Nouvelle étape de développement des relations sino-marocaines

Yu Wensheng, chercheur à l’Institut des relations internationales contemporaines de Chine

Malgré la distance qui sépare la Chine et le Maroc, leurs peuples ont une longue histoire d’échanges.

Le 24 avril 2006, sur la place du palais à Rabat, le président Hu Jintao en compagnie du roi Mohammed VI du Maroc passe en revue la garde d'honneur.
Liu Jiansheng

Dans les temps modernes, les peuples des deux pays se sont témoigné sympathie et soutien dans la lutte pour la souveraineté et l’indépendance nationale, nouant une profonde amitié et jetant une base politique solide au développement des relations bilatérales dans tous les domaines.

En 1958, la Chine et le Maroc ont établi des relations diplomatiques. Le Maroc devenait donc le deuxième pays africain à le faire avec la Chine nouvelle. Depuis lors, les relations se développent avec succès, les échanges amicaux à tous les niveaux sont fréquents et la coopération sur tous les plans est fructueuse. Depuis le début du XXIe siècle, les relations bilatérales connaissent un développement harmonieux, les échanges de haut niveau augmentent et la coopération amicale s’élargit sans cesse dans les domaines économique, sanitaire, culturel, touristique, scientifique et technologique ; les deux parties ont une bonne communication et de la coordination dans les affaires internationales ainsi que dans le Forum de coopération Chine-Afrique et le Forum de coopération sino-arabe. Ces dernières années, la coopération économique et commerciale a connu un développement rapide, le volume du commerce augmente considérablement et le contenu de la coopération s’élargit constamment. En 2005, le volume du commerce bilatéral a atteint 1,484 milliard de USD, une hausse de 28 % sur la même période de l’année précédente. De 2001 à 2005, la croissance annuelle moyenne était de 35 %.

Maintenant, la Chine et le Maroc se trouvent dans une étape importante de réforme et de développement et assument la tâche impérieuse de développer l’économie ; renforcer la coopération bilatérale, s’inspirer l’un de l’autre et conjuguer les efforts pour le développement, c’est l’intérêt fondamental des deux pays et des deux peuples.

Lors de sa visite au Maroc cette année, le président Hu Jintao a formulé trois propositions. Primo, poursuivre les échanges de haut niveau, élargir encore les échanges entre les gouvernements, les parlements et les partis des deux pays, intensifier la concertation et la coordination dans les affaires internationales et régionales et promouvoir sur tous les plans la coopération amicale entre la Chine et le Maroc. Secundo, prendre des mesures pour élargir le commerce bilatéral, multiplier sans cesse les champs de coopération, intensifier notamment la coopération en matière de sciences, de technologies, de télécommunications, d’agriculture, d’exploitation des ressources gazières et pétrolifères, de prestation de services sous forme de contrats forfaitaires et de ressources humaines et encourager les entreprises des deux pays à investir dans l’autre partie. Tertio, promouvoir davantage la coopération dans les domaines éducatif, culturel, sanitaire et touristique entre les deux pays, organiser plus d’activités telles que des semaines culturelles, des festivals et des expositions, accélérer la mise en œuvre de l’accord bilatéral sur la coopération touristique et encourager les échanges entre les régions locales et les organisations non gouvernementales des deux pays.

Le roi Mohammed VI du Maroc a apprécié les propositions tout en estimant que la visite du président Hu permettrait d’insuffler une nouvelle vitalité aux relations bilatérales.

Ces dernières années, malgré l’élan de la coopération économique et commerciale, la croissance rapide du commerce bilatéral, l’intensification de l’investissement mutuel et l’augmentation de prestation de services sous forme de contrats forfaitaires, le déséquilibre commercial demeure un obstacle au développement sain du commerce bilatéral. En 2005, la Chine était le sixième fournisseur de marchandises, mais le vingtième importateur du Maroc. L’entrée de marchandises chinoises en quantité sur le marché marocain a causé un choc à certaines PME du pays. Pour résoudre le problème, le président Hu a présenté une proposition en quatre points.

1. Développer le commerce bilatéral pour équilibrer l’ensemble. Le marché chinois reste ouvert au Maroc et la Chine augmentera les importations de produits marocains pour intensifier la coopération commerciale entre les deux pays.

2. Identifier les secteurs de développement prioritaire et renforcer la coopération de l’investissement. La Chine continuera d’encourager ses entreprises puissantes à investir au Maroc. Il est possible que les deux parties intensifient la coopération d’investissement dans les domaines de l’agriculture, de la pêche, de l’exploitation des ressources gazières et pétrolifères.

3. Promouvoir la coopération dans les travaux publics sous forme de contrats forfaitaires pour élargir les champs de coopération. Les entreprises chinoises sont disposées à prendre part à l’exécution des projets marocains de construction d’infrastructures de routes, de chemins de fer, de tunnels et de télécommunications.

4. Renforcer la coopération touristique et resserrer les contacts personnels.

Le premier ministre du Maroc, Driss Jettou, a exprimé son assentiment à la suite de la proposition du président Hu Jintao.

Le Maroc se situe à l’extrémité nord-ouest du continent africain et est tout près de l’Europe. Grâce à sa position géographique, le Maroc a une grande possibilité de devenir un relais d’accès à l’Europe, aux États-Unis et à l’Afrique pour des marchandises chinoises. Lors de sa visite en Chine au début d’avril dernier, Fassi Fihri, sous-ministre des Affaires étrangères du Maroc et envoyé spécial du roi Mohammed VI, a notamment évoqué les accords de libre-échange avec l’Union européenne, les États-Unis et d’autres pays, disant qu’il souhaite que la Chine encourage les entreprises chinoises à installer des usines au Maroc pour produire avec la main-d’œuvre et les matières premières locales. Selon lui, les produits peuvent être exportés vers l’Europe et les États-Unis, sans restrictions de droits douaniers ni de quota. Un fonctionnaire marocain a indiqué que la visite de Fassi Fihri avait pour but de renforcer la position de la Chine au Magreb et de faire du Maroc une plateforme commerciale d’accès à l’Europe et à l’Afrique pour la Chine. Par ailleurs, le gouvernement marocain a exprimé qu’il accorderait des mesures préférentielles aux entreprises chinoises pour faciliter leur investissement et leur établissement d’usines au Maroc. Sans doute l’investissement chinois au Maroc sera-t-il profitable à chacun des deux pays, puisqu’il contribue non seulement au développement de l’économie marocaine et à la solution, dans certaine mesure, du problème d’emploi, mais aussi à l’exploitation des possibilités d’accès au marché international pour les produits chinois.

Ces dernières années, le Maroc augmente sans cesse l’investissement dans la construction d’infrastructures, et chaque année sont mis en chantier de nombreux projets importants de construction en matière de télécommunications, de routes, d’alimentation en eau, de barrage et de villes satellites. Cela montre que le marché des travaux publics a un grand potentiel. Actuellement, des entreprises chinoises prêtent une attention de plus en plus grande au Maroc et beaucoup d’entre elles veulent participer à la construction d’infrastructures dans ce pays.

Le Maroc est un grand pays touristique et le tourisme constitue la source principale de ses revenus en devises. Depuis 1998, la croissance moyenne annuelle des revenus touristiques dépasse 10 %. En 2005, le Maroc a reçu 6 millions de touristes de l’étranger et les revenus ont dépassé 4,4 milliards de USD. Prenant en considération le marché chinois, le Maroc espère que le nombre de touristes chinois atteigne10 millions en 2010.


 
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