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Des finances transparentes
Lan Xinzhen
Comment le gouvernement chinois dépense-t-il son revenu
financier annuel de trois billions de yuans ?
C’est une question qu’on entend dans toutes les
conversations, cependant la plupart des Chinois n’ont pas de réponse.
Cette situation est sur le point de changer car d’ici deux ou trois
ans, la Chine aura établi un système financier public dont
l’un des objets consiste à rendre plus transparentes les
dépenses financières.
Dépenses financières
Avant 2000, le ministère des Finances assignait un
budget aux secteurs de service public sur la base des crédits de
l’année précédente et selon la proportion d’augmentation
du revenu financier de l’année courante.
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Le service public comme les soins médicaux
doivent obtenir davantage de soutien financier. Photo Yue Yuewei
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Dès 1998, la Chine a commencé à réformer
sont système financier afin de répondre à l’économie
de marché, et en 2000, elle a commencé à baser le
budget des départements sur un plan de dépenses financières,
à savoir définir tout d’abord les dépenses
fondamentales, puis ajouter les dépenses des projets.
Actuellement, on compte dans le pays quelque 130 départements
budgétaires de première classe y compris les organes relevant
directement de l’autorité centrale comme les ministères,
les gouvernements provinciaux et ceux des municipalités relevant
directement de l’autorité centrale.
Distribuée selon le quota, la dépense élémentaire
fournit le capital nécessaire au fonctionnement normal des départements
y compris la consommation d’eau et d’électricité,
les dépenses administratives et les frais de déplacement
et de conférence.
La dépense des projets comprend la grande exploitation
de l’Ouest, la transformation de l’ancienne base industrielle
du Nord-Est, l’investissement dans l’éducation et la
construction d’infrastructures.
D’après le Pr. Jing Ming, expert du ministère
des Finances, cette planification d’ensemble assure la mise en œuvre
de projets d’importance, mais manque de transparence et suscite
des problèmes.
Premièrement, de nombreuses causes qui fonctionnent
selon les exigences du marché sont intégrées dans
les dépenses publiques, entraînant l’augmentation de
la dépense financière et la réduction de l’investissement
dans la cause publique comme l’éducation, la science et la
technologie. Deuxièmement, la structure de la dépense financière
est irrationnelle : la croissance en flèche des frais administratifs
occupe la dépense des projets publics d’urgence et de la
garantie sociale. Troisièmement, à cause du manque de contrôle
efficace, des capitaux sont détournés ou gaspillés
en cours de route.
Assainir le système financier public
Pour remédier aux phénomènes malsains,
le gouvernement chinois est en train d’implanter un système
financier public. La réforme des systèmes financier et fiscal
figure parmi les priorités du XIe Programme quinquennal de développement
(2006-2010).
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Le développement des industries de haute technologie
et de gros risque ont besoin du soutien financier. Photo Zhao
Jianwei
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Selon le ministre des Finances, Jin Renqing, d’ici cinq
ans, la Chine aura perfectionné son système de dépenses
financières publiques, qui maintient le principe fondamental de
la primauté de l’homme, afin de permettre aux contribuables
de partager les fruits de la réforme et du développement.
Il est essentiel pour le gouvernement d’optimiser constamment
la structure des dépenses financières, de se retirer graduellement
des champs généraux, compétitifs et axés sur
le profit et de s’orienter vers les régions et secteurs pauvres
et les groupes à faible revenu.
Désormais, les finances chinoises appliqueront la politique
fiscale préférentielle afin d’augmenter l’emploi,
d’améliorer le système de bien-être social,
la collecte des fonds réservés à l’éducation
obligatoire dans les campagnes, la réforme du système médical
et la cause culturelle d’intérêt public, et de régulariser
la distribution des revenus visant à rétrécir l’écart
interrégional et à promouvoir le développement harmonieux
régional.
Liu Hezhang, membre du Comité permanent de l’APN,
croit que la transparence du budget de chaque dépense financière
est plus importante que la destination des dépenses.
Bien qu’un rapport de budget du gouvernement soit soumis
par le ministère des Finances à la session annuelle de l’APN
pour la délibération chaque année en mars, ce rapport
ne donne pas une image complète de la planification du budget puisqu’il
contient seulement une partie de dépenses publiques, à savoir,
des subventions financières budgétaires. En fait, d’autres
sources de capitaux du gouvernement comme les capitaux extrabudgétaires
et les fonds demeurent toujours ambiguës pour les législateurs,
a ajouté Liu.
