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La sidérurgie chinoise fait face à une situation
difficile
La sidérurgie chinoise est tourmentée par le
prix élevé du minerai de fer et la baisse du prix de l’acier
et du fer. Les aciéries qui n’ont pas leur propre mine et
doivent importer sont au bord de la faillite ou sont achetées ou
fusionnées.
Lan Xinzhen
Réduire la production, mesure prise par 45 sidérurgies
chinoises, n’a pas réglé la baisse du prix des produits
d’acier. Lorsque ces sidérurgies ont décidé
une réduction de 5 % le 21 octobre, le marché sidérurgique
chinois a connu une hausse de prix à court terme. Depuis novembre,
le prix recommence à baisser. Évidemment, cette mesure n’a
pas joué un grand rôle.
« Le prix des produits d’acier ne peut hausser
à court terme. Notre commerce n’est pas facile », dit
Zhou Wei, directeur du bureau de vente des produits d’acier Jiajiali
de Beijing.
Depuis avril dernier, le prix des produits d’acier de
Chine baisse, certains produits d’acier ont connu une réduction
de 30 %. Autrefois, la clientèle était nombreuse ; maintenant,
même le téléphone sonne rarement. «Si cette
situation dure, le prix baissera encore », dit Zhou.
La sidérurgie est plongée dans une situation
difficile
Le prix du minerai de fer contrairement à l’acier
est toujours élevé. En 2005, le prix du minerai de fer importé
a connu une augmentation de 71,5 % par rapport à 2004.
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Un ouvrier du Complexe sidérurgique Shougang
médite devant le haut fourneau refroidi. Photo: Li Jundong
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Selon l’Association chinoise de l’acier, comme
la hausse du prix international du minerai de fer, la hausse du prix du
pétrole et le prix ferme du marché du charbon, de l’électricité
et des transports de l’intérieur du pays, en 2005, le coût
de revient des aciéries du pays a augmenté de 15 % par rapport
à l’année dernière. Le prix de vente de certains
produits était presque le coût de revient.
Le profit de plusieurs sidérurgies chinoises a baissé
plus de 40 %. Certaines grandes et moyennes entreprises ont vu apparaître
un déficit mensuel. Selon le rapport de l’Association chinoise
de l’acier, plusieurs aciéries sont entrées en «
hibernation » ; certaines ont dû cesser de produire.
Le Complexe sidérurgique de la capitale (Shougang)
situé à l’ouest de Beijing a suspendu pour une semaine
la fabrication de la fonte, de l’acier et du laminé.
Hua Tiegang, directeur du département de production,
dit que si le marché ne s’améliore pas, la suspension
de production se poursuivra.
La production de l’acier de Shougang à Beijing
est de 20 000 tonnes par jour ; elle se classe au quatrième rang
après le complexe sidérurgique de Baoshan à Shanghai,
la Compagnie sidérurgique d’Anshan au Liaoning et la société
sidérurgique de Wuhan.
Le Complexe sidérurgique de Baoshan et l’industrie
sidérurgique de Tangshan sont victimes de la hausse du coût
de revient et de la baisse du prix des produits, parce que leurs minerais
de fer sont principalement importés. Ces entreprises pensaient
que la diminution de la production pourrait rétablir le cours du
marché et soulager la pression des entreprises, mais la réalité
est différente.
Le président du c.a. du Complexe sidérurgique
de Baoshan dit que son entreprise est prête à cesser la production
de certains produits.
La cause
Sous l’angle économique, le coût de revient
des produits doit être directement proportionnel au prix des produits,
mais pourquoi le prix du minerai de fer a-t-il augmenté, et le
prix des produits de l’acier a-t-il diminué en Chine ?
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Un cargo de Malte chargé de cinq tonnes de
minerai de fer de l'Inde arrive en Chine. Photo: Zhou Wenguang
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Luo Bing, vice-président permanent de l’Association
chinoise de l’acier, pense que la hausse du prix du minerai de fer
importé relève du développement décentralisé
de la sidérurgie chinoise.
Il y a quelques années, le prix du minerai de fer sur
le marché international n’était pas élevé.
À ce moment-là, les entreprises étrangères
ont invité les entreprises chinoises à acheter leurs produits.
À cause de la concurrence acharnée de l’intérieur
du pays, les aciéries chinoises ont traité avec les entreprises
étrangères, et leur commerce consistait principalement en
paiement contre marchandise. Si à ce moment-là, une alliance
ou une association composée de sidérurgies chinoises avait
signé un contrat à long terme avec les entreprises étrangères,
le prix d’achat du minerai de fer actuel ne serait pas si élevé.
En 2002 et 2003, la demande d’acier a beaucoup augmenté dans
le monde. Avec le développement rapide de la sidérurgie,
le prix du minerai de fer s’est élevé.
