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Les médias occidentaux et l’image de l’Afrique
He Ping, rédacteur supérieur du Renmin Ribao
(Quotidien du peuple)
« Les optimistes disent que le verre est à demi
plein, et les pessimistes, qu’il est à moitié vide.
» - Olusegun Obasanjo, président du Nigeria.
Le 54e Congrès mondial annuel de l’Institut international
de la presse s’est ouvert le 22 mai à Nairobi, capitale du
Kenya.
Fondé en mai 1951, l’Institut international de
la presse vise à protéger la liberté du reportage,
à promouvoir les échanges et à améliorer les
affaires de la presse. Les membres de l’institut sont dispersés
dans 115 pays et régions et se divisent en deux catégories
: les membres officiels sont des responsables de journaux, de périodiques,
de revues mensuelles, d’agences de presse, de stations de radio
et de télévision ; et les membres non officiels sont des
journalistes, des commentateurs et d’autres travailleurs de l’information
non accrédités comme membres de l’effectif.
Lors de ce congrès annuel, la conception de la presse
occidentale a donné lieu à de vifs doutes. D’après
le président du Rwanda Paul Kagame, les reportages des médias
occidentaux sur l’Afrique sont souvent biaisés et unilatéraux.
À leurs yeux, l’Afrique est un assemblage de maladies épidémiques,
de conflits fréquents et de gestion désordonnée,
ce qui donne une impression négative au monde. On associe toujours
l’Afrique aux aspects retardataires même aux côtés
sombres, si bien qu’à force d’être répétées,
les rumeurs finissent par ne plus se distinguer des faits.
Le président Kagame a déclaré que le
reportage négatif fait obstacle à l’investissement
étranger direct en Afrique ; c’est l’une des raisons
du retard de ce continent sur le monde. Bien que l’Afrique possède
12 % de la population mondiale, le montant d’investissement étranger
direct absorbé ne représente que 2 % du total mondial. Pourtant,
un rapport rédigé par l’ONU indique que le taux de
profit de l’investissement en Afrique parvient à 25,3 %,
le plus haut du monde.
En effet, au cours de la dernière année, on
a entendu de nombreuses bonnes nouvelles encourageantes sur ce continent
: la situation de sécurité a tendu vers la stabilité,
et les conflits régionaux à l’apaisement ; l’économie
a monté et le rôle de l’Union africaine s’est
renforcé. Selon le rapport annuel publié le 19 mai par la
Banque de développement de l’Afrique, après une longue
période de stagnation, il y a raison de croire que l’économie
africaine commence à s’améliorer. En 2004, la tendance
de développement en Afrique a été « particulièrement
bonne », représentant une augmentation moyenne du PIB de
5,1 %, contre 4,1 % en 2003, et la plus haute depuis 1996. Mais quel dommage
que la plupart des médias occidentaux aient ignoré délibérément
ou ne se soient pas intéressés aux succès réjouissants
du développement économique africain. Au contraire, ils
ont fait tout leur possible pour dépeindre l’Afrique comme
un continent ignorant, arriéré, sauvage et sanglant.
Les médias occidentaux se vantent toujours d’agir
selon les principes d’« objectivité » et de «
justice », et les pays d’Afrique souhaitent que ces principes
se traduisent dans leurs reportages au sujet de l’Afrique.
Dans ce congrès annuel, le président
du Kenya Mwai Kibaki a appelé à ce que les reportages sur
l’Afrique prêtent beaucoup d’attention aux résultats
acquis dans le développement économique et aux efforts faits
pour résoudre les différends par la coopération régionale.
Le président du Rwanda Kagame a montré qu’il faut
établir l’« image positive » de l’Afrique,
et demandé tout d’abord aux médias africains de présenter
des reportages en accord avec les faits. En juin 2004, le Nigeria, portant
depuis longtemps une mauvaise étiquette internationale, a démarré
un « projet d’image nigérienne » et lancé
4,6 millions de USD pour modifier l’influence négative causée
par les reportages partiels et injustes des médias nationaux et
étrangers.
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