Construire une société harmonieuse

- Construire une société au niveau de vie aisée exige d’améliorer la structure des rapports sociaux. Une société harmonieuse constituera l’un des principaux objectifs du travail du gouvernement.

Lan Xinzhen

Le XVIe Congrès du PCC de 2002 a fixé l’objectif pour les deux premières décennies du nouveau siècle : « concentrer l’énergie pour construire une société de plus haut niveau, soit de vie aisée, dont toute la population sera bénéficiaire, et où l’économie sera plus développée, la démocratie améliorée, la science et l’éducation plus avancées, la culture plus prospère, la société plus harmonieuse et la vie du peuple plus riche ». C’était la première fois que le gouvernement chinois formulait le concept de « société harmonieuse » dans une occasion officielle.

En septembre 2004, la 4e session plénière du CC issu du XVIe Congrès du PCC a avancé l’idée d’« augmenter de façon continue la capacité de construire une société harmonieuse socialiste ». Le terme « société harmonieuse » sort de plus en plus fréquemment de la bouche des dirigeants du pays.

Le 5 décembre 2004, la réunion centrale sur le travail économique s’est clôturée à Beijing. « Construire une société harmonieuse » a été cité comme l’une des principales tâches économiques de 2005. Cela montre de nouveau que le concept de « société harmonieuse » est devenu un nouvel objectif du gouvernement chinois dans l’édification sociale.

Pourquoi la « construction d’une société harmonieuse » est-elle une tâche essentielle?

Sous la direction de Guo Baoyin, secrétaire de la cellule du Parti du village de Wanglanzhuang, à Tianjin, après vingt-six ans de lutte ardue, le village a été assaini, s'est enrichi et civilisé. Photo: Yang Zongyou

Par « société harmonieuse », on entend que les divers éléments et parties du système social concordent. Au moins quatre conditions sont nécessaires. Premièrement, le système de contrôle et de gestion de la société peut jouer pleinement son rôle. Plus explicitement, les directives, politiques et systèmes principaux sont favorablement accueillis par la majorité des membres de la société ; les organisations et départements gouvernementaux fonctionnent de façon efficace et jouissent d’une capacité d’intégration suffisante devant l’ensemble de la société. Deuxièmement, le concept des valeurs sociales et culturelles de base présentent une grande cohérence. Les valeurs et la morale préconisées par la culture principale sont acceptées par la plupart des membres de la société, les règlements élaborés sont respectés par eux, et la société présente fusion et unanimité sur les plans spirituel et culturel. Troisièmement, les différents groupes d’intérêt voient leurs besoins satisfaits. Quatrièmement, les citoyens ont la possibilité, le droit et la liberté de passer d’une couche sociale à l’autre. Dans une société harmonieuse, il n’existe pas de système d’exclusion d’un groupe par un autre.

Qing Lianbin, professeur au Bureau de sociologie de l’École du parti du CC du PCC, croit que, au moment où la Chine enregistre un PIB moyen par habitant de 1 000 USD, selon l’expérience internationale, une société où ce chiffre se situe entre 1 000 et 3 000 USD connaît le plus de problèmes sociaux et la plus grande instabilité. Donc, régler prudemment les contradictions sociales revêt une importante signification. Si une société traverse une telle période sans obstacle, elle s’engagera dans une voie de bon fonctionnement et de développement sain. Sinon, malgré son PIB important, une société fera face à une situation d’agitation sociale provoquée par le haut taux de chômage et l’écart considérable entre les riches et les pauvres.

« À ce moment, le développement harmonieux de la société est naturellement mis à l’ordre du jour et à une place plus importante que jamais », a dit Qing Lianbin.

Le Livre bleu sur la société chinoise en 2005, publié le 13 décembre 2004 par l’Institut de recherche sociologique de l’Académie des sciences sociales de Chine, indique aussi : En 2005, l’économie nationale poursuivra une croissance rapide ; la période de transition de protection de l’OMC arrivant à échéance, la réforme des secteurs de monopole approche un point crucial ; l’urbanisation des agriculteurs s’accélérera ; le pays connaît déjà le vieillissement de la population ; l’intensification des rapports de travail provoque une fausse pénurie de main-d’œuvre ordinaire ; le coût de l’éducation de l’enfant (unique) exercera une importante influence sur la tendance de consommation des foyers ; l’écart de concept des valeurs entre deux générations s’élargira ; la pénurie de ressources par habitant et la détérioration de l’environnement écologique ne seront pas négligeables non plus. Dans ce contexte social, construire une société harmonieuse semble plus important que jamais.

La Chine en est capable

La succursale de Huaiyin de la Banque de construction de Chine à Jinan offre des provisions à des familles pauvres lors de la fête de la Lune de mi-automne. Photo: Fan !Changguo

« La Chine dispose de la base et des conditions nécessaires pour bâtir une telle société », a dit Li Peilin, directeur adjoint de l’Institut de recherche sociologique de l’Académie des sciences sociales de Chine.

