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La guerre est morte, vive la paix !
Ping An
Cette année marque le 60e
anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. À l’issue
d’une bataille longue et sanglante, les forces unies du monde ont
finalement défait les fascistes allemands, italiens et japonais.
La guerre chinoise de Résistance au Japon (1937-45) constitue une
partie importante de la guerre antifasciste et a gagné l’appui
des nations alliées.
Pour éviter de répéter
les tragédies de la guerre, le peuple chinois commémore
cette période en un geste qui montre au monde sa détermination
de maintenir la paix.
Il y a soixante ans, la Seconde Guerre mondiale et la guerre
chinoise de Résistance au Japon prenaient fin. L’Asie entreprenait
enfin la réhabilitation de la paix. Même si la guérilla
continuait dans certains endroits, les pays d’Asie en général,
surtout de l’Asie de l’Est, entraient dans une période
relativement paisible axée sur le développement économique.
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La Chine à l'économie en rapide croissance
joue un rôle crucial dans la paix et le développement
de la région. Photo: Wang Xiaochuan
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La guerre avait causé de graves souffrances à
l’Asie. Détruits par les combats, le manque de ressources
naturelles et la densité de la population, tous les pays de l’Asie
de l’Est faisaient face à une situation d’après-guerre
de faiblesse économique. La plupart mirent indépendamment
la croissance économique au sommet de leurs stratégies de
développement, sans égard aux problèmes qu’ils
rencontreraient.
La fin de la guerre fournissait l’occasion de poursuivre
le développement. Sortis de la règle coloniale et de la
fumée des canons, les pays d’Asie de l’Est prirent
leur envol économique l’un à la suite de l’autre,
de la fin des années 1950 et au début des années
1960 jusqu’aux années 1980. Le Japon d’abord restaura
son économie, puis la Corée du Sud, Singapour, et les régions
chinoises de Hongkong et de Taiwan, qu’on appelle « les quatre
dragons d’Asie » ; vinrent ensuite la Malaysia, la Thaïlande,
les Philippines et l’Indonésie, appelées « les
quatre tigres ». Ces pays devinrent des « miracles économiques
», causant un choc mondial.
Dans les années 1960, le taux de croissance annuel
moyen de l’économie japonaise dépassait déjà
10 %. Durant les décennies 1960 à 1980, la Corée
du Sud et Singapour connaissaient une croissance de 9,9 et 10 % respectivement.
En 1990, la Thaïlande et la Malaysia atteignaient 10 et 9,4 %. Le
Japon dépassa l’Allemagne en 1968, s’élevant
au deuxième rang après les États-Unis.
Durant la décennie 1990, le niveau de richesse des
quatre dragons approchait ou même dépassait celui de l’Europe
de l’Ouest. Selon le magazine Asiaweek de Hongkong, le revenu par
personne en Corée du Sud, au Japon, à Singapour, à
Hongkong et à Taiwan en 1993 était respectivement de 6 740
dollars, 27 326, 15 200, 16 382 et 10 215. Après le recouvrement
de la crise financière asiatique de 1997 et une série de
disputes politiques, l’Asie de l’Est devenait le système
économique le plus vibrant et au plus rapide développement
du monde.
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La Corée du Sud avec la Chine et le Japon forment
le coeur énergétique de l'Asie de l'Est. Photo:
Zhang Li
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Dédiée à la réforme et à
l’ouverture depuis 1978, la Chine est maintenant le plus grand importateur
de l’Asie de l’Est et le pays qui absorbe le plus d’investissement
direct et se développe le plus rapidement. En même temps,
elle joue un rôle fondamental dans le maintien de la paix et le
développement de la région.
Selon Lee Soo Sung, ex-premier ministre de Corée du
Sud, si la tendance de développement de l’Asie de l’Est
se poursuit, elle deviendra une des puissances économiques mondiales,
comme l’Union européenne (UE) et les États-Unis.
Long Yongtu, secrétaire général du Forum
Bo’ao pour l’Asie, a souligné que lorsqu’on parle
d’économie asiatique, on pense à celle de la région
d’Asie de l’Est, et quand on parle d’économie
d’Asie de l’Est, on pense au Nord-Est asiatique. La Chine,
le Japon et la Corée du Sud sont la clef, dit-il.
