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Un nouveau chapitre pour la publication chinoise
Maintenant privée du confort de compter sur le plus
grand marché du monde, l’industrie de publication chinoise
doit se secouer et frayer son chemin dans de coupe-gorge de la compétition
mondiale. C’est la rançon de l’adhésion à
l’OMC de la Chine, qui doit restructurer à fond son industrie
de publication afin de répondre aux besoins du marché et
d’établir sa marque de fabrique, deux tâches vitales
pour le développement du secteur. Au moment de tourner la page,
il semble que les compagnies de publication locales soient prêtes
pour le succès.
Li Zi
Quand l’éditeur Wu Ming est arrivé à
la Foire du livre de Beijing le 20 janvier, il a été frappé
non seulement par la foule énorme mais aussi par le concept moderne
des stands d’exposition et le grand nombre de nouveaux titres. Beaucoup
plus professionnelle et mieux organisée que les éditions
précédentes de la foire de Beijing, la plus grande du genre
au pays, celle de cette année au Centre d’exposition international
comptait 1 935 kiosques, 300 de plus qu’en 2004. Les éditeurs
ont saisi l’occasion de montrer aussi les livres à paraître
en cours d’année.
Vu ses engagements envers l’OMC, le gouvernement chinois
a relâché le contrôle sur plusieurs industries. Dans
ces circonstances, les éditeurs chinois, habitués à
se reposer sur l’importante demande résultant de l’énorme
population du pays, accélèrent la réforme afin d’arracher
une plus grande part du marché du livre global au pays. Ils ont
vite compris qu’il fallait porter davantage d’attention aux
facteurs qui affectent le marché, surtout les préférences
des consommateurs.
Former des groupes
Le 25 janvier, la création d’un groupe d’édition
du Yunnan a mis fin à des décennies de confusion entre les
fonctions du gouvernement et la gestion des affaires dans l’industrie
de publication dans cette province.
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Une "bande dessinée" vivante cherche
à attirer l'attention à la Foire du livre de Beijing
cette année. Photo: Wang Xiaoshun
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Le nouveau groupe se compose de toutes les maisons d’édition
qui relevaient directement du Bureau provincial de la presse et du livre,
ainsi qu’une entreprise d’impression, un groupe de distribution
et trois maisons d’édition qui réalisaient des profits
annuels de dizaines de millions de yuans.
Selon son plan de développement, le groupe d’édition
du Yunnan gérera totalement ses filiales et compagnies de portefeuille
au moyen de la gestion des biens et de la propriété des
actions. Le groupe a aussi appliqué un système d’emploi
à contrat. Ces réformes annoncent une synergie dans le groupe,
dont le premier objectif comprend la publication, l’impression,
la distribution, la logistique et le commerce des droits sur les livres,
journaux, revues, publications audiovisuelles et électroniques,
logiciels et sites internet. Tout en augmentant sa rentabilité
et sa puissance et en adoptant des méthodes scientifiques de gestion,
le groupe cherche à devenir une industrie globale de publication
influente dans la province et dans le pays entier.
Pour augmenter sa compétitivité, l’industrie
de publication chinoise a entrepris le regroupement dès le 29 mars
2003, au moment où le Groupe de publication du Liaoning, le premier
du genre, s’est complètement séparé des autorités
gouvernementales et a annoncé sa formation.
Le réforme structurelle a indubitablement injecté
une nouvelle vigueur dans le développement de ce groupe qui a réalisé
des progrès remarquables tant dans la diversification de ses avoirs
que dans la réforme de sa gestion, l’ajustement de la structure
de son personnel, l’application de systèmes d’appui
de haute technologie et l’établissement d’un centre
logistique moderne du livre.
Selon les plus récentes statistiques du Groupe du Liaoning,
ses réimpressions ont augmenté de 10,2 % et le nombre de
livres qui ont remporté des prix nationaux et des prix ministériels
ou provinciaux, de 55 % et 36 % respectivement. À la Foire 2003
de Beijing, le groupe de publication du Liaoning était en première
position. Tous les indices majeurs ont augmenté d’au moins
10 % depuis la formation du groupe, dont les fonds totaux de 61,1 %, les
avoirs nets de 91 %, les ventes de 30 %, les revenus de ventes de 39,5
% et les profits de 32,8 %.
À la fin de l’an dernier, treize grands groupes
de publication avaient été établis en Chine.
Zhang Shengyou, chef du comité de gestion de Chinese
Writers’ Publishing Group, croit que le but du regroupement n’est
pas seulement de placer plusieurs compagnies sous un même toit,
mais de hausser l’efficacité de l’industrie de publication,
d’étendre son influence en réorganisant les ressources
et de créer une marque commerciale.
