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Les frais scolaires constituent une lourde charge pour les
familles
Lü Ling
« Mon fils a finalement pu terminer ses études
universitaires », dit Gao Hong après le paiement de 5 000
yuans pour la dernière année d’études de son
fils.
Gao était ouvrière et a pris sa retraite à
l’avance à cause de la mauvaise rentabilité de son
usine. Elle touche 700 yuans de pension chaque mois, et son mari, un salaire
mensuel de 1 400 yuans. Leur revenu est inférieur au niveau moyen
des citadins de Beijing.
Pour les familles comme celle de Gao, assumer des frais d’études
universitaires n’est vraiment pas facile.
Un lourd fardeau familial
Depuis les années 1980, les frais des universités
chinoises ne cessent d’augmenter. Ils étaient en 1989 d’environ
200 yuans par année scolaire dans la plupart des universités,
et sont actuellement de 3 000 à 8 000 yuans et même 10 000
yuans dans les universités renommées ou pour certaines spécialités.
En comparaison à 1989, les frais universitaires ont enregistré
une augmentation de 15 à 50 fois, tandis que le revenu annuel moyen
des habitants n'a que doublé, déduction faite du facteur
prix.
Augmentation des frais universitaires
| Année |
1989 |
1993 |
1995 |
1997 |
2000 |
2003 |
| Frais scolaires (yuans) |
200 |
610 |
1 124 |
1 620 |
3 550 |
5 000 |
Dès l’entrée de leur fils à l’école
secondaire, Gao et son mari ont commencé à épargner
en vue de ses études universitaires, sans quoi l’avenir serait
sombre.
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L'institut de médecine traditionnelle chinoise
de Tianjin a créé pour les étudiants pauvres
des occasions de gagner de l'argent Photo: Wang Ye
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D’après les calculs de Gao, pour les quatre années
d’université, il a fallu plus de 40 000 yuans de frais d’études,
de logement, de nourriture et de déplacement, soit à peu
près la moitié du revenu familial total.
« Vu nos conditions financières et notre vie
frugale, nous sommes en mesure de payer 5 000 yuans par année mais
pas davantage », dit Gao.
« Certains de mes amis ont dépensé les
économies d’une dizaine d’années pour les études
de leur enfant et sont obligés d’emprunter », ajoute-elle.
Selon une enquête électronique menée par
le Zhongguo qingnian bao (Journal de la Jeunesse de Chine), 25
% des familles peuvent assumer des frais scolaires de 10 000 yuans ou
plus ; 28 %, entre 7 000 et 10 000 yuans ; 25 %, entre 5 000 et 7 000
yuans ; et 22 %, moins de 5 000 yuans. Cela montre que si les frais pour
la formation d’un étudiant dépassent 10 000 yuans,
75 % des familles ne pourront y faire face.
Il est à noter que faute de la participation au sondage
des familles pauvres dépourvues d’ordinateur, le taux des
familles chinoises capables d’assumer les frais scolaires est inférieur
aux résultats mentionnés.
Étudiants pauvres : comment poursuivre leurs études
?
Au début de sa quatrième année d’études,
la première chose à faire pour Cheng Meng, étudiant
d’une université de langues étrangères à
Beijing, a été de demander un prêt bancaire pour études.
À la réponse affirmative, il a poussé un soupir de
soulagement.
Les parents de Cheng sont des paysans de la province du Guizhou,
et le revenu familial mensuel est de moins de 300 yuans. Dès son
entrée à l’université, Cheng a dû compter
sur les prêts bancaires.
Il peut obtenir un prêt de 6 000 yuans par année
dont 5 000 sont dévolus aux frais scolaires et 650 au logement.
Il vit de son travail en dehors des cours depuis trois ans. Il gagne environ
500 yuans par mois comme précepteur ou traducteur.
« Faire du travail extrascolaire me permet de suffire
à mes dépenses courantes », dit Cheng.
« Certes, ce travail affecte plus ou moins mes études
», ajoute-il. Mais, les études en classe ne sont qu’une
partie de la vie universitaire. Le travail à l’extérieur
aide les étudiants à connaître la société,
augmenter leur expérience et développer leurs aptitudes.
