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Un fardeau moins lourd pour les fermiers
An Zi
Au début de la réforme et de l’ouverture
de la Chine à la fin des années 1970, le système
de production forfaitaire appliqué dans les régions rurales
a grandement mobilisé l’ardeur des paysans et leur a permis
d’en tirer un énorme avantage. Les fermiers composant la
grande majorité de la population nationale sont devenus un support
important de la réforme. Mais des problèmes relatifs à
l’agriculture, à la campagne et aux fermiers ne sont pas
encore résolus et les paysans ne bénéficient pas
d’avantages réels. Une nouvelle mesure de réforme
- la suppression de l’impôt agricole - a été
applaudie dès son annonce.
L’abolition de l’impôt agricole
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Un foyer rural heureux de sa récolte de blé
au Henan. Photo: Zhu Xiang
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« L’impôt agricole sera supprimé
graduellement d’ici cinq ans », a dit le premier ministre
Wen Jiabao dans le rapport sur les activités du gouvernement prononcé
en 2004. En un an seulement, 27 des 31 provinces, régions autonomes
et municipalités relevant de l’autorité centrale ont
annulé l’une après l’autre l’impôt
agricole et les quatre autres (le Hebei, le Shandong, le Yunnan et le
Guangxi) ont réduit le taux d’impôt et exempté
d’impôt tous ceux qui figurent sur la liste d’État
des districts pauvres.
Selon l’Administration nationale des affaires fiscales
(ANAF), pendant les quatre premiers mois de cette année, l’État
a perçu 305 millions de yuans d’impôt agricole (y compris
710 000 yuans sur l’élevage), soit une baisse de 1,036 milliard
de yuans (77,3 %) par rapport à la même période de
l’année précédente. Ce résultat est
dû principalement à la suppression et à la réduction
de l’impôt agricole dans le pays.
Un responsable de l’ANAF prévoit que le montant
de l’impôt agricole de 2005 diminuera de 23,2 milliards de
yuans en 2004 à 1,5 milliard (93 %).
En outre, à cause de la suppression des impôts
sur les produits agricoles spéciaux (le tabac non compris), les
revenus fiscaux provenant de ces produits pour les quatre premiers mois
de l’année étaient de 327 millions de yuans, soit
une baisse de 329 millions (50,1 %). Il faut dire que les revenus fiscaux
du genre ne provenaient que du tabac.
En 2004, l’État a réduit la charge des
fermiers d’environ 28 milliards de yuans. La réduction par
personne était en moyenne de 30 yuans (44,3 %). La part des impôts
dans le revenu net des fermiers est passée de 2,6 % en 2003 à
1,3 % en 2004, et cette proportion devrait diminuer davantage cette année.
La contribution de l’impôt agricole
L’impôt agricole est depuis toujours une source
principale des recettes financières du gouvernement. Au début
de la Chine nouvelle, les impôts et frais payés par les fermiers
ont largement contribué à l’accumulation préliminaire
de fonds pour l’industrialisation du pays. Avec le développement
rapide récent de l’industrie et du secteur de services, dans
les recettes financières de l’État, la part de l’impôt
agricole a diminué et le revenu fiscal provenant de ces impôts
a diminué de 41 % en 1950 à moins de 1 % en 2004. En réalité,
l’économie de marché de la Chine a franchi les années
de « soutenir les villes et l’industrie en recourant respectivement
aux campagnes et à l’agriculture » et la suppression
de l’impôt agricole est donc faisable.
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Les fermiers du district de Jiyang, au Shandong, touchent
une subvention à la culture des céréales.
Photo: Li Tongxue
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« La suppression de l’impôt agricole a non
seulement allégé le fardeau des paysans, mais également
promu l’intégration des villes et des campagnes et la réalisation
d’une société relativement aisée, revêtant
ainsi une grande importance », dit Ma Xiaohe, directeur du Centre
de recherche sur le développement industriel relevant de la Commission
nationale pour le développement et la réforme.
