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Les maladies professionnelles constituent un problème
social majeur
Wu Zongzhi
Ces dix dernières années, de nombreux cas de
silicose sont apparus dans quelques villages du canton de Hexikou dans
l’Anhui. Actuellement, plus de vingt personnes ont perdu la vie
et un plus grand nombre souffrent cruellement de cette maladie. En raison
des frais de traitement de près de dix mille yuans, plusieurs familles
se sont ruinées.
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Un paysan du village Guanglong, au Guangxi, est atteint
de silicose après avoir travaillé dans une mine
d'or. Photo: Zhou Hua
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Depuis des années 1980, plus de 2 000 ouvriers de ce
canton ont travaillé dans des mines d’or de propriété
privée à Hainan, dans un air à forte concentration
de matières en suspension et sans aucune protection. Depuis 1997,
on a diagnostiqué la silicose chez plusieurs.
Selon les informations publiées lors de la Xe Conférence
internationale sur les maladies professionnelles de l’appareil respiratoire
qui s’est ouverte le 19 avril à Beijing, les entreprises
engendrant des polluants toxiques ou nuisibles à la santé
sont au nombre de 16 millions dans le pays, infligeant plus de 200 millions
de personnes d’indisposition à divers degrés.
Un responsable de haut niveau du ministère de la Santé
a indiqué durant la Conférence que la situation des maladies
professionnelles est critique en Chine, et que la prévention et
le traitement des maladies ne conviennent pas au niveau de développement
économique. Ces maladies sont devenues un problème majeur
de la santé publique et de la société.
Situation critique
Il s’agit de maladies contractées par les employés
travaillant pour des entreprises, des établissements publics et
des organisations privées à des activités professionnelles
qui les mettent en contact avec de la poussière, des matériaux
radioactifs et d’autres facteurs toxiques et préjudiciables
à la santé, selon la stipulation de la « Loi de la
République populaire de Chine sur la prévention et le traitement
des maladies professionnelles », promulguée en 2001. Actuellement,
115 maladies en dix catégories comme la silicose, la maladie radioactive
professionnelle et l’intoxication professionnelle figurent parmi
les maladies professionnelles de Chine.
Les documents publiés par le ministère de la
Santé lors de la Conférence montrent qu’en 2003, on
comptait 10 467 cas de maladies professionnelles dont 80 % de silicose
et 20 % d’intoxication aiguë et chronique. Depuis les années
1950, les cas de silicose en Chine ont dépassé 580 000 (dont
plus de 140 000 morts), équivalant au total des cas du monde. Cependant,
des experts estiment que vu le bas taux d’examen médical
parmi les ouvriers, la morbidité réelle serait onze fois
plus élevée ;ainsi les cas réels de silicose ne seraient
pas inférieurs à un million.
Li Dehong, expert en chef de l’Institut de santé
professionnelle et de contrôle de l’intoxication relevant
du Centre de prévention et de contrôle des maladies de Chine,
a indiqué qu’à la suite du développement des
entreprises à capitaux étrangers et privés, les fermiers
devenus ouvriers sont les travailleurs les plus sujets au risque de maladies
professionnelles, que les entreprises de canton et bourgs sont les principaux
producteurs de matériaux toxiques, et que certaine production interdite
à l’étranger est transférée en Chine,
augmentant la gravité des préjudices.
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Des ouvrières de la chaussure absorbent des
matériaux toxiques vu la faiblesse des mesures de protection
. Photo: Zhou Wenjie
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Auparavant, les employés officiels d’usines qui
s’occupent de travaux nuisibles à la santé pouvaient
jouir de prévention et de traitement des maladies professionnelles
grâce à l’assurance médicale obligatoire. Ces
vingt dernières années, avec le développement économique,
de nombreux ouvriers ruraux surnuméraires se sont déplacés
vers les villes. Beaucoup d’entre eux entreprennent des travaux
dangereux et nuisibles à la santé, sans aucune assurance
médicale ni aucune connaissance de la prévention. Ils sont
donc à haut risque.
Les entreprises de cantons et bourgs absorbent une bonne part
de la main-d’œuvre excédentaire locale. Mais certaines
n’ont qu’un équipement rudimentaire et manquent de
fonds pour protéger la santé des travailleurs ; par ailleurs,
ces ouvriers sont peu sensibilisés à l’autoprotection.
