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L’utilisation de manuels étatsuniens peut-elle
aider les élèves ?
Un colloque international sur l’enseignement des sciences
dans les écoles primaires, à la fin d’octobre 2005
à Beijing, a décidé de présenter une série
de manuels publiés aux États-Unis à dix écoles
primaires pilotes locales dès l’automne prochain. Actuellement,
les professeurs des écoles choisies reçoivent une formation
fournie par l’Institut national de recherche en éducation.
Des personnes du milieu ont expliqué que c’est un cours à
l’essai et qu’il faudra du temps pour prouver si les manuels
de sciences étrangers conviennent aux élèves chinois.
Le nouveau cours couvre quatre aspects de la science - sciences
de la vie, sciences de la Terre, science matérielle et dessin technologique,
et se divise en quatre étapes - focalisation, recherche, réflexion
et application. Les matériaux didactiques comprennent les manuels
du professeur et de l’élève, les cahiers et une boîte
d’outils. Actuellement, l’organisateur s’occupe de la
traduction et de la localisation des matériaux.
Pour devant toute nouveauté, divers milieux ont différents
points de vue. Les partisans croient que les manuels étrangers
développeront la créativité des élèves
aussi bien que d’autres capacités et sont en conformité
avec un concept éducatif d’ouverture. Mais les adversaires
arguent du fait que si le concept de l’éducation, la réforme
du système d’éducation et les méthodes d’enseignement
courants en Chine ne sont pas améliorés dans l’ensemble,
l’introduction de n’importe quel genre de manuel est aveugle,
irresponsable et condamnée à l’échec.
Essai du nouveau concept
Xu Xiao (professeur au collège Shudu de Chongqing).
L’introduction de manuels étatsuniens est un essai d’un
concept éducatif avancé. En fait, ce n’est pas le
premier cas en Chine ; on peut voir dans plusieurs régions l’enseignement
bilingue. L’utilisation du manuel étatsunien pur est considérée
comme un élément de leurs cours. Cette fois, la différence
est que le matériel didactique est traduit en chinois.
Aujourd’hui la recherche scientifique se développe
rapidement avec de nouvelles technologies émergeant presque quotidiennement.
Le contenu et la méthode d’enseignement ne peuvent plus suivre
le développement rapide de la société moderne. Pour
réaliser la modernisation de l’économie et de l’éducation,
la Chine devrait étudier les systèmes d’éducation
du monde et assimiler l’expérience de pointe d’autres
pays dans les domaines du manuel, du contenu et de la méthode d’enseignement
pour les appliquer dans notre pays.
Tous les professionnels de l’éducation savent
qu’en plus de fournir des connaissances, l’enseignement doit
cultiver et améliorer les aptitudes des élèves. Cela
attire l’attention d’un nombre toujours croissant de pays.
Actuellement, le programme d’enseignement de la Chine a déjà
fixé comme un de ses objectifs « cultiver la capacité
des élèves à apprendre et appliquer la science. »
Le plus remarquable avantage des manuels étatsuniens
consiste à développer la créativité entre
autres aptitudes des élèves. Si les manuels importés
peuvent être intégrés parmi les manuels locaux, le
résultat sera spectaculaire. Actuellement, le nouveau concept d’éducation
vise à combiner les points forts des enfants occidentaux comme
l’étendue des connaissances, la créativité,
l’indépendance, la faculté d’adaptation et de
pratique avec les mérites des enfants chinois tels que la pensée
logique, la profondeur des connaissances, le niveau de compréhension
et l’obéissance.
Si la Chine entend progresser dans le monde fortement concurrentiel,
elle a besoin de créateurs talentueux, et l’importation de
ces manuels favorisera la réalisation de cet objectif.
Liu Peijin (rédacteur de revue). Utiliser
le manuel étatsunien et lire les classiques chinois sont des tentatives
profitables d’éducation de l’enfance. Le premier apprend
auprès de l’Occident, et le second, de l’antiquité.
Les deux ont des mérites.
Cependant, l’introduction des méthodes d’éducation
ou matières d’enseignement avancées exige un esprit
ouvert. Au début du XXe siècle, Cai Yuanpei, président
de l’Université de Beijing, a exercé le principe de
« pensée libre incorporant divers concepts » dans l’approche
pédagogique. Son esprit d’ouverture et de tolérance
a laissé un legs splendide à l’Université de
Beijing.
Même si l’essai échoue, nous devons maintenir
l’esprit d’ouverture dans l’éducation et ne jamais
cesser d’expérimenter.
Wu Xiangyang (professeur à l’Université
de Guangxi). Bien que les scientifiques soient de différentes
nationalités, leurs accomplissements scientifiques ne connaissent
aucune frontière. À mon avis, notre pays devrait absorber
n’importe quoi de positif et raisonnable.
L’expérience des autres pays prouve que ces manuels
adoptant une approche scientifique sont influents. Je crois que les manuels
étatsuniens ont absorbé la quintessence scientifique du
monde et qu’ils ne se limitent sûrement pas à un pays,
une couleur de peau et une ethnie. D’ailleurs, les manuels étatsuniens
font grand cas de cultiver la pensée créative des enfants
et l’intérêt pour l’exploration et la recherche.
