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L’instruction obligatoire dans la campagne chinoise
Tang Yuankai
L’hiver est la saison la plus dure pour les enfants
de l’école Longxing. car les fenêtres de l’école
n’ont pas de vitres, seulement du papier.
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Une écolière rurale du Ningxia. Photo:
Wang Guangzhuang
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L’école Longxing se trouve dans le district de
Daozhen, à Zunyi, au Guizhou. Comme dans la plupart des écoles
primaires rurales de Chine, un grand slogan est fixé à l'extérieur
du bâtiment de trois étages : « L’éducation
est au premier plan, les enfants sont les plus importants. » Les
enseignants s’efforcent toujours de réunir des fonds pour
réparer le bâtiment. « Il est pénible de maintenir
le fonctionnement normal de l’école sans un sou pour les
réparations. Nous sommes désolés de voir les enfants
étudier dans une telle classe », a dit un enseignant.
Jusqu’à maintenant, l’école Longxing
n’a pas encore réalisé l’instruction obligatoire
complète. Elle compte 579 écoliers, chacun doit verser 80
yuans de frais de scolarité par semestre. L’école
recueille ainsi 46 320 yuans mais se charge des frais de manuels et cahiers.
À 55 yuans par écolier, elle gruge 31 845 yuans dans son
budget ; le reste sert au fonctionnement normal de l’école
comme les frais d’eau, d’électricité et de craie.
Sans allocation gouvernementale, l’école devrait fermer.
La province du Guizhou est une province pauvre du pays, et
Daozhen, un district agricole pauvre en périphérie de la
province. « Quatre-vingts yuans par semestre représentent
une grosse somme pour les fermiers locaux », a expliqué un
maître, ajoutant que « les fermiers vivent principalement
de la culture du maïs et de l’élevage de cochons, et
chaque foyer a un revenu annuel de mille yuans seulement. À peine
avoir de quoi vivre. Pour payer les études des enfants, on doit
économiser sou à sou. »
En comparaison avec d’autres écoles du district,
les conditions de l’école Longxing sont bonnes. En fait,
les écoles qui font face à la pauvreté ne sont pas
rares dans les campagnes du pays, surtout dans l’Ouest.
« La situation de l’éducation dans les
campagnes et les régions retardataires n’est pas aussi satisfaisante
que dans les villes », a dit Pan Yunliang, professeur de l’École
du Parti du Comité central. Pan est chef du groupe d’étude
sur l’instruction obligatoire dans la campagne chinoise et responsable
du rapport intitulé « La situation difficile et la solution
de l’instruction obligatoire dans les campagnes chinoises ».
En 2004, quinze membres du groupe ont enquêté pendant environ
un an dans seize provinces et régions autonomes comme le Heilongjiang,
le Liaoning, la Mongolie intérieure, le Hebei, le Hunan, le Ningxia,
le Xinjiang, le Tibet, le Guangxi et Hainan. Ils ont remarqué que
plusieurs fermiers ont de lourdes charges familiales. Beaucoup de bâtiments
scolaires ruraux sont rudimentaires et miteux. Certains districts et cantons
sont accablés de dettes après avoir réalisé
l’instruction obligatoire.
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Des enfants du Sichuan dans une classe rudementaire.
Photo: Li Shilei
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Cai Mantang, de l’Université de Beijing et qui
vient de terminer ses investigations dans les campagnes du sud-ouest,
dit qu’alors que les professeurs des villes projettent d’acheter
des ordinateurs et de construire un terrain de basket-ball, les professeurs
des campagnes se soucient de manquer de craie pour lendemain. La situation
de l’instruction dans la plupart des régions de l’Ouest
est en forme de pyramide : le nombre d’élèves diminuent
à mesure que les classes avancent.
Selon Pan Yunliang, le succès de l’instruction
obligatoire de neuf ans dans la campagne est faible. D’une part,
le ministère de l’Éducation a déclaré
en 2000 « la généralisation pour l’essentiel
de l’instruction obligatoire de neuf ans ». « Pour l’essentiel
» signifie que 85 % des régions ont atteint la norme. Mais
il reste 15 % des régions, principalement des régions pauvres
de l’ouest, encore loin du but. D’autre part, même dans
les régions qui ont atteint la norme, le résultat et la
qualité sont plutôt faibles. Le nombre d’élèves
qui ne fréquentent pas l’école remonte. Au cours des
dernières années, selon des statistiques officielles, 5,47
%, et même 10 % des élèves ruraux ont interrompu leurs
études, et le taux pourrait être encore plus élevé
en réalité.
Actuellement, dans la campagne chinoise, la durée d’études
de la population âgée de 15 ans et plus est de moins de sept
années, soit trois années de moins que dans les villes.
Parmi la main-d’œuvre rurale de 15 à 64 ans, les personnes
qui ont reçu une instruction supérieure représentent
moins de 1 %, soit 13 points de moins que dans les villes. Les trois quarts
des 85 millions d’illettrés ou presque illettrés du
pays vivent dans les régions rurales de l’Ouest, les régions
peuplées d’ethnies minoritaires et les districts pauvres.
La population rurale du continent chinois représente 65 % de la
population nationale. Parmi les 200 millions d’élèves
primaires et secondaires du pays, 150 millions sont dans les campagnes.
