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La banque urbaine cherche sa voie de développement
Avec l’ouverture du secteur bancaire sur l’extérieur
et face à quatre banques d’État en position de monopole,
aux banques commerciales par actions qui jouissent d’un mécanisme
de gestion souple et aux puissantes banques à capitaux étrangers,
comment la banque urbaine se développe-t-elle ?
Tan Wei
Le 8 janvier, la Banque de commerce municipale de Beijing,
fondée il y a huit ans, a été renommée officiellement
« Banque de Beijing ».
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Une Banque de Beijing. Photo Xinhua
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À la cérémonie, Yan Bingzhu, président
du conseil d’administration de la banque, a révélé
que l’introduction stratégique d’investissements d’outre-mer
par sa banque s’effectue sans encombre et que deux institutions
financières à capitaux étrangers au moins détiendront
des actions qui ne dépasseront pas 24,98 %.
Auparavant, la Hongkong-Shanghai Banking et la Société
financière internationale (SFI) relevant de la Banque mondiale
avaient entrepris des négociations avec la Banque de Beijing pour
devenir ses actionnaires ; ING des Pays-Bas avait commencé il y
a deux ans de telles négociations et depuis peu, la Deutsche Bank
d’Allemagne était devenue son adversaire dans la concurrence.
Yan a dit qu’il ne pouvait dévoiler pour le moment
la liste des partenaires, mais il a précisé que l’absorption
de capitaux étrangers serait terminée avant la fin de l’année
en cours et que le montant des capitaux introduits atteindrait environ
200 millions de USD.
Selon le Financial Times de Grande-Bretagne, la vente
d’actions par la Banque de Beijing susciterait une vague d’investissement
étranger dans les petites banques urbaines de la Chine, et la Banque
de Beijing changera son image de « banque régionale »,
donnant aux banques urbaines un exemple de percée du modèle
actuel de développement.
Sortir de la ville
La banque urbaine est un produit de la fusion des coopératives
de crédit selon la volonté du gouvernement. Ses opérations
se limitent à la ville où elle se trouve. À présent,
les villes principales sont les axes de la rivalité entre les banques
à capitaux chinois ou étrangers. Avec l’élargissement
du secteur bancaire, des banques à capitaux étrangers ont
commencé en décembre 2004 à accéder au marché
bancaire de Beijing. En même temps, les banques chinoises entreprenaient
leur réforme. Dans ce contexte, la banque urbaine doit mettre tout
en branle pour briser la limite régionale.
Parmi les 112 banques urbaines du pays, la Banque de Beijing
est au 16e rang. Son actif et sa capacité de profit ont atteint
le niveau moyen, même s’ils se comparent avec ceux des banques
commerciales par actions du pays.
Selon Yan Bingzhu, depuis la fondation de sa banque en 1996,
les affaires se sont accrues rapidement et son envergure a augmenté
sans cesse. À la fin de 2004, son actif total atteignait 209 milliards
de yuans (équivalent à 25 milliards de USD), soit une multiplication
par 9,3 ; les dépôts bancaires sont passés de 18 milliards
de yuans à 188,8 milliards ; et les profits globaux réalisés
jusqu’à la fin de 2003 étaient de 6,6 milliards de
yuans.
La qualité de l’actif de la Banque de Beijing
est plus satisfaisante. Yan dit qu’à la fin de 2004, sa banque
avait liquidé pour l’essentiel ses vieux comptes. Le taux
de suffisance du capital a dépassé le critère fixé
par la Commission de supervision bancaire de Chine pour atteindre 8,36
% ; les mauvaises créances représentaient 4,8 % du total
des prêts, pourcentage inférieur au niveau moyen du secteur
bancaire.
Tout cela nous a incité à franchir le seuil
de banque urbaine locale, dit Yan Xiaoyan, présidente de la Banque
de Beijing, en expliquant des raisons du nouveau nom de sa banque. «
Changer de nom signifie une réorientation de notre banque. Avec
le développement rapide de l’entreprise, l’ancien nom,
qui avait une couleur vivement locale et restrictive, ne satisfaisait
plus à la demande objective du développement. Notre changement
de nom nous apportera de nouvelles occasions de développement.