Les ressources économiques et sociales de la Chine se réorganisent selon l’objectif « généralité, harmonie et développement continu », a-t-il poursuivi. Tant l’économie que la société sont dans la meilleure période de développement. Cela fournit une garantie à la construction d’une société harmonieuse.

D’après l’expérience internationale, la société la plus harmonieuse et stable doit être celle où les couches sociales moyennes représentent la majorité de la population. Cette structure sociale, dite en « olive », de la structure sociale moderne fondamentale, est favorable à la stabilité sociale et au développement continu. Actuellement en Chine, les couches moyennes dont les biens familiaux se situent entre 150 000 et 300 000 yuans, augmentent de 1 % par an, et ce taux tend à s’élever : en 2003, les gens à revenu moyen représentaient 19 % de la population chinoise, contre 15 % en 1999. On prévoit qu’en 2020, cette proportion atteindra 40 %.

En Chine, la société « citoyenne » joue un rôle de plus en plus important. Par « société citoyenne », on entend les organisations populaires, y compris les ONG, les sociétés bénévoles, les associations, les organisations de quartier et les regroupements d’intérêts. Le perfectionnement de la société citoyenne est la marque de l’harmonisation sociale. Pour le moment, les organisations populaires sont principalement composées de regroupements sociaux, de fonds et d’établissements populaires non industriels ou commerciaux. Selon des statistiques des services des affaires civiles, à la fin de 2003, il y avait dans le pays 142 000 regroupements sociaux et 124 000 établissements non industriels ou commerciaux. Ils jouent un rôle de plus en plus actif dans la vie politique, économique et sociale.

Comment construire une société harmonieuse ?

En juin 2003, la ville de Dongying, au Shandong, a démarré le projet de secours social "Soleil 190". Les bénéficiaires en sont nombreux. Photo: Zhu Zheng

Le 26 décembre 2004, comme plus de soixante autres familles du village, dans le district de Cangyuan, au Yunnan, la famille de Gesang Cereng, un paysan de 56 ans, a quitté la chaumière qu’elle habitait depuis plus de dix ans, pour aménager dans une maison en briques que le gouvernement local a construite pour elle. En regardant la maison neuve, Gesang Cereng a pleuré de joie. Le gouvernement local lui a accordé un crédit de 2 000 yuans pour l’aider à entreprendre des occupations secondaires à l’agriculture afin de s’enrichir.

Li Futian est aussi heureux que Gesang Cereng. Il travaillait dans une imprimerie de Kunming, mais est en chômage depuis 2003. En juin 2004, Li a participé à une formation professionnelle organisée par le Bureau de quartier local, où il a étudié la soudure cinq mois. Maintenant, il est employé d’une entreprise de bâtiment.

Les cas de Gesang Cereng et de Li Futian sont choses courantes au Yunnan. L’autorité provinciale a renforcé l’assistance aux démunis, en déplaçant 100 000 paysans extrêmement pauvres dans des maisons plus confortables et assurant l’habillement et l’alimentation de 120 000 personnes à bas revenu et de 70 000 autres vivant dans la pauvreté absolue. Le gouvernement du Yunnan cherche divers moyens de créer les emplois et a ouvert des régions pilotes pour le nouveau type de soins médicaux à la campagne.

Lors de la récente réunion sur le travail économique, le gouvernement chinois a précisé les tâches à accomplir pour construire une société harmonieuse : accroître les emplois, parfaire le système de sécurité sociale, rationaliser la distribution des rémunérations et intensifier la réalisation des causes sociales.

En réalité, ces dernières années, le gouvernement central a travaillé consciencieusement en ce sens. Selon des données fournies par le ministère du Travail et de la Protection sociale, entre janvier et novembre 2004, 9,1 millions de personnes ont été nouvellement recrutées et 4,6 millions de chômeurs, réengagés. Le gouvernement chinois s’efforcera de déplacer 100 millions d’ouvriers agricoles excédentaires dans les quinze années à venir.

Le gouvernement chinois œuvre à établir ou améliorer divers systèmes de sécurité sociale : soins médicaux, éducation et assurance-vieillesse entre autres. Après les villes, il s’occupe maintenant des campagnes.

Selon le Livre bleu sur la société chinoise en 2005, pour construire une société harmonieuse, le gouvernement doit avoir comme objectif d’élargir les couches sociales moyennes, de diminuer le groupe de personnes à bas revenu et de pauvres et d’améliorer les rapports sociaux et de travail.

En 2005, le pays accroîtra l’investissement dans les campagnes pour établir les systèmes d’assurances éducationnelle, sanitaire et autres, améliorer les conditions de vie et conduire davantage de paysans vers l’enrichissement.

« Tout cela consiste à bâtir une société harmonieuse », a conclu Li Peilin.