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Se souvenir en vue de l’avenir
– En commémorant la victoire contre l’agression
japonaise il y a 60 ans, le président de Chine rappelle le passé
et met l’accent sur la paix continue.
Ni Yanshuo
Il y a 60 ans, le 2 septembre 1945, le Japon se rendait aux
Alliés sur le bateau de guerre étatsunien Missouri. C’était
la fin officielle de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Résistance
du peuple chinois contre l’agression japonaise.
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Le président Hu Jintao décore des vétérans,
des patriotes et des généraux de la guerre de Résistance
contre l'agression japonaise. Photo: Fan Rujun
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Le 3 septembre dernier, un grand rassemblement a eu lieu à
Beijing pendant lequel le président Hu Jintao a réitéré
le désir de la Chine d’améliorer les relations sino-japonaises
« en gardant toujours l’histoire en mémoire, chérissant
la paix et créant un meilleur avenir ».
Des étrangers, des Chinois d’outre-mer, des vétérans
de guerre et des membres de famille des martyrs tombés au champ
d’honneur sont intervenus brillamment lors de cette commémoration.
Le Japonais Maeda Mitsushige, ancien prisonnier de guerre
en Chine, s’est dit impressionné par le discours de Hu et
encouragé par ses remarques, ajoutant qu’il se vouerait personnellement
à l’amitié entre le Japon et la Chine.
Après la cérémonie sur la place Tian’anmen,
Yang Zhengying, fille du célèbre général Yang
Hucheng, a dit que la paix d’aujourd’hui est le souhait le
plus cher de son père et de ceux qui ont sacrifié leur vie
pendant la guerre.
Hsu Li-nung, un vétéran de guerre taiwanais,
est venu sur le continent parce que Taiwan n’avait organisé
aucune activité du genre. Il a exprimé le vœu que la
commémoration éveille les souvenirs du peuple des deux rives
du détroit de Taiwan.
Les plus grands médias japonais couvraient l’événement.
Asahi Shimbun, second quotidien du Japon, a commenté
favorablement le discours de Hu et fortement critique les visites des
leaders japonais au temple Yasukuni, et demandé au Japon de traduire
ses excuses pour la guerre d’agression en actes positifs. Selon
le journal, le ministère des Affaires étrangères
du Japon voit dans les paroles de Hu un signe d’amélioration
des futures relations bilatérales.
En plus de condamner sévèrement la distorsion
de l’histoire et le passage de l’éponge sur la guerre
d’agression, Hu a mis en relief le sens des relations sino-japonaises
vers la stabilité et le développement.
Rôle de la Chine dans la Seconde Guerre mondiale
« La guerre de Résistance du peuple chinois contre
l’agression japonaise fut une partie importante de la guerre mondiale
contre le fascisme, et la Chine était le plus grand champ de bataille
de l’Est », a dit le président Hu, soulignant que pendant
la deuxième moitié du XIXe siècle, le Japon s’était
lancé sur la voie du militarisme et avait participé à
quelques guerres d’agression surtout contre la Chine.
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Un rassemblement à Beijing marque le 60e anniversaire
de la victoire. Photo: Wang Yan
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La Seconde Guerre mondiale, qui pour l’Ouest a commencé
en 1939, était en vigueur depuis 1931 pour les Chinois, quand les
forces japonaises occupèrent le nord-est de la Chine. Premier et
dernier champ de bataille contre le fascisme, selon le Pr Peng Xunhou
de l’Académie des sciences militaires de Chine, le pays a
été un membre important de l’union internationale
contre le fascisme.
De 1931 à 1939, quand la Grande-Bretagne et la France
entrèrent en guerre contre l’Allemagne, seule la Chine persista
dans la lutte contre le fascisme, a dit Peng, sans assistance étrangère
à ce moment-là.
Afin d’envahir l’Union soviétique au nord
et d’établir une base de guerre dans la région du
Pacifique au sud, et de soutenir les invasions régionales de l’Allemagne
et de l’Italie, le Japon a lancé la guerre tous azimuts contre
la Chine le 7 juillet 1937, portant à un nouveau sommet son agression
contre le pays. Sous l’initiative du Parti communiste chinois, la
Chine établi un front uni national contre le Japon et lança
la guerre contre le monde fasciste sur une large échelle, déroutant
le plan mondial des forces fascistes.
Le professeur a expliqué que l’alliance militaire
des forces de l’Axe était très fragile, surtout entre
l’Allemagne et le Japon, et que la coordination échoua. La
Chine empêcha l’expansion japonaise vers l’Union soviétique
et vers l’Asie du Sud, écrasant le projet de l’Allemagne
et du Japon d’attaquer de l’ouest et de l’est et de
se rejoindre au Moyen-Orient.
