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Les investisseurs gardent l’œil sur le dragon
L’interaction étroite entre la Chine et la communauté
mondiale alimente la croissance du monde.
Wu Zongzhi
Le Forum « Fortune », qui a pris son essor il
y a dix ans, a vu la Chine l’accueillir pour la troisième
fois à Beijing à la mi-mai. Il a attiré 90 des 500
plus puissantes entreprises selon le classement du magazine Fortune,
une participation sans précédent.
Les observateurs pensent que la Chine a pu retenir l’attention
des investisseurs étrangers parce que, tout en maintenant une croissance
économique rapide, elle est demeurée branchée à
l’économie mondiale, et qu’elle devrait jouer un rôle
de plus en plus important dans les affaires mondiales.
Croissance partagée
La Chine a récolté de la mondialisation des
bénéfices considérables. Son PIB a grimpé
de 140 milliards de USD en 1979 à 1,6 billion l’an dernier,
une croissance par personne de 181 dollars à 1 200. Pendant cette
période, le volume du commerce extérieur est aussi passé
de 20 milliards de dollars à 1,1 billion. La Chine se classe au
6e rang du monde comme entité économique. L’an dernier,
elle a connu une percée historique de son import-export, sa réserve
de devises et son investissement étranger utilisé, se plaçant
respectivement aux 3e, 2e et 1er rangs du monde. La croissance du PIB
en 2004 a dépassé 9 %.
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Le groupe bancaire international HSBC de Londres ouvre
une nouvelle succursale à Beijing. Photo: Pang Xinglei
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Le rôle croissant de l’investissement étranger
a été l’une des principales caractéristiques
de l’économie chinoise des années 1990. À la
fin d’avril 2005, plus de 530 000 entreprises à capitaux
étrangers avaient été approuvées, et les investissements
contractés et versés atteignaient 1,15 billion et 579,5
milliards de dollars respectivement. Les statistiques montrent que 400
des 500 plus grandes entreprises du monde ont investi en Chine, tandis
que presque tous les géants de l’automobile du monde et les
cent plus grandes entreprises de technologie d’information ont entrepris
des affaires dans ce pays le plus peuplé du monde. La Chine est
maintenant considérée comme un maillon essentiel de la chaîne
industrielle multinationale.
L’investissement étranger a éperonné
la modernisation de la Chine. Son influence positive sur l’emploi,
la formation des capitaux, le revenu fiscal et la balance des paiements
ne doit pas être sous-estimée. La production industrielle
des compagnies à capitaux étrangers représente le
tiers du total du pays, et leurs impôts, le cinquième ; leurs
exportations, près de 60% et leur emploi, 10 %.
Le Pr Shen Yue, de l’Université normale de Beijing,
dit que l’ouverture de la Chine a joué un rôle vital
dans la formation de l’économie de marché du pays.
D’une part, la Chine a minimisé le coût de l’établissement
du système en tirant l’expérience des économies
développées ; d’autre part, plusieurs grandes réformes
institutionnelles ont tiré avantage de la grande vague de mondialisation.
Depuis son adhésion à l’OMC il y a trois ans, la Chine
a révisé et amendé environ 3 000 lois, règlements
et règles. Ses lois économiques concernant les intérêts
étrangers se sont aussi continuellement améliorées.
Le 1er janvier 2005, la Chine a aboli les mesures non tarifaires et réduit
à 9,9 % son taux de douane général selon ses engagements
envers l’OMC. Par ailleurs, elle a accéléré
son ouverture du commerce de services comme la banque, l’assurance,
les titres et la distribution de marchandises. Il faut aussi noter que
davantage de compagnies chinoises sont en concurrence dans le marché
international. En Europe et aux États-Unis, il n’est pas
rare de voir des affiches de Haier ou d’autres entreprises chinoises.
À la fin de l’années dernière, l’investissement
direct de la Chine dans d’autres pays avait atteint environ 37 milliards
de USD.
Le ministre du Commerce, Bo Xilai, a souligné que l’ouverture
n’est pas uniquement une politique gouvernementale mais est devenue
un mécanisme dans un cadre légal qui touche tous les niveaux
de prise de décision et toutes les régions.
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Haier de Chine expose sa technologie à Hanovre,
en Allemagne. Photo: Wu Xiaoling
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Le développement de la Chine aussi a apporté
des bénéfices au monde. Selon le ministre Bo, le PIB chinois
compte pour seulement 4 % de celui du monde, mais il représente
plus de 10 % de la croissance économique mondiale. Également,
le commerce extérieur de la Chine est inférieur à
6 % de celui du monde mais sa contribution à la croissance commerciale
mondiale atteint 12 %. Membre à part entière de l’OMC,
la Chine a importé des marchandises pour 1,2 billion de dollars
entre 2001 et 2004. Depuis 2004, ses importations sont évaluées
à 600 milliards de USD par année, avec une augmentation
moyenne supérieure à 20 % par an et atteignant parfois 30
%.
L’énorme demande a stimulé la production
dans d’autres pays et aidé à créer des emplois.
Entre-temps, les exportations chinoises de produits de haute qualité
et à bas prix ont beaucoup haussé le bien-être des
consommateurs dans divers pays.
