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L’âge d’or de l’industrie navale de
Chine
Cai Shun
La hausse de prix des produits d’acier dans le monde
entier n’a pas empêché le développement de l’industrie
navale chinoise. Grâce à l’amélioration du marché
naval du monde, des infrastructures et de la capacité de construction
navale de la Chine, la quantité de travaux réalisés
a augmenté rapidement ces dernières années, représentant
une part importante de ce domaine dans le monde. Selon les chiffres du
Groupe de travail du Conseil sur la construction navale relevant de l’OCDE
(Organisation de coopération et de développement économique),
la construction de l’année dernière a franchi le cap
de huit millions de charges·tonnes, soit 15 % du marché
mondial, et cette année, elle dépassera dix millions de
charges·tonnes, soit 18 % du marché mondial. Mais en 2003,
elle n’a atteint que 11,8 %, alors que l’industrie navale
chinoise de la décennie précédente n’avait
été que de 5 % à 7 % du marché mondial.
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Le premier porte-conteneur de type Panama (LNH) fabriqué
au chantier naval de Hudong-Zhonghua. Photo: Chen Fei
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« L’industrie navale de Chine peut concurrencer
le secteur et se classer au premier rang du monde. » L’industrie
navale est un secteur à forte densité de main-d’œuvre,
de capitaux et de technologies. Le coût de revient de la main-d’œuvre
chinoise est moins élevé que dans les pays développés,
mais la technologie, les capitaux et la base industrielle de Chine sont
plus forts que ceux des pays en développement.
La production navale de Chine a dépassé la première
fois en 1995 celle de l’Allemagne, représentant 5 % de la
quote-part du marché mondial. La Chine est le troisième
grand pays producteur de bateaux du monde après la Corée
du Sud et le Japon. Aujourd’hui, plus de 70 % des navires fabriqués
par la Chine sont exportés vers plus de 90 pays et régions,
y compris les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne,
le Japon et la France.
« Le développement de l’industrie navale
de Chine a profité du développement rapide de son économie.
» Le spécialiste Feng Shun a dit que selon l’expérience
historique, l’industrie navale d’un pays se développe
souvent dans la période de décollage économique et
le processus d’augmentation du commerce des marchandises. L’augmentation
de l’import-export de la Chine a influencé le cours du transport
maritime mondial. Depuis deux ans, son volume de transport maritime a
augmenté de 48 % grâce à l’augmentation du volume
de transport de marchandises en vrac ; la capacité des conteneurs
de la Chine se classe aussi au premier rang du monde. D’ailleurs,
la Chine est le deuxième pays importateur de pétrole brut
du monde. Plus de 90 % de son pétrole importé est transporté
par mer, soit le tiers de la capacité de transport des navires
pétroliers du monde.
Selon les prévisions des experts, 25 % du pétrole
importé sera transporté par des navires pétroliers
fabriqués par la Chine cette année ; en 2010, 40 % ; en
2020, 60 %. La Chine a besoin cette année de 35 navires de types
VLCC, SUEZMAX et AFRAMAX, un investissement de 15 milliards de yuans ;
en 2010, 52 navires, au coût de 23 milliards de yuans ; en 2015,
97, de 43 milliards de yuans.
Depuis 2003, les ministères et commissions concernés
de la Chine, les trois grands producteurs pétroliers et quatre
transporteurs pétroliers importants de la Chine se sont maintes
fois réunis. Ils projettent de créer en 2005 une flotte
de transport au long cours pouvant transporter 50 millions de tonnes de
pétrole brut ; en 2010, une flotte pouvant transporter 75 millions
de tonnes ; en 2020, une flotte pouvant transporter 130 millions de tonnes.
Par ailleurs, pour soutenir l’industrie navale, le gouvernement
chinois encourage les propriétaires à faire fabriquer leurs
navires sur les chantiers chinois et accorde une subvention de 17 % du
prix de fabrication. Pour encourager le chantier naval à fabriquer
de grands bateaux-citernes, les finances centrales fournissent un escompte.
