2006 : un sommet sino-africain attendu

Wang Wen

Au cours de la quatrième réunion de hauts fonctionnaires du Forum sur la coopération sino-africaine, plusieurs pays africains ont espéré élever le Forum sur la coopération sino-africaine au rang de sommet sino-africain afin de renforcer l’union et la coopération entre l’Afrique et la Chine et d’améliorer la qualité de la coopération. Le Forum a décidé d’élever la 3e Conférence ministérielle du Forum 2006 au rang de sommet sino-africain.

Xu Jinghu, secrétaire générale du Comité chinois de suivi du Forum sur la coopération sino-africaine et directrice du département des affaires d’Afrique du ministère des Affaires étrangères, a déclaré : « La convocation du sommet sino-africain permettra aux dirigeants chinois et africains d’échanger des points de vues sur les relations sino-africaines et les problèmes importants d’intérêt pour les deux parties, de discuter le grand projet de la coopération amicale dans la nouvelle situation et de créer une situation d’égalité et de réciprocité, de coopération et de gagnant-gagnant, ainsi qu’un développement en commun. Le Sommet sino-africain qui se tiendra l’an prochain constituera un nouveau jalon dans l’histoire de la coopération d’amitié sino-africaine; il exercera une influence importante pour consolider et renforcer la stabilité à long terme, l’égalité et la réciprocité, ainsi que des relations de partenariat de nouveau type au sein d’une coopération d’ensemble. »

Au cours du Forum, Madame Xu a présenté la situation concernant l’application de toutes les actions de suivi du Forum sur la coopération sino-africaine.

I. Les échanges politiques et la coopération entre la Chine et l’Afrique continuent de s’intensifier

En 2004, le président chinois Hu Jintao, le président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale Wu Bangguo, le vice-président chinois Zeng Qinghong et le vice-premier ministre Huang Ju se sont rendus à tour de rôle en Afrique. C’était la toute première fois dans l’histoire des relations sino-africaines que quatre dirigeants principaux de la Chine se rendaient en Afrique dans une même année, ce qui montre pleinement la haute importance qu’attachent les dirigeants chinois au développement des relations amicales sino-africaines dans la nouvelle conjoncture.

De 2004 à août 2005, la Chine a eu l’honneur d’accueillir treize présidents, deux vice-présidents, cinq premiers ministres, neuf présidents de parlement et quatorze ministres des Affaires étrangères des pays africains.

Durant toutes ces visites importantes, les dirigeants des deux parties ont non seulement procédé à un large échange de vues sur les relations bilatérales et les questions régionales et internationales d’intérêt commun, mais aussi mené des consultations sur la mise en œuvre des actions de suivi du Forum. Ils estiment unanimement que le Forum, en jouant un rôle croissant pour assurer le dialogue collectif et la coopération pragmatique entre la Chine et l’Afrique, a insufflé une nouvelle dynamique à la coopération sino-africaine dans les différents domaines et lui a créé de nouvelles perspectives. Les consensus sur la coopération sino-africaine, atteints lors de ces visites, ont jeté une base politique solide pour le développement ultérieur du Forum et la bonne exécution des projets de suivi.

Sur les dossiers internationaux concernant l’Afrique, la Chine s’est toujours rangée du côté des amis africains, en s’employant à défendre la justice en leur faveur. Elle a pris une part active aux discussions au sein du Conseil de sécurité sur les questions africaines et soutenu les positions justes et les revendications légitimes des pays africains, tout en écoutant leurs avis et en se faisant le porte-parole de leurs préoccupations. À propos des projets de résolution concernant la Chine pendant les sessions sur les droits de l’homme des Nations unies, concernant la question de Taiwan dans le cadre de l’Organisation mondiale de la santé ou des élections au sein de certaines organisations internationales, la plupart des pays africains ont accordé leur ferme soutien à la Chine.

II. La coopération économique et commerciale sino-africaine progresse sans à-coups et un bon élan de développement se dessine

Du début de 2004 jusqu’à la fin mai 2005, la Chine a accordé 167 programmes d’assistance à 46 pays africains, ce qui représente une augmentation considérable par rapport aux années précédentes. Dans le cadre de cette assistance, elle a pris à sa charge la réalisation de 42 projets complets dans 29 pays africains, de 38 projets de coopération technique dans 27 pays et de 42 projets de fourniture de matériels ordinaires dans 26 pays; dans le cadre des prêts préférentiels, elle a assumé la réalisation de quatre projets dans quatre pays. À travers ces assistances, la Chine a aidé les pays africains à construire des infrastructures et à mettre en place des services sociaux, tels que routes, écoles, systèmes d’alimentation en eau dans les villes, hôpitaux, etc.

En 2004, les investissements directs (ID) chinois en Afrique ont totalisé 135 millions de dollars US, chiffre le plus important ces dernières années.

En 2004, le volume d’import-export sino-africain était de 29,462 milliards de dollars US, soit une augmentation de 58,9 % par rapport à 2003. Dans le commerce bilatéral, la Chine enregistre un déficit de 1,83 milliard de dollars US. À la fin de mai 2005, elle avait déjà signé des accords commerciaux avec 41 pays africains et des accords pour éviter la double imposition avec huit autres. De janvier à juin, le volume des échanges commerciaux s’est établi à 18,078 milliards de dollars US, avec une augmentation de 42,57 % par rapport à la même période de 2004.