Les statistiques de la Banque mondiale montrent que la croissance
économique annuelle moyenne du monde est de 3,1 %, tandis qu’elle
est de 3,7 % pour l’Asie. Le volume commercial de l’Asie représente
27 % du total mondial.
En Asie du Nord-Est, le commerce interrégional représente
34 % du commerce extérieur des pays de la région en 1980.
Ce pourcentage a augmenté à 58 % en 2003. Comparée
à d’autres régions, la proportion était devancée
seulement par l’UE, qui avait 60 %, et dépassait les 55 %
de l’Amérique du Nord.
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En 1968, le Japon dépassa l'Allemagne au rang
des grandes économies du monde. Photo: Ma Pier
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La Chine, le Japon et la Corée du Sud sont le cœur
économique de la région. Propulsés par la mondialisation
économique et l’intégration régionale de l’Asie,
les trois pays sont devenus plus interdépendants en commerce et
économie. En 2004, la Chine a surpassé les États-Unis
pour devenir le premier partenaire commercial du Japon. Le Japon a été
le plus grand partenaire de la Chine trois fois pendant les quatre dernières
années.
L’ex-ministre des Affaires étrangères
du Japon, Yoriko Kawaguchi, comparait le Nord-Est asiatique à une
locomotive de la croissance économique. Durant les vingt dernières
année, le PIB de la région a quadruplé. L’exportation
interrégionale et le commerce se sont multipliés par 26
et par 8 respectivement. Le Japon et la Chine ont formé une chaîne
interdépendante de production qui bénéficie aux compagnies
japonaises comme moyen d’épargne des coûts, tandis
que la Chine y gagne investissement et emploi.
« La combinaison de l’expérience de gestion
du Japon et de la Corée du Sud avec l’énorme marché
de la Chine, de même que le potentiel croissant, non seulement apporte
la croissance économique à l’Asie, mais aussi facilite
le développement continu de l’économie mondiale »,
dit Yoriko Kawaguchi.
La paix et la prospérité de l’Asie ont
été durement gagnées. Dans la vague de mondialisation
et de régionalisation, les relations entre les pays de la région
se font plus étroites. La prospérité et le développement
du Japon et de la Chine sont étroitement liés et ont considérablement
contribué au développement économique mondial.
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La Thaïlande, la Malaysia, les Philippines et
l'Indonésie sont les "quatre tigres" de l'Asie.
Xinhua/AFP
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Avec les efforts des deux gouvernements et des organisations
non gouvernementales, les relations entre la Chine et le Japon ont énormément
progressé depuis trente ans après la normalisation des liens
diplomatiques sino-japonais. L’an dernier, le commerce sino-japonais
s’évaluait à 160 milliards de dollars, et plus de
quatre millions de personnes ont voyagé entre les deux pays. En
outre, 227 villes de Chine et du Japon se sont jumelées. La coopération
amicale non seulement a suscité l’intérêt substantiel
des peuples des deux pays mais a aussi contribué à la prospérité
de l’Asie.
En avril, quelque 60 groupes de Chinois et de Japonais se
sont rassemblés à Tokyo suivant un appel à la paix
et à l’amitié entre les deux pays à l’occasion
du 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cela est
crucial pour les relations sino-japonaises. Dans le passé, le Japon
a fait la guerre, entraînant de graves calamités pour le
peuple chinois et d’autres peuples asiatiques par la domination
coloniale et l’agression. Les Japonais aussi ont beaucoup souffert
pendant la guerre. Les citoyens de Chine et du Japon ont dû endurer
une longue guerre pour atteindre la paix internationale attendue. Ils
doivent donc tirer les leçons de l’histoire, s’attacher
au développement de la paix et créer des amitiés
qui durent des générations.
En autant qu’ils suivent la route de leurs prédécesseurs,
les peuples d’Asie de l’Est pourront connaître un avenir
brillant et heureux. Toutefois, récemment, les relations politiques
sino-japonaises se sont refroidies bien que la coopération économique
soit restée dynamique. Le phénomène n’est pas
dans l’intérêt de l’un ou l’autre pays.
Faire face à l’histoire et reconnaître les atrocités
de la guerre est une condition primordiale du développement des
relations sino-japonaises et la base de la stabilité, de la prospérité
et de la paix en Asie de l’Est.
