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L’exploitation excessive menace les vestiges culturels
- L’exploitation excessive du patrimoine historique
et culturel en Chine est considérée comme un plus grand
problème que le manque de fonds de protection, parce que ce sabotage
cause une perte irréparable.
Wei Yao
Confucius (551-479 av. notre ère) fut un grand penseur,
pédagogue et fondateur du confucianisme à la fin de l’époque
des Printemps et Automnes. Le 28 septembre dernier, pour commémorer
son 2 556e anniversaire, des cérémonies d’envergure
se sont tenues en même temps dans 30 temples de Confucius du monde
comme Shanghai, Tianjin, Quzhou au Zhejiang, Jianshui au Yunnan, Wuwei
au Gansu, Quanzhou au Fujian, Hongkong, Taipei, Seoul (République
de Corée), Ashikaga (Japon), New York (États-Unis) et Cologne
(Allemagne) grâce à l’Organisation des Nations unies
pour l’éducation, la science et la culture. Provenant de
divers milieux de 24 pays et région, 2 556 représentants
ont assisté au rite sacrificiel organisé à Qufu,
province du Shandong, lieu de naissance de Confucius et lieu de réunion
principal de ces activités. Le CCTV a rapporté l’événement
en direct.
La grande cérémonie commémorative de
cette année représente un retour important des hommages
à Confucius au cours des vingt dernières années.
Les autorités du Shandong ont développé des industries
culturelles liées à tous les aspects du confucianisme. En
décembre 1994, le temple, le cimetière et le manoir de famille
de Confucius à Qufu ont été inscrits sur la liste
du patrimoine naturel et culturel mondial.
Cependant, l’endommagement de ces derniers et d’autres
vestiges historiques n’a pas cessé. La cérémonie
commémorative récente a déclenché un nouveau
tour de table quant à la protection du patrimoine culturel de la
Chine.
Attaquer l’histoire
On aurait dit un cauchemar quand les emplacements de l’héritage
de Confucius de Qufu ont subi un nettoyage en février 2001. Les
vestiges historiques ont été lavés et nettoyés
directement par l’eau et d’autres outils spéciaux,
causant de graves dommages. Cet événement visait à
préparer l’ouverture de la Société de tourisme
international Confucius, selon un rapport de nouvelles.
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Rite sacrificiel à Confucius à Qufu,
au Shandong. Xinhua
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De telles tragédies ne sont pas rares en Chine. En
juillet 2004, un des temples de Confucius à Nantong, au Jiangsu,
a été en partie détruit par la construction d’un
bâtiment commercial sur une aire qui avait appartenu au temple mais
a été vendue à un promoteur immobilier. Un mur millénaire
a été brisé et plusieurs monuments historiques et
stèles ont été enlevés ou cassés. Zhang
Xiguang, chargé des affaires culturelles de Nantong, a accusé
le constructeur de ruiner l’aspect originaire du temple. Mais Shen
Aiming, directeur du centre culturel local, a riposté que le projet
commercial apporterait des fonds pour la protection de l’héritage
et l’amélioration des services touristiques.
La démolition du temple de Nantong reflète un
problème fréquent dans la protection de l’héritage
en Chine.
La visite des rues culturelles antiques est en vogue en Chine.
Du fait que la plupart des vestiges confucéens se trouvent dans
des anciennes rues ou centres culturels traditionnels, ils font face à
la pression de l’exploitation de ces vieux endroits. Beaucoup d’entre
eux sont remodelés et même endommagés pour les besoins
de planification des départements concernés.
Le même problème existe ailleurs. Par exemple,
des sections de la Grande Muraille initiale (pas exploitées par
l’État) se sont partiellement effondrées à
cause de la faible gestion et d’un nombre excessif de visiteurs.
Un autre exemple est la pose d’une pellicule de plastique imperméable
au fond du lac Yuanmingyuan (Jardin de la Perfection et de la Clarté),
afin de prévenir l’infiltration d’eau. Ce projet, sans
enquête, recherche et démonstration, porte un préjudice
grave à l’environnement écologique d’ensemble
de ce jardin impérial antique.
Éviter l’exploitation excessive
La protection de l’héritage culturel de la Chine
affronte deux obstacles principaux: le manque de fonds destinés
à la préservation et à la réparation et l’exploitation
excessive en raison du développement de l’économie
touristique. Le dernier pourrait être un problème plus considérable
si l’on ne le traite pas comme il se doit. Une fois les dommages
causés, le rétablissement est difficile ou même impossible.
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Au cours des activités commémoratives,
le temple de Confucius de Qufu a reçu 20 000 visiteurs
quotidiennement. Xinhua
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La loi de la République populaire de Chine sur la protection
du patrimoine culturel classifie les vestiges historiques et culturels
en quatre catégories: national, provincial, municipal et de district.
Plus le niveau est élevé, plus l’attraction touristique
est forte. Ces dernières années, figurer sur la liste du
patrimoine mondial est devenu un moyen d’attirer des visiteurs intérieurs
et extérieurs.
L’Unesco établit la liste dans l’espoir
de protéger et de préserver les vestiges de la civilisation
humaine qui ont une signification historique et risquent de tomber en
ruines. Aussi, sa convention pour ce qui concerne la protection du patrimoine
historique et culturel du monde réclame que tous les gouvernements
développent la recherche scientifique et établissent des
plans pour résister à la ruine des sites culturels et naturels
des pays. À cet égard, quelques experts disent qu’entrer
sur la liste du patrimoine du monde est plus un avertissement qu’un
honneur: votre héritage culturel a besoin de protection !
Cependant la loi courante de la République populaire
de Chine sur la protection du patrimoine culturel qui sert de fondement
à la protection, a été révisée en 2002
par l’APN, mais elle ne couvre pas les détails de la protection
de l’héritage, surtout en ce qui concerne les vestiges culturels
et naturels considérés comme ressources d’exploitation
touristique. Le manque de dispositions légales laisse place à
beaucoup de dommages comme à Qufu et à Nantong.
Ayant adhéré à la Convention concernant
la protection du patrimoine culturel et naturel du monde en 1985, la Chine
doit, le plus tôt possible, élaborer la loi sur l’héritage
culturel et naturel, a indiqué Xie Ninggao, directeur de l’Institut
de recherche sur l’héritage du monde relevant de l’Université
de Beijing, et établir un organisme spécial pour administrer
l’héritage culturel et naturel du pays, et intégrer
tous les domaines de l’héritage sous son contrôle,
y compris les emplacements de l’héritage, les sites pittoresques
et les réserves naturelles.
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