La coopération internationale dans l’économie d’énergie

Shang Ma

« J’aimerais faire du commerce avec des gens d’affaires d’Occident et même entrer en concurrence avec les géants mondiaux », a dit Zhong Xincai, président du conseil d’administration et directeur général de la compagnie Foshan Electrical and Lighting (FEL).

Exposition d'équipement de traitement des eaux usées développé par la société ITT des États-Unis. Photo: Liu Ying

La FEL est connu pour ses produits d’éclairage d’économie d’énergie. En 2004, elle a produit 864 millions d’ampoules, et les profits ont dépassé 200 millions de yuans. Avec son actif total de 2,413 milliards de yuans, la FEL est actuellement le plus grand producteur d’ampoules en Chine. Mais en 1979, quand Zhong a été nommé directeur de l’usine de Foshan, prédécesseur de la FEL, l’entreprise était la dernière de la centaine d’usines d’ampoules du pays.

Zhong a attribué les succès remarquables de la FEL à sa coopération internationale. Il apprécie l’attitude des entreprises occidentales dans la poursuite de la haute qualité, de la protection de l’environnement et du développement soutenu. « En suivant de près le développement technique des produits d’économie d’énergie et écologiques du monde, la FEL a travaillé à l’introduction et au développement de nouvelles technologies. C’est ainsi que nous pouvons être de l’avant dans le marché », a dit Zhong. Il s’est rappelé que les ampoules d’une autre usine exportées aux États-Unis avaient été retournées parce qu’elles consommaient trop d’énergie. Zhong a ainsi eu l’idée de faire de sa compagnie un pionnier de l’industrie d’éclairage électrique du pays à économie d’énergie et écologique.

La lampe halogène est la troisième génération de produits d’éclairage électrique et elle est qualifiée de produit clé d’éclairage économique d’énergie et écologique du XXIe siècle. En 2002, un équipement de production complet importé des États-Unis par Zhong au prix de 3 millions de USD a été mis en production. Actuellement, la capacité de production annuelle de lampes halogènes de la FEL atteint 500 000 pièces, pour une valeur de production de 25 millions de yuans.

En 2004, un événement lié à la FEL a retenti dans les médias. Le comité de contrôle et de gestion des biens d’États de Foshan a signé un contrat pour transférer toutes les actions de la FEL qu’il détenait, soit 23,97 %, à des compagnies à investissement étranger, dont 13,47 % à l’OSRAM qui est affiliée à Siemens et est l’un des trois grands producteurs de produits d’éclairage électrique du monde, et 10,5 % à Prosperity Lights Co. Ltd. de Hongkong. Les deux acheteurs ont offert un prix supérieur de 30 % à l’actif net de la FEL. Selon les experts, cette coopération internationale contribuera à l’économie d’énergie en Chine.

Dans une plus vaste sphère, la coopération internationale ayant pour but d’améliorer l’efficacité d’utilisation de l’énergie en Chine a des résultats favorables. Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a donné une somme pour établir en Chine un centre de transmission d’informations sur l'économie d'énergie afin de faire connaître les projets réalisés dans ce domaine. La Banque mondiale a aussi fourni des prêts à la Chine pour lancer des projets de démonstration d’économie d’énergie.

Voiture écologique et à économie d'énergie à la 7e Exposition de l'industrie automobile internationale de Beijing. Photo: Chen Jianli

La Chine est un grand consommateur d’énergie. Bien qu’elle obtienne des résultats marquants chaque année dans l’économie d’énergie, son taux d’efficacité d’utilisation est encore inférieur de 10 points au niveau avancé mondial. La consommation d’énergie unitaire des principaux produits de consommation de la Chine est supérieure de 25 à 90 % à celle des pays développés. La crise de l’énergie l’oblige donc à revoir la question d’économie d’énergie longtemps négligée, et le « Programme national de développement de l’énergie » a placé l’économie d’énergie en Chine en tête de liste.

Les experts ont signalé que sous la stimulation de la forte demande due à la croissance rapide de l’économie, les industries à la faible technicité, à efficacité médiocre et à haute consommation d’énergie continuent à se développer rapidement en Chine. Les analyses des besoins actuels et futurs montrent que le marché chinois d’économie d’énergie est énorme. Plus de 70 projets lancés par le centre de transmission d'informations sur l’économie d’énergie en témoignent. La plupart de ces projets ont réalisé leur but d’économie d’énergie et ont récupéré les investissements en douze à dix-huit mois, quelques-uns même en trois ou quatre mois, tandis qu’il faut sept ou huit ans dans d’autres types de projets. De plus, comme le montant d’investissement dans certains projets d’économie d’énergie est limité, les entreprises trouvent facilement des investisseurs.

Une étude récente faite par des analystes d’investissement de Wall Street a montré que le rendement de l’investissement dans des projets d’économie d’énergie a déjà dépassé celui des projets d’expansion de production. Face à la compétition acharnée du marché, de plus en plus d’entreprises chinoises, surtout celles qui consomment beaucoup d’énergie, considèrent la baisse de consommation et l’économie d’énergie comme moyens importants de réduire les coûts de revient. Beaucoup prennent l’initiative d’investir en la matière, s’inspirent de l’expérience étrangère ou procèdent à la coopération internationale.