De plus, certaines entreprises étrangères produisent
ou utilisent en Chine les matériaux chimiques et la technologie
de production interdits à l’étranger, causant de graves
préjudices à la santé des travailleurs chinois, comme
les cas de silicose de Ningbo, au Zhejiang.
En janvier 2003, chez quelque 200 travailleurs provenant du
district Zhong de Chongqing et travaillant à Ningbo, on a découvert
la silicose à divers degrés. Par la suite, les cas rapportés
à Ningbo ont augmenté.
Dans les années 1980, le Japon a découvert que
l’iris chinois peut provoquer la silicose par l’émission
de poussière, et a ainsi interdit le tressage de cette plante au
Japon mais l’a transféré en Chine. Certaines entreprises
chinoises produisent des articles d’iris tressés au mépris
de la santé des travailleurs. L’exportation d’articles
d’iris de Ningbo représente 70 % du total du pays.
Actuellement, il n’y a pas une réglementation
précise en Chine. Li Dehong croit qu’il faut légiférer
en s’alignant sur les critères internationaux.
Renforcer le contrôle et la gestion
D’après le directeur de l’Institut de prévention
et traitement des maladies professionnelles du Guangxi, Ge Xianmin, cette
situation, qui s’aggrave de jour en jour, est due à divers
facteurs.
Du fait que certaines régions mettent un accent excessif
sur le développement économique rapide, les départements
concernés ne peuvent pas sérieusement contrôler l’établissement
d’un projet et l’accès des entreprises selon les règlements
et dispositions nationaux, donc les entreprises et secteurs causant des
maladies professionnelles graves entrent sur le marché, et ainsi,
le contrôle est inefficace.
La prévention et le traitement sont des tâches
sociales impliquant plusieurs départements et qui requièrent
la participation de toute la société. Néanmoins,
après l’entrée en vigueur de la « Loi sur la
prévention et le traitement des maladies professionnelles »,
à cause de faible coordination entre les départements, il
n’existe pas encore de mécanisme d’action conjointe.
La gestion confuse se manifeste dans le recrutement des fermiers-ouvriers,
dont les droits et intérêts ne peuvent être garantis.
Certaines unités ne signent pas de contrat avec leurs employés
conformément à la loi, n’établissent pas de
dossier de santé ni participent à l’assurance contre
les accidents de travail. Quant aux travailleurs, ils ne connaissent pas
les maladies professionnelles, ne jouissent pas du droit légitime
d’examen physique, diagnostic et traitement des maladies professionnelles,
ni ne peuvent réclamer d’indemnité lorsque leurs intérêts
sont lésés faute d’un contrat de travail.
Par ailleurs, vu le manque de capitaux, la capacité
de prévention des maladies retarde de beaucoup sur le développement
économique ; les équipes spéciales de prévention
et de traitement sont dispersées et le réseau de contrôle
est inachevé, les employeurs n’accomplissent pas leurs devoirs
de prévention et de traitement, et tout cela entraîne la
haute fréquence de ces maladies.
En réalité, la « Loi sur la prévention
et le traitement des maladies professionnelles » et le « Moyen
de gestion des critères sanitaires professionnels » entrés
en vigueur respectivement en 2001 et 2002 stipulent précisément
que les employeurs doivent fournir aux travailleurs l’environnement
et les conditions de travail s’adaptant aux critères et demandes
sanitaires professionnels nationaux, et prendre les mesures pour que les
travailleurs jouissent de la protection sanitaire professionnelle.
Cependant, la plupart du temps, ces règlements ne sont
pas accomplis sérieusement.
À cet effet, les départements locaux de contrôle
de la santé ont fait beaucoup. Selon un reportage de Chengdu
Soir, depuis le 1er mai 2001 (entrée en vigueur de la Loi),
les départements de contrôle du Sichuan ont imposé
des amendes totalisant plus de 400 000 yuans aux entreprises qui méprisent
la santé des ouvriers, dont 95 000 yuans à une usine de
meubles pour avoir refusé de voir à la pollution par la
poussière et le bruit en dépit de multiples avertissements.
Depuis 2001, la dernière semaine d’avril est
la semaine nationale de la Loi sur la prévention et le traitement
des maladies professionnelles. En avril et mai, toutes les provinces et
régions autonomes lancent les activités de contrôle
et d’application de la loi selon la situation réelle.
