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Protection écologique au Qinghai
Grâce à des années d’efforts, la
protection écologique sur le plus haut plateau du monde a obtenu
certains résultats ; mais on n’a pas lieu de se réjouir
trop vite dans l’ensemble.
Lan Xinzhen
Situé dans l’ouest de la Chine, le plateau Qinghai-Tibet,
appelé le « toit du monde », se compose de la province
du Qinghai et de la région autonome du Tibet.
Le Qinghai, au nord-est du plateau, est le lieu d’origine
des fleuves Jaune, Yantgse et Lancang. Une vaste zone inhabitée,
riche en espèces d’animaux et de plantes typiques du plateau
de zone glaciale, ainsi qu’un système de marécage
de plateau en font une région unique au monde.
Influencée par le climat froid de haute altitude et
un environnement géographique naturel spécial, la végétation
est clairsemée, et à cause de divers facteurs de sabotage
humain, la situation écologique est sérieuse.
À partir du milieu des années 1990, le gouvernement
chinois a renforcé le financement pour soutenir l’application
du plan de protection écologique d’envergure au Qinghai.
De 1998 jusqu’à présent, un fonds spécial
d’un milliard de yuans subventionne l’édification écologique
du Qinghai pour une dizaine de projets comme transformer les champs en
forêt et en prairie, rétablir la prairie naturelle, construire
un rideau protecteur, contrôler la perte de sol et d’eau sur
le cours supérieur du fleuve Jaune, créer une réserve
naturelle (en 2004, on y comptait 48 réserves naturelles de divers
types) et aménager l’environnement écologique de 26
districts de la province. Ces projets couvrent les régions rurales
et pastorales du Qinghai.
Actuellement, la protection écologique a obtenu des
résultats remarquables ; le nombre d’espèces d’animaux
sauvages précieux et rares dans les réserves naturelles
au niveau national, telles que celles de Hoh Xil et du lac Qinghai, a
augmenté considérablement.
Projet de protection écologique Sanjiangyuan
Le 30 août dernier, le projet de protection et de construction
de la réserve naturelle Sanjiangyuan du Qinghai dans lequel l’État
a investi 7,5 milliards de yuans, a officiellement démarré.
Les travaux s’achèveront en 2010.
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Reprise de la végétation de prairie
au pied du mont Tanglha, au Qinghai.
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Située au Qinghai et couvrant une superficie de 363
000 km², la région de Sanjiangyuan est le lieu d’origine
du fleuve Jaune, du Yangtse et du fleuve Lancang. Fournissant annuellement
60 milliards de m3 d’eau douce aux cours inférieurs, elle
est appelée « château d’eau » et est responsable
de l’écran écologique de l’ouest du pays. À
une altitude moyenne de plus de 4 000 m, elle témoigne de la diversification
biologique la plus riche parmi les régions de haute altitude du
monde. Elle est aussi le plus haut marécage naturel et la région
au système écologique le plus sensible et le plus faible
du pays ; par ailleurs, elle exerce une influence importante sur le climat
mondial.
Sur la prairie du plateau pousse une plante médicinale
chinoise - la sphérie. D’avril à juillet, environ
100 000 personnes affluent dans la prairie pour la cueillir. On estime
la valeur de la production annuelle de ce médicament brut au Qinghai
à près d’un milliard de yuans. La cueillette des sphéries
pendant deux mois peut rapporter à un paysan local l’équivalent
des frais de subsistance de six mois à un an. Poussée par
l’intérêt économique, la cueillette excessive
n’a fait qu'empirer. Après la saison, d’innombrables
trous restent sur la prairie, conduisant à la dégénérescence
et à l’ensablement progressifs. Chaque année sont
ainsi sabotés plus de 100 000 m² de prairie.
De plus, les souris causent une catastrophe. Sur un mètre
carré de prairie, on trouve une dizaine de trous de campagnols,
du gazon mort à cause des rats et des lièvres, ce qui accélère
l’ensablement et provoque l’effondrement de la surface du
sol. Pour protéger l’environnement écologique, en
2003, le Conseil des affaires d’État a approuvé l’établissement
de la réserve naturelle de Sanjiangyuan, de niveau national.
Le projet de construction et de protection jusqu’en
2010 a pour but d’enrayer la dégénérescence
et l’ensablement de la prairie et de porter le taux de couverture
végétale de 20 à 40 % ; 55 773 habitants locaux émigreront
en raison de la protection écologique en vue de limiter le nombre
de personnes et d’animaux dans la réserve à un niveau
rationnel pour réaliser un bon cycle écologique.
Reprise de l’environnement écologique le long
de la voie ferrée Qinghai-Tibet
Depuis la mise en chantier du chemin de fer Qinghai-Tibet,
la protection de l’environnement est considérée comme
le principe directeur des travaux. Au cours de la construction, des mottes
de gazon sont tout d’abord pelletées, transplantées
près des sources d’eau, et entretenues par des personnes
désignées afin d’assurer leur survie pour être
retransplantées après l’achèvement des travaux.
Pendant la construction, le Bureau d’État de
la protection de l’environnement, le Département des eaux
et d’autres départements concernés exécutent
un examen conjoint annuel. Les résultats montrent que la situation
de déperdition du sol et des eaux est sous contrôle, les
eaux ne connaissent pas de grand changement en raison de la construction
du chemin de fer, et la faune et la flore sont efficacement protégés.
En juin, des dizaines de milliers d’antilopes tibétaines
traversent, de l’est vers l’ouest, le chemin de fer et la
route pour migrer vers l’intérieur de Hoh Xil.
