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Enfin une loi contre le monopole!
Wang Jun
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Cao Kangtai explique le projet de loi antimonople
au Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale.
cnsphoto
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Kang Xiaoming, qui travaille à Beijing pour une étude
légale de Hongkong, est actuellement en détachement aux
quartiers généraux de Honkong. Elle téléphone
à son mari chaque jour car il n’en coute que 0,25 HKD la
minute sur son appareil cellulaire. Au contraire, son mari doit payer
1,5 yuan la minute (6 fois plus) pour l’atteindre de Beijing car
son cellulaire dépend du réseau China Mobile.
Hongkong, qui couvre une étendue de 1 103,72 km2 et
a une population de 6,9 millions, a six fournisseurs compétitifs
de services pour téléphone portable, mais la partie continentale
du pays, avec un territoire de 9,6 millions de km2 et 1,3 milliard d’habitants,
n’en a que deux - China Mobile et China Unicom, tous deux propriété
d’État. En 2005, CM a gagné 243,04 milliards de yuans,
une augmentation de 26,3 % sur l’année précédente,
et des profits nets de 53,55 milliards de yuans (+28,3 %). Les gains de
CU, au contraire, ont été de 87,05 milliards de yuans, une
hausse de 10,1 %. Mais la situation pourrait changer avec la loi antimonopole
sur laquelle l’APN délibérait du 23 au 29 juin.
Bien que la Chine ait déjà la Loi contre la
compétition par des moyens inappropriés, la Loi sur les
prix, la Loi sur le commerce extérieur et quelques autres décisions
sur les fautes professionnelles comme la corruption commerciale, l’abus
de pouvoir du marché par le monopole, des accords contre la compétition
et sur la fixation des prix, l’efficacité de ce cadre légal
contre le monopole est limitée. Une loi antimonopole était
nécessaire pour coordonner les procédures éparpillées
des diverses agences gouvernementales.
Le projet en 8 chapitres, 56 articles, contient des stipulations
pour bannir les accords monopolistes, l’abus de domination du marché
et les monopoles administratifs de même que sur l’investigation
et la poursuite pour actes monopolistes.
Monopoles administratifs
Conséquence de l’économie planifiée,
les agences gouvernementales sont intervenues dans l’économie
avec leurs pouvoirs administratifs, menant à des monopoles dans
certains domaines et industries comme l’électricité,
le pétrole, le gaz, les chemins de fer, les télécommunications
et l’aviation civile.
« L’économie de marché et la compétition
de marché ne sont pas mûres, les règles non plus.
Comme les monopoles naturels, les monopoles administratifs nuisent la
juste concurrence, a dit à Beijing Information Meng Yanbei,
un professeur de droit à l’université Renmin de Chine.
De plus, la Chine a peu d’exemples internationaux pour l’inspirer
dans ce domaine.
Briser les monopoles administratifs est le point le plus important
de la nouvelle loi élaborée en 2004 par le ministère
du Commerce et l’Administration nationale de l’industrie et
du commerce. Dans le projet de loi de 2005, le chapitre complet en cinq
articles sur le bannissement des monopoles administratifs avait été
réduit, et lorsque le projet de loi a été soumis
au Conseil des affaires d’État en avril 2006, le chapitre
entier était enlevé. Toutefois, lors de la délibération
finale par le Comité permanent de l’APN, il avait été
réinséré.
Un expert, qui désire conserver l’anonymat, attribue
ces changements à des raisons compliquées derrière
l’émergence des monopoles administratifs en Chine et à
la forte opposition de certains départements de l’industrie.
Cai Kangtai, directeur du Bureau des affaires législatives
du Conseil des affaires d’État, n’est pas tellement
optimiste. « Les monopoles administratifs sont intimement liés
à la réforme économique et à la réforme
du système administratif. Une loi ne peut résoudre tous
les problèmes », dit-il.
Traitement spécial
Une commission spéciale sera établie par le
Conseil des affaires d’État pour coordonner le travail antimonopole.
Son établissement montre au moins que le gouvernement attache de
l’importance à la question, explique Meng. Toutefois, le
sujet fait encore l’objet de controverse. Le projet dit seulement
que la commission antimonopole sera composée de fonctionnaires
responsables des départements gouvernementaux concernés
ainsi que d’experts, mais ne détaille pas sa fonction. De
plus, le projet stipule que le travail sera appliqué par une autre
institution relevant du Conseil des affaires d’État mais
sans rien dire de la relation légale entre la commission antimonopole
et ce corps exécutif.