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Dépôt de fleurs devant le Monument aux
héros du peuple sur la place Tian'anmen pendant la célébration
commémorative. Photo: Lan Hongguang
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Selon Peng, l’invasion de l’Union soviétique
était l’un des objectifs les plus importants du Japon dans
sa recherche d’hégémonie. Mais le but n’a pas
été atteint non seulement à cause de la forte défense
militaire de l’URSS et de ses efforts pour défier le Japon
mais aussi par les efforts de la Chine pour déjouer le plan stratégique.
« La Chine fut alors universellement reconnue et respectée,
et accéda au statut de puissance mondiale », a indiqué
Peng.
Le 1er janvier 1942, les 26 pays qui combattaient le fascisme
sous la bannière des États-Unis, de la Grande-Bretagne,
de l’Union soviétique et de la Chine signèrent la
Déclaration des nations unies à Washington. Pour la première
fois la Chine jouait un rôle politique international en temps de
guerre à titre de grande puissance mondiale.
Le 30 octobre 1943, les États-Unis, la Grande-Bretagne,
l’Union soviétique et la Chine signèrent la Déclaration
des quatre pays sur la sécurité à Moscou, marquant
l’acceptation officielle de la Chine parmi les quatre puissances
majeures. En novembre, des dirigeants des États-Unis, de Grande-Bretagne
et de Chine émirent la Déclaration du Caire stipulant que
le Japon devait rendre le territoire chinois occupé, y compris
le nord-est de la Chine, Taiwan et l’archipel de Penghu. La Conférence
du Caire marqua un sommet de la diplomatie chinoise.
Dès lors, la Chine obtint le droit de coordonner des
activités des grandes puissances visant à mettre fin à
la guerre et de participer aux préparatifs d’établissement
des Nations unies. Elle assista à la conférence de Dumbarton
Oaks en 1944 et la celle des Nations unies sur l’organisation internationale
en avril 1945, et devint un membre permanent du Conseil de sécurité
de l’ONU.
Appui à la lutte de la Chine
Dans son discours du 3 septembre, le président Hu
a dit que la victoire chinoise contre l’agression japonaise était
inséparable de la sympathie et de l’appui des pays et peuples
épris de paix et de justice, des organisations internationales
et des diverses forces antifascistes. La Chine n’oubliera jamais
ces pays et amis étrangers qui lui ont prêté support
moral et matériel pendant sa guerre de résistance et qui
ont aidé les réfugiés chinois durant le Massacre
de Nanjing, entre autres, a déclaré Hu.
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Lancement de colombes de paix sur la place Tian'anmen.
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Puis il a apprécié l’Union soviétique,
la première à fournir de l’aide au peuple chinois
durant la guerre, et les États-Unis qui ont apporté un appui
significatif aux efforts de la Chine, ainsi que la France et d’autres
pays qui ont contribué économiquement et militairement.
Par ailleurs, les forces de Corée, du Vietnam, du Canada,
de l’Inde, de la Nouvelle-Zélande, de la Pologne, du Danemark,
ainsi que de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Roumanie, de
la Bulgarie et du Japon ont pris part directement à la guerre de
résistance de la Chine, a ajouté le président.
Hu a remercié le personnel médical qui a parcouru
de longues distances en Chine pour sauver des vies, et les journalistes
étrangers qui ont rapporté fidèlement et publicisé
les efforts de guerre de la Chine.
Le président a aussi exprimé sa gratitude envers
les conseillers militaires étrangers qui ont contribué à
la victoire de la Chine, en particulier les soldats de l’Armée
rouge soviétique qui ont héroïquement sacrifié
leur vie sur les champs de bataille du Nord-Est et les Tigres volants
(Flying Tigers) des États-Unis qui ont combattu côte à
côte avec les troupes chinoises, au risque de leur vie, et ont ouvert
un chemin pour livrer des provisions stratégiques à la Chine.
Organisés par le général étatsunien
Chennault, les Tigres volants sont connus comme un groupe de volontaires
enrôlés dans la 14e Force de l’air de l’armée
des États-Unis en mars 1943 après l’incident de Pearl
Harbor qui mena les États-Unis en guerre contre le Japon.
Pertes chinoises
Les experts estiment que l’invasion de la Chine par
le Japon il y a 60 ans a retardé le développement du pays
d’un demi-siècle, laissant la société chinoise
avec des blessures qui continuent d’exercer un impact jusqu’ici.
