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La Chine recherche un environnement commercial équitable
Le gouvernement chinois a élaboré les «
Règlements d’enquête sur les barrières commerciales
internationales » en vue de combattre le protectionnisme local sur
le marché intérieur du pays.
Lan Xinzhen
La Chine est l’un des principaux producteurs de varech
comestible du monde. Les deux tiers de ses produits sont exportés
chaque année vers l’Asie du Sud-Est, l’Europe et l’Amérique.
Mais ils sont repoussés par le marché japonais à
cause du protectionnisme commercial que poursuit le gouvernement du Japon.
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Les entreprises chinoises s'efforcent d'améliorer
leurs produits afin de briser les barrières commerciales.
Photo: Xu Suhui
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D’après Xu Pu, président du conseil de
l’Association du varech comestible du Jiangsu, les algues comestibles
de la Chine ne présentent pas de problème de qualité
; elles sont les mêmes que celles du Japon et de la Corée
du Sud et ont les mêmes modes de culture et de traitement et sont
soumises aux mêmes normes que dans ces deux pays, et même
la machinerie de transformation est importée du Japon. Les produits
aquatiques de la compagnie Haida de Nantong au Jiangsu ont été
authentifiés par l’Association internationale d’amélioration
des cultures organiques des États-Unis (OCIA), devenant le premier
varech comestible organique authentifié au monde. Cependant, le
Japon n’importe que les produits sud-coréens.
« Le Japon, le plus grand consommateur de varech comestible
du monde, exporte vers la Chine quantité d’équipement
et de machines de transformation du varech, mais en même temps interdit
l’importation de ce produit chinois ; c’est vraiment incompréhensible
», dit Xu Pu.
« Le Japon n’importe que le varech de la Corée
du Sud, et non de la Chine, ce qui enfreint évidemment l’accord
concerné de l’OMC et constitue une barrière commerciale
contre la Chine », dit Hu Jiazhi, avocat de Beijing.
Représentant ses 107 membres, l’Association du
varech comestible du Jiangsu a adressé en 2004 au Bureau des échanges
équitables du ministère du Commerce une demande de procéder
à une enquête et de confirmer l’existence d’une
barrière commerciale du gouvernement japonais dans ce domaine.
Le 22 avril 2004, le ministère du Commerce de Chine a commencé
son enquête.
Il s’agit du premier procès concernant une barrière
commerciale internationale intenté par la Chine depuis son adhésion
à l’OMC en 2001.
Depuis, avec la réduction graduelle des limitations
imposées par divers pays aux exportations de la Chine dans les
domaines de la quantité des produits et des droits de douane, l’influence
des barrières non douanières sur les exportations de la
Chine a augmenté de jour en jour. Selon les données du ministère
du Commerce, de la fin de 2001 à août 2004, 26 pays et régions
ont mené, sur les produits chinoise d’exportation, environ
200 enquêtes contre le dumping, les subventions et les mesures protectrices.
Les enquêtes concernaient principalement les produits d’industrie
légère, d’électromécanique, des industries
chimique et textile ainsi que les métaux, les minerais et les vêtements
de la Chine dont les exportations ont augmenté rapidement ces dernières
années.
Selon Wang Shichun, directeur du Bureau des échanges
équitables du ministère du Commerce, les barrières
étrangères contre les produits chinois importés et
exportés sont les suivantes. Premièrement, la barrière
technique, à savoir les mesures restrictives techniques prises
sous prétexte de sauvegarder la sécurité de l’État,
garantir la santé, protéger l’écologie, prévenir
la fraude et assurer la qualité. En 2004, environ 90 % des produits
alimentaires, indigènes et animaux exportés de Chine ont
subi des restrictions techniques. Deuxièmement, la barrière
environnementale ou « barrière verte » qui comprend
les normes techniques de l’environnement, le symbole d’environnement
vert, les critères du système de gestion de l’environnement,
le système d’emballage vert, le système de subvention
liée au « vert » et le système de contrôle
sanitaire vert. Troisièmement, la barrière sociale, à
savoir les limitations commerciales imposées aux marchandises chinoises
sous prétexte de protéger le droit de vivre des travailleurs
et l’environnement de travail.
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Des produits agricoles du Shandong exportés
au Japon. Photo: Xu Suhui
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À l’issue des négociations entre le ministère
chinois du Commerce et le ministère japonais de l’Économie
et de l’Industrie, le second a annoncé le 21 février
2005 que le gouvernement japonais approuvait officiellement l’entrée
du varech comestible de Chine sur le marché japonais à partir
de 2005. La Chine a gagné le premier cas d’anti-barrière
commerciale après son adhésion à l’OMC.