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Une étudiante de l'Université du Jilin
est devenue préceptrice pendant ses temps libres. Photo:
Fan Yingchun
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Selon Sun Meili, responsable du projet Nouvelle Grande Muraille
du Fonds d’aide aux pauvres de Chine, les étudiants démunis
représentent actuellement 20 % du contingent des universités
chinoises et leurs dépenses courantes par mois ne dépassent
pas 150 yuans.
Selon le ministère des Finances, l’État
a établi en 2004 un nouveau système d’aide aux étudiants
pauvres grâce auquel plus de 800 000 étudiants pauvres peuvent
bénéficier d’un prêt bancaire pour un montant
de 4,33 milliards de yuans.
Le ministère des Finances exige que les universités
prélèvent chaque année 10 % sur les frais scolaires
perçus pour aider les étudiants en difficulté et
que le département concerné accorde, depuis septembre 2004,
une subvention alimentaire de 4 yuans par jour à chacun des élèves
en extrême difficulté des écoles secondaires du deuxième
cycle. Le budget de subvention de l’État est de 700 millions
de yuans, pour un délai provisoire d’un an.
Le professeur Zheng Jun, de l’institut de Diplomatie,
dit que son école a fourni aux étudiants différentes
occasions de travail, par exemple à la bibliothèque (un
revenu d’environ 100 yuans par mois), et envoyé en priorité
des étudiants pauvres servir des activités liées
aux affaires étrangères. À cela s’ajoute le
revenu provenant des cours à domicile donnés par les étudiants
pauvres, qui peuvent ainsi résoudre pour l’essentiel leur
problème monétaire.
Les frais élevés
Ces dernières années, l’opinion publique
estime que les frais scolaires des universités sont très
élevés ou déraisonnables.
En Chine, les fonds des universités publiques proviennent
principalement du budget de l’État, des frais scolaires et
autres frais perçus, des industries gérées par les
universités et de dons du public.
Le Dr Zhu Xincheng, du Centre de recherche en pédagogie
de l’université Zhongshan, a indiqué qu’une
assez grande partie de dépenses de l’université (service
logistique et recherche scientifique, par exemple) ne constituent pas
le coût de l’éducation, mais que ces dépenses
sont toujours calculées comme faisant partie du coût de l’éducation.
« La perception des frais par les universités
manque de transparence. C’est une des causes de plaintes du public
», dit le Dr Chen Ruping, du Centre national de recherche en pédagogie.
Il faut donc établir un système efficace de contrôle,
ajoute-il.
En outre, l’insuffisance du budget d’éducation
de l’État est toujours critiquée par l’opinion
publique. Le « Communiqué de statistiques sur l’utilisation
des fonds d’éducation du pays pour 2003 », publié
le 31 décembre 2004 conjointement par le ministère de l’Éducation,
le Bureau d’État des statistiques et le ministère
des Finances, a montré qu’en 2003, le budget de l’éducation
du gouvernement était de 620,83 milliards de yuans, soit 13,29
% de plus qu’en 2002. Mais le pourcentage de ces fonds budgétaires
dans les dépenses financières de l’État et
dans le PIB montre une réduction respective de 0,08 point et 0,04
point.
Des gens du milieu ont aussi révélé que
la répartition des fonds budgétaires de l’État
et des dons sociaux vont nécessairement vers les célèbres
universités. Cela fait que les universités qui en bénéficient
peu sont obligées d’augmenter les frais des étudiants
pour combler leur déficit.
Pour résoudre ces problèmes, Wang Xuan, membre
du comité provincial du Qinghai de la Conférence consultative
politique du peuple chinois, a proposé d’établir un
système d’audition publique sur la perception des frais scolaires,
d’augmenter le budget de l’éducation du gouvernement,
de renforcer la macrorégulation des frais scolaires par l’État,
de mettre fin à l’augmentation du nombre d’admissions
et de déployer de grands efforts dans l’éducation
professionnelle et technique aux niveaux moyen et supérieur.
« Il ne faut plus faire payer les étudiants »,
dit Zhang Baoqing, sous-ministre de l’Éducation.
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