L’aciérie de Wuhan en est un exemple. Depuis 2002, elle a versé 3 milliards de yuans dans la rénovation technique d’économie d’énergie. Cette démarche lui a permis de limiter sa consommation malgré l’augmentation de sa production de 2 millions de tonnes. Une entreprise pétrochimique de la province du Jiangxi illustre aussi ce fait. Grâce à l’aide des experts à la refonte technique, l’entreprise peut économiser 100 000 tonnes de combustible par année sur la base de la production annuelle de 2 millions de tonnes de pétrole brut. Selon l’estimation des experts, en Chine, toute hausse d’efficacité d’énergie de 1 point pour-cent produirait un rendement économique direct de 13 milliards de yuans.

Dès 1998, la Banque mondiale, le FEM et la Commission nationale pour le développement et la réforme de Chine ont commencé à coopérer dans le « Programme d’encouragement à l’économie d’énergie en Chine ». Le Programme consiste à généraliser, avec les capitaux et le soutien technique de la Banque mondiale et du FEM, le nouveau mécanisme avancé d’économie d’énergie : « la gestion contractuelle d’énergie », pour encourager l’industrialisation et marchéisation dans l’économie d’énergie.

Les compagnies de service d’économie d’énergie (ESCO) qui fonctionnent avec un tel mécanisme peuvent signer avec la clientèle des contrats d’examen de l’efficacité de l’énergie, de conception de projets, de financement, d’achat de matières premières et de matériel, d’installation de matériel, d’exécution de travaux, de formation du personnel, d’opération et d’entretien de la machinerie, de moniteur et de confirmation d’économie d’énergie.

Centrale d'électricité produite par la combustion des déchets construite à Harbin dans le cadre de la coopération sino-japonaise. Photo: Wu Xia

Avec le soutien du Programme ont été établies trois compagnies ESCO à Beijing, au Liaoning et au Shandong. Leur travail est fructueux. Elles ont signé des centaines de contrats de services, avec un taux de rendement supérieur à 25 %, et le plus haut, de 41 %. L’investissement total a atteint 600 millions de yuans, pouvant rapporter les profits de 820 millions de yuans.

Des compagnies ESCO et des investisseurs étrangers ont l’œil sur le marché chinois de l’économie d’énergie - une terre encore vierge. Les experts ont indiqué que les secteurs industriels ont le plus grand potentiel de coopération et d’investissement internationaux dans la réutilisation de la chaleur et du gaz résiduaires, l’introduction de moteurs électriques de pointe, la refonte technique des fours, la hausse d’efficacité des chaudières industrielles, la rénovation technique des systèmes de gestion de l’énergie, d’isolation, de chauffage et de gaz, ainsi que l’économie d’énergie de l’éclairage. L’éclairage, l’eau chaude, le chauffage et la climatisation des bâtiments industriels et résidentiels constituent un autre secteur de grand potentiel d’économie d’énergie. La recherche montre que dans les vingt années à venir, les investissements dans l’économie d’énergie des bâtiments permettront d’économiser au moins 100 millions de TEC (tonne-équivalent-charbon). Wang Shumao, directeur exécutif du bureau du Programme, a indiqué que l’industrialisation du secteur de l’économie d’énergie est sans aucun doute une nouvelle occasion commerciale pour le marché chinois de l’investissement.

Depuis une dizaine d’années, le gouvernement chinois a entamé avec la Banque mondiale et le FEM une recherche sur la « stratégie de réduction des émissions de gaz de serre en Chine ». Selon Wang, un des responsables d’alors de ce programme important, l’analyse de l’économie d’énergie et la réduction des émissions de gaz de serre des quinze plus grandes entreprises industrielles a montré l’énorme potentiel de la Chine et la grande variété de projets d’économie d’énergie économiquement pratiques et technologiquement mûrs. « Mais, il est impossible que le budget financier couvre tous les énormes investissements, dit Wang Shumao. Et d’ajouter : La méthode de gestion d’énergie par les compagnies de services ESCO est la meilleure solution. »

Le Programme a injecté 22 millions de USD dans la China National Investment & Guaranty Co. Ltd. comme mise de fond et garantie de financement aux projets d’économie d’énergie lancés par les compagnies ESCO.

Pour généraliser la « gestion contractuelle d’énergie » en Chine, la société entière devrait faire des efforts pour créer un environnement sain et favorable au développement des compagnies de service ESCO.

D’après Yu Cong, directeur du Centre d’efficacité d’énergie relevant de la Commission nationale pour le développement et la réforme, la Chine projette de limiter sa consommation d’énergie à 2,1 - 2,2 milliards de TEC en 2010. Le pourcentage de consommation de charbon tombera à 65 %, la consommation de pétrole sera de 380 millions de tonnes et de gaz naturel, de plus de 100 milliards de m3 ; la capacité de production des centrales hydrauliques devrait atteindre 160 à 180 millions de kW, celle des centrales nucléaires, 15 millions de kW, et l’électricité éolienne, 10 à 12 millions de kW. « Pour réaliser ces objectifs, nous devons resserrer la coopération internationale », a conclu Yu.


 
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