»
Le président du conseil d’administration, Yan
Bingzhu, reconnaît que l’objectif de la Banque de Beijing
est d’étendre ses affaires dans d’autres régions
même dans tout le pays, et qu’il se réalisera d’ici
deux ou trois ans.
S’associer aux banques puissantes
Dans la concurrence acharnée caractérisée
par la survie des plus forts, l’actif de la banque est d’importance
particulière. Il décide directement la capacité de
la banque de faire face aux risques et le degré de confiance de
la clientèle envers elle, à savoir le crédit de la
banque. Pour les banques urbaines, l’actif peu important est leur
faiblesse fatale.
Les données publiées par la Banque de Beijing
montrent qu’à la fin de 2004, son actif total était
de 209 milliards de yuans (environ 25 milliards de USD), tandis que celui
de chacune des quatre grandes banques d’État avait dépassé,
à la fin de 2003, 15 billions de yuans. Quant aux banques à
capitaux étrangers, seule la Citibank (Grande-Bretagne) possède
un actif dépassant 200 milliards de USD. Évidemment, la
banque urbaine ne fait pas le poids.
Déjà en août et septembre 2003, la 8e
assemblée des actionnaires de la Banque de commerce municipale
de Beijing avait décidé de mettre en marché 500 millions
à 1,5 milliard d’actions de plus. D’après un
initié, l’idée directrice de cette banque était
de « choisir de nouveaux actionnaires et optimiser la structure
de propriété des actions, en diversifiant et internationalisant
cette structure sous l’angle stratégique. »
Lors de la 9e assemblée des actionnaires, en juin 2004,
on a discuté de l’introduction de capitaux étrangers.
Beaucoup d’actionnaires adoptaient une attitude prudente à
l’égard d’un nouveau partage du droit à la parole
et des intérêts après l’introduction de capitaux
étrangers.
Mais, après cette assemblée, l’augmentation
des actionnaires s’est quand même produite.
En octobre 2004, le maire de Beijing, Wang Qishan, a demandé
à la Banque de Beijing de profiter de l’occasion de son changement
de nom pour accélérer la réforme de son système
et la conversion de son mécanisme. La maire adjointe permanente,
Zhai Hongxiang, lui a aussi demandé d’introduire des investissements
stratégiques à la même occasion. L’introduction
de capitaux étrangers s’est dès lors accélérée.
Aux yeux des banques à capitaux étrangers, la
banque urbaine est un tremplin idéal pour leur accès au
marché chinois. Bien que la Banque de construction de Chine et
la Banque de Chine, deux des quatre principales banques d’État
de Chine, cherchent des partenaires étrangers et projettent d’émettre
quelques milliards de USD d’actions en Bourse, les investisseurs
étrangers ont reculé devant une si énorme envergure
et l’ampleur des mauvaises créances des deux banques.
La Banque de Beijing a l’intention de coter en Bourse.
Elle compte actuellement plus de 90 succursales à Beijing et étendrait
bientôt ses affaires dans d’autres villes. D’après
les experts, ce qui attire des groupes bancaires étrangers, ce
sont le plan d’expansion, l’occasion d’émettre
des cartes de crédit et celle d’établir une entreprise
à capitaux mixtes de gestion de l’actif.
On prévoit que la Banque de Beijing choisira peut-être
Deutsche Bank et ING, les deux plus grandes banques d’Europe, comme
partenaires. Le plan d’expansion des capitaux de la Banque de Beijing
a été approuvé par l’autorité compétente
et sera publié bientôt.
Face à la concurrence acharnée, en tant que
banque commerciale urbaine, la Banque de Beijing avance pas à pas
suivant la conversion de son modèle de gestion : changement de
nom, introduction de capitaux étrangers, cote en Bourse et exploitation
interrégionale de ses affaires.
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