Transparence du budget
Zhang Ming, chercheur de l’Académie des sciences
sociales de Chine, a dit que le ministère des Finances est à
l’étude d’un système budgétaire plus
transparent et plus rationnel. D’après lui, les dépenses
budgétaires publiques couvriraient trois domaines :
I. Service public. Il comprend l’édification
du pouvoir et le développement social. Les départements
législatif, juridique, administratif et de défense nationale
appartiennent au pouvoir de l’État. En raison de la nature
de leur fonctionnement quotidien, ils ne peuvent produire leurs propres
fonds. Par conséquent, la subvention provenant du budget public
est nécessaire pour assurer leur service régulier et leur
travail normal. Le développement social touche l’éducation
obligatoire, la recherche de base, l’hygiène, la protection
des vestiges et monuments, les bibliothèques publiques et les musées
etc., qui dépendent aussi du budget public. D’autres institutions
telles que les établissements d’enseignement supérieur,
les instituts de recherche appliquée, les groupes artistiques qui
ont pour mission de protéger et promouvoir le patrimoine culturel
national sont autorisés à percevoir des frais des consommateurs,
puisque le budget public n’assure que leurs frais d’exploitation
de base.
II. Développement économique. La planification
du budget public vise fondamentalement les programmes non compétitifs,
sans but lucratif et exerçant une influence stratégique
sur le développement économique du pays comme la construction
d’installations publiques et d’infrastructures y compris routes,
ponts, aéroports, quais, installations hydrauliques, de même
que le traitement de la pollution et la protection de l’environnement.
Par ailleurs, l’agriculture et les industries de haute technologie
et à risques élevés telles que la navigation spatiale
et l’exploration des nouveaux matériaux et ressources ont
également besoin de l’investissement gouvernemental.
III. Transfert de paiement. Tout d’abord, il s’effectue
entre les autorités de divers niveaux dans le cadre du système
financier public, visant à égaliser la capacité financière
régionale et à promouvoir le développement économique
des régions moins développées, par exemple sous forme
de subvention financière ou d’assistance monétaire
aux régions pauvres. Le transfert social de ce type est considéré
comme un moyen important de distribuer rationnellement les capitaux publics
et de réaliser le développement interrégional équilibré.
Deuxièmement, le transfert social effectué envers des entreprises
et des individus, qui a pour premier but de soutenir les industries débutantes
et de combler le défi de certaines entreprises publiques causé
par fixation du prix par l’État. Enfin, il met l’accent
sur les assurances sociales vieillesse, chômage, maladie, revenu
minimum vital et secours en cas de calamité. Ainsi la société
peut-elle jouir du droit essentiel à la vie et d’une source
de revenu, et la stabilité sociale et le développement économique
normal sont-ils assurés.
En ce qui concerne l’apurement du budget, l’APN
forme le personnel professionnel. Désormais, le rapport budgétaire
financier ne pourra plus être simplement lu lors de la session,
mais le ministère des Finances soumettra les documents détaillés
pour prouver la nécessité des dépenses et justifier
l’examen.
L’opacité du budget financier gouvernemental
suscite la critique publique. De plus en plus de personnes croient qu’elles
doivent en connaître les détails, qui ne peuvent être
considérés comme un secret d’État.
Actuellement, le système financier public chinois n’est
qu’un cadre ; ainsi faudra-t-il du temps pour le perfectionner.
Problèmes à résoudre
Zhang Xin, directeur de l’Institut des sciences économiques
de l’Université de Xiamen, s’est plaint qu’une
raison historique surcharge les dépenses financières de
la Chine. Vu l’opacité, peu de fonds financiers sont destinés
au bien-être social et le système s’établit
lentement.
Tous les revenus et dépenses du gouvernement doivent
s’intégrer dans le budget gouvernemental. En réalité,
il existe des dépenses hors budget et même hors système,
de sorte que les dépenses financières manquent de contrainte.
Seulement le tiers des actions financières gouvernementales seraient
incluses dans le budget.
« Il est impératif de réformer le système,
d’établir une planification scientifique et des règlements
et de remettre les fonds additionnels au budget gouvernemental. Toute
violation devrait être punie », a souligné Zhang.
Le Pr. Jing Ming a indiqué que le rapport de budget
est soumis à l’APN pour délibération après
le début de l’année budgétaire. En raison du
manque de temps, l’APN peut difficilement l’examiner et le
réviser en profondeur. Par ailleurs, l’autorité légale
manque dans l’exécution du rapport, quelques articles budgétaires
fixés ne sont pas appliqués, l’augmentation et la
diminution du budget, sans appui légal, sont arbitraires.
Les revenus financiers proviennent principalement des impôts
publics, mais le droit de décision de l’utilisation est dominé
par quelques services gouvernementaux et les contribuables n’ont
pas droit de parole. De plus, l’utilisation efficace des fonds est
faible par manque de système d’encouragement.
« C’est seulement par décision directe
de l’APN pour les articles importants des dépenses financières
et le contrôle public que ce problème sera résolu
», a ajouté Jing.
D’après Zhang Ming, dans le passé, beaucoup
de capitaux étaient injectés dans les entreprises d’État
plutôt que dans les secteurs publics, menant d’une part au
manque de compétition des entreprises étatiques, d’autre
part à l’investissement insuffisant dans la protection de
l’environnement, l’éducation de base, les services
médicaux, la sécurité sociale et les infrastructures.
Ainsi, en se retirant des secteurs compétitifs et lucratifs, les
dépenses financières doivent être dévolues
principalement à fournir les produits et les services publics,
à équilibrer le revenu des citoyens et à promouvoir
le développement économique stable.
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