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L'industrie sidérurgique en évolution
Zhang Xiaoyu
Les Règlements sur le développement de l'industrie
sidérurgique ont été publiés le 20 juillet
dernier. Ces nouvelles politiques orientent l'industrie sidérurgique
chinoise en essayant de résoudre le problème de la forte
décentralisation de l'industrie par la réorganisation.
Les Règlements interdisent le lancement de nouvelles
constructions d'entreprises sidérurgiques. Ils prescrivent explicitement
que les compagnies étrangères ne seront pas autorisées
à contrôler majoritairement les actions d'entreprises sidérurgiques
chinoises.
Les nouveaux règlements régissant l'envergure
de la production, des capitaux et des technologies n’entravent pas
l’entrée des magnats de l'acier sur le marché chinois.
Mais, s'ils essaient d'y entrer au prix relativement bas, en acquérant
la majorité des actions d’une entreprise locale par exemple,
le feu rouge s'allume.
Pourtant, cela ne signifie pas qu'il n'y aura plus d'occasions
sur le marché chinois. Dans l'industrie sidérurgique du
monde, le marché chinois est un nouveau pôle de croissance,
parce que le processus de l'industrialisation n'est pas encore terminé
en Chine, où l'économie se développe à haute
vitesse et le marché offre de grandes perspectives, tandis qu'en
Europe et aux États-Unis, la production d'acier se trouve dans
un état stable après avoir atteint son apogée.
Mittal Saga
En janvier 2005, la compagnie Mittal, le plus grand groupe
sidérurgique du monde, est parvenue avec le groupe sidérurgique
Valin du Hunan à un accord sur la cession d'actions de la compagnie
de production d'acier Valin, selon lequel Mittal achèterait 37,17
% des actions de Valin pour devenir le plus grand actionnaire en parallèle
avec Valin. Le 9 juin, avant le publication des Règlements susmentionnés,
le groupe Valin et la compagnie Mittal ont révisé le contrat
signé, car le service gouvernemental concerné espérait
que la Valin reste sous le contrôle de l’État. Le 15
juillet, la Commission nationale pour le développement et la réforme
(CNDR) a approuvé l'achat de 36,673 % des actions de Valin par
la compagnie Mittal, seulement un point de moins que le groupe Valin (37,673
%).
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Production d'acier de la compagnie sidérurgique
d'Anshan au Liaoning. Photo: Li Gang
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Selon le contrat, comme deuxième actionnaire de Valin,
Mittal ne peut plus augmenter ses actions. La CNDR a aussi réitéré
qu'au cours de l'introduction d'actionnaires stratégiques, la compagnie
Valin devrait introduire des technologies tout en important des capitaux
et que le transfert d'actif à Mittal doit se faire avec, comme
condition préalable, le transfert au groupe Valin de techniques
spéciales et de l'expérience de gestion de Mittal.
Le processus entier de la coopération entre la compagnie
Mittal, la compagnie Valin et le groupe Valin traduit la volonté
du gouvernement chinois d'avoir une industrie sidérurgique puissante
par le moyen du transfert d'actions à des investisseurs étrangers
et de l'implantation de technologies avancées. Aussi encourage-t-il
la coopération entre les magnats étrangers et les entreprises
chinoises, mais pas sous forme de création de nouvelles entreprises
à capitaux uniquement étrangers ou de contrôle des
actions, ce qui a pour but d'éviter la concurrence directe entre
les entreprises chinoises et étrangères et de gagner du
temps précieux pour que l'industrie sidérurgique chinoise
puisse faire face à des chocs plus durs.
Cependant, l'achat d'actions de la compagnie Valin par Mittal
est le premier cas dans la restructuration des droits de propriété
des entreprises sidérurgiques chinoises avec la participation de
capitaux étrangers. Quatre points méritent l'attention.