En 2005, à la suite du macrocontrôle efficace,
l’investissement dans l’industrie immobilière a diminué
et la demande des produits de l’acier a aussi baissé. Entre
2002 et 2003, l’investissement immobilier en Chine a largement augmenté,
dont une partie a été investie dans la construction de sidérurgies,
causant une surproduction.
De janvier à septembre, la production de l’acier
brut était de 255,29 millions de tonnes, soit une augmentation
de 27,39 % par rapport à la même période de l’année
dernière ; celle de la fonte brute, de 239,21 millions de tonnes
(+30,98 %), celle des produits d’acier, de 268,82 millions de tonnes
(+25,82 %). Pendant la même période, l’investissement
en immobilisation de la sidérurgie a atteint 173,3 milliards de
yuans (+28,1 %) (y compris le triage, la fonte des métaux, la pression
et la prolongation). En octobre, 45 sidérurgies ont décidé
de diminuer leur production de 5 %, pour un total de seulement 350 000
tonnes.
Selon l’Association chinoise de l’acier, la Chine
est devenue en 1996 le premier producteur d’acier du monde. En 2003,
sa production annuelle a atteint 200 millions de tonnes, et en 2005, dépassé
340 millions de tonnes.
La production n’a pas diminué suivant la réduction
de la demande, causant la hausse du prix du minerai de fer du monde, mais
le prix des produits d’acier de la Chine a baissé.
Ce phénomène a attiré l’attention
de la communauté internationale. On craint que les sidérurgies
chinoises en état déficitaire réduisent l’importation
du minerai de fer et les produits d’acier, ce qui influencera l’économie
mondiale.
Mesures
La négociation internationale du prix du minerai de
fer de 2006 est commencée depuis octobre. Le 1er avril 2006 le
prix de l’année 2006 sera connu. Actuellement, il n’y
a pas de tendance à la baisse. Tout en cherchant à renforcer
leur poids dans la fixation du prix du minerai de fer sur le marché
international, les sidérurgies chinoises ont investi leurs efforts
dans la transformation des entreprises. « Le réajustement
de la structure industrielle et le regroupement de la capacité
de production sont la ligne principale du développement de l’industrie
», dit Xie Qihua, président de l’Association chinoise
de l’acier et président du c.a. du Complexe sidérurgique
de Baoshan.
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Le complexe sidérurgique de Taiyuan. Photo:
Ma Yimin
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La Chine éliminera les entreprises arriérées
et contrôlera la capacité de production selon la «
politique de développement de la sidérurgie » élaborée
récemment par le Conseil des affaires d’État.
La Chine compte un millier de sidérurgies. Mais en
2004, seulement 15 entreprises avaient une production annuelle de plus
de 5 millions de tonnes, représentant 45 % de la production totale
du pays. Plusieurs entreprises à bas rendement seront achetées
par les entreprises à haute production. Les entreprises à
haute consommation, à grave pollution et à l’équipement
démodé seront éliminées d’ici trois
ans.
Song Jijun, vice-président de l’Association du
secteur métallurgique de la province du Hebei, a dit que le Hebei
établira deux grands groupes sidérurgiques centrés
sur les complexes sidérurgiques de Handan et Tangshan. Les 202
sidérurgies actuelles fusionneront à 40 en 2010.
Le Hebei est un grand producteur d’acier, mais ses entreprises
sont dispersées, l’équipement inadéquat, la
valeur ajoutée peu élevée. En 2004, la production
annuelle de chaque sidérurgie était en moyenne de 430 000
tonnes. Seulement Tangshan et Handan avaient respectivement une production
annuelle dépassant 6 millions de tonnes, et quarante entreprises
avaient respectivement une production annuelle de plus de 500 000 tonnes.
Le 3 novembre dernier, dix grandes sidérurgies chinoises
sont parvenues à une parfaite identité de vues afin d’accélérer
le regroupement de la sidérurgie et d’éliminer les
entreprises de basse production.
Qi Xiangdong, secrétaire général adjoint
de l’Association chinoise de l’acier, croit que la production
de l’acier en 2006 continuera d’augmenter, mais la quantité
et la proportion seront inférieures à celles de 2005. La
Chine entrera dans une bonne période de développement.
Le développement de l’économie chinoise
fournit la garantie du regroupement et l’occasion au développement
de la sidérurgie chinoise. Xu Kuangdi, de l’Académie
d’ingénierie de Chine, croit qu’au cours des dix prochaines
années la consommation de l’acier en Chine augmentera. En
2015, elle devrait être de 30,6 milliards de tonnes. L’urbanisation
chinoise pousse la demande de câbles d’acier. L’industrialisation
pousse la demande de plaques d’acier, et la mondialisation, le progrès
technique de la sidérurgie, dit Xu.
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