Grâce à la politique préférentielle, presque
tous les nouveaux navires des propriétaires chinois ont été
fabriqués au pays.
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Deux cargos de dix mille tonnes fabriqués en
1970 par le chantier naval Jiangnan de Shanghai. Photo: Xinhua
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La Chine a établi des chantiers navals dans le golfe
de Bohai, à l’embouchure du Yangtse et à l’embouchure
de la rivière des Perles. Elle espère que ces trois centres
deviendront en 2010 un groupe d’entreprises fabriquant les grands
navires en entraînant le développement harmonieux des entreprises
similaires.
Récemment, la Commission nationale pour le développement
et la réforme a présenté un nouveau programme : l’industrie
navale de Chine d’ici 2015 doit monter d’un échelon.
Elle lui accorde un traitement préférentiel sur les recettes
fiscales et le financement afin de promouvoir le réajustement de
sa structure.
Selon l’objectif présenté par la Commission
des sciences, de la technologie et de l’industrie de défense
nationale, après dix à quinze ans de développement,
la compétitivité globale de l’industrie navale de
Chine approchera du niveau d’alors du Japon et de la Corée
du Sud. En 2015, la capacité de manutention réalisée
atteindra une capacité de construction de 24 millions de charges·tonnes,
représentant 35 % du marché mondial. En ce qui concerne
le tonnage, la Chine se classera au premier rang du monde.
Les dix ans à venir sont considérés comme
l’âge d’or de l’industrie navale de Chine. À
présent, les commandes de CSIC (China Shipbuilding Industry Corp)
et de CSSC (China State Shipbuilding Corporation) ont considérablement
augmenté. La production des chantiers navals importants est fixée
jusqu’à la moitié de 2007.
Grâce à l’augmentation de la demande de
navires de l’Europe, un grand nombre de nouveaux bateaux sont fabriqués
en Chine. L’Europe est devenue le premier marché de navires
chinois.
Comme le secteur de transport par eau du monde attache de
l’importance à la sécurité, certains vieux
navires ont perdu leur valeur, ce qui a aussi fourni des occasions commerciales
à l’industrie navale de Chine.
Grâce à la demande de l’intérieur
et de l’extérieur du pays, dans les prochains dix ou vingt
ans, le marché mondial des navires connaîtra de bonnes affaires.
Entre 2006 et 2015, la demande moyenne annuelle devrait être de
l’ordre de 50 millions de charges·tonnes, soit une augmentation
de plus de 20 % par rapport à la production moyenne annuelle des
dix dernières années. Le navire destiné au transport
de marchandises en vrac, le conteneur et le bateau-citerne auront de belles
perspectives. D’ici dix ans, la demande moyenne annuelle chinoise
de nouveaux navires sera de sept millions de charges·tonnes. L’exploration
pétrolière maritime se développera, et la Chine construira
plus de 70 plates-formes de forage dans l’océan.
À présent, l’industrie navale du Japon
et de Corée du Sud commencent à mettre l’accent sur
la production des navires de haute technologie et de haute valeur ajoutée
que les nouveaux pays producteurs ne peuvent fabriquer. À cause
du haut coût de main-d’œuvre et du développement
de l’industrie navale de la Corée du Sud et du Japon, la
part de l’Europe dans le marché mondial a diminué
de 23 % en 1993 à 15 % maintenant. L’Allemagne est le plus
grand pays producteur de navires en Europe, mais son envergure reste au
niveau des deux tiers de l’Allemagne de l’Ouest de 1990, ne
représente que 5 % du marché mondial, se classe au quatrième
rang du monde. La production des navires de la Suède était
au deuxième rang du monde il y a plus de trente ans, après
le Japon, mais aujourd’hui, il n’y reste que quelques usines
de réparation de navires, chantiers de navires de guerre et usines
d’équipement naval. La Grèce n’a plus que quelques
chantiers navals. Un grand nombre de navires doivent être importés.