Là où passent habituellement les antilopes,
on a construit un ponceau afin de faciliter leur migration. L’année
dernière, des antilopes ont hésité à avancer
pendant environ sept jours devant le côté est de la ligne
ferroviaire ; cette année, seulement deux ou trois jours.
Le bureau de gestion de la réserve naturelle de Hoh
Xil a envoyé du personnel patrouiller jour et nuit le long du trajet
de migration de 70 km, pour assurer que la migration s’effectue
en sûreté.
Nombre croissant d’animaux sauvages à Hoh Xil
Sur la zone inhabitée de Hoh Xil vivent des yack sauvages,
des antilopes tibétaines, des lynx et d’autres animaux sauvages
précieux. Vu la chasse frénétique illégale
à la fin des années 1980, le nombre d’antilopes tibétaines
s’est subitement réduit de plusieurs millions à quelque
15 000 unités. Grâce à la propagation de la protection
ces dernières années, le nombre d’antilopes atteint
environ 50 000. En 2004, on n’a jamais entendu un coup de feu dans
cette réserve naturelle.
Le nombre de yacks sauvages s’est aussi multiplié.
Des pasteurs menant leurs troupeaux aux alentours de la réserve
naturelle ont souvent vu des hordes de yacks. Le yack sauvage est un animal
protégé au niveau national de premier degré. En raison
de son caractère coléreux, le yack attaque souvent par surprise
des pasteurs. Pour le renvoyer, on se contente de frapper bruyamment sur
des marmites.
Toutefois le nombre croissant d’animaux sauvages inquiète
des gestionnaires de réserves naturelles du fait que l’ensablement
naturel et le manque de nourriture menacent gravement leur existence.
Construction de l’environnement écologique du
Qinghai
En dépit de certains résultats obtenus dans
la protection de l’environnement, on n’est pas optimiste face
à l’ensemble. La superficie de perte de sol et d’eau
s’agrandit, atteignant 75 000 km² dans la vallée du
fleuve Jaune à l’intérieur du Qinghai, soit 17,5 %
du total. Et dans la région de la source et du cours supérieur
du Yangtse, la superficie de terre érodée est de 106 000
km², soit 14,3 %. Actuellement, au Qinghai, la superficie de perte
de sol et d’eau augmente chaque année de 2 100 km² et
transporte respectivement 88,14 et 12,32 millions de tonnes de vase vers
le fleuve Jaune et le Yangtse. La tendance d’ensablement est très
grave au Qinghai. On y compte 12,52 millions d’ha de terre ensablée,
et une superficie latente de 980 000 ha concentrée principalement
dans le bassin de Tsaidam et la région de la source du fleuve Jaune.
Actuellement, la terre ensablée augmente à la vitesse de
130 000 ha par an.
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Phénomène d'ensablement au bord du lac
Qinghai.
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À cet effet, le Qinghai planifie la construction d’un
environnement écologique.
Objectif à court terme : d’ici 2010, la tendance
de la perte du sol et des eaux, ainsi que de la dégénérescence
et de la désertification de la prairie sera réprimée.
Dans cette province, l’abattage de la forêt naturelle
et le défrichage de la prairie et du champ en pente supérieure
à 25° seront interdits, en vue de contrôler la nouvelle
érosion provoquée probablement par le facteur humain. La
province améliorera les conditions de production et de vie des
fermiers et des pasteurs vivant dans la zone aménagée et
rajustera la structure économique pour atténuer la pression
sur l’environnement écologique naturel. Lors de la mise en
chantier de l’ouvrage d’adduction d’eau du sud au nord
en 2010, on aura 1,46 million d’ha de prairie artificielle et 3,558
millions d’ha de réserve naturelle de plus.
Objectif à moyen terme : entre 2011 et 2030, après
avoir endigué la tendance de détérioration de l’environnement
écologique, on mettra vingt ans pour améliorer évidemment
l’environnement écologique de la province et élever
la capacité de production agricole synthétique. Pendant
cette période, la superficie de perte de sol et d’eau aménagée
représentera plus de 60 % de la superficie affectée ; la
superficie de la forêt nouvellement augmentée atteindra 3,49
millions d’ha, et le taux de couverture forestière sera de
9,9 % ; la superficie de la prairie artificielle et amendée nouvellement
augmentée sera de 6,14 millions d’ha ; les prairies dégénérées,
ensablées et alcalinisées seront reprises, et l’agriculture
d’oasis dans le désert se développera d’un pas
régulier. Ainsi, l’environnement écologique dans la
zone particulièrement aménagée commencera le bon
cycle.
Objectif à long terme : on construira, de 2031 à
2050, un système écologique correspondant au développement
soutenu de l’économie nationale ; la terre convenant au boisement
sera couverte par la forêt avec une structure rationnelle de types
de forêt et d’espèces d’arbre ; la province augmentera
de 3,028 millions d’ha de forêt, pour parvenir à un
taux de couverture de 14,1 % ; la récupération de prairies
atteindra 12,9 millions d’ha, la perte du sol et des eaux et la
désertification seront généralement sous contrôle
; les résultats de l’aménagement des prairies dégénérées,
ensablées et alcalinisées seront consolidés et l’environnement
écologique de toute la province aura changé d’aspect.
Pour réaliser ces trois objectifs, le Qinghai élargit
les canaux de collection de capitaux et édifie un mécanisme
d’investissement multiforme selon le principe de « celui qui
investit en tire les profits » afin d’encourager les investisseurs
tant à l’intérieur qu’à l’extérieur
de la province et tant au pays qu’à l’étranger
à participer à la construction de l’environnement
écologique et aux projets d’exploitation économique
impliqués.
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