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En grande tenue
Beijing est en train de renouveler sa flotte d’autobus
pour augmenter le confort et protéger l’environnement.
Liu Yunyun
Comme un des moyens de promouvoir le transport en commun,
la municipalité est en train de renouveler une partie de sa flotte
d’autobus afin d’offrir le plus haut niveau de confort aux
passagers et de se rapprocher davantage des critères concernant
les émissions polluantes.
On se souviendra qu’un site internet étatsunien
avait décrit les autobus de Beijing en 1996 comme « âgés
de 200 ans… 200 au moins ». Si cette équipe de tournage
revenait en Chine maintenant, elle serait surprise des changements accomplis
depuis dix ans.
L’autobus demeure l’un des principaux modes de
transport dans les villes chinoises grâce à son bas prix.
Le Quotidien du peuple rapportait qu’en 2004, le total
des trajets effectués en autobus à Beijing seulement dépassait
4,3 milliards, soit 26,3 % des déplacements dans la capitale. On
estime que le chiffre pourrait avoir atteint 30 % en 2005, malgré
l’augmentation rapide du nombre de voitures.
Le 18 mars, une exposition d’autobus à Beijing
a attiré 23 fabricants qui ont exposé plus de 90 nouveaux
modèles. L’exposition était sous les auspices du Groupe
de transports publics de Beijing (entreprise d’État), du
ministère de la Construction et de l’Association de transport
public urbain de Chine. Trente producteurs de pièces détachées
y exposaient également.
Les compagnies de transports publics de dix villes de Chine
comme Shanghai et Tianjin ont visité l’exposition avec l’intention
d’acheter au total 7 985 autobus en 2006 dont 3 485 pour Beijing
seulement.
Selon Feng Xingfu, directeur général adjoint
du groupe Beijing Bus, une fois les nouveaux autobus mis en service, 2
000 véhicules de vieux modèles qui ne répondent pas
aux critères d’émission de gaz Euro III introduits
en 1999 (qui comportent cinq phases de réduction d’émissions),
seront éliminés. Beijing s’est engagée à
imposer les normes à tous les véhicules cette année.
Feng a révélé à Beijing information
que les nouveaux autobus sont équipés de sièges spéciaux
pour bébé. Pour permettre l’accès aux fauteuils
roulants, un simple bouton fait abaisser une plateforme jusqu’au
niveau du sol. Plusieurs sont équipés d’un service
de télévision. « Nos passagers pourront suivre les
Jeux olympiques de leur siège en 2008 », dit Liu Runfang,
responsable des relations publiques du groupe Beijing Bus. L’Administration
nationale de la protection de l’environnement a publié un
document en avril 2005 présentant les diverses phases de réduction
des émissions et les méthodes de mesure des polluants de
moteurs à essence qui seront appliquées à Beijing
en 2006 et partout au pays en 2007. Cette année, outre l’achat
de 2 385 autobus au diesel qui respectent les normes de Euro III, Beijing
Bus a introduit 1 000 autobus au gaz naturel compressé et 100 trolleys
qui peuvent fonctionner aussi à piles.
Fend a indiqué qu’avant les Olympiques de 2008,
tous les véhicules répondront aux normes de Euro III.
Le transport public, une priorité
Un rapport de World Resources Institute des États-Unis
montre que le nombre de voitures privées en Chine augmente de 15
à 20 % par année. Eric Orts, professeur à l’institut
Wharton de l’université de Pennsylvanie pense que le gouvernement
chinois devrait s’arrêter au développement d’un
système efficace de transport public qui puisse remplacer l’usage
croissant de la voiture.
Bien que les gaz émis par un autobus dépassent
ceux d’une voiture, Qiao Linong, ingénieur chez Beijing Bus,
fait remarque qu’un taxi prend au maximum quatre passagers tandis
qu’un autobus de 13,7 m de long peut en prendre 100. La pollution
par personne est donc considérablement réduite.
Le premier ministre Wen Jiabao a dit en 2004 qu’accorder
la priorité au transport public dans le processus d’urbanisation
est un juste choix. En janvier 2005, le gouvernement municipal de Beijing
a promulgué un plan général pour la région
métropolitaine jusqu’en 2020, revu et approuvé par
le Conseil des affaires d’État, et selon lequel le transport
public devrait être le mode de transport principal.
