Protéger l’environnement peut être profitable

A Tang

Yantai Hualu Thermoelectric Co. est un centre d’énergie important de la zone de développement économique et technologique (ZDÉT) de Yantai, dans la province du Shandong, produisant principalement la thermoélectricité. Sa production engendre incidemment 100 000 tonnes de cendre de charbon par année. Face à ce problème épineux, la Société des matériaux de construction relevant de Hualu a considéré la cendre comme la matière première de la production de briques d’appui et de ciment, une valeur de production annuelle de 20 millions de yuans, dit le technicien Xie Chen.

Yantai est une célèbre ville littorale et un pivot de croissance du cercle économique du siècle. C’est aussi le « champ expérimental » du développement soutenu de la Chine. Elle se consacre à l’édification écologique urbaine. La production non polluante y est généralisée.

La production non polluante non seulement protège l’environnement, mais aussi apporte une bonne rentabilité économique. L’économie et l’environnement s’apportent des bénéfices mutuels. Le premier ministre Wen Jiabao a dit dans le rapport d’activité du gouvernement, en mars, que la Chine soutient le développement de l’industrie environnementale et du cercle économique. L’État considère l’industrie environnementale comme un secteur prioritaire, dit Xu Qingyan, responsable du bureau de protection de l’environnement de la ZDÉT de Yantai.

Le potentiel de marché

Selon les données du département de l’industrie relevant de l’Administration d’État de la protection de l’environnement, en 2004, la valeur de production annuelle de l’industrie environnementale du pays était de 200 milliards de yuans ; en 2010, elle sera de 300 milliards de yuans.

Jardin Ziyun construit de rebuts industriels à Tianjin. Photo: Wang Yebiao

La société d’ingénierie de protection de l’environnement Yuanda, relevant du groupe d’investissement en électricité de Chine et établie en février dernier dans la ZDÉT de Chongqing, a déclaré qu’elle tâchera de prendre la tête l’an prochain du secteur au pays. Yuanda est la seule société maîtrisant deux technologies internationales de désulfuration par voie humide en Chine. Sa part du marché est passée en quatre ans au premier rang du secteur.

Actuellement, le taux net d’évacuation du bioxyde de soufre en Chine a dépassé 80 % de la capacité environnementale. La superficie de la région de pluies acides représente le tiers de la superficie totale du pays. En Chine, plusieurs dizaines de groupes générateurs thermiques anciens n’ont pas démarré la désulfuration de la fumée. Étant donné le manque d’électricité, un grand nombre de centrales thermiques ont démarré en toute hâte, causant l’augmentation du bioxyde de soufre et des pluies acides, ce qui a fourni un grand marché à Yuanda, dit Liu Yi, son directeur général.

Nous ne pouvons gagner qu'un milliard de yuans chaque année par la désulfuration de la fumée ; nous devons transformer le « vaisseau amiral » en « porte-avions » afin de chercher un plus vaste marché. Yuanda mettra le pied dans le traitement des rebuts nucléaires. Le groupe d’investissement en électricité de Chine est l’une des trois sociétés qualifiées pour construire la centrale nucléaire. Aujourd’hui où les ressources d’énergie manquent, la centrale nucléaire est à l’ordre du jour. Selon le plan de développement nucléaire de la Chine, la capacité nucléaire installée sera en 2020 de 36 millions de kW. Des gens du milieu croient que, pour la société Yuanda, « chercher refuge » chez le groupe d’investissement en électricité de Chine a pour but de pénétrer un domaine à haut profit. Yuanda est à la recherche à l’intérieur du pays d’un lieu destiné au traitement des rebuts nucléaires ; elle a entrepris les formalités concernées et commencé à importer des technologies nécessaires. Elle avance vers le marché international et a reçu une invitation de soumission de l’Asie du Sud-Est.

Parallèlement à la création d’occasions commerciales pour les entreprises, des individus tirent aussi profit de l’industrie environnementale. Il y a deux ans, Jin Jinsuo, fermier du district de Dengkou de la région autonome de Mongolie intérieure, a dit qu’il avait plus d’un hectare de champ, qu’il a obtenu une bonne récolte sans utiliser d’engrais chimiques ni de pesticides. Ses produits sont très demandés.

Jin a utilisé une des méthodes de culture organique subventionnée conjointement par la Chine et l’Allemagne pour un montant de 79,09 millions de yuans destinés à l’exploitation de l’agriculture organique sur 106,6 hectares en Mongolie intérieure. Yang Yonggang, directeur du Département de coopération avec l’extérieur du Centre de développement des aliments organiques relevant de l’Administration d’État de la protection de l’environnement, a dit que c’est le premier projet d’agriculture organique utilisant des capitaux étrangers dans la région de l’ouest de la Chine. Selon le directeur du Centre Xiao Xinji, les aliments organiques sont très demandés sur le marché, peuvent améliorer le revenu des fermiers et briser la « barrière verte » des produits agricoles dans le commerce international. On peut dire que l’économie, l’écologie et la rentabilité sociale ont des intérêts communs multiples. L’industrie environnementale présente donc un vaste potentiel.

Le problème des capitaux

La situation actuelle de la protection de l’environnement est très bonne, mais l’argent est le plus grand problème, dit Qu Geping, chef du conseil de la Fondation nationale de la protection de l’environnement.

Groupe générateur de désulfuration de la fumée. Photo: Ma Yimin

Selon les statistiques de l’Administration d’État de la protection de l’environnement, la Chine a investi 47,64 milliards de yuans entre 1986 et 1990 et 700 milliards de yuans entre 2001 et 2005 dans la protection de l’environnement, mais le résultat n’a pas été remarquable vu la lourde « dette historique », dit Qu.