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Fujian Nanping Nanfu Battery Co., Ltd., premier producteur
de piles de Chine, est revendu à Gillette, son concurrent
étatsunien, après avoir fait l'objet d'un achat
international. CFP
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Actuellement, plus de dix départements sont impliqués,
selon Shi Jianzhong, professeur à l’université de
Sciences politiques et de Droit de Chine. Par exemple, l’Administration
nationale de l’industrie et du commerce a établi une division
antimonopole il y a dix ans. En 2003, la Commission nationale pour le
développement et la réforme a voté les Régulations
provisoires sur le bannissement des prix monopolistes, et s’est
attribué le pouvoir de traiter elle-même ces questions. Depuis
son établissement, le ministère du Commerce joue maintenant
un rôle très important dans l’élaboration de
la loi antimonopole.
Le projet n’indique pas clairement la relation entre
ces divers départements, « ce qui peut mener à une
juridiction redondante et à des lacunes dans l’application
de la loi », dit Shi.
Fusion
Depuis 1992, la Chine a absorbé plus de 320 milliards
de USD d’investissements directs étrangers et en même
temps, de plus en plus d’investisseurs étrangers achètent
des entreprises chinoises, surtout les grands noms. Des entreprises chinoises
sont même vendues à leurs concurrents étrangers une
fois que les fonds d'investissement internationaux ont gagné l'argent
dans ces entreprises.
L’ex-directeur du Bureau national des statistiques,
Li Deshui, a prévenu en mars que l’augmentation des rachats
étrangers dans certaines industries pilier menaçait la sécurité
de l’économie chinoise. De façon à réduire
les fusions qui réduisent la vigueur du marché, la loi antimonopole
stipule que toutes les fusions au-delà d’un montant désigné,
autant par les compagnies à capitaux étrangers qu’à
capitaux nationaux, devront d’abord être approuvées.
Dans le plus récent projet, si le volume total de l’année
précédente de toutes les parties de la transaction dans
le marché mondial dépasse 12 milliards de yuans et 800 millions
de yuans dans le marché chinois, il faut l’approbation. En
2005, le projet disait respectivement 5 milliards et 200 millions de yuans.
Selon un fonctionnaire, les critères ont été
fixés d’après des études de l’Académie
des sciences sociales de Chine, des expériences des États-Unis,
du Canada, de l’Allemagne et du Japon, des chiffres fournis par
le Bureau national des statistiques, de même que les résultats
du premier Recensement économique national. Selon ces critères,
la plupart des fusions n’ont pas besoin d’être rapportées
de sorte que les entreprises peuvent augmenter leur compétitivité.
En même temps, les critères assurent que les fusions qui
pourraient conduire à la dominance du marché soient sujettes
à approbation.
La Loi antimonopole, dit Meng, profitera aux consommateurs
en créant une compétition de marché plus équitable.
Quant à son influence sur les affaires, Meng dit qu’ainsi
toutes les compagnies feront face aux mêmes occasions et défis,
peu importe le type de propriété. Ce que le milieu doit
faire maintenant, c’est de participer davantage aux discussions
sur ce qu’on appelle « la constitution d’un domaine
économique ».
Lors d’un séminaire organisé par le Bureau
des affaires législatives du Conseil des affaires d’État
en aout 2005, les représentants de onze compagnies à capitaux
étrangers comme General Electric, Panasonic et GlaxoSmithKline,
de même que la Chambre de commerce de l’Union européenne
en Chine et celle des États-Unis en Chine, ont exprimé leur
inquiétude face aux critères gérant l’obligation
de rapporter une fusion, qu’ils jugent trop bas.
Meng est optimiste devant la nouvelle loi antimonopole. «
Le développement économique de la Chine requiert une telle
loi et je pense qu’elle pourra bientôt être adoptée
après les dernières révisions. Au moins, elle ne
sera pas totalement abandonnée pour être remplacée
par une toute nouvelle », a-t-il dit à Beijing Information.
Comme le Comité permanent de l’APN sollicite
l’opinion publique sur le projet de loi, Meng et ses collègues
entendent proposer quelques suggestions pour améliorer les détails.
Par exemple, dans le procès pour déterminer si une entreprise
est en position de domination du marché, on devrait pouvoir présenter
des contrepreuves.
Selon la Loi sur la législation de la Chine, en général,
un projet de loi doit être discuté à trois reprises
par le Comité permanent de l’APN avant d’être
soumis au vote. Comme le comité se réunit tous les deux
mois, il faut au moins six mois pour qu’une loi soit adoptée.
Si une proposition n’est pas adoptée dans les deux ans, elle
est éliminée.
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