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Qui l’emportera ?
Pour les compagnies aériennes chinoises, concurrence
ne veut pas dire billets à prix réduit. Ce sont la sécurité
et le service qui comptent.
Lan Xinzhen
« Réserve deux billets de China Hainan Airlines,
puisque c’est moins cher », dit Wang Gang à sa femme,
après avoir consulté plusieurs compagnies aériennes.
Cette année, le 9 février était la fête du
Printemps, la nouvelle année lunaire. Le couple, qui travaille
à Beijing, envisageait de passer la fête dans leur famille,
à Nanning, dans le sud du pays.
Le 4 février, trois vols Beijing-Nanning étaient
offerts par Air China, Southern Airlines et Hainan Airlines, et les avions
étaient de même type. Normalement, un billet de Beijing à
Nanning coûte 2 400 yuans, mais les trois compagnies vendaient respectivement
à 1 440 yuans, 1 200 yuans, et 720 yuans. « C’est moins
cher qu’une couchette dure de train, qui coûte 780 yuans !
», s’est exclamé Wang Gang.
Les prix de Hainan Airlines sont les plus bas de toutes les
compagnies aériennes chinoises, a révélé Dong
Qian de l’agence Mingxiang. La compagnie a même vendu des
billets à 80 % de rabais sur les lignes Jinan-Haikou et Jinan-Shenzhen.
« La concurrence est tellement ardue, les bas prix attirent naturellement
davantage de clients », a-t-elle ajouté.
Depuis la réorganisation des compagnies aériennes
en 2002, la dispute du marché de l’aviation civile est de
plus en plus acharnée.
La concurrence a commencé par le prix
Avant 1987, quand le gouvernement et l’entreprise ne
faisaient qu’un, l’aviation civile se développait lentement.
Les compagnies ont connu plusieurs années de déficit. Elles
survivaient de subventions de l’État. En janvier 1987, le
gouvernement a décidé de se retirer de la gestion de l’entreprise
dans le domaine de l’aviation civile et de permettre à d’autres
entreprises d’État de pénétrer le marché
aérien, lâchant ainsi le contrôle en ce qui concerne
l’accès au marché et aux lignes aériennes,
la construction d’aéroports et l’achat d’avions.
Alors commença une période de développement rapide
de l’aviation civile.
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Pour les compagnies aériennes chinoises, concurrence
ne veut pas dire billets à rabais. Ce sont la sécurité
et le service qui comptent. Photo: Xinhua
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On comptait à ce moment-là trente-quatre compagnies
aériennes, mais leur flotte était maigre, ce qui donnait
un piètre rendement. En 2001, les 34 compagnies aériennes
avaient en tout un peu plus de 500 avions, moins qu’une seule compagnie
aérienne étatsunienne.
En 1998, l’aviation civile a accusé un déficit
de 2,4 milliards de yuans. Le secteur ne pouvait qu’envisager la
réorganisation. En 2002, les 34 compagnies ont fusionné
en 23, réparties en cinq groupes : Air China, Eastern, Southern,
Hainan et Zhongtian. Les trois premiers groupes sont étatiques.
« Dès ce moment a commencé la concurrence
de l’aviation civile chinoise », a dit le Pr. Cao Jianhai,
de l’Institut de recherche sur l’économie industrielle
de l’Académie des sciences sociales de Chine.
Au début de 2003, les billets se vendaient avec une
remise de 10 à 20 %. Mais en 2004, certaines compagnies offraient
un rabais même de 70 %.
Par ailleurs, les compagnies ont acheté beaucoup d’avions.
En 2003 et 2004, le nombre d’appareils civils a presque triplé
pour atteindre 1 400.
Selon un représentant du milieu, les compagnies aériennes
adoptent le système de prix selon la classe. Pour un avion de plus
de 100 places, si la plupart des passagers obtiennent leur billet à
60 % du prix, le coefficient d’occupation doit être d’au
moins 70 % pour que les compagnies fonctionnent normalement. Si la plupart
des passagers obtiennent leur billet à 30 % de rabais, l’occupation
ne doit pas être inférieure à 50 %.
Selon un article du Premier quotidien financier et économique,
pour raccrocher la clientèle limitée et exclure les concurrents,
certaines compagnies aériennes ont porté leur prix même
jusqu’à un niveau inférieur au coût. L’action
a d’une part créé de l’espace lucratif aux agences
de vente, et d’autre part causé la confusion du secteur.
En revanche, certains agents profitent du déséquilibre entre
l’offre et la demande, atermoient en quantité et à
long terme le paiement aux compagnies aériennes, nuisant à
leur intérêt.
Cinq nouvelles compagnies
En 2005, cinq nouvelles compagnies non étatiques ont
été ratifiées par l’Administration chinoise
de l’aviation civile (CAAC) : Jade Cargo International, United Eagle
Airlines, Huaxia Airlines, Air Spring et Okay Airways. Bien qu’encore
petites, elles constituent de nouveaux rivaux dans le marché national
de l’aviation civile.
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Depuis la réorganisation des compagnies aériennes
en 2002, la dispute du marché de l’aviation civile
est de plus en plus acharnée. Photo: Ren Libo
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D’après Yang Yuanyuan, directeur de la CAAC,
le 15 janvier, le Règlement sur les entreprises de transport
aérien public est entré en vigueur. Dorénavant,
toutes les entreprises non étatiques et étrangères
qui répondent aux conditions requises pourront demander l’autorisation
de se lancer dans le secteur.
