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Les céréales causent-elles un problème
en Chine ?
Li Chenggui, chercheur de l’Institut du développement
rural relevant de l’Académie des sciences sociales de Chine
Le peuple chinois arrive à subvenir à ses propres
besoins
Au tournant des décennies 1970 -80, la Chine a abrogé
le système de commune populaire à la campagne et appliqué
le système de responsabilité forfaitaire des terres pratiqué
au niveau du foyer, créant un nouveau système et un mécanisme
d’encouragement à la production céréalière.
Sur la base de l’exploitation familiale, le gouvernement a fait
beaucoup d’efforts pour augmenter la production, par exemple par
la création d’un centre de production de céréales
marchandes, la généralisation d’espèces sélectionnées
et la hausse du prix d’achat des céréales, qui ont
eu des résultats favorables. La production céréalière
a monté trois marches : 350 millions de tonnes, 400 millions et
450 millions et en 1998, 500 millions de tonnes.
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Entreposage automatique du grain en Mongolie intérieure.
Photo Xinhua
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La structure de la production agricole irrationnelle avec
les céréales comme pivot a été changée
par l’augmentation de la production, jetant une base solide au réajustement
de la structure de production agricole. Depuis vingt ans, la production
d’aliments non céréaliers en Chine soit fruits, légumes
et produits animaux a doublé, et la structure des repas des habitants
chinois s’est améliorée. Selon les données
de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
(FAO), l’assimilation de la quantité de calories des Chinois
est en moyenne de 3 000 kilocalories, dépassant le niveau moyen
du monde. On peut dire que la Chine, dont la population totale égale
celle de l’Afrique et de l’Amérique latine, n’a
plus le problème d’alimentation.
Les faits ont réfuté les prévisions voulant
que le peuple chinois ne puisse subvenir à ses propres besoins.
Au milieu des années 1990, Lester Brown, la World Bank, l’USDA,
l’OECF et l’IFPRI ont fait les prévisions selon lesquelles,
en 2000, la Chine devrait importer une grande quantité de céréales.
D’après les prévisions de Lester Brown, les importations
atteindraient 60 millions de tonnes de céréales. Mais en
réalité, au tournant des siècles, la Chine avait
réglé pour l’essentiel le problème de céréales.
Depuis 1997, l’offre dépasse la demande. La quantité
de céréales en stock en Chine atteint 220 milliards de kg.
Depuis 1997 jusqu’à octobre 2003, le prix des
céréales a baissé, ce qui a alourdi les charges financières
du gouvernement et influencé le revenu des fermiers. En 2002, le
prix de protection de trois sortes de céréales soit le riz,
le blé et le maïs a baissé de 25 % par rapport au prix
le plus élevé de 1997 ; le prix du marché, 40 % par
rapport au prix le plus élevé de 1996 (en 1997, le prix
de riz a baissé 0,13 yuan par 0,5 kg, le blé, 0,11 yuan,
le maïs, 0,14 yuan). Si les fermiers vendent chaque année
175 milliards de kg de céréales, et si l’on prend
comme base le prix du marché de 1996 et le prix de protection de
1997, la perte serait de 250 milliards de yuans.
Ces dernières années, la Chine a mis l’accent
sur le réajustement de la structure de la production agricole et
l’édification écologique. Elle n’a pas importé
des céréales et s’est efforcée d’exporter
des céréales par tous les moyens.
La situation est tendue
Depuis octobre 2003, le prix des céréales a
recommencé à monter. En octobre 2003 et en mars 2004, le
prix a connu une hausse de 50 %.
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Liu Yinbang et sa femme, fermiers du district de Lingqiu,
dans la province du Shanxi, engrangent le maïs. Photo Xinhua
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En 1998, la production céréalière avait
atteint 512 millions de tonnes, puis elle a baissé cinq ans de
suite. En 2003, elle était de 431 millions de tonnes. Depuis 2000,
la production céréalière annuelle ne peut répondre
à la demande de l’année même ; l’écart
entre l’offre et la demande est de 30 millions de tonnes. Étant
donné que de 1996 à 1999 l’offre a dépassé
la demande, le stock céréalier est énorme ; par conséquent,
la Chine peut maintenir la situation de l’offre dépassant
la demande.
Si cette tendance se poursuit, les rapports équilibrés
entre l’offre et la demande de céréales de la Chine
se renverseront.
Depuis 2000, la production agricole baisse d’année
en année à cause de la diminution de la surface cultivée.
Avant 1999, l’offre céréalière dépassait
la demande, ce qui faisait baisser le prix et ne permettait pas d’améliorer
le revenu des fermiers. L’augmentation des céréales
en stock a grandement alourdi la charge financière de l’État.
Au début de 2000, le déficit des entreprises agricoles d’État
a franchi les 250 milliards de yuans ; la subvention gouvernementale à
la production agricole a dépassé 50 milliards de yuans.
