Pays importateur de produits agricoles

Wu Wenhe

Selon l’article « Examiner la « sortie » des produits agricoles chinois du point de vue la balance commerciale » écrit par Zhu Ming, président de l’Institut de recherche sur la planification et le concept du ministère de l’Agriculture, en 2004, la balance défavorable du commerce agricole de la Chine attendrait 5,5 milliards de USD. Seulement trois années après avoir adhéré à l’OMC, la Chine s’est transformée de pays exportateur de produits agricoles en pays importateur. Un revirement considérable puisqu’il y a huit ans, la balance favorable du commerce agricole était en moyenne de 4,3 milliards de USD par an.

Transbordement du soja dans le port de Beiliang à Dalian. Photo: Ma Dou

Selon les statistiques de la Douane, pendant les onze premiers mois de 2004, le taux d’augmentation d’importation de produits agricoles (25,86 milliards ou +54,1 %) a été de loin supérieur à celui de l’exportation (20,68 milliards de USD ou +10,5 %), conduisant au déficit de la balance commerciale de 5,18 milliards, contre un bilan positif de 1,94 milliard en 2003.

Le grand déficit provient de la forte augmentation de l’importation de trois produits agricoles. 1, Céréales dont le riz, le blé, le maïs et le soja. De janvier à novembre 2004, la Chine a exporté 4,31 millions de tonnes de céréales (-76,2 %), et en a importé 8,95 millions de tonnes (+3,7 fois), il en résulte que l’exportation nette du commerce céréalier de 16,16 millions de tonnes en 2003 s’est muée en importation nette de 4,64 millions. 2, Coton et sucre comme matières premières industrielles. Entre janvier et novembre, l’exportation du coton a été de 11 000 tonnes (-89,9 %) et son importation a atteint 1,92 million de tonnes (+150 %) ; l’exportation du sucre a baissé de 36,7 % par rapport à la même période de l’année précédente pour atteindre 62 000 tonnes, et son importation a augmenté de 68 %, arrivant à 1,18 million de tonnes. 3, Produits de volaille. Au cours de onze mois, l’exportation des produits de volaille a représenté 560 millions de USD (-24,9 %) et son importation, 160 millions (+62,7 %).

Les experts analysent que le grand déficit a surgi sous l’effet commun des divers facteurs internes et externes dont le changement des rapports offre-demande des produits agricoles du pays qui constitue un facteur crucial.

Sun Dongsheng, docteur à l’Académie des sciences agricoles de Chine, croit que la balance défavorable découle directement du stockage céréalier le plus bas de l’histoire, entre autres facteurs. En 2003, la production céréalière a été de 430,6 millions de tonnes, record le plus bas depuis treize ans, et le stockage s’est trouvé au niveau minimal depuis 1974, même à moins de 30 % de la consommation céréalière de cette année, contre 59,4 % du niveau moyen pendant les trente années passées (le niveau moyen de stockage est de 59,4 % de la consommation céréalière pendant les trente années passées).

En 2004, la Chine a importé près de 70 000 vaches laitières de l'Australie.

D’après l’expert agricole de l’université Renmin, Zeng Yingchu, bien que la réduction du stockage céréalier ne menace pas la sécurité des réserves céréalières de Chine, elle exerce une grande influence sur l’offre et la demande. Ainsi, deux grands « signes économiques » sont apparus en 2004. Premièrement, au début de l’année, le gouvernement a pris une série de mesures visant à stimuler la production céréalière, y compris abolir ou réduire les impôts agricoles et subventionner les fermiers au comptant, etc. Parallèlement le quota d’exportation des principaux produits agricoles a été réduit et des mesures encourageant l’importation ont été appliquées. Deuxièmement, les prix des principaux produits agricoles ont haussé de 30 % à 40 % , ce qui aggrave le souci face à la situation nationale de l’offre et de la demande. Sous l’incitation de ces deux « signes économiques », des autorités locales et des entreprises ont importé des céréales en quantité, conduisant à une croissance anormale de l’importation en 2004.

Du fait que le quota de produits textiles a été aboli au début de 2005 à l’échelle mondiale, les entreprises textiles du pays ont augmenté à qui mieux mieux la réserve de matières premières afin d’être prêtes à saisir les occasions d’exportation. Malgré la bonne récolte du coton dans l’intérieur du pays, l’offre n’a pas encore satisfait la demande ; ainsi le volume d’importation du coton a monté en flèche en 2004. De plus, l’explosion de la grippe aviaire au début de 2004 a compromis l’exportation des viandes de volaille de la Chine.

Beaucoup d’experts ont indiqué que le changement des rapports offre-demande de produits agricoles était temporaire en 2004.

Premièrement, on a mis fin à cinq ans de réduction de la production céréalière et dépassé le quota de production. Actuellement, certaines régions produisant principalement des céréales sont inquiètes de la baisse des prix des céréales. Avec le renforcement de l’appui national à l’agriculture et l’attention portée à la production céréalière, les rapports offre-demande de céréales tendront vers l’équilibre en 2005, et une croissance anormale de l’importation des céréalières sera impossible. Deuxièmement, le rôle d’entraînement sur l’importation du coton a été libéré par l’abolition du quota des produits textiles à l’échelle mondiale, et le prix du coton sur le marché intérieur baisse progressivement. De nombreuses entreprises textiles ont pris conscience que les occasions d’exportation apportées par la suppression du quota est limitée en réalité, et l’enthousiasme d’accumuler des réserves d’envergure de matières premières du coton s’émousse rapidement. Ainsi, on prévoit qu’il sera difficile de maintenir une croissance continue du volume d’importation du coton en 2005. Finalement, on croit improbable une épidémie grave de la grippe aviaire, et même si elle se produisait, il serait difficile qu’elle cause un choc fatal sur la situation générale de l’exportation des produits agricoles de Chine.


 
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