« Employer les règles de l’OMC et exercer
les droits que l’OMC nous donne pour faire face aux diverses barrières
commerciales est très important pour créer un environnement
de commerce international équitable », a souligné
Wang Shichun.
C’est pour faire disparaître l’influence
des barrières commerciales étrangères sur son commerce
extérieur que la Chine a mis en application les « Règlements
d’enquête sur les barrières commerciales internationales
». Selon les règlements, la Chine considère comme
barrière commerciale toute mesure ou action prise ou soutenue par
les gouvernements de pays ou unités territoriales qui viole les
traités ou accords d’économie et de commerce bilatéraux
ou multilatéraux signés avec la Chine, empêche de
remplir les engagements découlant des traités ou accords
économiques et commerciaux bilatéraux ou multilatéraux,
apporte ou apporterait des obstacles ou restrictions à l’accès
des marchandises ou des services de la Chine au marché du pays
intéressé ou d’un pays tiers, porte ou porterait atteinte
à la compétitivité des produits et services chinois
sur le marché du pays intéressé ou d’un pays
tiers, ou bien apporte ou apporterait des obstacles ou restrictions à
l’exportation des produits ou services du pays ou d’un tiers
pays vers la Chine. Les entreprises, secteurs et organisations intéressés
de Chine ont le droit de présenter au ministère du Commerce
une demande d’enquête sur la barrière commerciale et
les mesures prises ou soutenues par le gouvernement du pays concerné.
« Cela marque le passage de la politique commerciale
chinoise du passif à l’actif et est favorable à la
réduction des traitements inéquitables imposés par
certains pays à la Chine », dit Wang Shichun.
Selon lui, le ministère du Commerce a reçu une
demande du genre d’une dizaine d’entreprises chinoises et
de chambres de commerce des Chinois d’outre-mer.
Tout en faisant ses efforts pour éliminer les barrières
commerciales et établir un environnement de commerce international
équitable, le gouvernement chinois intensifie la lutte contre le
protectionnisme local du pays.
Le ministère du Commerce a exigé d’abolir
complètement, avant la fin de juin, les documents de protectionnisme
local.
Au début des années 1980, la Chine a «
attribué des pouvoirs et cédé des intérêts
aux gouvernements locaux », accordant à ces derniers davantage
de pouvoir dans les domaines financier, fiscal et de la réunion
de capitaux et suscitant leur ardeur à rechercher la croissance
économique. Mais en même temps, le protectionnisme s’est
implanté. Beaucoup de régions ont légalisé
des barrières locales contre le marché ou fixé des
normes techniques sur les produits et établi des systèmes
d’authentification, de contrôle sanitaire et de quarantaine
qui protègent les entreprises locales mais défavorisent
les entreprises et les produits d’autres régions.
Le protectionnisme local visait autrefois principalement à
restreindre l’exode des ressources locales ; aujourd’hui,
il s’est étendu d’abord au marché des produits,
puis au marché des facteurs de production. Cela entrave gravement
la circulation libre des marchandises et des facteurs de production à
l’échelle nationale et affaiblit l’effet du mécanisme
de marché dans la répartition optimisée des ressources.
Donc, dès son apparition en Chine, il a fait l’objet d’attaque.
À présent, bien qu’il s’affaiblisse, il demeure
le plus grand obstacle de la marchéisation en Chine.
Le gouvernement central a commencé, par l’annulation
des documents liés au protectionnisme local, à briser les
cloisons entre régions pour établir un marché unifié
au pays.
« Établir un marché national unifié
est plus urgent que reconnaître à la Chine le statut de pays
à l’économie de marché », dit un fonctionnaire
du ministère du Commerce.
Annuler les règles qui empêchent la concurrence
équitable, dressent des barrières administratives et repoussent
des produits et services d’autres régions, et briser le monopole
sectoriel et les cloisons interrégionales sont l’un des points
importants de la régularisation de l’économie de marché
en Chine, indique Wu Yi, vice-première ministre et responsable
du groupe national de régularisation de l’économie
de marché.
Tout en liquidant les documents en question, le ministère
du Commerce et les départements pertinents accéléreront
la législation concernée en vue de développer et
protéger le marché national unifié, révèle
Huang Hai, sous-ministre du Commerce. De bonne source, les « Dispositions
du Conseil des affaires d’État sur l’interdiction des
cloisons entre régions dans les activités économiques
du marché » sont en élaboration.
« Malgré tout, lever les barrières locales
à brève échéance demeure difficile »,
dit le Pr. Huang Weimin de l’université d’Économie
et de Commerce de Beijing. « Le protectionnisme international est
en réalité un protectionnisme local élargi. Il est
aussi erroné que ce dernier. La Chine a un long chemin à
parcourir pour trouver un environnement commercial équitable. »
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