Éditions électroniques : nouvelle occasion

Li Zi

En Chine, avec le progrès de l’internet et l’augmentation du nombre d’internautes, l’industrie de l’édition numérique a connu un développement rapide. En avril 2005, l’édition des livres électroniques en Chine a atteint 148 000 titres, le plus haut chiffre du monde. L’année dernière, ce marché a vu les ventes atteindre 8,05 millions d’exemplaires. Aussi, il y avait 26 maisons d’édition dont les profits individuels dépassaient 300 000 yuans, 15 avec plus de 500 000 yuans et 5 avec plus de 1 million de yuans.

Maintenant, une centaine de maisons d’éditions qui publient la version électronique en même temps que la version imprimée. Les livres électroniques sont utilisés largement dans les bibliothèques, et le nombre de bibliothèques numériques à travers le pays a dépassé 1 000. La lecture de livres électroniques est en vogue et a attiré une dizaine de millions de lecteurs. En outre, un marché de lecture mobile commence à prendre forme.

Possibilité du développement

Le e-livre est une version électronique toute nouvelle d’un livre qui peut être lu sur l’ordinateur, le téléphone mobile ou le lecteur portatif de livres électroniques. Il peut même se doubler d’améliorations technologiques comme la recherche.

Chaîne de production de lecteurs électroniques de la compagnie Jinke de Tianjin. Photo: Wang Huabiao

L’édition numérique est une industrie bourgeonnante qui se développe de façon rapide dans le monde. Un cinquième de l’économie japonaise est dû à l’industrie à contenu numérique. En République de Corée, la croissance de l’industrie numérique s’élève à 40 %, tandis que dans le reste du monde elle est de 33,8 % en moyenne. En Chine, le nombre d’utilisateurs d’internet augmente en flèche ; 36 millions d’ordinateurs ont été connectés et les internautes ont atteint 90 millions à la fin de 2004. La valeur de production de l’industrie en rapport avec l’édition internet était de 2,5 milliards de yuans en 2003, tandis que l’année suivante, elle atteignait 4,7 milliards de yuans et la valeur de production réalisée par les industries apparentées entre autres IT, télécommunications, médias et éducation, dépassait les 30 milliards de yuans. Pourtant, même si les appareils portatifs permettant le téléchargement et la lecture de publications électroniques sont de plus en plus nombreux et variés, l’édition numérique est loin de satisfaire aux besoins des internautes.

Beaucoup d’entreprises ont été attirées par le grand marché de l’édition numérique. L’année dernière, le ratio des livres électroniques et des livres traditionnels publiés en Chine a atteint 127:100, avec 140 000 titres pour la version numérique et 110 000 pour la version imprimée. Par exemple, les éditions de l’Université de Beijing ont publié en 2004 4 598 e-livres, contre 658 titres sur support papier. La Chine publie environ 5 000 sortes de produits d’édition numérique par an, dont la plupart sont des œuvres littéraires et académiques en ligne, ainsi que des jeux.

D’après les prévisions annoncées lors de la Conférence annuelle de l’industrie du livre électronique de Chine (2005), en 2008, plus de 50 % des librairies en ligne vendront des e-livres, et plus de 80 % des internautes chinois achèteront des e-livres dans l’internet ; tandis qu’en 2018, des points de vente de e-livres seront installés partout, dans les librairies, les aéroports, les gares et autres lieux publics. On pourra acheter des e-livres aussi facilement que des livres en papier.

Pourtant, la plupart des internautes ne sont pas prêts à payer pour l’achat de livres électroniques. Sun Shoushan, porte-parole de l’Administration générale de la presse et de la publication de Chine (AGPP), a indiqué que la distribution gratuite excessive a porté atteinte aux intérêts des écrivains, des éditeurs et des libraires. Ainsi, malgré le grand potentiel du marché de l’édition numérique, il faut y mettre du temps et le prix pour son développement, selon Sun.

Obstacles au développement

Dans le marché de la publication numérique, les initiés ont constaté qu’il existe des problèmes comme le nombre minime de livres électroniques, la protection inefficace des droits d’auteur, le manque d’uniformité des normes et l’imperfection de la chaîne industrielle.

À la bibliothèque de l’université des Sciences et Techniques à Beijing, 3 000 livres électroniques sont disponibles. Cependant, Mo Xiaoli et ses camarades de classe se plaignent encore qu’il y a trop peu de e-livres et que le contenu est relativement dépassé par comparaison au million de livres en papier de cette bibliothèque.

Des étudiants de l'Université de Nanjing dans la salle de lecture électronique. Photo: Sun Can

Mo est étudiante en informatique. Il est primordial pour elle de connaître les technologies avancées d’outre-mer. Mais la version électronique est souvent publiée plusieurs années après la version imprimée, ce qui aboutit à la dévaluation des connaissances concernées.

Mo souhaiterait que les deux versions soient publiées simultanément.

Han Zhengzhi, rédacteur en chef des éditions de l’université Jiaotong de Shanghai, dit qu’il existe plusieurs règles tacites concernant la publication de livres électroniques. Par exemple, aucun dictionnaire n’est publié en version électronique parce qu’il serait facile à pirater. En outre, la version électronique des livres d’exercices pour les étudiants est publiée trois mois après la version imprimée, de crainte que la diffusion rapide de la version électronique mette en danger la vente des livres en papier.

La protection du droit d’auteur demeure un problème sérieux. Avec la popularisation de l’internet et le développement du e-commerce, la numérisation est une tendance irrévocable. Cependant, le manque de lois et règlements en la matière et de normes sectorielles fait obstacle au développement de l’industrie d’édition numérique.

