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L’énergie éolienne
Tang Yuankai
Dans les eaux de Laoyemiao du lac Poyanghu, dans la province
du Jiangxi, les bateaux qui ont connu le même sort que Titanic sont
innombrables. Rien que depuis 1960, plus de 100 bateaux ont coulé
inexplicablement dans ces eaux obscures. Selon des spécialistes,
les forts courants d’air qui se forment dans des montagnes entourant
le lac seraient la cause des tragédies.
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Une nouvelle centrale éolienne à Yumen
au Gansu.
Photo: Song Changqing
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Actuellement, cette province du sud-est déploie des
efforts pour mettre en valeur ses ressources éoliennes auparavant
catastrophiques. Dès cette année, la province travaillera
énergiquement au développement de l’énergie
éolienne avec le lac Poyanghu comme « zone optimale de développement
».
Le Jiangxi est l’une des provinces de l’intérieur
du pays qui comptent le moins de réserves d’énergie
primaire. Son charbon ne représente que 0,137 % de la totalité
du pays et son énergie hydraulique exploitable, 1,5 %. Environ
les deux tiers de ressources énergétiques non-renouvelables
dont elle a besoin sont assurées par d’autres régions
du pays. Dans la dernière décennie, pour satisfaire à
la demande croissante suscitée par le développement économique,
le Jiangxi a intensifié la production d’énergie aussi
bien que l’introduction extérieure comme l’électricité
de la centrale des Trois Gorges. Par ailleurs, il a réorganisé
la structure énergétique pour diversifier la production,
y compris l’exploitation de l’énergie éolienne
qui est propre et renouvelable.
« La Chine est riche en ressources d’énergie
éolienne et a un potentiel d’exploitation considérable
», a dit Xie Changjun, président du conseil d’administration
du groupe d’entreprises électriques Longyuan de Chine. Les
ressources d’énergie éolienne sont surtout dispersées
dans les prairies du nord, du nord-ouest et du nord-est, le désert
de Gobi du nord-ouest, ainsi que dans les régions côtières
et les îles de l’est et du sud-est. Dans l’ensemble,
ces régions sont à court de charbon et d’autres énergies
classiques. D’après Wu Guihui, directeur adjoint du Bureau
d’énergie de la Commission d’État pour le développement
et la réforme (CEDR), les ressources d’énergie éolienne
exploitable du pays sont de l’ordre de 1 milliard de kW, dont 253
millions de kW sont à dix mètres au-dessus du sol et 750
millions en mer.
Ces dernières années, la capacité installée
de production d’énergie éolienne a augmenté
rapidement pour dépasser le million de kilowatts en 2005. Selon
le « Programme de développement à moyen et long termes
des énergies renouvelables » mis au point par la CEDR, dans
les cinq prochaines années, la capacité nouvellement installée
de production d’énergie éolienne devra atteindre à
3,3 millions de kW pour que la capacité totale atteigne 4 millions
de kW en 2010, 10 millions en 2015 et 30 millions en 2020.
Encouragement politique
« La Chine encouragera davantage l’exploitation
et l’utilisation des énergies renouvelables et développera
vigoureusement les technologies de production d’électricité
éolienne et solaire ainsi que d’autres énergies renouvelables
», a dit Zhang Guobao, directeur adjoint de la CEDR, lors de la
Conférence internationale de Beijing 2005 sur les énergies
renouvelables tenue en novembre dernier.
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Montage d'un groupe générateur dans
une centrale éolienne à Urumqi. Photo: Wang Min
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À fin de 2005, la CEDR a approuvé 18 projets
d’application industrielle de hautes technologies des énergies
nouvelles et renouvelables et leur a assigné environ 100 millions
de yuans. Dans les plans quinquennaux des services concernés, la
plus haute priorité a été accordée au développement
de nouvelles énergies. L’électricité éolienne
et l’hydroélectricité sont considérées
comme les deux énergies propres qui s’adaptent le mieux aux
conditions de la Chine. La production d’envergure d’électricité
éolienne est le choix stratégique le plus réaliste
pour résoudre la pénurie d’énergie du pays.
Elle deviendra une nouvelle industrie aux belles perspectives commerciales,
au lieu du moyen supplémentaire qu’elle était par
le passé.
Les données montrent que les énergies renouvelables
comme l’électricité éolienne représentent
environ 10 % de la consommation d’énergie dans les pays développés,
mais seulement 1 % en Chine. Pour remédier à la situation,
le gouvernement chinois effectue davantage d’investissements dans
la production d’électricité éolienne et encourage
l’exploitation par de multiples canaux de financement. Par ailleurs,
un représentant du service compétent a indiqué qu’il
faudrait tenir pleinement compte du progrès technologique et accélérer
la fabrication au pays tout en introduisant des technologies de pointe
de l’étranger.