Premièrement, la compagnie Valin est cotée en Bourse et
inscrite avec des droits de propriété clairs. Deuxièmement,
Valin et toutes les compagnies associées du groupe Valin sont dans
le Hunan ; il n'y a donc pas de problème d’éparpillement
d'intérêts qu'on voit souvent entre des régions différentes.
Troisièmement, la compagnie Valin produit principalement des tubes
d'acier sans soudure bien demandés sur le marché national.
Quatrièmement, la compagnie Valin est une entreprise sidérurgique
de deuxième catégorie. Si le cas était lié
aux entreprises de première catégorie comme la compagnie
sidérurgique (groupe) Baoshan à Shanghai, la compagnie sidérurgique
(groupe) Anshan et le groupe sidérurgique Shougang à Beijing,
les services compétents du gouvernement seraient plus prudents
et le processus d'approbation plus rigoureux.
En plus de Mittal, Arcelor, la deuxième compagnie sidérurgique
du monde, a aussi cherché à coopérer avec des entreprises
chinoises telles que Laiwu, Nanjing et Qingdao. Arcelor avait même
projeté d’acheter pour 2 milliards de yuans 51,6 % des actions
de la compagnie Laiwu. Après la publication des nouveaux règlements,
Arcelor a dit qu'elle continuerait à négocier avec Laiwu.
Mais il semble que le processus traîne.
Cibles possibles
Les nouveaux règlements stipulent explicitement qu'il
faut « entreprendre, au cours de la fusion et du déménagement,
la refonte technique et l'élargissement des entreprises sidérurgiques
qui se trouvent dans des régions ayant des avantages comparables
dans les domaines des ressources de l'eau, des matières premières,
des transports et de la consommation de marché ». Ils orientent
de façon détaillée le développement dans les
grandes régions comme le nord-est, le nord, l'est, le centre-sud,
le sud-ouest et le nord-ouest.
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Atelier de production du groupe Valin. Photo: Su Xiaozhou
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En général, quand une compagnie transnationale
essaie d'entrer dans un pays, il y a trois voies à emprunter :
l'investissement dans l'espace vert (un nouveau projet), la participation
financière par les actions et la fusion. Vu que les nouveaux règlements
interdisent de lancer de nouvelles constructions d’entreprises,
les possibilités offertes aux investisseurs étrangers ne
sont que la participation financière par les actions et la fusion.
Quant au coût de revient, au matériel, à
la gestion et à la compétition, les grandes entreprises
publiques sont des partenaires coopératifs parfaits pour les magnats
internationaux. Cependant, comme le gouvernement chinois attache une grande
importance au rôle de l'industrie sidérurgique dans l'économie
nationale et montre une prudence particulière face à l'entrée
des capitaux étrangers dans les super-grandes entreprises publiques
et, de plus, que ces dernières essaient aussi de s'agrandir au
moyen de fusionner des PME au sein du pays en vue de pouvoir se classer
aux premiers rangs du monde, les chances offertes aux investisseurs étrangers
résident surtout dans la coopération avec les compagnies
de deuxième catégorie.
-- Les compagnies de deuxième catégorie envisagent
ardemment de s'agrandir, de procéder à la refonte technique
et d'améliorer leur gamme de produits et leur compétitivité.
Selon les statistiques, en 2004, il y avait 43 entreprises
sidérurgiques chinoises dont la production est supérieure
à 2 millions de tonnes, parmi lesquelles 15 ont vu leur production
dépasser 5 millions de tonnes et 28 varier entre 2 et 5 millions
de tonnes. Comme le regroupement devient la tendance de l'industrie, les
entreprises de deuxième catégorie désirent se classer
en première catégorie en élargissant leur échelle
de production et en réajustant la structure des produits. Donc,
ils sont plus actifs dans la recherche de possibilités de coopération
et de regroupement. Ce sont surtout les entreprises situées dans
les régions sous-développées du centre-sud et du
sud-ouest où les autorités locales et les entreprises elles-mêmes
souhaitent que la coopération avec les investisseurs étrangers
apporte des technologies avancées et de l'expérience de
gestion. C’est le cas de la compagnie Valin du Hunan (la production
se classait au 8e rang du pays et au 32e dans le monde en 2004), et la
compagnie Laiwu de l'Anhui (respectivement au 11e et au 38e rang).
