La voie de la renaissance de l’Afrique

Wu Baihua

Le 19 avril, les dirigeants et les représentants d’une trentaine de pays d’Afrique se sont réunis à Charm El Cheikh, haut-lieu touristique de la mer Rouge, en Égypte. À ce sommet, ils ont passé en revue la situation depuis les quatre ans qui ont suivi l’établissement du « Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique » (NEPAD) et discuté le « mécanisme d’examen mutuel de l’Afrique ». Après plusieurs d’années de développement, les pays d’Afrique sont profondément conscients qu’un pays s’adapte difficilement à la nouvelle situation de la mondialisation en ne comptant que sur ses propres forces, et que s’unir pour accroître leur puissance est un juste choix pour les pays d’Afrique.

Aller au plus pressant

Pour des raisons historiques, le développement de l’Afrique s’embarrasse toujours de divers problèmes. Aujourd’hui, l’économie s’est développée et la société a progressé évidemment dans d’autres régions du monde, tandis que le continent africain est confronté comme toujours au défi de la pauvreté, de la faim, de la maladie et de la guerre. Comment éviter d’être marginalisé et comment réaliser le redressement économique et le renouveau social ? Cela est devenu urgent pour les pays d’Afrique au XXIe siècle.

Au 37e Sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), tenu en juillet 2001 à Lusaka, capitale de la Zambie, on a adopté unanimement le NEPAD visant à promouvoir la renaissance de l’Afrique. Il s’agit du premier plan complet que les Africains ont élaboré eux-mêmes dans le but de définir l’objectif du développement économique et social de l’Afrique. Les pays d’Afrique ont espéré pouvoir faire face en commun au défi en comptant sur ce cadre de développement stratégique.

En juillet 2002, l’Union africaine (UA) a proclamé sa fondation, ouvrant un nouveau chapitre du développement des pays d’Afrique dans l’union. Dès sa fondation, l’UA a espéré résoudre par ses propres forces les conflits et les guerres sur le continent et créer des conditions nécessaires à l’application générale du NEPAD. Depuis trois ans, l’influence de l’UA se voit partout, du Burundi au Congo (Kinshasa), du Libéria à la Somalie, des efforts pour mettre fin à la guerre civile entre le nord et le sud du Soudan au maintien de la paix dans la région du Darfour à l’ouest de ce pays.

Les efforts actifs des pays d’Afrique dans le cadre de l’UA ont fait apparaître sur le continent africain une tendance à « rejeter la violence et rechercher la paix ». Cela a créé des conditions nécessaires pour attirer des investissements étrangers et promouvoir le développement économique et social harmonieux. La Banque mondiale a indiqué dans son article intitulé « L’Afrique de la douleur » que les dirigeants africains de la nouvelle génération portaient sur leurs épaules la mission importante de diriger, par le NEPAD, l’UA et les organisations subrégionales comme la Communauté de l’Afrique de l’Est, le peuple du continent à œuvrer au développement de cette région.

Développement de la coopération internationale

Pour éviter que les pays d’Afrique soient marginalisés, le NEPAD a souligné qu’ils doivent établir, sur la base de leur coopération intérieure, un nouveau partenariat d’égalité et de bénéfice mutuel avec la communauté internationale, surtout les pays développés occidentaux et tâcher d’obtenir davantage de fonds et d’assistance des pays occidentaux. Parallèlement, des hommes clairvoyants du monde ont aussi lancé ces dernières années l’appel pressant de « prêter une attention à l’Afrique ». Cela a créé des conditions favorables à la renaissance de l’Afrique.

Depuis des années, de belles paroles des pays développés ont désespéré les pays d’Afrique. À cet égard, le président d’Égypte Moubarak a rappelé à la cérémonie d’ouverture du présent sommet que les pays développés devaient faire passer leur attention à l’Afrique, à l’action concrète et visible et surtout prendre des mesures actives dans la réduction ou l’abolition des dettes.

La Banque mondiale a également indiqué que les pays développés devaient accorder aux pays d’Afrique davantage de privilèges dans le domaine de l’accès à leur marché. Les pays d’Afrique sont capables de produire des marchandises de niveau international et de prendre part à la concurrence internationale. Par exemple, les crevettes de l’île Maurice sont exportées avec succès et les fleurs du Kenya se vendent dans les marchés de Londres. L’accès au marché est même plus important que la réduction ou l’abolition des dettes et peut grandement améliorer la vie du peuple africain.

Renforcement de la réforme intérieure

Le « mécanisme d’examen mutuel de l’Afrique » est un des contenus importants du NEPAD et aussi un des principaux sujets du présent sommet. Selon les dispositions concernées, les pays membres de l’UA sont libres d’adhérer à ce mécanisme.

Olusegun Obasanjo, président du Nigeria et président à tour de rôle de l’UA, dit qu’à l’heure actuelle, plus de vingt pays ont adhéré au mécanisme et que certains autres ont l’intention de le faire. Il est content de voir que de plus en plus de pays adhèrent volontiers à ce mécanisme, ce qui montre que les pays d’Afrique se mettent à la lutte contre la corruption et à l’amélioration du niveau de gestion administrative et publique.

Les experts de l’UA sont en train d’examiner le Rwanda et le Ghana. Les résultats seraient publiés lors de la réunion du sommet de l’UA de juillet en Libye. L’examen d’autres pays membres sera mené successivement. L’opinion publique estime que l’examen basé sur le libre consentement contribuera à pousser les pays d’Afrique à renforcer la réforme, à exercer un bon gouvernement, à réaliser la stabilité politique et la croissance économique rapide et enfin à s’engager dans une voie de développement durable.

Les problèmes de l’Afrique se sont formés progressivement dans l’histoire. Il est donc impossible de les résoudre du jour au lendemain. Mais aujourd’hui où la communauté internationale prête de plus en plus d’attention à l’Afrique, tant que les pays d’Afrique s’unissent étroitement, recherchent un développement commun en comptant sur la force et la sagesse collectives et accélèrent la marche de la réforme, l’Afrique a une possibilité plus grande que jamais d’emprunter la voie de la renaissance complète.

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L’auteur est membre du conseil de la Société de recherche de Chine sur les problèmes de l’Afrique.


 
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