Le 10 août dernier, la CEDR a publié la «
Circulaire sur les stipulations relatives à la gestion de la production
d’énergie éolienne », définissant les
normes de construction de la centrale éolienne et fixant le prix
de l’électricité éolienne. Auparavant, le ministère
des Finances et l’Administration nationale des affaires fiscales
ont publié conjointement un document permettant de diminuer de
moitié les impôts sur la production d’électricité
éolienne.
Selon Zhuang Laiyou, économiste en chef et directeur
du Bureau d’entreprises de la Banque de développement de
Chine (BDC), dans les pays où la production d’électricité
éolienne se développe avec succès, l’industrie
de l’énergie éolienne a bénéficié
de politiques préférentielles qui ont stimulé énergiquement
le développement de cette industrie. La Chine peut s’inspirer
de cette expérience. Les politiques préférentielles
incluent l’allocation aux fabricants de matériel et aux investisseurs
de projets, la réduction d’impôts et la subvention
à la production d’électricité éolienne.
La Chine élabore des politiques semblables.
L’exploitation de l’énergie éolienne
a également obtenu de l’aide financière des services
gouvernementaux tels que la BDC. Depuis le début de 2005, la BDC
s’est engagée à fournir des prêts pour un total
de 3,6 milliards de yuans aux dix projets de construction de centrales
éoliennes d’une capacité installée totale de
686 200 kW du groupe d’entreprises électriques Longyuan (producteur
pilote d’électricité éolienne), des compagnies
d’investissement dans l’économie d’énergie
de Chine, de nouvelles énergies, et de protection environnementale
Huaneng (Huaneng New Energy and Environment Protection. Co., Ltd.), et
d’autres.
« Pour un grand développement de l’énergie
éolienne, nous devons élargir l’envergure de chaque
projet et l’étendue globale du marché de l’énergie
éolienne, sans oublier d’établir un mécanisme
commercial d’investissement et de financement des projets et d’appliquer
un système concurrentiel de taxation », a indiqué
Wang Jixue, du Service de nouvelles énergies du Bureau d’études
des programmes d’hydroélectricité et de ressources
hydrauliques de Chine. Le gouvernement a formulé de nombreuses
mesures favorables à l’exploitation de l’énergie
éolienne ; pourtant, pour en assurer l’application il faut
de nouveaux mécanismes de marché et un meilleur environnement
légal selon Wang.
La Loi sur les énergies renouvelables est entrée
en vigueur le 1er janvier 2006 ; il s’agit d’une politique
industrielle préférentielle fournie sous forme de loi. «
Les politiques et règlements auxiliaires seront publiés
progressivement et le Programme des énergies renouvelables a été
soumis au Conseil des affaires d’État et sera publié
bientôt », a dit Xu Dingming, directeur du Bureau de l’énergie
de la CEDR. Le directeur adjoint de la CEDR, Zhang Guobao, a révélé
récemment que les lois et règlements liés aux énergies
renouvelables seraient au nombre de douze et qu’ils seraient respectivement
rédigés par la CEDR, le ministère des Finances et
l’Administration générale de contrôle de la
qualité, de l’inspection et de la quarantaine.
Dans le passé, des entreprises publiques s’occupaient
de l’exploitation de nouvelles énergies et les entreprises
privées n’étaient autorisées à la faire
que sous forme d’actionnariat. Maintenant, la CEDR a promulgué
des mesures de gestion des projets de concession d’électricité
éolienne, y compris l’établissement, l’investissement
et l’exécution des projets, baissant progressivement le seuil
des projets de nouvelles énergies. Différant de la gestion
qu’on pratique dans les affaires commerciales ordinaires, la gestion
concessionnaire de l’électricité éolienne autorisée
par le gouvernement est adoptée principalement dans l’exploitation
des ressources minérales de propriété d’État
ou la construction d’infrastructures publiques sous la surveillance
du gouvernement. Évidemment, elle a pour but d’attirer des
capitaux privés. La gestion concessionnaire de l’électricité
éolienne unit les économies publique et privée en
un mode où les entreprises assument les risques commerciaux de
projets et le gouvernement porte les risques de changements politiques.
« Comme l’industrie de production d’électricité
éolienne est à haute intensité technologique et que
la demande de capitaux de démarrage est minime, les entreprises
privées ayant un mécanisme de gestion flexible et un sens
aigu du marché auront de belles perspectives de développement
», ont indiqué des observateurs. Le 13 janvier 2006, 112
entreprises privées de l’industrie de nouvelles énergies
de Chine ont créé la Chambre des nouvelles énergies
de la Fédération nationale d’industrie et de commerce
de Chine. Selon Li Hejun, président de cette nouvelle organisation
populaire, la Chambre s’alignera sur la procédure internationale
et promouvra substantivement le développement de l’industrie
en Chine. La Chambre projette d’atteindre 300 membres dans les trois
ans à venir.