Depuis plus de cinquante ans depuis la fondation de la Chine
nouvelle, la contribution des paysans à l’industrialisation
a dépassé un billion de yuans. Les statistiques de l’ANAF
montrent que de 1949 à 2003, l’État a perçu
394,57 milliards de yuans d’impôt agricole.
Malgré tout, la situation des régions rurales,
des fermiers et de l’agriculture ne s’est pas améliorée
considérablement.
Les données statistiques fournies par le Bureau d’État
des statistiques montrent que le revenu net moyen des habitants ruraux
par personne était de 2 936 yuans en 2004, tandis que le revenu
disponible des habitants urbains atteignait 9 422 yuans. De plus, les
paysans ne jouissaient pas pour l’essentiel de l’assurance-maladie
ni d’autre protection sociale. Selon les statistiques du ministère
de la Santé publique, la dépense des fermiers destinée
à l’hospitalisation était en 2003 en moyenne de 2
236 yuans, équivalant à peu près au revenu annuel
d’un paysan.
Pour cette raison, le gouvernement chinois a décidé
de résoudre les problèmes concernant les campagnes, les
paysans et l’agriculture.
Pour atténuer les difficultés financières
des gouvernements locaux, causées par la suppression et la réduction
de l’impôt agricole, le gouvernement central a débudgétisé
8 milliards de yuans en 2001 et 51 milliards en 2004 en faveur des régions
du centre-ouest et des régions sous-développées,
et ce chiffre s’accroîtra davantage cette année.
Les fermiers sont bénéficiaires
« La politique de suppression de l’impôt
agricole a véritablement soulagé les fermiers. Nous avons
repris courage pour cultiver la terre », dit He Defa, de Qingyuan
dans la province du Zhejiang.
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Paysans du Guizhou au travail. Photo: Hou Shaohua
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Parlant du fardeau d’autrefois, He a dit : « Avant
la réforme, nous devions payer les impôts sur les produits
agricoles spéciaux. Par exemple, chaque 0,07 ha d’étang
piscicole était taxé à 35 yuans, et 0,07 ha de bois
de bambou à 28 yuans. Nous devions aussi payer des frais supplémentaires
d’éducation, soit de plus de 70 yuans par enfant. À
cela s’ajoutaient divers autres frais. Notre fardeau était
vraiment très lourd. »
Le gouvernement et la station de vulgarisation des sciences
agricoles ont aussi fourni gratuitement des semences et des engrais chimiques
aux paysans, ce qui a permis à He d’économiser environ
100 yuans. He a l’intention de décorer sa maison construite
il y quelques années quand il aura assez d’argent. Il projette
également d’aller ailleurs pendant la saison morte travailler
à la journée pour gagner l’argent nécessaire
à l’instruction de ses enfants.
Depuis 2004, les 900 millions de fermiers chinois jouissent
de traitements fiscaux préférentiels non seulement sur le
plan de l’impôt agricole, mais aussi sur le plan des impôts
industriels et commerciaux. L’ANAF a défini 47 mesures politiques
en faveur des fermiers, tels que hausser le seuil de perception de taxes
sur la valeur ajoutée et le chiffre d’affaires des commerçants
individuels qui vendent des produits agricoles, et supprimer ou réduire
l’impôt sur le revenu des individus qui s’occupent de
plantation, d’aquiculture et de pêche. Selon des statistiques
partielles, les fermiers ont déjà bénéficié
d’avantages de plus de 400 millions de yuans.
Le fardeau actuel des fermiers
Bien que l’agriculture chinoise soit sur le point d’entrer
dans une « époque sans impôt », les intérêts
des paysans dans certaines régions sont compromis par divers moyens
: abonnement forcé à certains journaux et revues, retenue
des subventions accordées par l’État à la culture
des céréales, et perception arbitraire de frais au lieu
des impôts.
