Sociétés transnationales en Chine

D’ici trois ans, l’investissement des sociétés transnationales en Chine continuera de s’accroître, mais vu le réajustement de leur stratégie, il n’est pas difficile de constater que la Chine n’est plus une simple base de production mais un marché immense auquel on doit prêter une grande attention et utiliser à bon escient.

Tan Wei

Contrairement au ralentissement de l’investissement étranger direct (IED) dans la sphère mondiale depuis 2000, l’IED absorbé par la Chine s’est accru considérablement depuis 2001, dont celui de grosses transnationales qui attire particulièrement l’attention. Comme nouveau membre de l’OMC, la Chine est actuellement le plus grand pays de destination d’IED du monde.

Le 9 mars, IBM et le groupe international de logiciel Kingdee ont signé un accord de coopération stratégique à Beijing. Photo: Liu Yu

Seulement à Beijing, après l’adhésion de la Chine à l’OMC en novembre 2001, le nombre de bureaux de représentation d’entreprises étrangères a augmenté de 2,24 par jour en moyenne. Aujourd’hui, 60 % des 500 entreprises les plus puissantes du monde ont installé leur bureau de représentation ou centre de recherche et de développement dans la capitale. Les « Rapports sur la compétitivité des villes de Chine en 2004 », rédigés et publiés par l’Institut de recherche sur les finances, le commerce et l’économie relevant de l’Académie des sciences sociales de Chine, montrent que quelque 8 000 entreprises étrangères ont établi à Beijing un bureau de représentation.

Selon les statistiques du ministère du Commerce, à la fin de 2004, le gouvernement avait approuvé 508 941 entreprises à capitaux étrangers, et en 2004, les capitaux étrangers réellement utilisés ont dépassé 60 milliards de dollars, un record historique.

Une autre enquête publiée par l’Institut de recherche du ministère du Commerce révèle que la tendance de développement des sociétés transnationales en Chine est satisfaisante. Pendant les trois prochaines années, 82 % des transnationales augmenteront continuellement leur investissement en Chine, impliquant la production, la vente et l’exploitation technique ; 35 % d’entre elles regrouperont leurs ressources d’entreprise en Chine, visant à établir des sociétés transnationales mieux adaptées à la situation chinoise.

Les cibles de cette enquête proviennent principalement de la liste des mille plus puissantes entreprises du monde selon le BusinessWeek, couvrent des entreprises transnationales de l’Europe, des États-Unis, du Japon, de la République de Corée, de Taiwan, de Hongkong et impliquent les secteurs de technologie informatique, électronique, automobile, chimique et de bio-pharmacie, etc.

Croissance continue

Depuis dix ans, la Chine a toujours été le pays absorbant les plus nombreux capitaux étrangers parmi les pays en développement. Lorsqu’elle a adhéré à l’OMC, 159 des 500 des plus puissantes entreprises du monde se sont installées à Beijing.

D’après des experts, au fur et à mesure que l’économie chinoise s’ouvre à l’étranger et passent à l’économie de marché, le continent chinois devient un lieu d’investissement idéal.

Selon le ministère du Commerce, pendant le premier trimestre de 2005, 9 305 entreprises à capitaux étrangers ont été autorisées à s’installer en Chine (-9,15 %) et ont signé des contrats estimés à 35,218 milliards de dollars (+4,50 %), dont 13,388 milliards ont été réellement utilisés (+9,48 %). Le secrétaire général adjoint du Conseil chinois pour le développement du commerce international, Wang Jinzhen, a dit qu’à la fin de février, la Chine avait approuvé au total l’établissement de 510 000 entreprises à investissement étranger avec un montant d’investissements contractuels de 110 millions de dollars dont 570 milliards réellement utilisés.

Montant d’investissement étranger direct réellement utilisé (milliards de dollars)

2000
2001
2002
2003
2004
40,32
40,71
46,88
54
60,63

À compter de 1990, l’absorption des capitaux étrangers par la Chine a avancé à toute vitesse, et dépassé celle des États-Unis pour la première fois en 2003. Comme pays de destination de l’investissement, la Chine est en faveur auprès des sociétés transnationales. Le rapport d’enquête sur le développement futur des 50 principales transnationales du monde publié par Dow Jones & Company montre que parmi les nombreux facteurs qui influenceront le développement des sociétés transnationales dans les cinq prochaines années, la croissance économique de la Chine se classe au premier rang, du fait que ce pays peut fournir des produits de bonne qualité et bon marché, une élite compétente et un vaste marché. Vingt pour-cent des sociétés croient que leur revenu du marché international proviendra de la Chine, la même proportion que pour les États-Unis.

Quarante-deux sociétés transnationales se sont installées dans la zone de développement économique et technique de Tianjin, comme SANYO qui produit des téléphones portables. Photo: Liu Haifeng

Selon le ministère du Commerce, les facteurs cruciaux d’augmentation de l’investissement des transnationales en Chine résident dans l’envergure du marché de divers secteurs et le taux de croissance élevé. Cela est particulièrement évident pour le secteur de technologie informatique et l’industrie automobile. En 2004, l’envergure d’ensemble du marché de technologie informatique chinois a atteint 242,4 milliards de yuans ; en 2003, elle représentait 30,8 % du marché d’Asie-Pacifique (non compris le Japon), et représentera 38 % en 2008 selon les prévisions, de beaucoup supérieure au niveau d’augmentation mondial. En 2005, la Chine possédera 8,5 millions de véhicules, soit une hausse de 30 % par rapport à l’année dernière. Ce sont cette vaste envergure industrielles et ce haut taux de croissance qui attirent les sociétés transnationales.

