MBA pour fermiers

Zhang Shuo

Juste après le 1er octobre, Wang Xingang, éleveur de porcs du Hebei, était anxieux de ses cours de MBA qui commenceront en novembre.

Wang Xingang, âgé de 31 ans, est l’un des fermiers sélectionnés pour recevoir une formation par l’université d’Agriculture de Chine. Il a déjà terminé le premier programme de cours dont le thème est « Le problème de l’agriculture, de la campagne et des fermiers et l’agriculture chinoise face à la mondialisation ».

Beijing n’est pas inconnue pour Wang. En 1991, après ses études secondaires du premier cycle, Wang a travaillé dans une basse-cour en banlieue. Au début, son salaire n’était de 400 yuans. Il dit franchement qu’il n’avait pas de grandes ambitions à ce moment-là.

La valeur de la connaissance

Au début, le travail de Wang dans la basse-cour consistait à nourrir les poulets. Après deux ans Wang fut nommé comme responsable d’un poulailler. Le travail lui demandait une capacité d’administration, et il a découvert son manque de connaissances. Il suivit alors un stage d’administration d’entreprise. En 1995, Wang est devenu le chef de la basse-cour et son salaire a grimpé à mille yuans par mois. L’année suivante, Wang a terminé ses études de niveau secondaire spécialisé, et entrepris l’administration la basse-cour avec facilité.

Wang croit devoir son succès à ses connaissances. « Les études m’ont fait comprendre comment coordonner les intérêts des employés et comment réajuster les décisions selon les circonstances et avis des employés. »

Se joindre à la société Beinongda

L’année 2002 a été un moment décisif de la vie de Wang. Au début de l’année, Wang a vu une annonce de recrutement d’agents de vente de pâture de la société Beinongda (une entreprise relevant de l’université d’Agriculture de Chine). Il est devenu officiellement un agent de vente de Beinongda en avril. Avec la technique de la société, Beinongda et Wang ont coopéré à gérer une porcherie dans le district Xian’xian, au Hebei. Wang pense que les informations et la technique sont deux conditions importantes pour une porcherie.

Wang s’est jeté dans le travail avec ardeur. En plus de ses revenus augmentés, il avait la fierté d’avoir réussi, car sa porcherie, gérée en coopération avec Beinongda, a entraîné un grand nombre d’éleveurs locaux à s’enrichir.

En août dernier, Wang a reçu une annonce de Beinongda. Un stage de MBA gratuit commencerait en septembre et durerait un an. Malgré les 5 000 yuans de dépôt, Wang n’a pas hésité à s’inscrire. Il a dit : « Je suis sûr que je peux suivre tous les cours, et j’attendais justement une telle occasion pour apprendre davantage. »

Influence sur son entourage

Wang a écrit dans son cahier : « La valeur de la vie ne consiste pas seulement à changer son propre destin. Le plus important est de pouvoir changer le destin de son entourage. » Il explique : « Les paysans doivent avoir le sens des responsabilités envers la société, et tout en se perfectionnant, aider les autres à s’enrichir. »

Un professeur de l'université d'Agriculture du Hebei (premier à gauche) avec les étudiants-fermiers dans un serre. Yang Shiyao

Au premier jour du stage, les paroles graves mais pleines de sentiment du professeur ont beaucoup impressionné Wang. « Si vous pouviez aider les autres fermiers à s’enrichir, vous seriez les entrepreneurs les plus respectables de Chine ». Wang a senti sa lourde responsabilité.

Le sujet du premier cours était « la montée de la nation ». Les étudiants ont vu le film Sur le mont Taihang, racontant l’histoire de la guerre de Résistance contre l’agression japonaise. C’est un enseignement patriotique. Le but est de faire comprendre aux fermiers que leur destin est lié étroitement à celui de l’État. Les paysans doivent avoir la conscience nationale et partager les soucis de l’État.

Le programme de cours était lourd ; même le soir Wang était occupé. Ses camarades de classe et lui qui n’avaient jamais fréquenté l’université étaient plein d’enthousiasme, échangeaient leur avis tous les soirs après la classe.

À la fin de la première phase de cours, tous les étudiants ont dû répondre à une enquête. Wang a écrit franchement son avis « J’aimerais que le contenu des cours soit plus varié. Si possible, qu’on donne les cours dans la campagne du Hebei pour que davantage de gens puissent apprendre. »

Le développement et les connaissances

Lorsque Wang est retourné chez lui après ses premiers cours, plusieurs jeunes de son village et des villages voisins sont allés s’instruire auprès de lui. Il a prêté tous ses cahiers.

Pendant que Wang étudiait à Beijing, sa porcherie a perdu 10 000 yuans de profit à cause de l’augmentation du prix de la pâture. Mais Wang a dit : « On pourra gagner plus d’argent après avoir acquis davantage de connaissances. »

Wang croit qu’il réussira, pour deux raisons. Premièrement, après ce stage, il comprend davantage les politiques d’État concernant l’agriculture et les fermiers ; deuxièmement, au point de vue de l’industrialisation de l’élevage, sa porcherie possède la supériorité dans la concurrence, car il possède la technique et l’information.

Profiter des ressources locales

Selon le Pr Fu Wenge, directeur du centre d’éducation MBA de l’université d’Agriculture de Chine, ce stage a pour objectif principal de résoudre les problèmes entre la formation individuelle des fermiers et le développement agricole. L’université a choisi les meilleurs professeurs et rédigé les programmes de cours en fonction des problèmes réels des paysans.

Fu a indiqué que les campagnes manquent de capitaux, d’information, de personnel qualifié, surtout de gestionnaires agricoles de haut niveau. Certes, on encourage les étudiants à travailler dans les campagnes après leurs études universitaires. Mais le mieux est encore de profiter des ressources locales, soit sélectionner les fermiers qui entreprendront dans la production agricole et l’élevage, et leur fournir des occasions de stage. On pourrait obtenir un résultat immédiat.

Toujours selon Fu, il est essentiel d’élever le niveau de gestion de l’agriculture et de l’élevage en Chine qui est un grand pays agricole. Tous les ans, les fermiers subissent des pertes par manque d’information. Les paysans comme Wang, après leur formation, pourraient entraîner les campagnes hors de l’ancien mode de gestion et de production, et pousser le développement agricole du pays.


 
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