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Le marché de l’automobile
La pré-alarme donnée par une banque d’investissement
mondialement connue ne peut ébranler la détermination des
groupes automobiles transnationaux de développer continuellement,
mais avec prudence, leurs affaires sur le marché chinois, détermination
prise dans un esprit stratégique à long terme plein d’aventure.
Feng Jianhua
« Nous n’avons aucune intention de décélérer
», a dit Kevin E. Wale, directeur général du Groupe
GM Chine, quand il a parlé du marché automobile chinois
pour 2006 au début de février.
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Chaîne d'assemblage de voiture Chang'an Ford.
Xinhua
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Pour sa part, le grand producteur automobile Ford a dit être
prêt à développer ses affaires en Chine dans tous
les domaines et de façon accélérée. Il en
est de même pour les producteurs du Japon qui sont devenus de grands
gagnants sur le marché chinois en 2005. Quant à Volkswagen
AG d’Allemagne, son directeur général a exprimé
que sa compagnie a confiance dans son développement parallèlement
à l’industrie automobile de la Chine.
Cependant, il y a deux mois, la banque d’investissement
Morgan Stanley des États-Unis a publié ses prévisions,
avertissant que, en raison de la surcapacité de production automobile
croissante et de la baisse du prix de vente, des bénéfices
et du rendement de l’investissement dus à la concurrence
acharnée sur le marché, l’industrie chinoise ne serait
peut-être pas lucrative en 2006, et pourrait même connaître
une récession désastreuse en 2007.
La prévision de Morgan Stanley a été
une douche froide pour l’industrie automobile chinoise. Pourtant,
les stratégies de plusieurs groupes transnationaux comme GM et
Ford montrent que ces prévisions ont peu d’effet.
Alors, d’où vient la confiance dans l’industrie
automobile chinoise ?
En 2005, le marché automobile chinois a connu une croissance
à deux chiffres tant dans la production que dans les ventes. La
production s’est élevée à 5,71 millions d’unités,
et les ventes de voitures neuves à 5,92 millions. Pendant toute
l’année, à part les voitures de luxe dont les ventes
mensuelles ont baissé de 9 % par rapport à celles de l’année
précédente, les voitures de basse et moyenne gamme ont vu
leurs ventes mensuelles augmenter de 57 % et celles de moyenne et haute
gamme, de 49 %.
En dépit de la croissance de la production et des ventes,
les bénéfices ont continué à tomber en 2005.
Les statistiques du ministère du Commerce de Chine montrent que,
de janvier à novembre, les revenus des ventes de voitures ont augmenté
de 9 % sur la même période de l’année précédente,
mais les profits ont diminué de 30 %.
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Concessionnaire automobile à Beijing. Xinhua
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Selon les statistiques publiées par l’Association
de l’industrie automobile de Chine, dans la première moitié
de 2005, le taux de profit de ventes réalisé par l’industrie
automobile n’était que de 4,1 % ; la marge de bénéfice
devient presque aussi maigre que celle de l’industrie manufacturière
qui connaît la concurrence la plus acharnée.
Pourtant, la capacité de production est encore en forte
augmentation. D’après les statistiques de la Commission nationale
pour le développement et la réforme (CNDR), la capacité
de production automobile de la Chine a atteint 8 millions d’unités,
soit 2 millions de surplus par rapport à la demande. Néanmoins,
les chaînes de production de quelque 2,2 millions d’unités
sont en construction et, une autre capacité de production de 10
millions d’unités est en formation de projets. Selon Chen
Bin, directeur adjoint du Département des industries de la CNDR,
la capacité de la production totale pourrait atteindre 20 millions
à la fin de 2010, soit le double de la demande réelle.
À partir de 2001, l’industrie automobile chinoise
état restée autour du point d’équilibre de
l’offre et de la demande. L’année dernière,
vu la forte baisse du taux de profit et l’expansion rapide de la
capacité de production, la CNDR a décidé de donner
le feu rouge à l’industrie automobile du pays, prenant d’abord
la mesure de retirer définitivement ou suspendre le permis de production
automobile de 124 entreprises à travers le pays.
Par ailleurs, les autres services compétents vont bientôt
publier une série de mesures de contrôle en vue de limiter
l’expansion de la capacité de production.
Pourtant, certains initiés ont formulé un doute
sur l’interprétation de la surcapacité de production.
Jia Xinguang, premier analyste de l’Association de l’industrie
automobile de Chine, estime que pour les entreprises il faut avoir une
certaine marge de capacité de production en vue de laisser un espace
au développement ultérieur. Selon lui, la surcapacité
de production actuelle de 2 millions d’unités est acceptable
pour l’industrie automobile du pays.
