Le surplus de main-d'œuvre rurale bénéficie d'une formation professionnelle

A l'heure actuelle, de plus en plus de main-d'œuvre rurale excédentaire tire des avantages du projet de la lutte contra la pauvreté par l'amélioration de la qualité professionnelle. Après avoir reçu toutes sortes de formations techniques dans leurs village ou bourg d'origine, des paysans partis chercher du travail en ville ont réussi à y trouver une meilleure situation.

Fang Ju'e est une jeune paysanne qui a eu 3 ou 4 ans d'expérience de travail en ville, mais elle a quand même laissé un boulot qui l'occupait en ville pour revenir spécialement s'inscrire pour la deuxième fois à un stage de formation sur les services ménagers et le travail de garde-malade dans son pays natal. Selon elle, dans le passé, son occupation consistait essentiellement à s'occuper du ménage chez elle ou à donner de temps à autre un coup de main dans les travaux des champs; c'est pourquoi elle restait la plupart temps sans rien faire. Cependant après un premier stage de formation professionnelle, elle a réussi à trouver un travail de garde-malade dans la ville de Wenzhou qui lui permettait de toucher une rémunération mensuelle de plus de 700 yuans.

« Je réalise maintenant qu'en tant que femme au foyer, a déclaré Fang Ju'e, je suis moi aussi capable d'apporter ma part de contribution à ma famille, et j'en suis très fière. » Elle espère qu'après ce deuxième stage de formation professionnelle, son salaire augmentera à environ mille yuans et que cela lui permettra de construire au plus tôt sa propre maison à étages.

Fang Ju'e n'est cependant pas la seule paysanne à nourrir le même genre d'espoir. Liu Xiao, jeune fille de 20 ans à la campagne qui devrait sortir diplômée d'une école professionnelle d'ici 6 mois, souhaite quant à elle trouver un travail qui sera rétribué entre 800 et 1 500 yuans par mois.

« J'espère pouvoir travailler à l'avenir comme chauffeur, a-t-elle dit, car je sais que c'est une profession où il y a beaucoup de demandes. D'ailleurs mon école saura s'arranger pour me procurer une telle occasion. »

Le secrétaire du comité du Parti de la ville de Quzhou Cai Qi a fait savoir à la presse qu'en tant que région défavorisée de la province du Zhejiang, sa ville a commencé dès l'année passée à appliquer le projet de « lutte contre la pauvreté par l'amélioration de la qualité professionnelle » selon l'esprit dit « assurer le transfert du surplus de main-d'œuvre rurale et l'enrichissement des paysans à travers la formation et l'amélioration de leur qualité professionnelle ». Concrètement, le gouvernement local s'engage par exemple à offrir un stage gratuit à tout paysan qui participe pour la première fois à une formation professionnelle et à leur distribuer, en s'inspirant du système de « bons d'étude » adopté aux Etats-Unis, des « bons de formation » leur permettant de choisir eux-mêmes les cours qui les intéressent. Le stage une fois terminé, l'autorité compétente organise un examen général de tous les stagiaires avant de remettre à ceux qui l'ont réussi un certificat de qualité et de proposer à ces derniers des emplois à travers l'établissement chargé de leur formation.

De source officielle, on apprend que l'autorité compétente de la ville de Quzhou a conclu plusieurs accords sur l'exportation de main-d'œuvre avec des villes voisines comme Hangzhou, Ningbo, Wenzhou et Jiaxing, et que dans ces agglomérations, les femmes de ménage, les gardiens et les techniciens issus de Quzhou font l'objet d'un accueil de plus en plus enthousiaste. Selon les dernières statistiques, jusqu'au mois de février dernier, la ville de Quzhou a en tout formé de cette façon quelque 135 000 paysans et transféré en ville quelque 373 200 travailleurs (soit 32% de l'ensemble de la main-d'œuvre rurale de cette ville). En 2003, le revenu moyen par paysan de Quzhou a atteint 3 980 yuans (+10,71% par rapport à l'année précédente), dont 64% environ proviennent de prestations de services en ville.

M. Zhang Youyun, haut conseiller de l'Organisation des Nations unies pour l'exportation de main-d'œuvre et membre de la Mission d'étude de la « Conférence internationale sur la lutte contre la pauvreté » parrainée par la Banque mondiale, qui est actuellement en tournée d'inspection dans la région, estime que le succès obtenu par le « modèle de Quzhou » est notamment dû au fait qu'on a pris conscience de la loi fondamentale selon laquelle « la mauvaise qualité professionnelle constitue un sérieux handicap pour le transfert en ville de main-d'œuvre rurale et empêche, par conséquent, l'accroissement des revenus des paysans ».

Zhang Youyun souligne que si l'on saisissait cette raison fondamentale de la pauvreté des paysans et cherchait à redresser la situation, il va de soi que le projet de lutte contre la pauvreté aboutirait à un plein succès. Il a fait en outre remarquer que l'expérience de Quzhou dans la lutte contre la pauvreté consiste entre autres à réunir les forces des institutions administratives diverses et à mettre en place un rapport de coopération entre les paysans, les établissements pour la lutte contre la pauvreté et les villes demanderesses de main-d'œuvre, et que tout en satisfaisant la demande en prestations de services en ville, cette manière de faire permet aussi de sauvegarder les droits et intérêts légitimes des paysans travaillant en ville.