De la fin d’avril au début de juillet, Shanghai
procède à la vérification des secteurs d’accumulateurs,
de colorants et d’enduits au plomb, de métallurgie et de
fabrication de produits renfermant du plomb, des secteurs de lavage des
composants électroniques, de fabrication de valises, sacs et chaussures,
ainsi que des industries chimique, d’impression, de peinture, de
caoutchouc et de pneus qui utilisent le solvant à l’éthane.
Les entreprises à technologie retardataire et mauvaises conditions
de production qui portent atteinte aux droits et intérêts
des travailleurs et sont un danger latent de maladies professionnelles,
elles seront fermées si elles ne satisfont pas encore aux critères
lors du prochain examen.
Actuellement, les départements du travail et de la
protection sociale et d’autres départements perfectionnent
en commun le système d’assurance contre les accidents de
travail afin de prévenir et contrôler de façon efficace
les maladies professionnelles et accorder aux victimes le meilleur traitement
et la subvention vitale garantie.
Ge Xianmin, directeur de l’Institut de recherche sur
la prévention et le traitement des maladies professionnelles du
Guangxi, a dit que cette tâche en Chine ne souffre point de retard
et que le gouvernement doit construire un système de prévention
et de traitement plus efficace. À cet effet, il a avancé
des propositions. Intégrer ce travail dans les indices de vérification
annuelle des autorités aux divers échelons ; établir
un mécanisme efficace, de longue durée, et de contrôle
coordonné entre de divers départements, intégrer
un système de santé professionnelle dans la permission administrative
; accélérer l’établissement d’un système
de contrôle et d’application de la loi sur la santé
professionnelle, des services techniques et de soins concernés,
et les intégrer dans le système de santé publique
; augmenter le soutien financier ; établir un mécanisme
coordonné et interactif de prévention et de traitement entre
les provinces ; débloquer des fonds spéciaux de secours
; poursuivre l’authentification du système administratif
de santé et sécurité professionnelles, guider les
entreprises dans le renforcement de la prévention et du traitement
des maladies et intégrer la prévention et le traitement
dans le système de gestion de l’entreprise moderne.
Redéfinir les maladies professionnelles ?
En mars dernier, Zhang Xinsheng (63 ans), a porté plainte
contre la compagnie Far East où il a travaillé il y a 28
ans, demandant un dédommagement de 450 000 yuans pour les maladies
causées par son travail.
C’est la deuxième fois qu’il intente un
procès à cette compagnie. Selon le département autorisé,
la maladie de Zhang se rapporte à son travail, mais elle n’est
pas inscrite sur la « liste des maladies professionnelles »
publiée par le ministère de la Santé et le ministère
du Travail et de la Protection sociale. Donc, Zhang a perdu son premier
procès visant à faire reconnaître la maladie professionnelle,
et a dû en intenter un second en raison des préjudices subis.
En 1958, Zhang est entré au service de Far East. La
fréquence de 40 à 80 fois par minute de la machine sur laquelle
il travaillait causait à l’aine une pression de 1,5 million
de tonnes, ce qui a causé l’enflure de sa jambe droite et
par conséquent, des troubles fonctionnels.
Bien que le ministère de la Santé, et les Départements
de la santé, du travail et de la protection sociale de Beijing
aient reconnu que la maladie de Zhang a été provoquée
par le travail, ils ont malheureusement conclu que cette maladie ne figure
pas sur la liste et ne peut donc pas être considérée
comme une maladie professionnelle.
Actuellement, la définition des maladies professionnelles
en Chine diffère d’ailleurs au monde où toute maladie
causée par la profession est désignée maladie professionnelle
par l’Organisation internationale du travail.
Outre les maladies professionnelles fréquentes dans
le passé, de nouvelles maladies surgissent dans les villes et chez
les cols blancs, telles que la douleur au poignet due à l’usage
de la souris d’ordinateur, l’insomnie et la sensation d’étouffement
sur les lieux de travail.
Malgré la recherche sur ces nouvelles maladies professionnelles,
un responsable du ministère de la Santé a récemment
déclaré que, pour le moment, ces maladies ne sont pas inscrites
parmi les maladies professionnelles, car la désignation de maladie
professionnelle demande enquête, analyse et bilan, à grand
renfort de ressources humaines, matérielles et financières.
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