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En 1990, la Malaysia et la Thaïlande ont connu
un taux de développement respectif de 10% et 9,4%. Photo:
Wang Xiaochuan
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Le premier ministre Wen Jiabao voit le cœur du problème
dans la reconnaissance des faits historiques par le Japon. Le Japon a
lancé une guerre d’agression au siècle dernier, qui
a causé d’immenses souffrances au peuple chinois et d’autres
d’Asie et du monde.
Wen a insisté que seulement quand un pays respecte
l’histoire et accepte sa responsabilité peut-il gagner la
confiance du monde et jouer un grand rôle dans la communauté
internationale.
La Chine et le Japon sont voisins. « Nous devons considérer
l’histoire comme un rétroviseur mais regarder vers l’avenir
afin de développer la coopération amicale entre la Chine
et le Japon », a poursuivi le premier ministre.
Durant la guerre, la Chine a pris la responsabilité
de mener de durs combats contre les agresseurs. Maintenant, elle fait
face à une autre responsabilité, celle de maintenir la paix
en Asie de l’Est et peut-être dans le monde entier. En Europe,
la population ne s’est jamais encombrée de ressentiment historique
et au contraire elle montre comment éviter les guerres et rétablir
de bonnes relations entre les pays. L’UE résulte de la réflexion
des Européens depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce genre
de réflexion ne s’est pas répandu en Asie de l’Est.
Dans une interview de l’agence Xinhua, le Pr Hisachi
Inoue, un historien de l’université Surugadai au Japon, a
dit que l’ambition du Japon d’annexer tout le territoire de
la Chine date des années 1930.
Actuellement, des Japonais de l’aile droite tentent
de glorifier leur guerre d’agression contre la Chine disant qu’elle
était correcte, blâmant le mouvement anti-japonais de la
Chine et dépeignant le Japon comme la victime. Inoue traite comme
une distorsion de l’histoire l’argument qui veut que l’agression
japonaise résulte de la résistance chinoise. En 1928, le
Japon a déployé des troupes dans la province orientale du
Shandong et tenté de soumettre Qingdao, ce qui a naturellement
provoqué un sentiment anti-japonais. Inoue pense que le Japon doit
traiter l’histoire correctement et faire un sincère examen
de conscience.
Le peuple chinois, pour sa part, espère que le Japon
réfléchira. Quel défaut avait le régime politique
japonais à ce temps-là, qui permettait au militarisme de
mener une nation entière dans une guerre d’agression et de
pousser ensuite le peuple japonais dans un abîme de souffrance.
Quelle sorte de responsabilités politiques et morales devrait assumer
la société japonaise entière, y compris les intellectuels,
les entrepreneurs, les civils et le système d’éducation
pour la montée et l’expansion du militarisme ?
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L'acteur Jackie Chan et la championne de ping-pong
japonaise Fukuhara Ai inaugurent une exposition de photos sur
les relations amicales sino-japonaises au cours des 60 dernières
années.
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Comment seront les relations sino-japonaises et comment devraient-elles
être dans l’avenir ? Cet important problème stratégique
concerne les deux pays. Dans le passé, ils ont eu une relation
d’envahisseurs et envahis. Mais aujourd’hui ils n’arrivent
vraisemblablement pas à se donner la main pour la prospérité
et la stabilité de l’Asie de l’Est, ou à conjuguer
leurs efforts pour l’intégration économique et politique
de la région. Ce qu’on peut affirmer est que la coopération
sino-japonaise est plus convenable que la concurrence de leurs intérêts
à long terme. La nature de la relation décidera de l’avenir
de l’Asie de l’Est et même du monde.
Le peuple chinois espère que le gouvernement et les
citoyens du Japon réfléchissent sur la guerre, l’histoire,
le sort de l’humanité et la paix avec une vision plus large.
Un vœu commun des deux pays est qu’il n’y ait plus de
guerres. Ceux qui chérissent la paix espèrent que ces deux
voisins séparés seulement par une mince bande aquatique
seront amis et maintiendront la paix pour toujours.
L’établissement de la paix permanente est la
meilleure façon de célébrer le 60e anniversaire de
la fin de la guerre chinoise contre l’agression japonaise.
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