Un expert du milieu explique qu’il faut que des lois et règlements de propriété intellectuelle régissent la protection du droit d’auteur ayant trait à l’internet. Aux États-Unis, par exemple, le Digital Millennium Copyright Act) (DMCA) adopté en 1998 stipule que tout acte de décodage de la technologie sur la protection de droits réservés est une infraction à la loi. Le DMCA a aussi défini la gestion des droits, entre autre droits d’auteur, liens, conditions de délégation et durée de validité des droits. Ces informations aident les utilisateurs à communiquer facilement avec l’auteur et à demander l’autorisation d’usage. Elles permettent aussi le contrôle des infractions au droit d’auteur. Cela met fin essentiellement à l’usage illégal de produits numériques et fournit une garantie légale à l’édition numérique, à la publication et à la distribution.

Actuellement, l’industrie de l’édition numérique chinoise est en retard dans ce domaine. Beaucoup d’initiés clament l’urgence de formuler des politiques efficaces de protection du droit d’auteur. « Nous produisons le lecteur portatif, mais nous ne pouvons pas produire légalement de e-livres, parce que le problème des droits d’auteur n’est pas résolu », a dit un directeur général de compagnie de haute technologie.

Si le droit d’auteur ne peut être respecté au cours de la distribution des livres électroniques, la diminution de l’investissement compromettra le développement soutenu des bibliothèques électroniques ou même de l’industrie de l’édition numérique.

En outre, le développement de l’industrie compte largement sur la standardisation des formats de livres électroniques.

En Chine, on trouve le format CEB de la compagnie Founder de Beijing, le WOLF de la compagnie Jinke de Tianjin, aussi bien que l’OPZ de la technologie FlipViewer du système de Singapore-based E-Book. Le manque de moyens de standardisation oblige les utilisateurs à recourir à plusieurs logiciels pour la lecture de livres électroniques publiés par différentes maisons d’éditions. Cela augmente leurs dépenses.

Un initié note que le format le plus largement accepté dans le monde est le PDF (Format de Document Portatif), lequel supporte aussi le XML. PDF est un format de stockage du contenu pur. Le logiciel de bureau développé par Microsoft supporte aussi le XML. Bien que le pays n’ait pas standardisé le format des livres électroniques, il faut au moins assurer que chaque e-livre ait une interface de sortie sous format pur XML pour faciliter la mise en page et l’impression.

Un représentant de compagnie de technologie d’édition numérique a indiqué que seulement la standardisation des données et le partage complet permettront de baisser le coût de production et de promouvoir le développement du secteur.

Dans l’industrie de l’édition numérique, l’auteur, l’éditeur, la bibliothèque, la librairie en ligne, le fournisseur de la technologie, le développeur de logiciel et le producteur de lecteurs portatifs forment une chaîne industrielle complète.

Chen Fang, directeur général adjoint de Sursen Co., dit que cette chaîne industrielle est en désordre pour le moment. « Chacun agit à sa guise. Par exemple, le fournisseur de la technologie, une force professionnelle, devrait se consacrer à la recherche et au développement de la technologie de la publication numérique pour supporter les éditeurs de livres électroniques et les distributeurs en ligne, et fournir la technologie la plus avancée aux éditeurs. Beaucoup de compagnies chinoises sont déjà capables de fournir les technologies, produits et services de tout genre demandés sur le marché. Mais, à cause du manque de communication et de coopération, plusieurs compagnies travaillent non seulement à la manufacture de données et au développement technologique, mais aussi à l’intégration du livre électronique aussi bien qu’à la distribution. Le résultat est que les efforts de chaque maillon de la chaîne sont gaspillés. »

Solutions potentielles

Pour encourager le développement sain de l’industrie de l’édition numérique en Chine, l’AGPP essaie de travailler avec les parties pertinentes à abattre les obstacles au développement de l’édition numérique.

La première foire de l’édition numérique chinoise, parrainée par l’AGPP, s’est ouverte en juillet à Beijing. Les échanges ont porté surtout sur la façon dont les maisons d’éditions pourraient développer l’édition numérique, ainsi que sur l’opération d’édition numérique et les modes de profit, afin de trouver la solution de plusieurs problèmes auxquels font face les éditeurs numériques.

Sur le plan de législation, les Mesures de la protection administrative des droits d’auteur dans l’internet (ci-après : Mesures) signées par Shi Zongyuan, directeur du Bureau national des droits d’auteur, et Wang Xudong, ministre de l’Industrie informatique, ont été publiées le 30 avril et mises en vigueur le 30 mai. Il s’agit du premier règlement administratif concernant les droits d’auteur dans l’internet.

Tao Xinliang, professeur à la faculté de propriété intellectuelle de l’Université de Shanghai, a noté que comme la Loi sur les droits d’auteur et ses dispositions d’application ne touchent pas aux droits de diffusion d’informations en ligne et qu’il n’y a pas d’autres règlements sur la protection de ces droits, la mise en application des Mesures comble la lacune, exerce une influence positive sur le contrôle et la protection administratifs et le développement de l’industrie et du secteur des services informatiques, et favorise la standardisation et la légalisation de la diffusion informatique.

Mais Tao a aussi indiqué qu’on ne devrait pas attendre trop des Mesures, qui ne sont qu’un règlement administratif publié par un ministère du Conseil des affaires d’État, et non un corps législatif. Selon les articles 52 et 53 des Règles de procédure administrative, les règlements administratifs n’ont pas force de loi ni fondement juridique ; ils ne servent que de référence.

Récemment, l’AGPP a révélé que les Dispositions sur le contrôle de l’édition numérique liée à l’internet (projet) et les Dispositions sur la protection des droits d’auteur liée à la diffusion dans l’internet (projet) ont été soumises pour enregistrement au Bureau des affaires législatives du Conseil des affaires d’État.


 
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