En 2005, Beijing Bus a acheté environ 4 000 autobus
pour plus de 3 milliards de yuans, en grande partie avec une subvention
gouvernementale. Cette année, malgré une faible baisse du
nombre d’autobus achetés, la dépense totale augmente,
dit Feng. La qualité est plus haute et certains autobus coûtent
plus d’un million de yuans. Il faudra donc 3 milliards de yuans
pour couvrir cet achat.
Prestations sociales
La Commission municipale de Beijing pour le développement
et la réforme estime que le prix moyen d’un abonnement mensuel
est de 33,18 yuans, alors que l’utilisation réelle est en
moyenne de 82,18 yuans. Donc, on fait face à un déficit
mensuel de 48 yuans par personne. En 2004, Beijing Bus a vendu plus de
16,55 millions de laissez-passer mensuels, une perte de près de
800 millions de yuans.
L’augmentation du prix du pétrole et le remplacement
de véhicules sur une large échelle ont placé un fardeau
financier sur les épaules de Beijing Bus, qui rejaillit sur le
gouvernement municipal. On n’est pas très optimiste face
à la possibilité d’incorporer des capitaux non d’État,
toutefois.
En octobre 1997, la première ligne d’autobus
de Beijing à investissement étranger, appelée ligne
Kang’en, fut mise en service. Il n’y avait pas de problème
jusqu’à ce que la compagnie hongkongaise dont elle relevait
transfère ses actions à une autre compagnie de Hongkong
qui a retiré son argent et n’a jamais investi dans l’entretien.
Le 24 juillet 2004, quand le dernier autobus Kang’en tomba en panne
sur la route, ce fut la fin de la coopération.
Liu Runfang dit que les véhicules de transport public,
surtout les autobus, requièrent un entretien ponctuel et un investissement
continu. Ils ne durent pas longtemps si on ne cherche qu’à
en tirer du profit. Il ajoute que le transport public fait partie des
avantages sociaux, et que la perte encourue dérivant du coût
des billets est une sorte de subvention du gouvernement aux citoyens.
Les passagers lèvent la voix
Il peut être difficile pour des gens d’autres
pays de comprendre les problèmes de transport des grandes villes
chinoises. Beijing, qui compte plus de 15 millions d’habitants,
près de la moitié de la population totale du Canada, est
très sujette aux embouteillages, et les résidants acceptent
difficilement d’être coincés dans des autobus bondés
aux heures de pointe. Chamailleries et hurlements sont fréquents
dans presque tous les autobus.
À Beijing un autobus roule à 10,2 km/h en moyenne,
moins vite qu’une bicyclette (12 km/h) et beaucoup moins vite qu’un
voiture (20 km/h). Plus de 72,5 % des personnes interrogées ont
dit que la lenteur des autobus, surtout aux heures de pointe, est leur
plus gros casse-tête.
Si la plupart des habitants de Beijing sont heureux d’apprendre
que davantage d’autobus seront mis en service, et qu’ils produiront
moins de gaz toxiques, plusieurs pensent qu’il n’est pas nécessaire
d’acheter des véhicules de luxe. « L’apparence
est importante mais pas essentielle. Notre gouvernement devrait viser
la performance », dit un utilisateur. On craint aussi la hausse
du coût des billets. Pour alléger la pression sur les passagers,
Mme He, croit qu’il serait utile d’augmenter le nombre d’autobus
ainsi que la fréquence, se plaignant qu’elle attend parfois
un bus jusqu’à une demi-heure. Mme Li pour sa part pense
que les arrêts sont trop rapprochés, ce qui fait perdre du
temps. Elle suggère en outre qu’une régulation sévère
interdise aux autres véhicules d’emprunter les voies réservées
aux autobus, ce qui ralentit encore ces derniers.
Le gouvernement municipal de Beijing en est à examiner
des façons de résoudre les objets de plainte des passagers.
En juin 2004, un centre moderne de contrôle du transport public
est entré en activité dans l’ouest de la capitale.
Chaque autobus qui passe dans cette zone est étroitement suivi
sur l’un des douze écrans et le contrôleur donne des
renseignements sur la circulation par radio. Vingt centres du genre seront
établis dans les prochaines années.
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