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Xie Qihua, la dame d’acier
Jing Wen
Le magazine américain Fortune a publié
dans son édition du 31 octobre la liste des 50 femmes d’affaires
les plus puissantes du monde en 2005. Deux Chinoises se trouvent parmi
les « Top 10 » : Xie Qihua, présidente du groupe sidérurgique
Shanghai Baosteel, et Ma Xuezheng, CFO du groupe Lenovo. Il est remarquable
que Xie Qihua figure en même temps au palmarès des «
50 femmes qui comptent dans le monde » publié par le Wall
Street Journal, en compagnie d’une autre Chinoise, Wu Xiaoling,
vice-présidente de la Banque du Peuple de Chine.
Les journalistes qui interviewent Xie Qihua sont toujours
avertis de ne pas aborder de questions personnelles. Ainsi, la vie quotidienne
reste secrète et une « dame d’acier » s’est
dessinée dans l’imaginaire populaire.
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Xie Qihua, présidente du groupe Shanghai Baosteel.
Newsphoto
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« Elle gère le sixième groupe sidérurgique
du monde qui produit 20 millions de tonnes d’acier par an »
; voilà la Xie Qihua qu’on connaît par les médias.
« Portant des lunettes, en tenue simple, elle parle
toujours d’un ton doux et se comporte d’une manière
légèrement masculine ». Ses proches la présentent
ainsi : « Une femme gentille, résolue et douée de
force cohésive ». Une femme tellement raffinée dirige
le groupe Baosteel, plus grand complexe sidérurgique du pays et
sa société, Baoshan Iron and Steel Co.Ltd, est considérée
comme le fer magique qui stabilise le marché financier du pays.
En plus de la présidence du groupe Baosteel, Xie assume
plusieurs autres fonctions dont la suppléance au Comité
central du PCC et la présidence de la CISA (China Iron & Steel
Association). Une des 100 femmes d’importance dans le monde, une
des dirigeantes les plus puissantes de Chine, personnage 2004 parmi les
femmes d’affaires de Chine, et personnage 2004 de l’économie
chinoise élue par la CCTV constituent d’autres de ses lauriers.
De technicienne à dirigeante
Xie est née à Shanghai en juin 1943 d’une
famille originaire du district de Jiangyin du Zhejiang. En 1968, elle
a obtenu son diplôme en génie civil à l’université
Qinghua. Puis elle a travaillé à l’aciérie
du Shaanxi comme technicienne ordinaire.
En octobre 1978, elle a adhéré au groupe Baosteel
qui était encore en établissement. D’abord chef de
l’équipe technique du service de construction de base, et
a été promue vice-présidente et P.-D.G. du groupe
en 1994. En 2000, elle a occupé le poste de présidente de
Baoshan Iron & Steel Co., Ltd. Dès février 2003, elle
est devenue présidente du groupe, cumulant deux autres fonctions.
En janvier 2005, elle a renoncé au siège de P.-D.G. du groupe.
Depuis 1978, elle n’a cessé de contribuer au
développement du groupe. « Être dirigeante d’une
société sidérurgique, je n’y avais jamais pensé
», a-t-elle dit.
Une fois à la tête, son premier grand geste a
été de chercher des collaborateurs. Avec l’autorisation
du Conseil des affaires d’État, la gestion des aciéries
de Shanghai et de Meishan a été confiée à
la société Baosteel, formant ainsi le groupe sidérurgique
Shanghai Baosteel, le premier du pays dont l’actif dépasse
100 milliards de yuans.
Après des mesures de concentration et d’élargissement,
Xie a mis en scène l’alliance entre Baosteel et le groupe
Shougang et WISCO (Wuhan Iron and Steel Group), dans le but de forger
le vaisseau amiral du secteur sidérurgique du pays par le marketing,
la recherche, la gestion et l’opération des capitaux. Grâce
à cette alliance de forces, Baosteel a pu s’imposer parmi
les douze entreprises similaires du monde d’une envergure de dix
millions de tonnes.
Troisième du monde dans cinq ans
Lucide et pondérée, Xie conduit le groupe sur
une voie de perfectionnement, de gestion moderne et d’expansion
assurée.
Collaborant avec Arcelor s.a., Baosteel a fait son premier
pas vers l’internationalisation en signant un protocole d’accord
avec CVRD du Brésil en janvier 2004 concernant l’établissement
d’un atelier de moulage de tôles d’acier. Il s’agit
du plus grand projet d’investissement chinois direct à l’étranger,
et du signe de l’expansion de Baosteel sur le marché d’outre-mer.