C’est exactement ce qui manque aux manuels chinois.
L’introduction de manuels étrangers n’est
pas notre objectif en soi, c’est seulement une voie. Nous devons
rédiger nos propres manuels selon une méthode plus scientifique
et plus rationnelle.
Utilité mise en doute
Zhang Hongrui (professeur au secondaire dans la province
du Hebei). Inutile de dire que les manuels étatsuniens
influenceront positivement l’enseignement à l’école
primaire en Chine. Cependant, tirer profit des manuels étrangers
ne signifie pas « en dépendre ». Si on ne peut équilibrer
le rapport entre les manuels étrangers et les nôtres, il
en résultera une perte de notre contexte historique et des aspects
sociaux de l’éducation chinoise, tout en masquant les lacunes
de notre éducation.
L’enseignement élémentaire a son propre
terrain et son contexte de développement. L’en détacher
signifie s’attacher au secondaire au détriment du principal.
Abandonner simplement la tradition pour copier la théorie
occidentale mettrait en jeu l’avenir de milliers d’élèves.
Qui peut assumer ce risque ? Qui a le droit de procéder à
cette expérience avec nos enfants ?
Le problème fondamental de l’éducation
ne réside pas dans nos enfants, leurs parents, les écoles
ou les professeurs, mais dans le système d’éducation
actuel - un enseignement orienté vers les examens. Par conséquent,
si l’on ne peut résoudre ce problème de fond, il ne
sert à rien d’emprunter des manuels des États-Unis.
Jiang Houliang (aspirant à la maîtrise
à l’université des Sciences politiques et juridiques
de Chine). On peut imaginer que ce genre de manuel sera populaire
au début, puis deviendra une autre simple série de matériaux
de lecture. À mon avis, la fonction d’un manuel n’est
pas d’enseigner des connaissances, mais d’enseigner comment
penser et comment apprendre par soi-même. La réalisation
de cette fonction est étroitement liée au système
et à la méthode d’enseignement.
Actuellement, l’enseignement primaire et secondaire
en Chine ne peut quitter l’orientation vers l’examen ni se
délivrer de l’ombre de l’enseignement utilitaire. Par
conséquent, le destin des manuels étatsuniens sera ou bien
de prendre fin prématurément du fait qu’il ne s’adapte
pas à la condition chinoise, ou bien de devenir une « Bible
d’examen » pour des étudiants.
L’introduction de nouveaux manuels est exactement comme
la transplantation, qui exige un milieu approprié. Il faut préparer
l’introduction de nouveaux manuels en réformant les concepts,
le système et les méthodes d’enseignement et en fournissant
une garantie institutionnelle à l’utilisation de manuels
étrangers. Autrement, n’importe quelle introduction de nouveaux
manuels est aveugle, irresponsable et vouée à l’échec.
Wei Liuming (pigiste). Si la science n'a
pas de frontière, pour le talent il n’en va pas de même.
Actuellement, les pays développés tâchent d’attirer
l’élite du monde, particulièrement celle des pays
en développement. L’exode des compétences est déjà
un grand obstacle au rétrécissement de l’écart
entre le Sud et le Nord. Quelques universités célèbres
de Chine sont même devenues une formation préliminaire pour
quelques universités étrangères. Plusieurs Chinois
diplômés à l’étranger ne reviennent pas.
Pour changer cette situation, en plus d’améliorer les conditions
de recherche scientifique du pays, nous devons renforcer le patriotisme.
Si les Chinois étudient dans des manuels étatsuniens
quand ils sont jeunes, quel effet à long terme verrons-nous? Une
génération « Americanized » ? Je ne peux comprendre
pourquoi l’administration de l’éducation fait une telle
proposition, qui pourrait endommager le futur de la nation chinoise.
Nous ne nous opposons pas à adopter des concepts d’éducation
avancés, mais nous ne pouvons les copier aveuglément ou
automatiquement. L’éducation de base aux États-Unis
n’est pas parfaite. Leurs enfants ne sont pas intéressés
à la recherche scientifique, particulièrement en sciences
fondamentales. Les chercheurs actuels proviennent principalement du «
Tiers-Monde ». Si nous copions les manuels étatsuniens aveuglément,
nous magnifierons l’échec de l’éducation scientifique
étatsunienne et apporterons une influence négative inestimable
sur le futur de la Chine.
Le système d’éducation de base étatsunien
souligne la participation d’enfant et le développement de
sa créativité, ce qui est bien. Mais ce sont les éducateurs
et les administrateurs qui devraient apprendre d’abord, pas les
enfants, car s’ils ne changent pas leur concept périmé,
n’importe quel manuel est inutile. Il faut combiner l’esprit
étatsunien et la condition chinoise, puis rédiger sur cette
base un manuel à la chinoise, pas traduire les manuels étrangers
! Les milieux pédagogiques chinois sont-ils si paresseux ?
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