L’utilisation des capitaux étrangers entre dans une nouvelle étape

— Après 26 ans de développement, l’utilisation des capitaux étrangers de la Chine entre dans une nouvelle étape. Depuis 2004, suivant la reprise de l’investissement direct étranger (IDE) et la croissance rapide et soutenue de l’économie chinoise, tout en élargissant l’ouverture vers l’extérieur, le gouvernement chinois souligne le concept scientifique et renforce le macrocontrôle économique, et l’IDE montre aussi de nouveaux caractères et une nouvelle tendance de développement.

Li Yanjun, de l’Institut de recherche sur la coopération commerciale et économique internationale, affilié au ministère du Commerce.

Grande envergure et haute qualité

En 2004, le montant contracté moyen de projets d’IDE était de 3,515 millions de dollars, soit une augmentation de 25,5 % par rapport à la même période de l’année précédente. De janvier à juin 2005, bien que le nombre d’entreprises à capitaux étrangers nouvellement établies et le montant d’investissement réel aient baissé, l’envergure moyenne de l’investissement a grandi, atteignant 4,08 millions de dollars (+21,7 %). C’est que, dirigé par le macrocontrôle et le concept scientifique, on fait grand cas de l’introduction de projets industriels caractérisés par l’occupation moindre de terre, la consommation moindre d’énergie, la pollution allégée et le haut rendement, ainsi que des projets de service moderne de haut niveau, se transformant de la recherche de la quantité à l’aveuglette en attention à la qualité et au coût de l’investissement.

Investissement direct étranger entre 2000 et 2005

Unité : milliards de dollars

Année
2000
2001
2002
2003
2004
2005
Nombre de projets
22 347
26 140
34 171
41 081
43 664
21 212
Augmentation %
32,1
17,0
30,7
20,2
6,3
-1,8
Montant contracté
62,38
69,2
82,77
115,07
153,48
86,19
Augmentation %
51,3
10,9
19,6
39
33,4
19,0
Montant réellement utilisé
40,72
46,88
52,74
53,51
60,63
28,56
Augmentation %
1,0
15,1
12,5
1,5
13,3
3,2
Montant contracté moyen par projet
27,91
26,47
24,22
28,01
35,15
40,81
Augmentation %
14,5
-5,2
-8,5
15,6
25,5
21,7

Source de document : Ministère du Commerce de Chine
Les données de 2005 sont issues des statistiques de janvier à juin.

Tendance de l’investissement

Ces deux dernières années, l’investissement issu des États-Unis a réellement baissé, celui du Japon a maintenu une certaine proportion d’augmentation et celui de l’Union européenne (anciens quinze pays membres de l’UE) a connu une croissance rapide : dans ce cadre, le nombre d’entreprises nouvellement établies, financées par l’UE, le montant contracté et le montant réellement utilisé ont respectivement augmenté de 17 %, 43 % et 8 % en 2004, et ces trois chiffres ont atteint 19,5 %, 85,5 % et 18,3 % pendant les six premiers mois de l’année courante.

Investissement de l’UE, des États-Unis et du Japon en Chine entre 2000 et 2005

Unité : milliards de USD

  Année

2000

2001

2002

2003

2004

2005

UE Montant réel d’investissement

4,479

4,183

3,71

3,81

4,115

2,645

  Taux de croissance %

0,0

-6,61

11,31

2,7

8,0

18,3

États-Unis Montant réel d’investissement

4,383

4,433

5,423

4,199

3,941

1,46

  Taux de croissance %

3,98

1,14

22,35

-22,76

-6,14

-28,85

Japon Montant réel d’investissement

2,916

4,348

4,19

5,054

5,451

3,269

  Taux de croissance %

-1,92

49,11

-3,64

20,26

7,9

10,93

Source de document : Ministère du Commerce de Chine
Les données de 2005 sont issues des statistiques de janvier à juin.

Selon le rapport d’étude « Investissement direct étranger en Chine entre 2005 et 2007 », rédigé par le ministère du Commerce, quelque 1 000 entreprises provenant de l’UE, des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud touchant l’Internet, les industries électronique, automobile et chimique, ainsi que la fabrication biopharmaceutique augmenteront leur investissement en Chine dans les domaines de la production, de la vente et de l’exploitation technique.

