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Le système de santé à la croisée
des chemins
Li Zi
Depuis que la Chine a commencé son programme de réformes
économiques, vers la fin de 1978, elle a réalisé
des progrès dans la réforme de son système d’assurance-maladie,
mais des problèmes graves ont émergé ces dernières
années. Selon un rapport présenté conjointement par
le Centre de recherches pour le développement du Conseil des affaires
d’État et l’Organisation mondiale de la santé
(OMS), la réforme n’a pas réussi.
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Dans un hopital de Shanghai.
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Le Centre de recherches pour le développement du Conseil
des affaires d’État et l’OMS ont conclu dans leur dernier
rapport que le système de santé de la Chine demeure trop
cher pour la plupart des personnes et que la couverture est loin d’être
complète.
Le système de santé de la Chine est à
la croisée des chemins. Les discussions vont bon train et débattent
du statut que devraient avoir les hôpitaux : privés et à
but lucratif ou subventionnés par le gouvernement. Des statistiques
publiées par le ministère de la Santé lors de la
troisième enquête nationale sur les services médicaux
indiquent que 48,9 pour cent des citoyens chinois ne voient pas le médecin
s’ils sont malades, et 29,6 pour cent ne sont pas hospitalisés
quand ils devraient l’être parce que les soins de santé
sont trop chers. La plupart des citoyens se plaignent que ces soins ne
sont pas accessibles et inabordables.
Étant donné tous les problèmes du système
de santé et l’échec des réformes passées,
le gouvernement chinois évalue maintenant de nouvelles approches
pour « guérir » ce système mal en point.
Après 20 ans d’essais et d’erreurs, la
réforme du système médical chinois se trouve encore
à un carrefour. Le ministère de la Santé et plusieurs
autres organismes gouvernementaux sont en train d’élaborer
un nouveau plan de réforme, bien qu’aucun échéancier
n’ait été donné. Toujours selon certains observateurs,
les directives sont claires. Le 1er juillet, le ministre de la Santé
Gao Qiang a indiqué clairement la direction de la réforme,
en réclamant la mise en place d’un système de santé
qui intègre un parrainage du gouvernement et des approches orientées
vers le marché.
Objectifs de la réforme
L’objectif essentiel de la réforme médicale
de la Chine est de fournir un service médical de base au public.
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Des lits supplémentaires dans le couloir dans
un hopital de Hangzhou.
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Liu Xinming, un fonctionnaire de haut rang du ministère
de la Santé, a précisé que la réforme médicale
devrait éviter de mettre un accent exagéré sur les
bénéfices économiques. Le socialisme chinois est
toujours à une étape primaire, et selon plusieurs intervenants,
l’efficacité devrait être prioritaire. Mais l’uniformité
ne peut pas être imposée dans tous les cas. Dans la réforme
du système de santé, l’efficacité et l’équité
sont également importantes.
Au sein du système de santé chinois, il y a
trois facteurs cruciaux qui, selon certains experts, incluent l’accès
au traitement, l’équité sur le plan de la qualité
du traitement et le prix. En d’autres mots, la Chine doit mettre
en place suffisamment d’établissements médicaux, combler
le fossé entre le développement médical urbain et
rural, et établir une structure de prix raisonnable et accessible.
La réforme médicale est un projet important
et systématique qui fait intervenir non seulement les hôpitaux,
mais également le système de santé publique, le système
d’assurance-maladie, le système de distribution des médicaments
et plus encore. Chaque citoyen doit avoir accès à un traitement
médical approprié.
Le marché n’est pas la panacée
Le système de santé actuel de la Chine existe
depuis un demi-siècle et il a satisfait pour l’essentiel
les besoins médicaux de la plupart des gens, a dit Liu Xinming.
Après quelques réformes, les services médicaux chinois
sont devenus plus diversifiés et à échelons multiples.
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Une femme de Tianjin voit le médecin dans un
dispensaire.
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Le casse-tête actuel des prix élevés et
de l’inaccessibilité des services médicaux tire son
origine du manque d’équité et de l’attribution
inefficace des ressources médicales, a poursuivi Liu. Il croit
que la clef du problème tient dans la participation du gouvernement,
plutôt que dans les approches orientées vers le marché.