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Des soldats ukrainiens saluent un militaire chinois
lors de la cérémonie d'ouverture au Mur de la paix
à Beijing. Photo: He Junchang
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Bian Xiuyue, de l’Académie des sciences sociales
de Chine, a déclaré que l’invasion japonaise de 1931
à 1945 a ravagé le peuple chinois, causant de graves bouleversements
économiques et des pertes culturelles, et retardant la modernisation
de 50 ans.
Entre 1937 et 1945, l’armée japonaise a tué
des dizaines de millions de Chinois en plus de 4 000 attaques.
« Les atrocités japonaises ont couvert les deux
tiers du territoire chinois pour le moins pendant 14 ans jusqu’à
la défaite du Japon », a dit Bian, ajoutant que les troupes
japonaises ont recouru à au moins 250 méthodes pour tuer
les Chinois, dont plusieurs femmes et enfants. Il estime que 50 millions
de personnes ont péri dans la guerre.
Sauf le Tibet et le Xinjiang, tout le territoire chinois a
été attaqué et bombardé par les avions japonais.
Bian a ajouté que les pertes économiques directes
en Chine atteignent environ 100 milliards de USD et les pertes indirectes,
500 milliards.
Il pense que les chercheurs doivent poursuivre l’étude
de l’influence de la guerre et de la façon dont la guerre
a nui au progrès social.
« Je peux dire sans exagération que la Chine
a été le pays le plus endommagé par la Seconde Guerre
mondiale. Bien qu’elle ait renoncé à une compensation
par le Japon, cela ne veut pas dire qu’elle oubliera les désastres
et les pertes qu’elle a subis. Les Chinois n’oublieront jamais
les crimes de guerre de l’armée japonaise et les atrocités
contre l’humanité. »
Un avenir paisible
Selon le président Hu, toujours se souvenir ne veut
pas dire continuer à haïr. Au contraire, il faut tirer une
leçon de l’histoire et regarder en avant afin d’éviter
d’autres tragédies historiques, a-t-il expliqué.
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Neuf couples du Shandong ont célébré
leur mariage le 3 septembre, priant ensemble pour la paix dans
le monde.
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Hu a souligné que longtemps, certaines forces du Japon
ont catégoriquement nié la nature agressive de la guerre
du Japon contre la Chine et les crimes commis, et ont tenté d’innocenter
les criminels de guerre de première catégorie condamnés
par l’histoire.
«De telles actions non seulement enfreignent l’engagement
du gouvernement japonais à examiner les problèmes historiques,
mais ébranlent les fondations des relations sino-japonaises, et
heurtent profondément les sentiments des Chinois et des autres
peuples d’Asie concernés», a dit Hu.
«Nous espérons que le gouvernement japonais et
ses dirigeants, dans une attitude hautement responsable envers l’histoire,
le peuple et l’avenir, et dans l’intérêt de l’amitié
sino-japonaise, de la stabilité régionale et du développement
de l’Asie, traiteront les problèmes historiques avec sérieux
et prudence et traduiront les excuses et le remords qu’ils ont exprimés
en actions concrètes.» Hu a réaffirmé que la
politique d’amitié et de coopération du gouvernement
chinois reste inchangée. Depuis la fondation de la République
populaire de Chine en 1949, le gouvernement et le peuple chinois ont toujours
travaillé à améliorer les liens entre la Chine et
le Japon. « Avec des personnalités politiques japonaises
à l’esprit large et des gens de tous les milieux, nous avons
normalisé les relations entre nos deux pays, a expliqué
Hu, et elles se sont développées au cours des ans, la coopération
économique et les échanges commerciaux se sont étendus,
et les échanges interpersonnels se sont multipliés. »
Il a aussi insisté sur la justice des procès
de Nuremberg et d’Extrême-Orient, qui est inébranlable
et n’admet aucun défi. «Ces criminels qui ont lancé
des guerres d’agression et dont les mains sont tachées du
sang des peuples du monde recevront la punition méritée»,
a-t-il ajouté.
Après la Seconde Guerre mondiale, les criminels de
guerre de l’Allemagne nazie ont été jugées
par le tribunal militaire international de Nuremberg, et les criminels
japonais, par celui d’Extrême-Orient ainsi que les tribunaux
de la Chine et de l’Union soviétique entre autres pays.
«Nous nous engageons à promouvoir l’amitié
sino-japonaise et la coopération au XXIe siècle par des
gestes concrets afin d’assurer la croissance réelle et régulière
des relations sino-japonaises et l’amitié durable entre les
deux peuples pendant des générations à venir»,
a conclu Hu.
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