Une réorganisation rigoureuse
L’année dernière est considérée
par le milieu comme la première année de la réforme
de l’industrie de publication. Au début de 2004, l’Administration
générale de la presse et de l’édition annonçait
que 570 maisons d’édition d’État seraient transformées
en compagnies dans les trois à sept prochaines années, excluant
les Éditions du peuple et toutes ses succursales provinciales.
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Des commerçants de livre devant un vaste choix
de livres chinois à la Foire de Frankfurt. Photo: Li Mingfang
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Pour des raisons historiques, les maisons d’édition
chinoises ont longtemps été des institutions publiques plutôt
que des compagnies. Par exemple, les Éditions éducatives
du Guangdong relevaient du Bureau provincial de la presse et de l’édition,
ce qui a mené à une double identité du bureau en
tant qu’autorité et partenaire de l’industrie de publication.
Sous l’aile du Bureau, les Éditions éducatives du
Guangdong pouvaient facilement survivre sans participer à la compétition
du marché.
L’approfondissement de la réforme structurelle
à la grandeur du pays demandait que le gouvernement passe d’opérateur
à régulateur de l’industrie culturelle, donc qu’une
ligne claire soit tracée entre ses fonctions gouvernementales et
ses fonctions de gestion d'entreprises.
Un pas important a été accompli en juin 2004
quand treize entreprises et institutions publiques qui relevaient du Bureau
provincial de la presse et de l’édition du Guangdong, et
des actions d’État du groupe de distribution Xinhua du Guangdong
se sont incorporées pour devenir le Groupe provincial de publication
du Guangdong. Le groupe est rapidement devenu une entreprise d’État
à part entière et a obtenu le droit de gérer les
avoirs d’États, faisant tomber les barrières pour
créer l’égalité des joueurs du marché.
Chen Junnian, directeur du Bureau provincial de la presse
et de l’édition du Guangdong, a fait remarquer que suivant
la transformation, le groupe de publication nouvellement créé
peut gérer ses affaires indépendamment, tandis que le bureau,
comme organe gouvernemental, règle, supervise et offre des services
publics légaux à cette industrie.
Huang Shangli, président du conseil d'administration
du Groupe provincial de publication du Guangdong, prévoyait des
revenus de ventes de 2,4 milliards de yuans (289,9 millions de USD) en
2004, et des profits de plus de 200 millions de yuans. Selon Huang, les
publications annuelles de sa compagnie ont atteint 4 500 titres, et dans
le domaine de l’audiovisuel, 450, une solide base de développement
futur.
Des joueurs privés enthousiastes
Ce qui a sauvé le marché du livre chinois, qui
a stagné paisiblement un certain temps, c’est la vente des
manuels scolaires et d’autre matériel éducatif. Couvrant
71 % du marché, le livre éducatif a un grand potentiel de
croissance, ce qui séduit plusieurs éditeurs.
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De nouvelles techniques de vente viennent au secours
de la publication comme les supermarchés de livres. Photo:
Chi Haifeng
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Selon Mao Wenfeng, directeur général de Keyi
Industrial Co. Ltd., une entreprise privée de publication du Jiangsu,
l’entreprise privée du livre en Chine comprend deux groupes
: d’une part, les vendeurs en gros, d’autre part, les entreprises
et ateliers culturels engagés dans la conceptualisation et la rédaction
de livres. Les éditeurs privés, autrefois nommés
« canal secondaire » et longtemps considérés
comme le parent pauvre de l’industrie de publication, occupent le
centre de la scène maintenant que la nouvelle structure a relâché
sa poigne sur le secteur privé.
Une réponse souple et rapide au marché a fait
des compagnies privées les grands gagnants du marché du
livre éducatif. Des bestsellers ont atteint la célébrité
nationale et fait la renommée de Keyi.
Le développement récent de la publication chinoise
attire de plus en plus l’attention mondiale. En octobre dernier,
la Foire du livre de Frankfurt, la plus importante du monde, a sponsorisé
pour la première fois la participation d’un éditeur
privé chinois, ce qui montre l’intérêt qu’on
a pour l’industrie privée du livre de Chine. Appuyant les
éditeurs indépendants, la Foire parraine chaque année
un petit mais dynamique éditeur indépendant d’un pays
en développement. La confiance manifestée envers la Chine
prouve que les efforts du pays dans le fonctionnement et le marketing
du domaine portent des fruits.
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