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Le saut de Jincheng
Le saut géant d’une motocyclette chinoise dans
le marché international
Yang Xiaoyu
Quand ils songent à acheter une motocyclette, certains
Africains et Latino-américains pensent à une « Jincheng
». Dans ces pays, Jincheng est devenu synonyme de motocyclette.
Établi à Nanjing, le groupe Jincheng se spécialise
en fabrication et vente d’équipement d’aviation, de
motos et d’équipement d’ingénierie à
pression hydraulique, et sa clientèle s’étend à
l’Asie, l’Afrique, l’Europe, l’Amérique
latine, l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient.
Certains de ses produits ont obtenu la certification E-MARK
et celle du Département des transports des États-Unis. En
Chine, il a été reconnu par l’Administration nationale
de l’industrie et du commerce comme le « leader chinois »
dans le domaine. Cette marque est un produit d’exportation que le
ministère du Commerce s’attend à voir atteindre un
sommet en 2006.
Exportateur de motocyclettes et de technologies dont il détient
les droits de propriété intellectuelle (DPI), Jincheng contribue
au développement de l’industrie nationale. Il s’est
engagé à aider d’autres pays en développement
à faire avancer leur industrie nationale et livre des profits tangibles
à ces économies. La coopération mutuellement avantageuse
a vu Jincheng gagner une part toujours plus large du marché mondial.
Selon les statistiques de la Douane chinoise, Jincheng a exporté
plus de 500 000 motos en 2005, rapportant un profit de plus de 150 millions
de dollars ; c’était la neuvième année consécutive
que la compagnie était en tête de l’industrie chinoise
de la moto pour le total des exportations et les entrées de devises
étrangères.
Un coup de main
« Le support technologique est une partie essentielle
de l’aide dans le but d’emballer l’industrie nationale
d’autres pays en développement », dit Ai Dejie, directeur
général du groupe d’import-export Jincheng. «
Nous sommes toujours prêts à leur fournir la technologie
de pointe. »
Cette affirmation s’appuie sur les prouesses de Jincheng.
La compagnie est chargée d’un important projet de recherche
en automatisation dans le cadre du développement national de la
haute technologie. Elle a actuellement complété les deux
premières phases du programme et reçu l’aval des autorités.
Aujourd’hui, on adopte des modes de gestion et de contrôle
modernes dans les cinq systèmes de la chaîne de valeurs de
Jincheng, de la R&D au marketing.
De plus, la compagnie dirige un centre national de technologie.
En appliquant une technologie d’aviation de pointe au développement
de la motocyclette, elle a donné naissance à cent nouveaux
produits dont elle possède les DPI. Les ventes de ces produits
représentent 90 % du total des ventes. Jincheng détient
également cinquante brevets techniques enregistrés dans
plus de cinquante pays.
Avec l’aide de Jincheng, le Pakistan a pu produire de
l’équipement électromécanique qu’il devait
importer autrefois. Depuis 2000, 80 % du processus de production de motocyclettes,
comme la fabrication des pièces de moteur, l’assemblage et
la vérification, a été localisé. Le Pakistan
a même créé sa propre marque, Sohrab, avec l’aide
de Jincheng. Avec une capacité de production de 100 000 unités
par année, Sohrab vend environ 40 000 motos par an, au troisième
rang du pays.
Jincheng exporte aussi son expérience de gestion et
aide le développement des ressources humaines d’autres pays.
En Colombie, Jincheng est le plus important investisseur chinois, et détient
la majorité des actions d’une entreprise colombienne. Il
a formé des administrateurs et gestionnaires locaux pour l’industrie
du pays avec l’aide d’ingénieurs et administrateurs
chinois hautement qualifiés.
Dans cet environnement favorable, la compagnie colombienne
a pu rapatrier rapidement tout le processus de production et mettre en
marché des motos de la même qualité que celles de
Jincheng. Une industrie nationale de la moto est en train de prendre forme
en Colombie.
« De la conception à la fabrication, de la gestion
à la vente et au service après-vente, nous avons remis tout
le trousseau de clefs à la Colombie », dit Ai, ajoutant que
ce modèle fructueux s’appliquera bientôt à l’Ouganda.
Des motos abordables
Ai dit que les motos de Jincheng ne doivent pas être
réservées aux bien nantis, mais être accessibles aux
citoyens moins riches des pays en développement. Tout en assurant
la qualité du produit, Jincheng a intégré des points
de vente locaux afin d’établir un réseau et de maintenir
ainsi les prix sous un contrôle efficace.
En acquérant une moto Jincheng longtemps convoitée,
un Nigérian a dit qu’elle allait changer sa vie, servant
à la fois de moyen de transport et de moyen de gagner sa vie. La
plupart des Nigérians ne pouvaient se permettre l’achat d’une
motocyclette, dit-il ; quelques chanceux avaient une moto de seconde main,
sans aucune sécurité.
La moto Jincheng est à la fois de haute qualité
et bon marché, remarque-t-il. En Afrique, plusieurs personnes comme
lui s’en servent comme taxi.
Actuellement, Jincheng détient 40 % du marché
de la moto au Nigéria. Tout en améliorant la circulation,
la moto a changé la vie du peuple.
Jincheng a un réseau outre-mer de service après-vente
mûr, qui comprend la fourniture de pièces et l’information.
Le service est fourni dans tous les pays où Jincheng vend des motos.
Plus de 200 postes d’entretien desservent les clients et gratuitement.
Synergie culturelle
Jincheng a aussi créé de nombreuses occasions
d’emploi dans les pays où la compagnie s’est implantée.
Sa popularité lui a permis de s’intégrer à
la culture locale. Selon Ai, Jincheng désire commanditer des programmes
éducatifs et culturels dans ces pays, en offrant des effets scolaires,
par exemple, et en organisant des concerts et autres événements
culturels à but non lucratif. En cela, Jincheng reçoit l’appui
enthousiaste des populations locales.
En Afrique, il existe une chanson appelée Okada
au sujet des motos-taxis Jincheng, et une danse qui l’accompagne.
Une Association des amis de Jincheng a été fondée
à Lagos, au Nigéria, l’an dernier.
Ai dit avoir découvert de « fausses » Jincheng
dans un pays d’Afrique. On lui a dit qu’elles venaient de
Chine, et cet embarras a fort affecté le personnel de Jincheng.
On a déjà trouvé une solution pour protéger
la marque originale. « Les motos truquées et de basse qualité
non seulement nuisent à l’image de Jincheng mais également
aux intérêts des consommateurs étrangers »,
évoque Ai.
Jincheng a incorporé la gestion des DPI dans sa R&D,
sa production et son marketing. En même temps, il collabore avec
la Douane de Chine pour prévenir l’exportation de produits
frelatés, et a lancé une action conjointe avec les agences
gouvernementales pour détruire les centres de fabrication de fausses
motos Jincheng en Chine.
Ai a demandé aux entreprises chinoises d’être
plus vigilantes dans la protection des DPI et d’honorer sérieusement
leurs engagements sociaux à cet égard. Il a aussi pressé
les fabricants de produits piratés de cesser leurs opérations
illégales immédiatement.
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