Augmentation rapide dans l’industrie de technologies de pointe et grand potentiel dans le secteur des services

La société des mines Jinfeng à capitaux sino-australiens mise en chantier le 6 juin au Guizhou. Photo: Yang Junjiang

Suivant le nouveau réajustement de la structure industrielle dans le cadre de l’économie mondiale et la transformation industrielle internationale impliquée, l’investissement étranger dans l’industrie de fabrication met progressivement l’accent sur l’industrie chimique lourde, l’industrie de transformation profonde et l’industrie de nouvelles et hautes technologies, ainsi que les projets d’envergure et les projets de technologie sophistiquée. En 2004, l’investissement étranger dans l’industrie de nouvelles et hautes technologies encouragée par l’État a atteint 14,46 milliards de dollars (+26 % et représente 33,6 % de l’investissement étranger dans l’industrie de fabrication). De janvier à avril 2005, cet investissement a aussi augmenté de 16,48 % par rapport à la même période de l’année dernière. Corrélativement, l’investissement étranger dans l’établissement de centres de recherche et de développement en Chine a connu une croissance. Entre janvier et septembre 2004, on a compté 298 projets de ce type pour un montant contractuel de 700 millions de dollars, soit une augmentation respective de 48 % et 38 %. Jusqu’à maintenant, le nombre de centres de recherche et développement sous diverses formes dépasse 700.

Depuis l’adhésion à l’OMC il y a trois ans, la Chine a successivement promulgué plus de 40 dispositions légales concernant l’ouverture du commerce de service, impliquant à des dizaines de secteurs y compris la finance, la distribution, la logistique, le tourisme et la construction, abaissant grandement le seuil d’entrée dans le marché chinois. De 2003 à 2004, les nouvelles entreprises à capitaux étrangers dans le domaine du commerce de services sont au nombre de 17 011, soit 20,1 % du total des entreprises à capitaux étrangers nouvellement établies de la même période. À présent, l’investissement étranger dans le domaine du commerce de services se concentre sur les secteurs de biens fonciers et de service commercial traditionnel, mais peu dans des secteurs en essor comme d’information, la distribution moderne, le tourisme, l’assurance et les valeurs, le service intermédiaire et le service de quartier résidentiel, ainsi que la culture, l’instruction et les soins médicaux, à cause des obstacles issus de la politique et du système. Avec une faible proportion, l’investissement dans ces domaines a un grand potentiel de croissance.

Investissement dans le nord du pays

Bien que les deltas du Yangtse et de la rivière des Perles attirent des capitaux étrangers importants, l’investissement « se déplace » évidemment vers le nord. En 2004, Le Jiangsu, Shanghai, le Zhejiang et le Guangdong ont réellement utilisé les capitaux étrangers de 31 milliards de dollars, soit 51,1 % du total. Beijing, Tianjin, le Hebei et le Shandong ont attiré 13,64 milliards de dollars (+27,4 %). Et le montant d’investissement contracté et de l’utilisation réelle des capitaux étrangers des trois provinces du nord-est sont respectivement de 10,68 et de 5,94 milliards de dollars, soit une hausse de 40,1 % et de 78 %, étant de 7 et de 65 points supérieurs au niveau moyen national. Ce qui montre que la stratégie de redressement des anciennes bases industrielles du Nord-Est joue un rôle. Grâce à de bonnes infrastructures, à la forte complémentarité industrielle et à l’ampleur du marché, des investisseurs étrangers admirent avec un grand intérêt ces régions, surtout ses secteurs de fabrication de grande envergure.

Nouvelles formes d’investissement

Chaîne de production de téléphones portables de la société d'équipement de télécommunication SANYO dans la zone d'exploitation de Tianjin. Photo: Liu Haifeng

Pendant la première année après l’adhésion de la Chine à l’OMC, le nombre de nouvelles entreprises à capitaux exclusivement étrangers a dépassé le total de celui des dix années passées. En 2004, le nombre des entreprises à capitaux exclusivement étrangers nouvellement installées, leur montant contracté et leur montant réellement utilisé se sont haussés respectivement de 13,97 %, de 43,7 % et de 20,49 % par rapport à 2003, et leur montant d’investissement réel représentait 66,3 % du total de l’investissement étranger. En août 2004, la société à responsabilité limitée du système de standard international de Beijing a changé de nom pour devenir la société à responsabilité limitée Communication & Networks Siemens de Beijing. La proportion des actions de Siemens s’est élevée de 40 % à 67 %, transformant une entreprise à capitaux mixtes en entreprise à portefeuille étranger. En janvier 2005, la société de fabrication pharmaceutique biologique et chimique de Shanghai a transféré ses 10 % de droits de souscription de Johnson & Johnson de Shanghai à sa société mère, permettant à Johnson de Shanghai de devenir une entreprise à capitaux exclusivement étrangers en Chine. Les formes d’entreprises à capitaux exclusivement étrangers et à portefeuille étranger sont favorables au contrôle des investisseurs étrangers sur les facteurs d’entreprise, à l’élimination des frictions et contradictions provoquées par la différence dans les domaines du système, de la culture et du concept d’exploitation et de gestion, ainsi qu’à l'intégration de l’investissement en Chine dans la stratégie mondiale de l’entreprise. Donc, l’établissement de l’entreprise à capitaux exclusivement étrangers ou l’obtention de la majorité de droits par l’augmentation de l’investissement sont actuellement des choix principaux des investisseurs étrangers.