L’Europe maintient encore la supériorité de l’équipement
de navires à haute valeur ajoutée. Les produits de première
classe et plusieurs marques d’équipement viennent d’Europe.
Par exemple, en Allemagne et en Suède, 60 % de l’équipement
est exporté. Le bas coût de la main-d’œuvre et
l’ouverture de grands ports sont les atouts de l’industrie
navale de Chine.
Depuis 1998, l’investissement de la Chine dans les biens
immobilisés a connu une croissance à deux chiffres d’année
en année.
La Chine a construit de postes de mouillage de haute technologie,
de grands ports et des quais. En même temps, le coût de la
main-d’œuvre chinoise est le dixième de celui du Japon
et le quinzième de celui de la Corée du Sud. Dans la fabrication
d’un navire, le coût de la main-d’œuvre représente
30 %.
« L’industrie navale de Chine s’est développée
rapidement. Elle possède des compétences orientées
vers un plus haut objectif de développement », dit Wang Wenjun
du Centre de recherche sur l’économie navale de Chine, ajoutant
que le bas coût de revient jouera un rôle important dans le
développement de l’industrie navale du monde.
Des spécialistes chinois croient que pour l’industrie
navale du pays, s’appuyer sur le bas coût de revient ne suffit
pas. « En Chine, l’efficacité de la production, l’envergure
de la rentabilité et le taux de production locale de l’équipement
complet sont bas, ce qui neutralise l’avantage de la main-d’œuvre
à bas prix. » Un spécialiste a indiqué que
le tonnage, la valeur de production et la rentabilité annuelle
par travailleur naval chinois sont de cinq à sept fois inférieurs
à ceux des chantiers navals étrangers. Le nombre d’heures
de travail destinées à la production d’un bateau,
le nombre de bateaux fabriqués annuellement par chaque chantier
et la productivité du travail représentent respectivement
500 %, 20 % et 10 % de ceux du Japon. La consommation électrique
pour 10 000 USD de valeur de production d’un chantier naval chinois
est dix fois plus élevée qu’au Japon.
Wang Rongsheng, président de l’Association chinoise
de l’industrie navale, a dit que la production de navires en Chine
équivaut au niveau international des années 1990. Plusieurs
types de navires comme le bateau de haute technologie et à haute
valeur ajoutée, le superconteneur, le bateau-citerne pour gaz liquéfié
et gaz naturel et le bateau de plaisance de luxe sont en période
de développement. Le bas niveau de production des industries auxiliaires
est le plus grand obstacle au développement de l’industrie
navale de Chine. Wang a dit que le Japon, la Corée du Sud et les
autres pays producteurs de bateaux possèdent des industries navales
complémentaires développées. Le taux de production
locale de l’équipement naval complet du Japon atteint 97,8
%, et une grande partie est exportée et peut entraîner des
retombées annuelles de huit milliard de USD. Celui de la Corée
du Sud est de 80 %. Mais en Chine, l’industrie navale est obligée
d’importer des produits auxiliaires de l’Europe, du Japon,
de la Corée du Sud, etc., ce qui diminue ses bénéfices.
Au fur et à mesure du développement de l’économie
nationale et de l’augmentation du salaire des travailleurs chinois,
l’atout du bas coût de la main-d’œuvre disparaîtra.
Après la période d’or de dix ans, si l’industrie
navale de Chine veut accéder à un nouveau palier, elle devra
développer une industrie navale de haute technologie et à
haute valeur ajoutée. Même si son avantage actuel n’existe
plus, le renouvellement des produits pourra combler la perte de l’industrie
navale de Chine causée par le détournement de la production
vers d’autres chantiers. La Chine a commencé à prendre
des mesures. Par exemple, en août dernier, le Hudong-Zhonghua Shipbuilding
(Group) de Shanghai a accepté de fabriquer deux LNH. C’était
la première fois que l’industrie navale de Chine fabriquait
ce type de bateau dont la construction présente des difficultés
reconnues de tous.
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