Phénomène de Xu Benyu

Li Haibo

Il y a deux ans, Xu Benyu a enseigné comme volontaire dans une école de région montagneuse pauvre après ses études universitaires. Sa bonne action a été répandue par les médias et entraîne davantage de volontaires.

Aujourd’hui, il constate que, en plus de donner des cours, il peut contribuer à aider des fermiers locaux à sortir de la pauvreté.

Aux yeux de plusieurs, le choix de ce diplômé de 22 ans de l’université d’Agriculture de la Chine du centre (en abrégé : Huanong ) est étonnant, parce qu’après avoir réussi l’examen d’aspirant à la maîtrise en gestion économique agricole, il a décidé d’aller enseigner dans une école primaire d’un village de montagne pauvre du Guizhou.

Lorsque son père a appris sa décision par le téléphone, il a raccroché sans un mot. Xu est retourné déçu à l’université, plongé dans ses réflexions.

Quittant son petit village de montagne de Liaocheng au Shandong, Xu a fait ses études à l’université Huanong pendant quatre ans. Soutenu par une bourse et une subvention aux étudiants dans le besoin, et des emplois fournis par l’université en vue de l’aider à payer ses études, ainsi que des dons de vêtements des parents de ses condisciples, il a finalement terminé ses études.

« C’est mon devoir d’aider les autres. À l’avenir, mon père me comprendra, » a-t-il décidé.

Les volontaires doivent être persévérants

L’école primaire où enseigne Xu se trouve parmi les cimes escarpées du district de Dafang, dans le village de Goudiaoyan du bourg de Maochang. Elle occupe quelques grottes. Lors des vacances d’été 2002, Xu et quelques compagnons d’études sont allés dans ce village avec trois grands coffres de vêtements, un sac de livres et 500 yuans. Un an après, il est y retourné avec 3 000 livres et sept volontaires.

Goudiaoyan est presque un îlot isolé inaccessible à l’information, sans routes ni téléphone ; on s’éclaire à la lampe à huile, et il faut effectuer un parcours de 18 km de sentier de montagne raboteux pour expédier une lettre...

Chaque jour, le tourteau de maïs et la soupe au chou fermenté constituent le repas. La nuit, les puces empêchent le sommeil. D’abord, deux volontaires sont tombés malades faute de pouvoir s’acclimater au village de montagne ; ensuite, une intoxication alimentaire a confiné les autres au lit pendant quelques jours.

Ces volontaires ont quitté le village l’un après l’autre.

Un volontaire doit être persévérant. Xu s’en tient à six cours par jour ; outre la langue et littérature chinoises et les mathématiques, il a organisé l’anglais, le sport et la musique pour les classes supérieures.

Dans cet environnement clos, les enfants ne connaissent rien du monde extérieur. Xu donne patiemment des explications. Peu à peu, les enfants sont arrivés à comprendre le putonghua et à se comporter avec naturel. Depuis l’arrivée de Xu, le nombre d’élèves est passé de 140 à 250. En hiver 2003, l’école a déménagé des grottes dans un nouveau bâtiment scolaire ; les conditions se sont améliorées considérablement.

Récemment, Xu s’est intégré au projet d’assistance aux régions pauvres à relais du Guizhou et a commencé à toucher une subvention de 500 yuans par mois. Pendant les vacances d’été en 2004, il est retourné à Wuhan pour collecter dans la société un millier de livres et quatre conteneurs de vêtements pour les enfants de Goudiaoyan.

Les volontaires doivent servir de pont

Lorsqu’il a fait un rapport à l’école Dashi du canton de Dashui dans le district de Dafang au printemps 2004, Xu a avancé que les volontaires doivent devenir un pont, au lieu d’être de simples enseignants. Ils peuvent travailler à la mesure de leurs forces pour le développement économique local.

Dashui est un canton peuplé de Yi, Miao et Buyi. Malgré de beaux paysages, cette région de montagne a une terre stérile, peu de champs et est difficile d’accès. Beaucoup d’élèves ont interrompu leurs études vu l’incapacité de leur famille de verser les 140 yuans de frais de scolarité annuels.

Par rapport à l’école de Goudiaoyan, les conditions de Dashi sont pires, et les élèves ont davantage besoin d’aide ; donc, Xu a décidé d’y donner des cours gratuitement.

Plus tard, il a écrit trois fois à son alma mater. En juin 2004, le Pr. Peng Guangmang et un autre enseignant de l’université Huanong ont mené une enquête sur le district de Dafang et recueilli 80 000 yuans pour restaurer des écoles locales.

Le 11 juillet 2004, un article intitulé « Deux écoles primaires rurales et un enseignant volontaire », écrit par un autre enseignant revenu du Guizhou, a été publié dans le réseau internet. En quelques heures seulement, l’accès a connu un blocage dû au grand nombre de visites. Cet article a été transmis sur d’autres sites par des internautes zélés. En moins de dix jours, il avait été lu par plus d’un million d’internautes ! Des courriers électroniques demandant de participer à une collecte voltigeaient comme des flocons de neige. Des milliers et des milliers d’internautes ont exprimé un sentiment commun : touchés par l’histoire de Xu Benyu, ils le soutiendraient par des actes.

À cet effet, des professeurs et étudiants de l’université Huanong ont spontanément ouvert un compte ; 176 élèves pauvres de l’école Dashi ont obtenu une assistance financière, le nom de l’école est devenu « école d’espoir Dashi de Huanong », et l’on a collecté 370 000 yuans pour construire un nouveau bâtiment scolaire.

Même des personnes d’une dizaine de pays ont montré leur désir d’aider financement les élèves de l’école Dashi. Chen Xuzhao, étatsunienne d’origine chinoise, a recueilli 2 000 USD aux États-Unis. Wang Changru, institutrice retraitée de Wuhan, est arrivée à Dafang pour enseigner avec Xu.

Selon les statistiques, au 29 août, 36 volontaires enseignent ou enquêtent dans le canton de Dafang, et 188 élèves du primaire ont reçu des dons totaux de 13 760 yuans.

Les actes de Xu donnent l’exemple aux jeunes chinois. Au début de 2005, il a été élu par la CCTV l’une des dix personnes qui ont le plus ému la Chine en 2004.


 
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