La directrice adjointe du Centre de recherche sur les sociétés transnationales du ministère du Commerce, He Manqing, est optimiste : d’ici deux ans, des sociétés transnationales regrouperont probablement leurs affaires en Chine. Ce regroupement stratégique constituera une guerre prolongée éprouvant la patience et l’intelligence, ainsi qu’une fusion authentique entre les stratégies d’internationalisation et de localisation. Bien que la Chine soit le pays attirant les plus nombreux investissements étrangers directs du monde depuis 2002, le regroupement des capitaux étrangers en Chine n’en est qu’à ses débuts.

Regroupement stratégique

Les sociétés chinoises se développent rapidement depuis dix ans, et les sociétés transnationales, tout en augmentant leur investissement en Chine, font face à une concurrence de plus en plus acharnée.

« Au siècle dernier, Toshiba considérait la Chine comme une base de production ; néanmoins, nous remarquons qu’il faut intégrer la conception, la vente et la production dans le système d’affaires de Toshiba en Chine et y établir une base générale », a dit le président du conseil exécutif de Toshiba.

Actuellement, on compte en Chine environ 600 centres de recherche et développement (R&D) de transnationales, dont plus de 100 établis par des géants comme IBM, Microsoft, GM, Alcatel et Siemens, installés principalement à Beijing, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen. Jusqu’à aujourd’hui, Motorola a établi 18 centres de ce type à Beijing et Shanghai ; le centre de R&D de P&G en Chine est déjà lié à ses 18 centres dispersés dans d’autres pays, pour exploiter les projets globaux.

D’après Wang Zhile, directeur du Centre de recherche sur les sociétés transnationales du ministère du Commerce, investir dans l’établissement d’un centre R&D fait partie de la stratégie globale des transnationales. Seulement exporter et vendre les produits en Chine n’est pas suffisant pour réaliser leur stratégie globale. En d’autres mots, ces sociétés ont pour but final la production, la recherche et l’exploitation, le fonctionnement et la vente en Chine alignée sur le réseau mondial, afin de réaliser le fonctionnement intégré.

L’enquête de l’Institut de recherche du ministère du Commerce montre que l’établissement de l’entreprise à capitaux exclusivement étrangers sera un autre caractère du regroupement stratégique des sociétés transnationales dans quelques années.

Le contrôleur général des affaires de Via technologies, inc. (Chine), Tang Hanyu, a témoigné que, sous l’angle organisationnel, les transnationales en Chine doivent être une zone indépendante spéciale qui, avec un caractère d’élasticité, permettra le rajustement en temps voulu conformément à la situation réelle, un facteur indispensable pour maintenir la compétitivité.

Avant l’adhésion de la Chine à l’OMC, la forme d’investissement à capitaux mixtes constituait le choix prioritaire des sociétés transnationales prêtes à entrer sur le marché chinois. Maintenant, Panasonic, P&G, Siemens et d’autres ont successivement transformé leurs capitaux sino-étrangers en exclusivement étrangers. Un chercheur adjoint de l’Institut de recherche sur les sociétés transnationales a expliqué que ce que les coentreprises attendent de leur partenaire chinois, c’est l’accès au marché à l’aide de son réseau de relations. Mais suivant l’entrée de la Chine dans l’OMC et le développement des secteurs vers la transparence et la standardisation, les avantages de la coentreprise ont perdu leur attrait.

Tendance d’investissement des sociétés transnationales dans la production

Établir une nouvelle usine à capitaux exclusivement 57 %
Établir une coentreprise de participation avec une entreprise qui possède une certaine capacité technologique 37 %
Fusionner et acheter l’usine concernée 28 %
Autres 6 %

Selon l’analyse du ministère du Commerce, d’ici trois ans, les sociétés transnationales maintiendront les avantages techniques, accéléreront le transfert des industries de base vers la Chine en gardant les produits de pointe et l’exploitation technologique dans leur pays, augmenteront continuellement l’investissement dans la production en Chine. Par suite de la formation de groupes industriels sur les lieux d’investissement, les demandes d’investissement dans les services et le commerce augmenteront. Par ailleurs, les transnationales renforceront l’édification du réseau de vente, appliqueront la stratégie de marque, augmenteront l’investissement dans la vente et le service après vente. Certaines, qui ont construit de grandes installations, entreront dans la période d’approfondissement du transfert technologique, comme dans le domaine de la technologie de l’information ; les transnationales qui s’occupent d’exploitation du logiciel et du système intégré renforceront, d’une part, leurs affaires en Chine, et d’autre part, y établiront des centres de recherche et développement à fins applicables pour former des compétences en technique et gestion.

« Vu le réajustement de stratégie, il n’est pas difficile de constater que la Chine n’est plus une simple base de production, mais un marché immense auquel on doit prêter une grande attention et qu’on doit utiliser », a dit Xian Guoming, directeur du Centre de recherche sur les sociétés transnationales de l’université Nankai de Tianjin.


 
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