Bo a aussi indiqué que dans la répartition internationale
du travail, la saisie de la queue du marché par la Chine pourrait
motiver les autres pays à hausser leur structure industrielle pour
mettre l’accent sur les secteurs qui requièrent plus de technologie
et à plus haute valeur ajoutée.
La Chine désire partager l’essor économique
avec tous les investisseurs étrangers.
Le fabricant de téléphones cellulaires Nokia
a lancé ses opérations en Chine il y a vingt ans. Son investissement
au pays est parvenu à 2,18 milliards de USD. La compagnie est le
plus grand exportateur de portables de Chine, avec un montant de 14 milliards
de dollars pour les cinq dernières années.
Frictions commerciales
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John Menzer, président de la division internationale
de Wal-Mart, à l'ouverture du premier centre commercial
Wal-Mart à Beijing. Newsphoto
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Le 1er juin, la Chine haussera ses tarifs à l’exportation
sur 74 produits textiles, a annoncé le ministère du Commerce
le 20 mai. Cette mesure signale une initiative du gouvernement pour empêcher
tout dommage au commerce international libre et équitable des textiles,
a dit Chong Quan, un porte-parole du ministère, ajoutant que la
hausse montre également la sincérité de la Chine
et son sens des responsabilités dans le maintien du développement
stable du secteur textile mondial.
La levée des quotas sur les produits textiles après
trente et un ans plus tôt cette année a marqué un
grand pas vers le libre commerce. Toutefois, trois mois plus tard, face
à la croissance exponentielle de l’importation de textiles
chinois et du chômage potentiel que cela pouvait causer, les États-Unis
et l’UE ont entrepris des enquêtes de protection spéciales
sur un large éventail de produits chinois.
Le ministre Bo a abordé le sujet clairement avec le
commissionnaire au commerce de l’UE, Peter Mandelson à Paris
au début de mai. « L’esprit de commerce libre sera
endommagé si des pays développés recourent à
un double critère, invoquant le libre commerce pour leur industries
compétitives et imposant des restrictions aux quelques industries
compétitives des pays en développement », a-t-il déclaré.
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La puissante industrie textile chinoise dessert non
seulement le pays mais le monde. Newsphoto
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Jiang Yuechun, chercheur de l’Institut d’études
internationales de Chine, a indiqué qu’avec la mondialisation
actuelle, même quand l’interdépendance économique
croît, les frictions commerciales augmentent. Il croit que la coopération
et les compromis sont essentiels pour alléger ces frictions et
que les conflits ne peuvent qu’entraîner des pertes.
L’attitude rationnelle et mûre du gouvernement
chinois dans les fréquentes disputes internationales a été
reconnue autant par les experts que par le public ces dernières
années.
Il y a environ deux mois, un manuel d’histoire japonais
controversé qui ne mentionne pas les atrocités commises
par les soldats japonais durant la Seconde Guerre mondiale, a soulevé
l’indignation du peuple chinois et un appel populaire au boycottage
des produits japonais. Toutefois, le gouvernement et la plupart des experts
ont refusé d’appuyer cette frénésie. Le calme
est revenu, la population était beaucoup plus consciente qu’un
embargo ne pouvait que causer du tort des deux côtés, étant
donné que les intérêts des deux pays sont entrelacés
sur la toile de fond de la mondialisation.
Le célèbre cas de la poupée Barbie a
été souvent cité comme illustration de ce fait. Le
prix d’exportation de la Barbie fabriquée en Chine, qui se
vend au détail 9,99 dollars aux États-Unis, est de 2 dollars.
La différence de 8 dollars est considérée comme «
valeur ajoutée intellectuelle » par les États-Unis.
Des deux dollars de la partie chinoise, un va aux frais de transport et
gestion, 65 cents au coût des matières premières et
35 à l’usine de fabrication. Mais un embargo sur la Barbie
affecterait non seulement les ouvriers chinois qui la fabriquent mais
réduirait les revenus de taxes de ventes des États-Unis.
Brillantes perspectives
Les gestionnaires de Wal-Mart ont récemment dévoilé
l’ouverture prochaine d’un deuxième magasin à
Beijing. Le premier Wal-Mart a été ouvert en Chine il y
a neuf ans, et l’on en compte aujourd’hui 46 à travers
le pays.
Le siège en Asie est en construction à Shenzhen, au sud
du pays, au coût de 700 millions de yuans (84,54 millions de USD).
La base régionale non seulement devra alimenter le marché
chinois mais sera responsable de la gestion du réseau d'achat mondial
de Wal-Mart, un chiffre d’affaires annuel de 190 milliards de dollars.
Récemment, presque toutes les multinationales y compris
celles du Japon ont montré leur intérêt à s’implanter
en Chine.
Selon les statistiques, le volume de vente au détail
de biens de consommation en Chine a dépassé pour la première
fois 5 billions de yuans (600 milliards de USD) l’an dernier. La
structure de la consommation chinoise se met à jour très
rapidement, et des secteurs comme le logement, la voiture, les télécommunications,
le tourisme et l’éducation émergent en tant que nouveaux
moteurs de croissance. On estime que 100 millions de familles chinoises
disposeront d’un pouvoir d’achat moyen en 2010.
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