Les travaux de construction pris en charge forfaitaire par la Chine en Afrique, et la coopération sino-africaine en matière de prestation de services gagnent toujours en importance. En 2004 et durant le premier semestre de 2005, les entreprises chinoises ont entrepris en Afrique des contrats de travaux forfaitaires totalisant une somme de 10,06 milliards de dollars US, et elles ont réalisé un chiffre d’affaires de 6,3 milliards de dollars US; elles ont signé de nouveaux contrats de prestation de services d’une valeur de 3,36 milliards de dollars US et réalisé un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de dollars US.

III. La coopération en matière de développement des ressources humaines africaines s’est intensifiée

La coopération sur la revalorisation des ressources humaines en Afrique constitue un des domaines prioritaires définis lors de la 2e Conférence ministérielle. Le gouvernement chinois y apporte une attention particulière. Sur la base existante, la Chine a augmenté les investissements dans le secteur de la formation du personnel, tout en élargissant l’envergure de celle-ci. De plus, elle a mis sur pied un mécanisme de coordination interministériel pour la coopération avec l’étranger dans le développement des ressources humaines. Par rapport à 2003, la Chine avait plus que doublé son budget consacré à la formation des Africains en 2004. Elle a organisé une centaine de stages de formation de différents types et dans de nombreux domaines tels que l’agriculture, la santé, l’éducation, la culture, les affaires douanières et la diplomatie et reçu au total 2 446 stagiaires et 332 nouveaux étudiants africains ; elle a envoyé en Afrique plus de 60 professeurs en éducation professionnelle pour faciliter la formation des compétences. Voilà une contribution active au renforcement de l’édification des capacités des pays africains. En juin 2005, le gouvernement chinois a envoyé un observateur assister à la 14e session annuelle du Conseil d’administration de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique. En 2005, la Chine compte former plus de 3 800 personnes dans différents domaines pour les pays africains.

IV. Les actions de suivi se poursuivent régulièrement sur les plans agricole, sanitaire et touristique

Sur le plan agricole, la Chine continue d’envoyer des experts dans les pays africains pour généraliser certaines techniques agricoles et former sur place des compétences spécialisées en agriculture; elle encourage activement les entreprises chinoises à s’installer en Afrique pour développer la coopération agricole et à explorer de nouveaux moyens pour intensifier cette coopération.

Sur le plan sanitaire, la Chine a signé ou renouvelé, avec les pays africains concernés, 22 protocoles sur l’envoi d’équipes médicales en Afrique, et elle a réalisé la relève régulière de 810 personnes parmi les 1 100 membres de ces équipes. Elle continue à fournir gracieusement des médicaments ainsi que des équipements et matériels médicaux aux pays africains, et elle mène avec eux une coopération efficace dans la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose.

Sur le plan touristique, la Chine a signé en 2004 des mémorandums d’entente sur le statut de destination approuvée avec huit pays africains. Les programmes de voyage organisés pour les Chinois dans ces pays ont été lancés officiellement le 15 décembre 2004, et le nombre de touristes chinois se rendant en Afrique augmente sans cesse. En avril dernier, l’Ouganda a obtenu le statut de destination approuvée, portant ainsi à 12 le nombre de pays africains bénéficiaires de ce statut. Selon des statistiques incomplètes, pour 2004, 45 500 touristes chinois ont choisi l’Afrique du Sud et l’Égypte comme première destination de voyage. De janvier à mai 2005, 26 200 touristes chinois ont choisi les 12 pays africains ayant le statut de destination approuvée comme leur première destination touristique.

V. La Chine et l’Afrique s’emploient à explorer de nouvelles pistes de coopération afin d’en exploiter les potentialités et d’en élargir les champs d’application

La coopération sino-africaine en matière de protection de l’environnement a démarré officiellement. En février dernier, l’Administration nationale de l’environnement, le Comité chinois de suivi du Forum et le Programme des Nations unies pour l’environnement ont co-organisé à Nairobi la Conférence Chine-Afrique sur la protection de l’environnement. Le vice-premier ministre chinois Zeng Peiyan a participé à la Conférence et lancé des initiatives visant à élargir la sphère des échanges sino-africains en matière de protection de l’environnement, à promouvoir énergiquement la coopération technologique en la matière et à intensifier la formation des compétences, indiquant ainsi l’orientation pour la coopération environnementale sino-africaine. Cette conférence, premier projet de coopération réalisé entre le Forum et une institution des Nations unies, est une initiative toute nouvelle pour explorer de nouveaux champs et modes de coopération.

Dans le domaine financier, la Banque populaire de Chine continue de participer activement aux activités de la Banque africaine de développement (BAD). Après sa participation au capital de la BAD et à celui de la Banque de développement d’Afrique orientale et australe, la Banque populaire de Chine est devenue officiellement actionnaire de la Banque Ouest-Africaine de développement (BOAD) en octobre 2004, et elle a versé un million de dollars US afin de créer un fonds pour la coopération technique bilatérale au sein de la BOAD. Aujourd’hui, les deux parties envisagent des arrangements sur l’utilisation de ce fonds.

Par ailleurs, la Chine a lancé le programme des Jeunes volontaires chinois en Afrique. En août dernier, les douze premiers jeunes volontaires chinois sont partis travailler en Éthiopie. La Chine continuera d’envoyer ses jeunes volontaires dans les pays africains de façon planifiée.

La partie chinoise travaille sans cesse à améliorer la structure du Comité chinois de suivi du Forum. En réponse aux besoins du Forum d’élargir les champs de coopération, elle a fait inclure peu à peu de nouvelles institutions dans ce mécanisme et organisé à maintes reprises des sessions plénières du Comité pour encourager les institutions chinoises concernées à œuvrer ensemble à la mise en œuvre des actions de suivi selon une meilleure planification et avec une meilleure coordination, dit Xu Jinghu.


 
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