Dans un village de la province du Shanxi, le comptable s’est
aperçu, lors de son traitement d’une somme allouée
par l’autorité supérieure, que 3 000 yuans avaient
été retenus par le gouvernement du canton pour « combler
un déficit d’abonnement aux journaux ». La dépense
annuelle des services gouvernementaux de certains cantons et bourgs du
Shanxi pour l’abonnement peut atteindre 80 000 yuans, et celle d’un
grand village, 8 000 yuans. Selon les ordres, les gouvernements ruraux
doivent s’abonner à l’organe et à la revue du
Parti et à une dizaine d’autres journaux locaux. Incapables
de supporter une si lourde charge, ils sont obligés de la rejeter
sur les fermiers.
Dans la province de l’Anhui, le gouvernement du district
de Susong a accordé en 2004 une subvention de 375 yuans par ha
à la production de céréales, mais en réalité,
les cultivateurs du bourg de Xiacang n’ont bénéficié
que de 225 yuans, parce que le gouvernement a imposé au bourg la
tâche de « réaliser des recettes financières
» de 200 000 yuans supplémentaires. Dans le village de Xuzhai,
à Jieshou, les paysans n’ont rien touché de la subvention
à la culture des céréales. Certains cantons et bourgs
ont même demandé sans raison aux paysans de verser les frais
de « sécurité ».
En fait, 50 % des revenus augmentés des paysans proviennent
de la plantation, de la culture des céréales en particulier.
Chaque sou perçu ou retenu par les gouvernements locaux ou les
départements concernés est de l’argent que les paysans
ont gagné à la sueur de leur front. Leur façon d’agir
a refroidi l’ardeur des fermiers à la production.
Il est difficile à l’agriculture et aux fermiers
d’augmenter les revenus. C’est toujours un problème
saillant du développement économique et social de la Chine.
À longue échéance, mobiliser et soutenir l’ardeur
est la clé de la production des céréales ; et cette
clé réside dans l’augmentation des revenus des fermiers.
Les problèmes
L’insuffisance des fonds d’éducation ruraux,
le manque sévère des fonds d’hygiène publique
et la pléthore du personnel du gouvernement de canton ou de bourg,
problèmes existant depuis toujours, sont devenus plus saillants
et se sont aggravés après la suppression de l’impôt
agricole.
D’après Liu Mingfu, président de la Commission
de l’agriculture de Tieling, au Jilin, depuis 2004, Tieling a perdu
92,26 millions de yuans de revenus provenant de l’impôt agricole.
Pour assurer le fonctionnement normal des gouvernements de cantons et
bourgs et le développement du bien-être public et des services,
Tieling a pris des mesures, entre autres celle de supprimer ou annexer
neuf cantons et bourgs en vue de réduire des dépenses.
« Après la suppression de l’impôt
agricole, les organismes de base sont obligés de se réorganiser
en réduisant l’effectif et en changeant les fonctions. De
toute façon, on ne peut abandonner la planification familiale et
le traitement des affaires civiles. Mais qui s’en occupe et d’où
viennent les fonds ? », s’inquiète Ouyang Jusheng,
secrétaire adjoint du comité du Parti du bourg de Huangqiao,
dans le district de Jishui au Jiangxi.
D’après des experts, les services d’utilité
publique doivent être à la charge du gouvernement, et beaucoup
d’affaires publiques peuvent être traitées par les
organisations populaires. Il s’agit de délimiter la responsabilité.
Par exemple, l’éducation et la protection écologique
doivent être aux frais spéciaux des gouvernements central
et provincial, et l’eau potable, les routes et l’énergie
peuvent être assurées par les quartiers résidentiels.
L’État doit transférer progressivement la charge de
construction des infrastructures rurales aux gouvernements à divers
échelons afin que les fermiers puissent jouir du traitement national
fondamental dans l’utilisation des installations publiques.
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