Améliorer les logements de Beijing

Au fur et à mesure du développement économique, de plus en plus de Chinois attachent de l’importance à l’amélioration des conditions de logement. Acheter un logement et effectuer la finition sont devenus des actions ordinaires dans la vie du peuple.

LAN XINZHEN

Zhang Lin déménagera dans quelques jours. Il invite ses parents et ses amis à un repas pour marquer l’événement. En Chine, la noce, le premier mois d’un enfant et le déménagement sont les trois heureux événements que parents et amis célèbrent ensemble.

Zhang aménagera dans un bâtiment de 22 étages situé au sud de Beijing. Son appartement, de plus de 90 m2, compte deux chambres à coucher, deux salons et deux salles de bains. Ce quartier résidentiel est bien équipé en eau, électricité, gaz, télévision par câble, Internet à haute vitesse ; les bâtiments sont munis d’ascenseurs et de système d’intercommunication. Le taux de couverture verte atteint 40 %.

« Il y a dix ans, je ne pouvais croire que j’aurais un jour un appartement grand et beau », dit Zhang Lin, 38 ans. Avant son mariage, il habitait avec ses parents et sa sœur dans une maison de 14 m2. Pour maximiser l’espace, ses parents avaient construit une mansarde de 4 m2 au-dessus de leur lit pour Zhang. Sa sœur couchait sur un pliant installé le soir dans la cuisine.

L’été était pénible pour Zhang. Le toit de la maison était couvert seulement d’une couche de tuiles, et la mansarde était très chaude. « À cette époque-là, il n’y avait ni ventilateur ni climatiseur, je me tournais et retournais dans mon lit, je m’éventais sans cesse », dit Zhang.

Le père de Zhang arrosait le toit à l’aide d’un long boyau de plastique afin d’abaisser la température de la maison.

Aller aux toilettes était aussi pénible. Dans ce quartier de maisons basses, il fallait se servir des lieux d’aisance publics. Leur nombre était insuffisant, et il fallait parfois faire la queue. L’école que fréquentait Zhang était à proximité, et il utilisait souvent les toilettes de son école.

Après ses études secondaires, Zhang est devenu jardinier. Deux ans plus tard, il s’est marié. À cette époque, le logement, les soins médicaux et la vie des retraités étaient à la charge de l’unité de travail. L’unité ne pouvait répondre immédiatement à la demande de logement pour le nouveau couple. Premièrement, la vitesse de construction était inférieure à la demande. Deuxièmement, le nombre de maisons construites était inférieur à celui des demandeurs ; on procédait donc à la distribution selon l’ancienneté, l’âge et la qualification.

Compte tenu des conditions de logement de Zhang, l’unité de travail lui a fourni une pièce de 8 m² libérée par quelqu’un, sans cuisine ni toilette. Il fallait préparer le repas dans le couloir et continuer d’aller aux toilettes publiques. Le soir, si on parlait un peu fort, le voisin entendait.

Pourtant, les regards de plusieurs étaient fixés sur cette sorte de logement, et la situation de Zhang faisait des envieux.

Le couple y logea un an. En 1987, Zhang est retourné chez ses parents avec sa femme car l’unité de son père lui avait alloué un appartement de quelque 30 m2. Sa sœur, mariée, n’y habitait plus. Les parents occupaient la chambre à coucher, Zhang Lin et sa femme le salon. Malgré sa petitesse, l’appartement était plus agréable, surtout qu’il comportait une salle de bains. On pouvait prendre une douche à la maison après la journée de travail. Fini les bains publics !

L’année suivant, un enfant est né. Au fur et à mesure qu’il grandissait, l’appartement semblait rétrécir.

Depuis la fin de 1998, la Chine a réformé le système de logement ; le logement matériel est remplacé par une allocation monétaire.

À Beijing, la subvention est de 1 265 yuans par mètre construit. Zhang Lin a donc reçu plus de 80 000 yuans selon son ancienneté et sa qualification.

En 2002, Zhang a acheté un appartement à l’aide d’un prêt hypothécaire après avoir versé plus de 120 000 yuans. En décembre 2003, Zhang a reçu la clef. Il y a cinq ans, les Chinois payaient habituellement le montant total en une seule fois. Aujourd’hui, le prêt hypothécaire facilite les choses.

Zhang est vivement impressionné par l’appartement spacieux. « Sans la réforme du système de logement, j’en serais encore à attendre mon tour et qui sait combien longtemps. Même si l’unité m’avait fourni un appartement, il ne serait pas plus grand, parce que selon mon rang, j’aurais droit à 60 m2. »

Le jour où Zhang a pris possession de l’appartement, sa femme, son fils et ses parents sont tous venus le voir. Son fils, étudiant au deuxième cycle du secondaire, a aménagé sa chambre.

« Mon fils a plus de chance que moi. Avoir une chambre indépendante était un rêve dans ma jeunesse », dit Zhang.

Zhang a engagé une compagnie spécialisée pour les travaux de finition. Il a aussi insisté pour que le reporter prenne part au banquet de déménagement.