De plus, l’efficacité de cet investissement n’était pas élevée. Selon l’estimation de Chen Bin, directeur du département du financement de la planification relevant de l’Administration d’État de la protection de l’environnement, bien que le montant d’investissement des deux dernières années ait connu une augmentation, le taux d’investissement réalisé ne dépassera pas 70 % à la fin de l’année courante.

D’après les prévisions de la protection de l’environnement de 2006 à 2010, le taux d’investissement dans la protection environnementale représentera de 1,4 à 1,5 % du PIB. Si le taux de croissance annuel du PIB d’ici 2010 est de 7,5 % et si le taux d’investissement dans la protection de l’environnement représente 1,4 % du PIB, l’investissement atteindra 1,3 billion de yuans, dit Chen Bin.

Selon l’analyse de Liu Zhengbing et Li Yizhi, le manque des capitaux dans la protection de l’environnement est dû principalement à l’étroitesse des canaux de financement, au retard du mécanisme de financement et à l’union de la responsabilité et des pouvoirs de financements.

Selon Wen Yibo, directeur général du Groupe de protection de l’environnement Sound de Beijing, l’industrie environnementale à l’étranger possède plusieurs voies et moyens de financement comme le prêt avec participation aux bénéfices, le marché obligataire, la Bourse, les fonds, etc. Un système d’investissement et de financement ouvert et moderne peut apporter rapidement des capitaux, regrouper les sources financières et stimuler le développement de l’industrie environnementale. Mais en Chine, ce système n’existe pas.

En réalité, si le gouvernement accorde des mesures préférentielles et applique strictement la loi, et si la voie d’investissement et de financement est libre, le problème environnemental de la Chine peut être réglé, dit Wen Yibo.

Le mécanisme d’efficacité durable

Xie Zhenhua, directeur de l’Administration d’État de la protection de l’environnement, a dit lors d’une réunion nationale de travail cette année que « dans le système de gestion, il faut établir un mécanisme d’efficacité durable », ce qui signifie que le gouvernement pense comme l’industrie environnementale sur ce point.

Au cours de plusieurs interviews, des entreprises et spécialistes disent que le mécanisme d’efficacité durable se compose de l’efficacité durable de la politique, des lois et des règlements, et de l’efficacité et du perfectionnement du mécanisme de marché.

En effet, l’industrie environnementale et le système juridique de protection de l’environnement se développent parallèlement. La Chine continue de renforcer la législation.

Selon Xie Zhenhua, la Chine entreprendra la rédaction de la « Loi sur les réserves naturelles », des « Règlements sur le permis d’évacuation des eaux usées », des règlements sur la prévention et le traitement de la pollution causée par l’élevage du bétail et de la volaille » et des « Règlements sur la gestion environnementale des travaux côtiers ». Elle élaborera les normes sur l’évacuation de la pollution par l’acier, les insecticides, l’industrie électronique et l’industrie légère. Elle accélérera l’élaboration de normes d’évaluation de la qualité de l’environnement écologique, renforcera l’élaboration de normes sur l’environnement local, encouragera les régions importantes de protection de l’environnement à élaborer des normes plus sévères que celles de l’État. Elle élaborera la politique de frais pour les déchets électroniques et les pneus usés, fera l’essai de traitement des déchets d’appareils électroniques et procédera à la recherche sur la prévention et le traitement de la pollution par les rayons laser, élaborera des normes de consommation durable, stimulera l’économie des ressources et protégera le système et les normes environnementales.

Selon le milieu, renforcer les mesures de contrôle et de gestion de l’environnement favorise l’amélioration environnementale. Cela signifie également beaucoup d’occasions commerciales pour l’industrie de protection de l’environnement. « De plus en plus d’entreprises veulent discuter de projets de protection de l’environnement avec notre société grâce au renforcement du contrôle et de la gestion de la protection environnementale de l’État », dit Wen.

Introduire un mécanisme de marché est une méthode efficace d’efficacité durable. Il faut promouvoir avec prudence la marchéisation de la protection de l’environnement, dit Xie.

Li Yujun, directeur adjoint du Bureau de recherche sur la société et l’environnement relevant de l’Académie des sciences sociales de Chine, croit que si l’on veut faire entrer une entreprise dans le marché de l’industrie environnementale, il faut qu’elle puisse gagner de l’argent selon trois conditions. 1. L’entreprise possède la technologie concernée et la compétence de recherche et développement. 2. Ne pas considérer la protection de l’environnement seulement comme une cause d’intérêt public. 3. Il faut établir le plus tôt possible un mécanisme de marché rentable, comprenant le traitement de la pollution en obligation de l’entreprise, le perfectionnement du mécanisme de financement, l’adjudication publique de projets et le bris du monopole.

La Chine doit apprendre de l’expérience des pays développés dans le secteur de la protection de l’environnement par l’utilisation du mécanisme de marché, élaborer la politique concernée afin d’introduire des capitaux étrangers destinés à la protection de l’environnement et combler le manque de capitaux de l’aménagement environnemental de la Chine, dit Han Wei, vice-président et secrétaire général de l’Association de l’industrie environnementale de Chine.

Selon les prévisions de Liu Zhengbing, d’ici cinq ans, l’industrie environnementale de la Chine connaîtra une situation sans précédent dans l’utilisation des capitaux étrangers et deviendra un marché d’investissement à haut rendement comme dans les pays développés.


 
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