Le « champ magnétique » de l’économie chinoise est en résonance avec l’économie mondiale

Il y a peu de temps, sur le thème des relations entre le développement de la Chine et l’économie mondiale, un journaliste du Quotidien du Peuple a interviewé Shen Jiru, chercheur de l’Institut de recherche sur l’économie et la politique mondiales, relevant de l’Académie des sciences sociales de Chine.

Lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, au début de l’année, l’économie chinoise a été une fois de plus au centre des regards. De là, on a vu le changement du concept des milieux économiques mondiaux, c’est-à-dire du doute sur l’authenticité de la croissance économique chinoise à l’attention à la continuité de sa croissance économique et à l’influence de la Chine sur l’économie mondiale. Quelle est la signification de ce changement ?

L’économie est semblable à un champ magnétique ; l’envergure économique est directement proportionnelle à la force magnétique. Sur la scène économique mondiale, si l’économie chinoise attire de jour en jour l’œil du monde, c’est que sa puissance augmente sans cesse, donc sa force magnétique. En 2004, le PIB de la Chine a occupé 4 % de l’agrégat du PIB du monde, se trouvant en 6e rang mondial, et le volume global des échanges, 5,24 % du total mondial, au 3e rang mondial. Grâce à son développement rapide et soutenu, l’économie chinoise sert encore de moteur à la croissance économique mondiale dans laquelle 18,2 % du taux de croissance est dû à l’économie chinoise ; quant au commerce mondial, 16 % de sa croissance est issue de la Chine.

Comme chaînon de l’économie mondiale, l’évolution économique et le réajustement des politiques économiques de la Chine exercent une influence sur l’économie mondiale, donc l’économie chinoise attire certainement l’attention du monde.

Quels progrès récents a marqués la Chine dans le domaine de la participation à la mondialisation économique ?

Ils se manifestent dans plusieurs sphères. Dans le cadre de l’accomplissement de son engagement envers l’OMC, la Chine a réduit continuellement les droits de douane et les barrières non tarifaires, et accéléré l’ouverture du marché sur l’extérieur. Elle a pratiqué la stratégie de « sortir du pays », encourageant les entreprises intérieures à investir à l’étranger.

Par ailleurs, sur le plan de développement vigoureux de la coopération économique régionale, la Chine a fait un pas substantiel. Non seulement a-t-elle activement participé aux activités de l’organisation économique régionale comme la Coopération économique d’Asie-Pacifique, le Sommet d’Asie-Pacifique et la zone de libre-échange Chine-ANASE (10+1), mais encore elle a entamé les négociations avec l’Union douanière de l’Afrique australe, le Conseil de coopération du Golfe et les zones de libre-échange du Chili, d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

Certains pensent que l’augmentation rapide de l’économie chinoise produit un impact négatif sur d’autres pays. Quels sont vos commentaires ?

Je crois que cette opinion n’est pas correcte, et cette inquiétude, pas nécessaire. On ne doit pas voir seulement que la Chine exporte beaucoup de marchandises à l’étranger ; on doit aussi voir la quantité de ses importations annuelles. Ces « grande exportation et grande importation » sont favorables à la complémentarité mutuelle entre l’économie chinoise et celle d’autres pays, et à pousser la mondialisation à se développer vers la coopération gagnant-gagnant et la prospérité commune.

Par exemple, pour établir la zone de libre-échange Chine-ANASE, la Chine est convenue d’ouvrir le marché des produits agricoles aux pays de l’ANASE. Néanmoins, dans ce cadre, la compétitivité de la Chine est inférieure à celle de l’ANASE, et notre pays est aussi un grand pays agricole ; pourquoi donc ouvrir notre marché ? C’est pour concrétiser la politique de bon voisinage. Le fait que la Chine exporte ses produits industriels vers les pays de l’ANASE peut rapporter de l’argent ; tenant compte des intérêts des pays de l'ANASE, nous laissons leurs produits agricoles entrer dans notre marché pour qu'ils puissent aussi gagner de l’argent. Ainsi, on réalise les avantages mutuels sur un pied d’égalité, et le gagnant-gagnant en coopération.

De plus, une grande part des immenses réserves de devises étrangères de Chine sert à acheter des obligations des États-Unis, un rôle positif pour alléger la pression des déficits commercial et budgétaire et réduire la fuite des capitaux des États-Unis.

On doit dire que beaucoup de manières de procéder adoptées par la Chine sont dues à la considération de l’intérêt à long terme du développement de l’économie chinoise et mondiale, montrant ce qu’est un grand pays responsable. Depuis l’explosion de la crise financière en Asie en 1997, au sacrifice de son propre intérêt, la Chine a déclaré qu’elle ne dévaluerait pas le yuan afin de réprimer le ravage de la crise financière. Depuis l’annulation du quota de produits textiles cette année, la Chine perçoit les droits de douane sur l’exportation des produits textiles, faisant des efforts pour maintenir et coordonner l’ordre du commerce international des produits textiles. Tous ces faits prouvent avec éloquence que la Chine donne l’exemple du gagnant-gagnant dans la coopération commerciale internationale et que la coopération économique avec la Chine est une occasion favorable, non une menace.

En février dernier, le ministre des Finances, Jin Renqing, et le gouverneur de la Banque populaire de Chine (Banque centrale), Zhou Xiaochuan, ont participé encore une fois à la réunion des ministres des Finances des pays du G7. Cette année, la Chine est le pays hôte des réunions des ministres des Finances et des gouverneurs de la Banque centrale des pays du G20, cela signifie-t-il que notre pays fait un nouveau pas ?

Mai oui ! Dans le contexte de la mondialisation économique, au fur et à mesure que les liens économiques se resserrent entre les pays, la coordination de la politique économique internationale est de plus en plus importante. Les sept pays de l’Occident sont les pays développés les plus influents du monde, et la Chine, le plus grand pays en développement avec un renforcement rapide de sa puissance économique. Le fait que les deux parties procèdent au dialogue profitable sur un pied d’égalité favorise la coordination de la politique économique internationale et traduit de vastes demandes de divers types d’autres pays.

On peut dire que sans la participation de la Chine, il est difficile de coordonner les nombreuses politiques impliquant la sphère économique internationale. Ainsi, la Chine non seulement respecte les règles économiques internationales, mais encore se mêle-t-elle à l’élaboration de ces règles et exprime-t-elle son opinion sur les problèmes économiques importants. À travers la communication et la participation, la Chine, avec ses interlocuteurs, approfondit la compréhension mutuelle, augmente la convergence de vues, favorise la coopération et remplit, dans la coordination internationale, son rôle comme il se doit.

Il faut souligner que comme pays en développement, la Chine, premièrement, doit mener à bien ses affaires intérieures et augmenter sa puissance générale nationale, tout en renforçant la communication et la coordination avec autres pays en vue de promouvoir la stabilité et le développement de l’économie mondiale.


 
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