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Wal-Mart établit sa présence en Chine
Lan Xinzhen
Wal-Mart est un lien économique important entre
les États-Unis et la Chine et qui ne peut être sous-estimé.
Depuis l’ouverture de son premier magasin en Chine en 1996, Wal-Mart
(Chine) a employé 25 000 travailleurs et possède maintenant
45 unités dans 21 villes, dont 40 supercentres, trois clubs Sam
et deux marchés de quartier. Il connaît une croissance annuelle
moyenne de 20 à 30 %. Depuis neuf ans, les méthodes commerciales
de Wal-Mart (Chine), sa marchandise de qualité et à bas
prix et son service aimable à la clientèle ont apporté
des réformes dans l’industrie du détail au pays. Mais
un regard plus approfondi montre qu’il lui reste encore un long
chemin à parcourir pour s’intégrer complètement
au marché chinois.
Le personnel du club Sam de Wal-Mart à Beijing s’inquiétait
du manque d’espace de stationnement pour la clientèle.
« Nous avons fait de notre mieux, mais cent places sont
loin de suffire, surtout le week-end et les jours de congé »,
dit un employé.
Certains pensent que le club Sam dans la banlieue de la capitale
n’est pas très attirant car il est loin du centre-ville.
Et pourtant, les clients y arrivent en un flot ininterrompu et la plupart
en voiture privée.
Vu sa popularité, Wal-Mart a créé la
prospérité dans une zone décentrée de Beijing.
Le phénomène en a pris plusieurs par surprise et a remis
en question le vieil adage commercial « situation, situation et
situation ». Pour cette raison, plusieurs détaillants chinois
voient en Wal-Mart un « maître » et le secret de leurs
propres affaires commerciales.
Rôle modèle
Pour plusieurs détaillants, l’efficacité
améliorée de certains fournisseurs chinois de biens de consommation
résulte directement de la compétition avec Wal-Mart. «
Ce n’est pas une exagération », dit Wang Xiangfu, professeur
à l’université d’Économie et Commerce
de la Capitale.
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À Guiyang, dans la province du Guizhou, les
foules vont profiter des aubaines de Wal-Mart. Newsphoto
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Wang se souvient qu’il y a quelques années, les
détaillants locaux se cassaient la tête pour comprendre l’attrait
de Wal-Mart et se demandaient pourquoi les clients préféraient
parcourir le long chemin jusqu’à Wal-Mart.
Ils ont découvert que les clients de Wal-Mart pouvaient
acheter tout ce dont ils avaient besoin à un seul endroit, vu le
vaste choix de produits. On leur offrait des « bas prix permanents
», les plus bas en ville. C’était l’atout principal
de Wal-Mart », dit Wang.
Si Wal-Mart peut offrir de si bas prix, c’est qu’il
achète ses marchandises directement des fournisseurs et à
prix réduit, poursuit Wang.
Wal-Mart adopte aussi une approche budgétaire dans
ses opérations quotidiennes. On imprime souvent au verso de papier
usagé. Le papier neuf est réservé aux documents importants
relatifs au personnel à l’extérieur du magasin. Les
bureaux de la direction sont modestement équipés, et on
n’y voit pas de gobelets jetables pour l’eau. Bien que certains
membres du personnel parlent d’ « avarice », cette façon
de faire a tout de même aidé les employés à
prendre conscience du coût d'une entreprise.
Wal-Mart sait aussi obtenir des rabais de ses fournisseurs.
Tous les achats sont faits directement des fabricants, qui acceptent d’accorder
des réductions à ce géant de la vente au détail
du monde.
pour Wal-Mart, la qualité des marchandises est importante,
et des mesures strictes sont adoptées comme l’inspection
à l’usine. Wal-Mart ne fait confiance à aucune garantie
comme à ses propres yeux. Ces inspections causent une forte pression
sur les fabricants. Les inspecteurs examinent des échantillons
au hasard. Si le nombre de produits non acceptables dépasse les
critères de Wal-Mart, toute la production devra être reprise.
Même après l’inspection, Wal-Mart mène
des tests de logistique pour s’assurer qu’aucune erreur ne
soit commise aux étapes de post-production et de transport. Un
de ces tests consiste à laisser tomber tout à coup une boîte
contenant des produits à 50 cm au-dessus du sol pour voir si l’emballage
résistera.
De telles conditions ont fait « croître »
certains fournisseurs locaux. Dans une certaine mesure, ces entreprises
chinoises ont été forcées par Wal-Mart d’améliorer
leur efficacité, ce qui se traduit à la fin par des profits
accrus.
Maintenant, de grandes entreprises de détail du pays
suivent la stratégie de Wal-Mart, cherchant à économiser
sur les coûts de production et exigeant de leurs fournisseurs les
même critères que Wal-Mart. Une enquête de McKinsey
& Co. montre que dans le sillage de Wal-Mart, l’efficacité
des détaillants chinois s’est améliorée de
30 à 50 % depuis cinq ans.
Grâce à sa crédibilité, Wal-Mart
est devenu un lien important dans le commerce sino-étatsunien.
Depuis 1996, Wal-Mart n’a jamais ralenti ses achats de produits
chinois à être transportés et vendus partout dans
le monde par sa chaîne de magasins. Ainsi plusieurs produits chinois
font-ils maintenant partie de la vie « américaine ».
En 2004, Wal-Mart a acheté pour 15 milliards de yuans de produits
chinois. Et les produits des États-Unis et d’autres pays
sont aussi entrés dans les foyers chinois par le même canal.
Wal-Mart a fourni des emplois à plus de 25 000 Chinois
et encore davantage d’occasions indirectes de travail. En Chine,
bon nombre d’entreprises produisent spécialement pour Wal-Mart.
