes-pilotes. Par exemple, à Jingjiang du Jiangsu et à Huangpi du Hubei, premières villes à démarrer en 2001 le programme, le taux d’utilisation de préservatifs dans les lieux de divertissement a dépassé 90 % et le taux des maladies sexuellement transmissibles (MST) a baissé de 50 %. S’instruisant de l’expérience de Jingjiang et de Huangpi, la ville de Lixian, au Hunan, et la ville de Danzhou, à Hainan, ont aussi entamé le programme dans le second semestre de 2002 et obtenu de bons résultats : le taux d’utilisation de préservatifs a dépassé 80 % et celui des MST a baissé de 30 %.

Q. : S’étendra-t-il le champ d’essai de ce programme ?

R. : Le programme va entrer dans l’étape de généralisation. Grâce à l’aide du Fonds des Nations unies pour les activités en matière de population, le gouvernement chinois a commencé la généralisation dans la ville de Liuzhou, au Guangxi. Combinant avec les projets concernés de la Banque mondiale, l’application généralisée du programme en question est en préparation active au Shanxi, au Fujian, au Guangxi et au Xinjiang. Le Yunnan et le Sichuan ont aussi entrepris ce travail. L’OMS qui a financé les premières villes-pilotes jouera un rôle de guide. En tant que rôle principal du programme, le gouvernement chinois coordonnera les activités des provinces et élaborera un plan d’action d’ensemble.

Q. : La majorité écrasante des sidéens chinois ont été contaminés par des seringues publiques. On dit qu’il y a actuellement un projet visant à fournir des aiguilles nettes aux drogués. Pouvez-vous parler à ce sujet ?

R. : Pour les drogués, utiliser les seringues publiques est un canal principal de transmission du sida. Donc, il vaut mieux renoncer à l’injection de drogue. Mais en réalité, cela est impossible pour une partie de toxicomanes. Le gouvernement ne peut que faire tout son possible pour réduire des conditions de transmission du sida. Ses mesures sont d’abord de conseiller aux drogués de prendre le méthadone dont la toxicité est relativement faible au lieu de l’injection intraveineuse, afin d’éviter la contagion ; et ensuite de fournir gratuitement aux drogués des seringues nettes afin de réduire l’infection due au VIH. Certes, cela ne signifie pas que le gouvernement encourage la consommation de drogue.

Q. : Est-ci qu’il y a encore d’autres mesures ?

R. : Le gouvernement chinois a pris encore des mesures dans ces trois domaines : Premièrement, renforcer le contrôle de la propagation de maladies par les actes sexuels. Les données montrent que le taux de transmission du sida due à l’ulcère ou à la blessure des organe sexuels est supérieur de 5 à 8 même à 10 fois que celui en cas ordinaires, et que parmi la population migrante, le taux de transmission de la maladie due aux actes sexuels est élevé ; deuxièmement, assurer la sécurité de la transfusion de sang et celle de l’injection. Dans certaines localités, la collection et la fourniture illicites du sang a causé la propagation du sida. Cette situation s’est améliorée graduellement depuis 1996 grâce aux efforts du gouvernement ; et troisièmement, du fait que la Chine est confronté à la haute fréquence du sida et à la haute mortalité, le gouvernement a promis d’accorder des traitements gratuits aux porteurs du VIH dans les régions rurales et à ceux qui vivent dans la gêne dans les villes. Plus de 5 000 malades du sida dans des provinces ont reçu des traitements médicaux.

Q. : En plus de ces mesures, que fera encore le gouvernement chinois ?

R. : Le gouvernement chinois a encore beaucoup de choses à faire, par exemple, renforcer le système de prévention du sida, en augmentant des fonds destinés à la recherche scientifique et au traitement médical ; inviter les gouvernements locaux à faire davantage d’efforts pour prévenir et contrôler plus efficacement l’épidémie du sida ; et renforcer l’éducation en matière de sida parmi la population pour lui faire approfondir la compréhension de cette épidémie et dissiper la discrimination et les préjugés à l’égard des sidéens. Le gouvernement chinois est conscient que l’épidémie du sida est un problème non négligeable qui constitue non seulement un défi à l’hygiène publique et une menace contre la santé et la vie du peuple, mais menace également la stabilité sociale et économique, le développement de la société et la sécurité de l’État.