Depuis longtemps, l’investissement « Greenfied » (investissement dans un nouvel actif) est la tendance principale en Chine et l’investissement issu de l’acquisition et la fusion des entreprises chinoises ne dépasse pas 5 % du total. Grâce à la promulgation des dispositions légales concernées en 2003 et à l’agrandissement des champs d’ouverture ces deux dernières années, les cas de grandes sociétés transnationales étrangères qui achètent et fusionnent des entreprises intérieures, surtout des entreprises étatiques de grande envergure, par la fusion, la vente des actions et l’échange des biens, etc., ont rapidement augmenté, particulièrement en 2004.

De plus, la diversification des modèles d’investissement qui incluent l’investissement « Greenfield », et l’acquisition et la fusion, l’investissement de marché des actions se développent en raison de l’exécution des politiques relatives au QFII (investisseur institutionnel étranger qualifié) (Qualified Foreign Institutional Investors), permettant d’accéder au marché des valeurs-A de Chine.

Coordonner le développement intérieur

Bien que les capitaux étrangers absorbés en 2004 atteigne 60,6 milliards de dollars, se situant au deuxième rang mondial et présentant une grande valeur absolue, l’indice d’absorption des capitaux étrangers par personne est inférieur à celui des pays développés et même au niveau moyen mondial. Ainsi, il existe assez d’espace pour l’absorption de capitaux étrangers.

Actuellement, d’une part, avec l’accélération de la reprise économique mondiale, l’IDE entre dans une nouvelle étape d’augmentation et le réajustement de la structure industrielle des sociétés transnationales s’accélère ; d’autre part, la concurrence de l’absorption des capitaux internationaux est de plus en plus acharnée. De janvier à juin 2005, le montant d’utilisation réelle de capitaux étrangers a baissé. L’une des raisons principales en est que les pays voisins de la Chine renforcent l’introduction des capitaux internationaux.

Par suite du renforcement du macrocontrôle, l’ensemble de l’économie nationale maintiendra une augmentation particulière. Grâce à l’application de la « Décision du Conseil des affaires d’État sur la réforme du système d’investissement » et de ses mesures coordonnées, l’examen, l’approbation et la gestion des projets à capitaux extérieurs seront davantage standardisés et simplifiés, garantissant l’amélioration de l’environnement d’investissement et la hausse continuelle de l’utilisation des capitaux étrangers. Sous l’angle de la situation économique intérieure et extérieure, et de la tendance de développement de l’utilisation des capitaux étrangers du pays, en 2005, la Chine entretiendra une envergure plus grande dans l’utilisation des capitaux étrangers.

À long terme, procéder à une planification générale du développement intérieur et de l’ouverture vers l’extérieur et bien utiliser les capitaux étrangers forment une tendance nécessaire. On créera un environnement équitable de marché par le principe stratégique, la politique et la réforme institutionnelle afin de coordonner l’utilisation des capitaux étrangers et le développement intérieur. On renforcera sans cesse le rôle de promotion des capitaux étrangers dans le progrès technique et le perfectionnement de la structure industrielle, en vue de mettre en valeur le potentiel de développement durable.

Développement rapide de l’investissement à l’étranger

En 2004, le gouvernement chinois a modifié le système d’examen et d’approbation de l’investissement à l’extérieur et appliqué une série de mesures pour stimuler efficacement l’exploitation transnationale des entreprises intérieures. En mars 2005, Lenovo China a racheté pour 1,8 milliard de dollars la division PC d’IBM, géant de l'informatique étatsunien et des services associés. Cet événement a étonné tout le monde. La stratégie de « sortir » du pays faisait une nouvelle percée.


 
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