Avec son chiffres d’affaires de 120,4 milliards de yuans
(14,548 milliards de USD), le groupe Baosteel a été une
des premières entreprises manufacturières chinoises sur
la liste des 500 plus puissantes du monde publiée le 12 juillet
par Fortune, se plaçant au 372e rang. Sur la liste de
2005, Baosteel a avancé jusqu’à la 309e place, en
réalisant un chiffre d’affaires de 19,543 milliards de USD.
Selon le Fortune, Xie Qihua a apporté au groupe
des profits record et a obtenu de grands succès dans un secteur
dominé par les hommes.
En accueillant le XIe Programme quinquennal, Xie a établi
de nouveaux objectifs : produire 30 millions de tonnes, viser 40 millions,
penser 50 ; former l’embryon du système de fonctionnement
intégral en 2005 ; atteindre le 3e rang en 2010 par l’intégration
des opérations.
Nouvelle politique, nouveau développement
La nouvelle « Politique du développement de l’industrie
sidérurgique » a été officiellement promulguée
en juillet 2005 en Chine. Quelle influence exercera-t-elle sur le secteur
sidérurgique du pays? Comment Baosteel cherche-t-il un développement
plus rapide dans le nouveau contexte? En qualité de présidente
de la CISA, Xie a son opinion.
La Chine a été le premier producteur d’acier
du monde pendant neuf ans. En 2004, la production a atteint 273 millions
de tonnes. De cette quantité, 60 % sont des fils d’acier,
une proportion non rationnelle puisque les secteurs naval, de l’automobile,
de machines et équipement et d’électroménagers
ont plutôt besoin de tôles d’acier de haute qualité
qui dépendent encore de l’importation. En outre, l’investissement
désordonné conduit le secteur à un développement
malsain. Dans ce cas, des critères d’accès et des
exigences d’envergure et de niveau d’installation sont nécessaires
pour protéger l’environnement et économiser l’énergie.
Les équipements qui ne répondent pas aux exigences ne peuvent
être installés ou doivent être démantelés
dans le délai prescrit.
Cette macropolitique ne coupe pas tout d’un seul coup.
Les manufacturiers de produits de haute qualité et demandés
sur le marché, comme Baosteel, ne seront aucunement touchés.
Quant aux producteurs de fils d’acier, ils subiront une baisse de
prix politique qui tend à mettre fin au surplus de la production
et à optimiser la structure du secteur et des produits.
La « Politique » a appelé la création
dans l’ensemble du pays de deux complexes sidérurgiques d’échelon
30 millions de tonnes, un objectif réaliste selon Xie.
« Baosteel a déjà réalisé
une production de 21 millions de tonnes, et visera 30 millions pendant
le XIe Programme quinquennal. La fusion et la réorganisation entre
les sociétés sidérurgiques de Anshan et de Benxi
dans la province du Liaoning ont déjà démarré.
Une production de 30 millions de tonnes ne sera pas une mission impossible
pour la nouvelle entité », a-t-elle indiqué.
Plan d’annexion
Les sociétés sidérurgiques transnationales
accélèrent leur plan d’acheter les sociétés
chinoises. À cet égard, Xie a souligné l’importance
de la concentration des sociétés nationales. Dans ce domaine,
Baosteel a déjà achevé la fusion avec les sociétés
sidérurgiques de Shanghai et de Meishan. En sept ans de fusion,
le groupe a réorganisé ses membres, remodelé les
vieilles entreprises, réduit son personnel (de 176 000 personnes
à 90 000), et investi des dizaines de milliards de yuans dans la
rénovation technique. « Il faut bien digérer l’ancienne
fusion afin d’annexer de nouveaux membres », a-t-dit Xie.
Actuellement, Baosteel projette de construire une usine à
Zhanjiang au Guangdong, et une autre à capitaux mixtes au Brésil.
D’après Xie, les études de faisabilité
du projet au Brésil sont accomplies pour l’essentiel. Les
avis et propositions concernés sont déjà approuvés
par les autorités compétentes. Ce qui reste à concrétiser,
c’est la condition du terrain, la protection de l’environnement
et les installations de génie civil, déjà confiés
au partenaire brésilien. Le montant d’investissement prévu
est de 1,5 milliard de USD et augmentera très probablement.
Quant au projet de Zhanjiang, on a déjà entrepris
les préparatifs en attendant l’approbation de l’État.
La « Politique » encourage les sociétés sidérurgiques
à investir dans les régions côtières, d’où
est né notre projet. Par ailleurs, ce projet est impliqué
dans la réorganisation et le remodelage des vieilles entreprises
du Guangdong dont les aciéries de Shaoguan et de Guangzhou.
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