Concurrence acharnée
À la nouvelle que Wal-Mart entrait en Chine en 1996,
plusieurs médias ont crié « au loup », effrayant
les détaillants chinois.
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Les clients doivent parfois attendre en ligne pour
la vérification avant la sortie. Photocome
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Neuf ans plus tard, quand on jette un regard sur la compétition
entre les entreprises chinoises comme Hualian et Tiankelong, de même
que sur les géants étrangers comme Carrefour et Metro, on
peut voir que Wal-Mart n’est pas si « agressif » qu’on
l’avait cru. Les médias aussi ont changé de ton.
En août 1996, Wal-Mart a ouvert sa première succursale
à Shenzhen. Le magasin s’est taillé une place sur
le marché en moins de six mois. Les centres commerciaux dans les
alentours de Wal-Mart ont connu une perte de revenus de ventes de 5 à
10 %. Au cours de la deuxième année, les ventes de Wal-Mart
à Shenzhen ont grimpé à un milliard de yuans, et
la troisième année, la croissance a été d’environ
10 %. Les chiffres de ventes confirmaient la possibilité d’expansion
de Wal-Mart en Chine. Quatre grands centres ont donc été
établis : Shenzhen pour couvrir le sud de la Chine, Kunming, le
sud-ouest, Beijing, le nord et Dalian, le nord-est.
Après neuf ans, Wal-Mart continue d’exercer la
plus forte influence dans les régions côtières du
sud-est et les régions du sud-ouest. Au centre, à l’ouest
et au nord du pays, Carrefour jouit d’une popularité qui
dépasse celle de Wal-Mart. En 2004, les ventes de Carrefour (Chine)
auraient atteint 16,24 milliards de yuans, 5e rang au pays, et Wal-Mart
serait au 20e rang avec 7,63 milliards de yuans.
Wal-Mart, qui est au sommet de la liste des 500 entreprises
de Fortune, tire de l’arrière en Chine. Le 18 mai, le deuxième
magasin Wal-Mart à Beijing ouvrait ses portes. Un couloir souterrain
permettra bientôt l’accès directement d’une station
de métro avoisinante.
En novembre, Wal-Mart ouvrira un autre centre commercial dans
l’arrondissement Xuanwu de Beijing, un endroit encore plus achalandé
que l’avenue Zhichun dans l’arrondissement Haidian.
« Wal-Mart a changé son ancien choix d’endroits
éloignés pour s’établir en pleine ville, dit
le professeur Wang. Il semble que Wal-Mart renforce son offensive dans
le nord de la Chine.
Selon la gestion de Wal-Mart, le géant du détail
a pour but d’augmenter ses magasins à cinquante d’ici
cinq ans et d’atteindre un revenu de vente de 18 milliards de yuans.
En Chine, Wal-Mart porte davantage attention au volume d’achat
qu’aux revenus de ventes. En 2004, le volume d’achat, qui
croît de 20 % par an, a atteint 15 milliards de dollars. Avec l’avantage
du bas coût des produits chinois, Wal-Mart revend avec un profit
considérable.
Problèmes de croissance
L’intention du siège de Wal-Mart aux États-Unis
est d’avoir les trois genres d’affaires de Wal-Mart, soit
les centres commerciaux, les clubs Sam et les magasins de quartier, en
Chine d’ici vingt ans. Un réseau logistique verra à
la distribution à travers le pays. Wal-Mart espère pousser
le succès de la compagnie au même niveau qu’ aux États-Unis.
Pourtant, après neuf ans, on décèle des
lacunes dans la version chinoise du modèle étatsunien.
D’abord, l’attrait des « bas prix permanents
» a été mis au défi. Comme d’autres entreprises
ont adopté la même stratégie, Wal-Mart a perdu l’avantage
de l’exclusivité. De plus, la formule magique de Wal-Mart
d’établir ses magasins à proximité des centres
de distribution ne s’applique pas en Chine. En 2003, le centre de
distribution de Wal-Mart à Tianjin, couvrant une superficie de
10 000 m2, a été inauguré. Seulement quand Wal-Mart
aura établi au moins dix succursales en Chine du Nord, le centre
de distribution pourra-t-il jouer un rôle de coordination. Actuellement,
il n’y a que quatre magasins dans le nord. En Chine, le coût
du transport sur une longue distance est élevé. Wal-Mart
ne peut compter sur ses propres centres de distribution pour couvrir tout
son territoire de ventes. La faiblesse de la distribution en Chine entrave
la réduction d’envergure des coûts et a augmenté
le coût logistique pour les 46 magasins de Wal-Mart.
Les fournisseurs ont aussi des plaintes à formuler
contre Wal-Mart, qui mène trois études de marché
par semaine et peut baisser tout à coup ses prix pour l’emporter
sur ses rivaux. Et alors, Wal-Mart demande à ses fournisseurs d’assumer
les pertes causées par ces rabais. Non seulement les contrôles
de prix de Wal-Mart dérangent-ils le système de prix du
marché mais encore nuisent-ils à la réputation des
fournisseurs, d’après ces derniers. Certains ont même
songé à se retirer de la chaîne de Wal-Mart.
Depuis neuf ans, Wal-Mart n’est pas encore arrivé
à s’intégrer en Chine. Toutes ses stratégies
ont fonctionné aux États-Unis, mais ne sont peut-être
pas efficaces ici. La « carte de membre » du club Sam, si
populaire en Occident, a connu des réactions partagées sur
le marché chinois. Si elle fonctionne à Beijing, elle a
fait perdre des millions de dollars à Kunming et on a dû
revenir à la formule de magasin ordinaire que la population locale
accepte mieux.
Ces facteurs négatifs pourraient restreindre le développement
rapide de Wal-Mart et nuire à ses objectifs à long terme
en Chine.
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