L’Afrique lutte contre le sida

Ding Zhitao

Après la mort de son fils, Nelson Mandela, alors âgé de 86 ans, qui a lutté toute sa vie contre l’apartheid, a lancé un défi au plus grand tabou de la société sud-africaine en reconnaissant ouvertement que son fils était mort du sida.

Pendant des décennies, les porteurs du VIH (virus d’immunodéficience humaine) ont été les plus rejetés en Afrique du Sud. Or, malgré que le sida soit un tabou social, il infecte la population sans distinction de race ou d’ethnie. « Faisons face au sida, au lieu d’éviter de parler de ce sujet, a appelé Mandela. Si nous révélons courageusement que des gens sont morts du sida, on comprendra que le sida est une maladie ordinaire comme la tuberculose et le cancer. »

Selon un rapport des Nations unies, en 2003, seulement 3 % des sidéens et porteurs du VIH de l’Afrique sud-saharienne ont eu la chance de subir le traitement rétroviral. Cette thérapie s’est avérée efficace et saine dans les régions aux conditions limitées. Ces dernières années, le prix des médicaments rétroviraux a baissé de 98 % ; ainsi, les sidéens peuvent-ils survivre au coût d’un dollar (US) par jour.

Pays d’Afrique en action

En avril 2003, l’Afrique du Sud a produit les premiers médicaments rétroviraux. D’autres pays du continent, comme l’Éthiopie, le Kenya, le Mozambique, le Nigeria, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie, se préparaient à en produire en 2004 et 2005. Selon le plan national de traitement du sida et du VIH, déjà approuvé par le gouvernement sud-africain, avant 2008, 1,2 million de sidéens et porteurs du VIH, soit le quart de la population du pays, subiront un traitement rétroviral.

L’Afrique ne lutte pas seule contre le sida. La communauté internationale lui a toujours prêté main forte. L’Organisation mondiale de la santé appliquera le « Plan 3 x 5 » (3 by 5 Initiative), qui a pour objectif d’aider 3 millions de sidéens et porteurs du VIH à subir un traitement avant la fin de 2005, et qui vise les pays en développement et les pays à revenu moyen. Avec ce plan, on franchit le premier pas vers l’objectif d’offrir des mesures de prévention et de traitement à tous ceux qui en ont besoin. Dans le cadre de ce plan, on fournit des médicaments rétroviraux gratuitement ou à un prix symbolique. La Banque mondiale est d’accord pour adopter un plan de traitement accéléré qui coûtera 60 millions de USD et qui sera d’abord appliqué au Burkina Faso, au Ghana et au Mozambique. L’Organisation mondiale de la santé et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique accorderont aussi du soutien technique et coordonneront les projets entre les pays d’Afrique. D’autres pays tels que le Botswana et le Sénégal ont aussi fait de grands progrès dans la généralisation du traitement du sida. La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge, très populaires en Afrique, pour lesquels 2 millions de volontaires travaillent actuellement, sont devenus des forces importantes de la lutte contre le sida. Des sociétés pharmaceutiques, des institutions de recherche, des organismes de charité et d’autres pays sont aussi actifs en Afrique. Le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, instauré à l’initiative de la Fondation Bill et Melinda Gates, a fourni 3 milliards de dollars à partir de 2002, destinés à aider 128 pays à améliorer les installations sanitaires et à lutter contre ces trois maladies infectieuses. Ces efforts apportent l’espoir aux sidéens et porteurs du VIH.

Participation chinoise

La Chine maintient une coopération fructueuse avec l’Afrique dans le domaine de la prévention et du traitement du sida. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a déclaré, lors de la 2e réunion ministérielle du Forum sur la coopération Chine-Afrique, que la Chine donne l’exemple dans la coopération Sud-Sud avec l’Afrique. « La Chine a activement participé aux programmes de coopération régionale avec les organisations africaines dans le cadre des Nations unies », a-t-il apprécié.

Depuis les années 1960, des missions médicales chinoises travaillent en Afrique. Les Africains, qui connaissaient peu la médecine chinoise, l’apprécie peu à peu.

En 1987, la Chine et la Tanzanie ont signé un accord sur le traitement du sida par la médecine chinoise. Puis, l’hôpital Guang’anmen de Beijing a envoyé en Tanzanie une première équipe d’une trentaine de médecins expérimentés. Après avoir traité plusieurs dizaines de milliers de cas de sida, ils ont accumulé une riche expérience et recueilli un grand nombre de documents. La série de médicaments Ailing produits par l’hôpital peuvent améliorer la qualité de vie des patients, par exemple en atténuant la toux, la perte de poids et la douleur. Wang Jian, expert de l’Association chinoise pour les herbes médicinales, a dit que les médicaments à base de plantes sont susceptibles de fortifier les fonctions immunitaires des sidéens et porteurs du VIH. Les experts chinois croient aussi que ces médicaments peuvent ralentir la reproduction du virus sidéen et affaiblir visiblement les symptômes.

L’expérience de l’Afrique dans la lutte contre le sida est bénéfique à d’autres pays, y compris la Chine. Par exemple, l’expérience de l’Ouganda montre que le gouvernement joue un rôle important dans ce travail. L’Ouganda a été l’un des pays d’Afrique les plus envahis par le sida. Le gouvernement ougandais, au nom de la volonté d’État, a appliqué le modèle ABC (Abstinence, Be faithful, Condom), campagne qui a obtenu de très bons résultats : le taux d’infection par le virus sidéen chez les filles de 15 à 19 ans est tombé à 10 %, et le taux national, de 21 % à 6 %. Dans le monde actuel caractérisé par la mondialisation, l’apprentissage mutuel de l’expérience et la coopération sont devenus une voie efficace pour éradiquer le sida.


 
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