-- La transformation d'entreprises publiques en société
par actions et le transfert d'actions détenues par l'État
fournissent une occasion aux investisseurs étrangers de participer
à la gestion d'entreprises chinoises par la propriété
d'actions.
Sous la pression du marché, si les entreprises de taille
moyenne veulent accomplir un nouveau développement, le transfert
d'actions détenues par l'État est l'une des voies les plus
efficaces. En effet, c'est aussi l'un des objectifs déterminés
dans les nouveaux règlements.
Prenons comme exemple la compagnie sidérurgique Shijiazhuang
dont la production d’alliage d’acier pour les automobiles
est la plus importante en Chine. À présent, le changement
de droits de propriété de la compagnie touche à sa
fin ; 65 % des actions détenues par l'État seront vendues
aux enchères à Hongkong. La Commission provinciale de contrôle
et de gestion des biens publics du Hebei retiendra 20 % des actions et
le reste, soit 15 %, restera à décider par la compagnie
elle-même.
Actuellement, la CITIC Pacific, le groupe Karsun Holdings
de Hongkong et une compagnie étasunienne envisagent de prendre
des actions de la compagnie de Shijiazhuang.
La CITIC Pacific et ses compagnies affiliées ont obtenu
dans la vente aux enchères 58,13 % des actions de la compagnie
de production d'acier spécial de Daye du Hubei, devenant le plus
grand actionnaire. La CITIC Pacific est cotée en Bourse à
Hongkong et son plus grand actionnaire est la CITIC Hongkong, filiale
à Hongkong du groupe CITIC, qui détient 49 % de ses actions.
Le groupe Karsun Holdings de Hongkong a acheté la compagnie sidérurgique
Jinxi du Hebei en 2004.
Après le groupe sidérurgique Shijiazhuang, la
société anonyme sidérurgique Changzhi, la plus grande
entreprise d'acier de la province du Shanxi, a aussi été
inscrite à la Bourse d'échanges de droits de propriété
à Beijing. La société anonyme Changzhi est une compagnie
à capitaux purement publics et la Commission municipale de contrôle
et de gestion des biens publics de Changzhi est disposée à
transférer plus de 51 % des actions aux investisseurs étrangers.
Outre ces deux entreprises, beaucoup d'autres compagnies sidérurgiques
s’apprêtent au transfert d'actions d’État pour
réaliser la restructuration et le financement.
-- L 'association et le regroupement liés au déménagement
d'entreprises. Des 74 compagnies sidérurgiques importantes de la
Chine, 18 se situent dans des capitales provinciales et 34 dans des villes
où la population est supérieure à 1 million d'habitants.
Non seulement cela exerce une grande pression sur la protection de l'environnement,
mais aussi restreint le développement de ces compagnies elles-mêmes.
Le déménagement est par conséquent la tendance générale.
Vu les facteurs comme la protection de l'environnement et de l’écologie,
l'approvisionnement en ressources et la répartition géographique
des industries, le déménagement doit être combiné
avec le regroupement. Ce principe a été confirmé
dans les nouveaux règlements et aussi démontré dans
le regroupement du groupe sidérurgique Shougang de Beijing qui
s'est déplacé au Hebei et s'est associé avec l'industrie
sidérurgique locale. Un tel déménagement exige une
somme énorme et est accompagné de la mise à jour
du matériel désuet, de l'amélioration de la structure
de produits et de l'adoption de technologies d'économie énergétique
et de protection environnementale. Pour cette raison, les entreprises
sidérurgiques étrangères qui possèdent les
droits de propriété intellectuelle, les techniques avancées
de production, d'économie d'énergie et de protection environnementale
seront des partenaires idéaux pour les entreprises chinoises.
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