Dans cette situation, le gouvernement a encouragé les entreprises
agricoles à réajuster la structure agricole, ce qui a diminué
la surface cultivée et développé les cultures industrielles.
Pour améliorer l’environnement détérioré
de jour en jour dans les campagnes (perte de sol et d’eau, abattage
arbitraire d’arbres, dégénérescence de la steppe
et désertification), le gouvernement a lancé le projet de
reboisement des terres abusivement défrichées. Actuellement,
plus de 6,7 millions d’hectares de terre labourée ont été
cultivés, plantés d’herbes ou reboisés. La
superficie de reboisement de terres abusivement défrichées
en 2002 et 2003 était respectivement de 1,43 et de 2, 24 millions
d’ha.
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Un fermier transporte les pousses de riz de bonne
qualité dans la rizière. Photo: Yang Junjiang
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La terre occupée par la construction est aussi une
cause importante de la diminution de la surface ensemencée. De
1997 à 2003, 1,33 millions d’hectares de terre ont été
occupés par la construction, dont 229 000 ha en 2003. Les zones
de développement économique élargies consomment beaucoup
de terre et ébranlent la base de la production agricole.
Depuis les années 1980, la surface cultivée
en Chine est de 110 à 115 millions d’ha. En 1985 et 1994
et depuis 2000, elle était inférieure à 110 millions
d’ha, avec une remarquable réduction de la production céréalière.
En 1985, la surface cultivée a diminué de 4 millions d’ha,
et la production céréalière a diminué de 28
millions de tonnes ; la diminution de 9 % de la production céréalière
en 2000 a été causée par la réduction de la
surface cultivée. En 2003, elle n’était que de 99,41
millions d’ha, soit le plus bas niveau depuis la fondation de la
Chine nouvelle en 1949.
La baisse du prix des céréales a gravement influencé
le revenu et l’initiative des fermiers pour la production agricole.
Les fermiers ont réduit peu à peu l’investissement
et la main-d’œuvre dans la production agricole. Ces causes
ont joué un rôle dans la réduction des céréales.
Surface
cultivée depuis 1980
Unité
: 1 000 ha
Année |
Surface cultivée
en céréales |
Augmentation ou réduction
par rapport à l’année précédente
(±) |
1980 |
117 234 |
-- |
1981 |
114 958 |
-2 276 |
1982 |
113 463 |
-1 495 |
1983 |
114 047 |
+584 |
1984 |
112 884 |
-1 163 |
1985 |
108 845 |
-4 039 |
1986 |
110 933 |
+2 088 |
1987 |
111 268 |
+335 |
1988 |
110 123 |
-1 145 |
1989 |
112 205 |
+2 082 |
1990 |
113 466 |
+1 261 |
1991 |
112 314 |
-1 152 |
1992 |
110 560 |
-1 754 |
1993 |
110 209 |
-351 |
1994 |
109 544 |
-665 |
1995 |
110 060 |
+516 |
1996 |
112 548 |
+2 488 |
1997 |
112 912 |
+364 |
1998 |
113 787 |
+875 |
1999 |
113 161 |
-626 |
2000 |
108 463 |
-4 698 |
2001 |
106 080 |
-2 383 |
2002 |
103 891 |
-2 189 |
2003 |
99 410 |
-4 481 |
2004 |
101 610 |
+2 200 |
Les données proviennent du Recueil des données
statistiques de cinquante ans de la Chine nouvelle et de l’Annuaire
statistique de Chine du Bureau d’État des statistiques.
Changement
de la surface cultivée par personne de 1996 à 2003
Année |
Surface cultivée |
Réduction de la surface
cultivée |
( %) |
1996 |
130 067 |
0,106 |
-- |
1997 |
129 933 |
0,105 |
0,94 |
1998 |
129 667 |
0,104 |
0,95 |
1999 |
129 200 |
0,103 |
0,96 |
2000 |
128 200 |
0,101 |
1,94 |
2001 |
127 600 |
0,100 |
0,99 |
2002 |
125 933 |
0,097 |
3,00 |
2003 |
123 400 |
0,095 |
2,06 |
Les données proviennent du Bulletin officiel de
la situation de l’environnement de Chine (1999-2002) de l’Administration
d’État de la protection de l’environnement et du Bulletin
officiel du territoire et des ressources de Chine de 2003 du ministère
du Territoire et des Ressources.
