D’entreprise à parc industriel

Ding Zhan

En 1997, la Zambie et la Chine ont créé en coopération une entreprise textile. Installée dans le voisinage de la célèbre grande pierre de Mulungushi, l’entreprise se nomme Zambie-Chine Mulungushi Textile Joint-Venture Ltd. Mulungushi a le sens de « sain et heureux ».

Fondée il y a huit ans, l’entreprise, qui a surmonté diverses difficultés, s’est développée d’usine de textile et d’impression et teinture à parc industriel moderne rassemblant le traitement du coton, la confection de vêtements et de couvertures de laine et l’exploitation foncière.

Remettre sur pied

Remontant aux années 1970, la Chine a prêté sans intérêt à la Zambie 11,17 millions de livres sterling pour la construction d’une grande usine textile. Mise en construction en 1978 et en production en 1983, l’usine a acquis une bonne rentabilité économique. Dix ans après, les experts chinois ont quitté le pays, laissant la gestion de l’usine à la Zambie. Mais la détérioration de la situation macroéconomique en Zambie et d’autres raisons comme la faiblesse de gestion ont nui au fonctionnement.

Le président de Zambie à l’inauguration d’un poste de relais électrique construit par la Chine.

En juillet 1995, la Zambie a invité les responsables de départements concernés chinois à procéder à une inspection. Les experts ont proposé de réorganiser une entreprise à capitaux mixtes afin de ranimer l’usine. Les deux parties étaient d’accord pour que la partie chinoise détienne 66 % des actions avec 11,17 millions de livres sterling d’investissement initial et 1,5 million de dollars US pour la réparation ; la partie zambienne détient 34 % des actions. Le président du conseil d’administration, le directeur général et les administrateurs principaux sont envoyés par la Chine. Le gouvernement chinois a également fourni 200 millions de yuans de prêt préférentiel, et confié à la Compagnie générale de textile de Qingdao l’administration et la gestion de l’entreprise, car ce projet d’assistance relevait auparavant du département de textile de Qingdao.

En janvier 1997, une trentaine d’experts chinois débarquaient en Zambie. Ils ont révisé 759 machines en vingt jours, fixé les règlements de travail et recruté des ouvriers. En juin de la même année, les principaux indicateurs de la production dépassaient le niveau record de l’histoire de l’usine.

Créer une cité de textile

Pour élever l’efficacité de la production, améliorer la qualité et varier les produits, l’entreprise a investi par la suite plus de cinq millions de dollars pour renouveler l’équipement. Par ailleurs, 12 000 fuseaux et 280 métiers à tisser ont été renouvelés. On a également introduit de Chine la nouvelle technologie d’impression et teinture et le système de conception par ordinateur.

Comme l’achat du coton en Zambie est monopolisé par quelques grandes compagnies, le prix est élevé et l’approvisionnement n’est pas assuré ; l’entreprise doit l’importer de Tanzanie, ce qui a beaucoup élevé le coût de production. L’entreprise a alors commencé à explorer le mode « entreprise plus foyers paysans ». L’entreprise vend à crédit les semences, les engrais chimiques et les insecticides aux fermiers, et déduit ces frais de l’achat du coton. Actuellement, la coopération implique plus de 5 000 foyers paysans et 10 000 ha. On a non seulement rabattu le coût de production mais aussi vendu à la Chine 5 000 tonnes de coton.

Pour maximiser la rentabilité économique, l’entreprise a investi successivement dans deux usines de laminage du coton et une d’huile de coton. Il s’est formé une chaîne de production depuis la plantation du coton, l’achat, le traitement, la filature, le tissage, l’impression et la teinture, jusqu’à la confection de vêtements. L’envergure de l’entreprise est au premier rang en Zambie, et même considérée comme puissante dans la région d’Afrique du Sud.

L’entreprise a établi vingt magasins en chaîne à travers le pays, et deux filiales en Tanzanie et en Namibie. Les produits sont exportés vers une dizaine de pays comme l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Mozambique et le Malawi, par vente directe ou par des agents.

De plus, l’entreprise a construit des installations assez complètes comprenant bureaux, salle d’exposition, cantine pour employés et ouvriers, logements, potagers et enclos d’élevage. Une véritable cité du textile est établie.

Construire un parc

Sur cette solide base industrielle, l’entreprise a fixé un nouveau point de départ profitant de l’occasion que le gouvernement zambien projette d’installer une zone de transformation des produits pour l’exportation à Kabwe, ainsi de ses ressources en terre (170 ha), en eau, en électricité et en gaz, pour construire le parc industriel de Mulungushi (Qingdao) dans le but d’attirer les investisseurs de Chine et d’autres pays.

Le projet a gagné le soutien énergique du gouvernement zambien, de l’ambassade de Chine en Zambie et de la municipalité de Qingdao. En novembre 2003, lors de la visite du président zambien en Chine, les deux pays ont signé une lettre d’intention concernant l’établissement du parc industriel de Mulungushi (Qingdao) en Zambie.

Ce parc se situe à Kabwe, dans la province du Centre. Quatrième grande ville de Zambie, Kabwe est d’un accès facile et la route intercontinentale qui traverse l’Afrique du Sud-Est la traverse.

Aujourd’hui, la première phase des travaux, qui comprennent l’édifice à bureaux, le centre de recherche et de développement, le centre d’information et le centre d’approvisionnement en électricité, sont achevés ; la deuxième phase comprenant le centre de commerce, le centre de distribution, le traitement du tissu, le traitement des produits alimentaires, céréaliers et oléagineux, et la troisième phase, comprenant les usines d’engrais chimiques, d’insecticides et de machines agricoles, d’expérimentation scientifique et technologique en agriculture et la zone d’habitation, seront mis en construction l’un après l’autre.

 
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