Environ 80 pour cent des ressources médicales du pays
convergent vers les grandes villes, et 30 pour cent de celles-ci dans
les grands hôpitaux urbains. Chaque année, parmi les patients
des grands hôpitaux, 60 à 70 pour cent de ceux-ci souffrent
de maladies courantes qui pourraient être facilement traitées
dans de petits hôpitaux ou des cliniques. Étant donné
ces statistiques, beaucoup croient qu’il est du devoir du gouvernement
d’effectuer le macrocontrôle, d’encourager la concurrence
et d’améliorer la qualité des établissements
de services médicaux de la base, et de ne pas simplement laisser
ce soin à la concurrence du marché.
En outre, la nation a déterminé les services
médicaux comme une industrie à financement public, ce qui
devrait déterminer la voie de la réforme, une voie orientée
par le gouvernement et complétée par le marché, ajoute
Liu.
Ma Xiaowei, vice-ministre de la Santé, a convenu que
la réforme médicale dans les secteurs urbains devrait être
dirigée par le gouvernement. À la différence des
compagnies, la santé est souvent une question de vie et de mort,
et il est important que le gouvernement joue le rôle principal dans
ce processus, dit-il.
La future réforme suivra les directives du gouvernement,
selon le ministre Gao. Le gouvernement élaborera le cadre et décidera
de la quantité et de la taille des hôpitaux à financement
public qui s’occupent du traitement médical de base. On permettra
à tous les autres hôpitaux d’avoir des mécanismes
opérationnels orientés vers le marché, et que ces
hôpitaux se transforment en des établissements médicaux
rentables ou à but non lucratif. Quant aux hôpitaux à
financement public, ils doivent d’abord satisfaire les besoins réels
des masses et ensuite être orientés vers le bien-être
public, a fait remarquer Gao. Le gouvernement doit contrôler les
prix et les bénéfices, et faire des profits ne devrait pas
être encouragé dans les hôpitaux à financement
public.
Il y aura trois genres d’hôpitaux, selon Liu.
Des hôpitaux administrés par le gouvernement, des hôpitaux
à but non lucratif et des hôpitaux privés.
Les hôpitaux gérés par le gouvernement,
ainsi que les hôpitaux à but non lucratif, devraient composer
le courant principal des prestataires de services de santé. Par
ailleurs, les hôpitaux privés devraient être un supplément
aux hôpitaux publics. Différentes politiques sont élaborées
pour différents hôpitaux, dit Liu.
Selon les experts, la réforme médicale est une
question de préoccupation essentielle pour la santé publique
de la nation et exige beaucoup d’études et de discussions
sur les questions essentielles concernant la manière et la raison
de réformer.
Les établissements médicaux de la Chine
La Chine a maintenant quelque 300 000 établissements
médicaux différents à des fins de traitement médical,
de prévention des maladies et de soins de santé. En 2004,
le nombre de lits dans l’ensemble des établissements médicaux
s’élevait à 3,27 millions - une moyenne de 3,1 lits
pour chaque 1 000 personnes (le chiffre était 3,6, 0,8 et 1,7 respectivement
aux États-Unis, en Inde et au Nigéria). Le personnel médical
total représentait 5,25 millions de personnes, une moyenne de 1,5
médecin détenant un permis pour chaque 1 000 personnes (2,7,
0,4, 0,2 respectivement aux États-Unis, en Inde et au Nigéria).
En outre, la Chine a 880 000 médecins ruraux et travailleurs médicaux.
Système d’assurance-maladie de la Chine
Le système d’assurance-maladie de la Chine inclut
l’assurance-maladie de base et complémentaire, les traitements
médicaux gratuits couverts par le gouvernement et l’assurance-maladie
commerciale. Actuellement, environ 130 millions d’employés
urbains sont couverts par l’assurance-maladie de base et 50 millions
profitent de services médicaux gratuits payés par l’État.
En 2003, l’expérience d’un nouveau type de traitement
médical coopératif rural a été lancée
dans certains districts de 31 provinces, régions autonomes et municipalités.
Les fonds proviennent des gouvernements central et locaux, ainsi que des
paysans qui souscrivent sur une base volontaire, et ils fournissent principalement
des subventions pour des maladies graves. Le nombre de paysans qui participent
à ce système d’assurance-maladie a atteint 156 millions
cette année, soit 17 pour cent de toute la population rurale du
pays. L’année dernière, les fonds ramassés
dans les zones pilotes ont atteint 3,28 milliards de yuans (404,8 millions),
ce qui a permis d’offrir des subventions à 76,01 millions
de personnes et de fournir un examen de santé à 8,1 millions
de personnes. L’expérience sera élargie en 2006 et
appliquée dans tout le pays en 2007.
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