Prochain changement politique
Depuis 2003, le prix des céréales s’est
élevé grandement. Le problème de céréales
a été pris au sérieux. En octobre 2003, le gouvernement
a convoqué une conférence nationale de travail relative
aux céréales ; il a demandé de protéger la
terre arable, d’augmenter convenablement la surface cultivée
en céréales, d’accorder un traitement politique préférentiel
aux régions productrices de céréales et une subvention
directe aux fermiers et d’intensifier la capacité de production
agricole. Au début de 2004, le gouvernement central a publié
un document concernant l’augmentation du revenu des fermiers et
le renforcement de la subvention financière des régions
productrices de céréales. En janvier 2004, le ministère
de l’Agriculture a élaboré l’Avis concernant
le rétablissement de la production céréalière,
selon lequel la surface cultivée en 2004 ne pouvait être
inférieure à 100 millions d’ha et la production céréalière
devait être de 450 millions de tonnes au minimum.
Depuis 2003, la Chine a renforcé le soutien à
la production agricole et pris une série d’arrangements politiques,
surtout la subvention directe aux fermiers. Autrefois, la subvention céréalière
de la Chine (politique du prix de protection) relevait du secteur des
céréales d’État, et le fermier ne pouvait en
recevoir qu’une infime partie. En 2003, la Chine a entrepris de
subventionner la production agricole dans les province de l’Anhui
et du Jilin. En 2004, cette réforme a été étendue
à l’ensemble du pays. Le gouvernement central a investi 10
milliards de yuans dans la subvention directe à la production céréalière.
En mars 2004, pour assister la riziculture, le gouvernement
a commencé à subventionner les semences. Certaines provinces
comme le Heilongjiang, le Jilin, le Liaoning. ont accordé 225 yuans
par hectare ; le Hunan, le Hubei, le Jiangxi, l’Anhui, 150 yuans
par hectare aux fermiers cultivant le riz précoce, 225 yuans pour
le riz rond et le riz à grains longs. Les provinces du Jiangsu,
Zhejiang, Fujian, Guangdong, etc. ont aussi subventionné la production
du riz. C’était un changement politique. En 2003, le gouvernement
central a versé 500 millions de yuans aux semences, mais la sphère
de subvention ne concernait que le soja, le blé et le maïs.
Le gouvernement central a aussi réduit ou aboli l’impôt
agricole dans les régions productrices de céréales.
Pour mettre pleinement en jeu l’initiative des fermiers, les provinces
du Heilongjiang et du Jilin ont annulé en 2004 l’impôt
agricole ; le Hebei, le Liaoning, le Jiangsu, l’Anhui, le Jiangxi,
le Shandong, le Henan, le Hubei, le Hunan, le Sichuan, et la région
autonome de Mongolie intérieure ont réduit de 3 % les impôts
agricoles afin d’encourager la production céréalière
; les autres régions, 1 %. Les régions côtières
et les régions aux conditions favorables peuvent aussi abolir l’impôt
agricole. Depuis l’entrée en vigueur de cette politique,
les riziculteurs des provinces du Heilongjiang et du Jilin ont vu baisser
le coût de revient du riz. Le revenu des riziculteurs s’est
élevé et la production est encouragée.
En vue d’augmenter l’initiative des fermiers pour
la production agricole et d’assurer la sécurité des
céréales de l’État, le ministère de
l’Agriculture a préparé le Plan national de construction
de l’industrie des céréales de bonne qualité
(2004-2010) approuvé par le Conseil des affaires d’État.
Ce plan considèrent les années 2004-2007 comme la première
phrase du projet et 2008-2010 comme seconde phrase. Selon ce plan, on
construira neuf ceintures industrielles de haute qualité dans treize
provinces et régions autonomes (441 districts et 43 fermes d’État),
dont trois dans la plaine Huang-Huai-Hai, le bassin du cours inférieur
du Yangtse et le long du Grand Xing’an où l’on cultive
principalement le blé ; deux dans la plaine du Nord-Est et la plaine
Huang-Huai-Hai où l’on cultive principalement le maïs
; trois dans les régions du Nord-Est et du bassin du Yangtse où
on cultive le riz à récole annuelle unique et du bassin
du Yangtse où on cultive le riz à double récolte
; une dans la région du Nord-Est où on cultive le soja.
On appliquera les projets de sélection et de reproduction des semences,
d’établissement de champs agricoles, d’équipement
en machines agricoles, de prévention et contrôle des maladies
des plantes et des ravages des insectes et le projet de transformation
du traitement des grains. Selon le plan du ministère de l’Agriculture,
à la fin de 2007, la production agricole nouvellement augmentée
dépassera 10 millions de tonnes.
Fluctuations
de la production céréalière de la Chine
Année |
unité : 10 000 tonnes |
1990 |
44 624 |
1991 |
43 529 |
1992 |
44 266 |
1993 |
45 649 |
1994 |
44 510 |
1995 |
46 662 |
1996 |
50 454 |
1997 |
49 417 |
1998 |
51 230 |
1999 |
50 839 |
2000 |
46 218 |
2001 |
45 264 |
2002 |
45 706 |
2003 |
43 070 |
2004 |
46 947 |
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