Développement technique
Wang Zhongying, un des rédacteurs de la Loi sur les
énergies renouvelables et directeur du Centre de développement
des énergies renouvelables affilié à la CEDR, a indiqué
qu’il faudrait faire de grands efforts pour réaliser la capacité
installée de production d’électricité éolienne
prévue pour 2020. Bien que cette production ait une histoire de
vingt ans en Chine, il existe un grand écart par rapport à
l’Europe, aux États-Unis et même à l’Inde
quant aux technologies et à la gestion, a-t-il ajouté.
Selon Wang, le manque de personnel qualifié et de technologies
de pointe a toujours été l’obstacle majeur au développement
de l’industrie de l’énergie éolienne en Chine,
surtout dans la fabrication d’équipement. Dans le passé,
la Chine, toujours hésitante dans le développement du matériel
de l’électricité éolienne, développait
surtout de petits groupes générateurs et considérait
l’électricité éolienne comme complément
des grands réseaux d’alimentation. Toutefois, dans beaucoup
de pays, on a mis l’accent dès le début sur le développement
d’équipement puissant de connexion avec le réseau
d’électricité. En Chine, 82 % de l’équipement
de production d’électricité éolienne sont importés
et très en retard sur leur producteurs. Le groupe générateur
de 4,5 mégawatts a fait son apparition à la Foire industrielle
de Hanovre en 2004, tandis qu’à la 3e Conférence internationale
sur l’énergie éolienne et l’Exposition des énergies
renouvelables tenues en novembre de la même année à
Beijing, la Chine n’a exposé que son produit de 1 mégawatt.
Des spécialistes comme Zhang Laiyou estiment que la
Chine ne devrait pas limiter son but à court terme à l’économie
des ressources énergétiques et la protection de l’environnement,
mais aussi accorder de l’importance à la fabrication d’équipement
et à la maîtrise des techniques de pointe.
« Lors de l’adjudication de projet, nous pouvons
exiger des soumissionnaires un certain pourcentage d’équipement
de production chinoise. Par là, nous encourageons les compagnies
transnationales à établir des usines en Chine et à
transférer leurs techniques afin de diminuer l’écart
entre la Chine et le monde dans les domaines de la conception, du choix
de l’emplacement, de la construction et de la gestion.
Le coût de revient et la tarification influencent aussi
le développement de l’énergie éolienne. Xin
Jianfeng, directeur du service de planification et d’investissement
de la compagnie d’électricité du Jiangxi, a précisé
que le coût de revient de l’énergie éolienne
se compose à 85 % de l’investissement immobilier. Pour la
production d’électricité éolienne, un des plus
importants goulots d’étranglement réside dans l’énormité
de l’investissement préliminaire qui rend le coût de
revient unitaire plus élevé que celui des centrales thermiques
et hydroélectriques.
Selon Shi Pengfei, directeur adjoint de l’Association
de l’énergie éolienne de Chine, le haut prix de l’électricité
éolienne est l’un des obstacles au développement.
« Il est impossible que les producteurs portent toutes les pertes
dues au prix ; ils le feront inévitablement retomber sur les fabricants
d’équipement en leur demandant de baisser le prix de produits
et de diminuer les bénéfices », a dit Shi. De plus,
les entreprises ont beaucoup de problèmes à résoudre
pour entrer dans le marché d’électricité éolienne.
Par exemple, la durée de service projetée de l’équipement
est généralement supérieure à vingt ans. Pendant
cette période, il est très difficile d’assurer le
fonctionnement du matériel en tout temps et sans aucune panne.
En cas de panne, les pertes seront considérables. L’entretien
du matériel devient ainsi un lourd fardeau.
En outre, le développement de l’énergie
éolienne est restreint par certains autres facteurs défavorables.
Dans le lac Poyanghu, par exemple, plusieurs grandes zones de marais et
d’oiseaux migrateurs protégées se trouvent dans des
endroits convenables à la production d’électricité
éolienne. « Dans ces zones, les conditions géologiques
sont compliquées et les voies de navigation restreignent la construction
de centrales électriques qui doit tenir compte de l’ensemble
des conditions géologiques, de transports, de la protection environnementale
et du raccordement avec les grands réseaux d’alimentation.
Ainsi restreinte, la production réelle d’électricité
éolienne sera relativement basse dans notre province », a
dit Zheng Muchun, chef du Service d’énergie de la Commission
provinciale pour le développement et la réforme du Jiangxi.
La plupart des experts jugent que, théoriquement, les
réserves d’énergie éolienne et la quantité
exploitable sont considérables en Chine. Pourtant, les grandes
potentialités de marché et la faible base industrielle demandent
que l’industrie déploie des efforts inlassables tant dans
l’élaboration de sa stratégie, le développement
de technologies, que la gestion et la prise de décisions politiques.
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