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Circulation à Guangzhou. Xinhua
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D’ailleurs, les statistiques de la CNDR sont basées
sur les chiffres offerts par les entreprises. C’est monnaie courante
que des producteurs automobiles et des services compétents locaux
exagèrent la capacité de production et les programmes de
développement. Il est fort possible que les chiffres de la CNDR
aient été gonflés.
Jia a indiqué que la surcapacité de la production
relative reflétée par le surplus de capacité de production
inefficace et l’insuffisance de la capacité de production
efficace est en réalité la situation réelle de l’industrie
automobile en Chine. C’est-à-dire que la capacité
de production des petites entreprises sans marques connues est inefficace
malgré leur capacité de production minime, tandis que les
grands producteurs font face à une capacité de production
insuffisante. Par exemple, la compagnie automobile Chery n’a qu’une
capacité de production de 200 000 voitures et est obligée
de refuser les commandes de 1 000 voitures par mois.
Au XIXe siècle, la première voiture à
essence est née en Europe. Au XXe siècle, le centre de production
automobile s’est déplacé aux États-Unis. Dès
l’entrée dans le nouveau siècle, la stagnation du
marché de ventes de voitures règne en Europe et en Amérique,
et la situation des compagnies étatsuniennes surtout est grave.
Selon les statistiques récentes, en 2004, GM a vendu
8,08 millions de véhicules, se classant toujours au premier rang
du monde ; pourtant, par rapport à 2001, ses ventes ont décliné
de 220 000 unités. La compagnie Ford qui était le deuxième
grand producteur du monde a cédé sa place à Toyota
car elle n’a vendu que 6,43 millions d’unités, une
diminution de 570 000 par rapport à 2001.
La situation a été passable en Europe, mais
le marché faisait également face au ralentissement de la
croissance. En 2004, Volkswagen, le plus grand producteur automobile d’Europe,
n’a vendu que 5,07 millions d’unités, seulement une
augmentation de 30 000 unités par rapport à 2001.
Entre-temps, la demande s’accroît dans les nouveaux
marchés surtout au Brésil, en Russie, en Inde et en Chine.
La répartition géographique de l’industrie automobile
connaît un changement retentissant. Le rapport annuel le plus récent
publié par le cabinet de comptabilité KPMG aux États-Unis
indique que 88 % des fabricants de voitures croient que, avec de plus
en plus d’acheteurs en Asie, les marques locales asiatiques occuperont
une place de plus en plus grande dans les marchés mondiaux.
Plusieurs analystes prédisent que, en raison du déclin
grave des ventes de GM et de Ford, l’industrie automobile mondiale
sera probablement restructurée en 2006.
Par conséquent, dans le cas où les ventes d’automobiles
stagneraient aux États-Unis, au Japon et en Allemagne par exemple,
si les producteurs veulent rester debout dans les marchés qui pourraient
changer brutalement à tout moment, il leur faut chercher ou former
de nouveaux marchés grands et stables.
Ces dernières années, le marché automobile
de la Chine se développe rapidement et la croissance annuelle des
ventes reste toujours à deux chiffres. En 2003, la Chine a dépassé
l’Allemagne pour devenir le troisième grand marché
de consommation automobile. Selon la prévision de l’Association
de l’industrie automobile de Chine, la croissance de la production
et des ventes au pays atteindrait 12 % en 2006, soit 6,4 millions d’unités,
et les ventes de voitures neuves pourraient dépasser le Japon pour
se classer au deuxième rang du monde.
L’augmentation du revenu permet aux Chinois de posséder
des voitures. Pourtant, les embouteillages de plus en plus graves dans
beaucoup de grandes et moyennes villes ne peuvent affaiblir leur enthousiasme
d’acheter une voiture. En 2005, les voitures privées étaient
au nombre de 30 millions, ou 24 par 1 000 habitants, comparativement à
120 par 1 000 dans le monde et plus de 700 par 1 000 aux États-Unis.
À cet égard, le marché automobile de la Chine, surtout
les marchés de produits de basse et moyenne gamme, a un énorme
potentiel de développement et cela constitue l’attrait principal
pour les investisseurs étrangers.
À présent, les producteurs de voitures de l’étranger
et des coentreprises dominent le marché automobile de la Chine.
En raison des changements profonds du marché chinois, une nouvelle
vague de fusion et de remaniement leur fournit une bonne occasion d’expansion.
Toutefois, il faut reconnaître que risques et lacunes
existent encore sur le marché chinois. Par exemple, les règlements
concernant le crédit automobile et le système légal
pertinent sont incomplets, un nombre considérable d’acheteurs
de voitures ne font pas leurs versements. En outre, dans le commerce d’occasion
où les opérations des capitaux étrangers sont mûres,
la procédure légale est compliquée et les impôts
élevés perçus sur les voitures d’occasion ont
limité les profits des groupes à capitaux étrangers.
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