Selon le Règlement, les entreprises qui désirent
se vouer au transport aérien public doivent remplir les conditions
suivantes : avoir au moins trois avions civils achetés ou loués
qui répondent aux normes ; le responsable principal de l’entreprise
doit être apte à gérer une entreprise spécialisée
dans le transport aérien public, et le représentant de la
personne morale doit être de nationalité chinoise. Pour éviter
le monopole, il est interdit aux établissements comme les aéroports
civils, qui pourraient mener une concurrence déloyale, de créer
indépendamment une entreprise de transport aérien public
ou de participer à son instauration. Dans les entreprises avec
participation étrangère, la partie chinoise doit être
actionnaire majoritaire et les actions détenues par l'un des partenaires
étrangers ne peuvent dépasser 25 %. La CAAC effectuera le
contrôle macroéconomique nécessaire et la surveillance.
Selon Hu Wenbin, employé de United Eagle Airlines,
la compagnie vise d’abord le marché des lignes secondaires
de l’Ouest avec Chengdu comme centre, et ouvrira des lignes desservant
Jiuzhaigou, Kunming et Lhassa. Au début, la compagnie possède
trois à cinq avions, dans trois ans, sa flotte en comptera entre
dix et vingt.
Okay Airways aura sa base à l’aéroport
international Binhai de Tianjin et à l’aéroport international
d’Urumqi. En plus des services de transport aérien public,
la compagnie offrira aussi des vols nolisés en partance de Tianjin
et d’Urumqi.
Jade Cargo, Huaxia et Air Spring ont indiqué vouloir
conquérir le marché par leurs bas prix.
Dimension du marché national de l’aviation civile
Selon des statistiques de la CAAC, en 2004, tout le secteur
de l’aviation civile a réalisé un bénéfice
de 8,69 milliards de yuans, équivalent à la somme des dix
dernières années ; il a transporté 120 millions de
passagers·fois, soit une augmentation de 38 % sur 2003.
Du fait des rabais importants des billets d’avion, de
nombreux passagers qui voyageaient en train ou autocar ont choisi l’avion.
On estime que le secteur de l’aviation civile transportera 140 millions
de personnes en 2005.
En 2003, Boeing a publié un rapport qui prévoit
que le marché chinois sera le marché d’aviation civile
à la plus forte croissance mondiale. Dans les vingt ans à
venir, le pays aura besoin de 2 400 avions neufs. En 2020, les compagnies
aériennes chinoises posséderont 2 200 avions. « Si
le rythme de 2004 se maintient, la Chine deviendra le deuxième
marché mondial après les États-Unis en 2015 »,
a expliqué Cao Jianhai.
Sécurité et service d’abord
La « guerre des prix » inquiète le milieu.
« La concurrence ne veut pas dire le rabais sur les billets d’avion.
L’expansion au détriment des profits empêchent les
compagnies de se développer et de mettre le pied sur le marché,
a dit Liu Jianfeng, directeur adjoint de la CAAC. La sécurité
et le service sont ce qui prime pour les compagnies aériennes.
»
Liang Xiaomin, professeur à l’université
Qinghua, estime que le service des compagnies chinoises a beaucoup progressé.
Leur plus grand défaut est de ne pas savoir traiter des incidents
imprévus comme le retard des vols. Celui-ci est parfois dû
à des causes incontrôlables, mais on y voit aussi la mauvaise
gestion de la compagnie aérienne. Le retard des vols lui-même
n’est pas la mèche des querelles ; c’est souvent l’attitude
de la compagnie qui provoque le mécontentement.
Dans le mois qui a suivi la publication, le 1er juillet 2004,
des « Avis sur la compensation économique pour le retard
des vols » par la CAAC, le pays a enregistré 300 cas d'«
occupation » de passagers pour cause de retard. Actuellement, les
compagnies aériennes n’ont pas de date précise pour
faire connaître leur propre méthode de compensation sauf
China Shenzhen. Pendant l’année 2004, le taux des vols normaux
a été seulement de 80 %.
L’aviation civile fait face à un vigoureux défi
: d’une part, les compagnies aériennes achètent quantité
d’avions de passagers, d’autre part, elles diminuent de beaucoup
le prix des billets, majorant ainsi énormément leur coût
et compromettant la sécurité et la qualité de service.
Les deux accidents de 2004 soit la montée d’un jeune garçon
sur le fuselage d’un avion à l’aéroport de Kunming
et le crash aérien à l’aéroport de Baotou,
ont alerté la CAAC sur les problèmes de sécurité.
En 2005, la CAAC travaillera en priorité à l’amélioration
de la sécurité et du service des compagnies aériennes.
« Si la sécurité et le service posent
des problèmes, en cas d’accident, ni les compagnies aériennes
ni les passagers n’y gagneront », a conclu Yang Yuanyuan.
Les cinq groupes de transport aérien de
Chine
- China National Aviation Holding Company (CN Air Holding
ou CNAH) : formé de Air China, China International Airlines
et China Southeastern Airlines.
- China Eastern Air Holding Company (CE Air Holding
ou CEAH) : composé de China Eastern, Yunnan, Northwestern,
Changcheng Airlines.
- China Southern Air Holding Company (CS Air Holding
ou CSAH) : formé de China Southern, Northern, Xinjiang, Zhongyuan,
Guizhou, Xiamen, Fujian et Sichuan Airlines.
- China Hainan Air Holding Company (CH Air Holding ou
CHAH) : formé de China Hainan, Shanxi, Xinhua et Chang’an
Airlines.
- Zhongtian Air Holding Company (ZT Air Holding ou ZTAH):
formé de China Shandong, Shanghai, Shenzhen et Wuhan Airlines.
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