Après la publication de la Loi sur l’enseignement obligatoire
en 1986, la Chine a commencé à généraliser
l’instruction obligatoire de neuf ans. Bien qu’on ait obtenu
des succès considérables au cours des vingt derniers ans,
le problème n’est pas encore résolu.
En mai 2001, le Conseil des affaires d’État a
promulgué la Décision concernant la réforme et le
développement de l’enseignement de base, fixant la réforme
structurelle de l’éducation rurale. Sous la direction du
Conseil des affaires d’État, on adopte une structure caractérisée
par la responsabilité du gouvernement local, l’administration
par différents niveaux et le district comme principal. Un grand
nombre de districts manquent de ressources financières et ne peuvent
que maintenir le fonctionnement préliminaire. Il est très
difficile pour eux de réajuster les dépenses et augmenter
l’investissement dans l’éducation.
Selon une enquête effectuée en 2004 par le ministère
de l’Agriculture, il faut augmenter d’au moins 43 millions
de yuans les frais d’études annuels pour chaque district
afin de réaliser complètement l’instruction rurale
gratuite.
D’après le Département d’éducation
du ministère des Finances, dans l’ensemble du pays, l’enseignement
obligatoire gratuit nécessite 30 à 40 milliards de yuans.
Et ce niveau d’enseignement obligatoire gratuit est encore au «
bas niveau ».
« Il faut changer la structure d’investissement
dans l’enseignement rural », a indiqué Zhou Hongyu,
directeur adjoint du Bureau de l’éducation de Wuhan et député
à l’Assemblée populaire nationale. Actuellement en
Chine, on adopte la responsabilité régionale et l’administration
à différents niveaux dans l’instruction obligatoire.
À cause du développement économique déséquilibré,
ce système d’investissement diversifié a engendré
un développement inharmonieux de l’instruction obligatoire
du pays.
Zhou a présenté sa proposition sur l’application
de l’instruction obligatoire de neuf ans complètement gratuite
dans les campagnes au premier ministre Wen Jiabao, suscitant son attention.
Lors de la conférence de presse du Bureau d’information
du Conseil des affaires d’État du 27 janvier, le ministre
de l’Éducation a indiqué que l’accent du Programme
de redressement de l’éducation 2003-2007 serait mis sur les
zones rurales conformément à la demande du gouvernement
central. C’est-à-dire qu’on investira plus d’argent
et d’attention dans le développement de l’éducation
rural. Selon le ministre de l’Éducation, Zhou Ji, en 2004,
les finances centrales ont investi plus de 10 milliards de yuans pour
soutenir l’enseignement rural, soit une augmentation de 72 % par
rapport à l’année précédente.
D’après Zhou Ji, les finances centrales et provinciales
devraient rajouter leurs investissements pour donner progressivement dans
l’ensemble du pays des subventions aux élèves de familles
pauvres. On les exonère des frais de manuels, de cahiers, d’études,
et leur accorde une subvention pour les besoins quotidiens. Dès
le début de ce semestre, 16 millions élèves du primaire
et du secondaire de familles pauvres dans 592 districts clés soutenus
par l’État ont bénéficié de cette subvention.
Par ailleurs, les internes ont obtenu de l’assistance. Pour les
élèves pauvres nouvellement ajoutés, les finances
centrales vont augmenter le fonds spécial pour les manuels gratuits.
Mais les administrations locales doivent exempter de frais de scolarité
tous les élèves qui sont dans la sphère d’assistance.
En 2004, le Programme de construction d’écoles
pour les internes ruraux est entré en application. Le gouvernement
central y investira 10 milliards de yuans pour construire en quatre ans
7 730 écoles dans 955 districts du pays (principalement situés
dans l’ouest et les régions pauvres). Ces écoles pourront
accueillir 2,03 millions d’internes.
À partir de ce moment, les élèves de
ces régions peuvent avoir de bonnes conditions d’études
et de logement, au lieu d’être obligés de traverser
monts et rivières pour aller à l’école chaque
jour.
En même temps, grâce à l’application
du Programme national d’instruction obligatoire dans les régions
pauvres et du Projet de rénovation des bâtiments scolaires
dangereux des écoles primaires et secondaires, les régions
pauvres et les régions peuplées d’ethnies minoritaires
auront des écoles en bon état.
En outre, le Programme de télé-enseignement
moderne des écoles primaires et secondaires rurales est passé
de l’étape d’essai à l’étape d’application
d’ensemble. Le gouvernement central donnera cinq milliards de yuans
de subvention aux régions rurales du centre et de l’ouest
pour établir le réseau de télé-enseignement.
Après la construction de ce réseau, les écoles primaires
et secondaires de ces régions pourront avoir leur classe d’ordinateur,
recevoir des émissions d’enseignement diffusées par
satellite, diffuser des VCD didactiques.
« L’instruction obligatoire n’est pas encore
réalisée dans 8 % des régions, soit principalement
dans le centre et l’ouest du pays », a dit le ministre de
l’Éducation lors de la conférence de presse du 27
janvier, « et le gouvernement a pris la résolution de réaliser
l’instruction obligatoire de neuf ans durant le présent mandat.
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