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Tout ce que vous vouliez savoir sur le chemin de fer Qinghai-Tibet
Lisa Carducci
La ligne ferroviaire qui permet d’aller en 48 heures
de Beijing à Lhassa entre en opération, à l’essai,
le 1er juillet. Il aura fallu cinq ans pour achever ces travaux extrêmement
difficiles à cause de l’altitude d’une part, et du
pergélisol sur 550 km d’autre part.
Construction « environnementale »
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Le train part de Beijing. Photo: Tang Shaoming
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Ceux qui s’inquiètent des animaux sauvages qui
vivent le long du tracé de la voie ferrée seront heureux
de savoir que la réserve de Hoh Xil, de 45 000 km2, a été
totalement protégée, de même que les passages naturels
des antilopes tibétaines. On n’a pas dérangé
les animaux; ce sont les hommes qui ont fait un détour. De plus,
les déchets de construction ont été ramassés;
rien n’est resté sur les lieux. Une centaine de volontaires
ont vu pendant les cinq années de construction à ce que
l’environnement soit parfaitement protégé. Aussi toute
la végétation perturbée a été restaurée
dans son état original.
Le mal d’altitude
La ligne ferroviaire qui va de Golmud, au Qinghai, à
Lhassa, au Tibet, s’étire sur 1 142 km, dont 86 % à
une altitude de 4 000 m. C’est un tronçon de la ligne Qinghai-Tibet
qui atteint une longueur totale de 1 956 km. L’élévation
culmine a 5 072 m dans les monts Tanggula.
L’organisme humain commence à sentir la raréfaction
de l’oxygène à 2 500 m au-dessus du niveau de la mer,
et les effets sont ce qu’on appelle « mal d’altitude
». Pourtant, aucun ouvrier n’a subi de menace à sa
vie car des mesures préventives avaient été prises
et sur tout le parcours, la surveillance et les soins médicaux
suivaient les travailleurs.
Wu Tianyi, un médecin qui se spécialise dans
l’étude des problèmes d’altitude depuis quarante
ans, a trouvé l’occasion de mettre à profit les fruits
de sa recherche. Depuis 2001, il a mis son expérience au service
des travailleurs et prévenu les autorités gouvernementales
que « les leçons couteraient du sang » si l’on
ne suivait pas strictement les lignes de conduite que ses collègues
académiciens et lui avaient mis des décennies à établir.
Les voyageurs aussi devront prendre des mesures de protection
avant d’entreprendre le voyage. D’abord, se renseigner sur
le mal d’altitude lui-même et ses symptômes : mal de
tête, nausée, vomissement, étourdissement, malaise,
insomnie et perte d’appétit. Dans les cas graves, le malade
peut éprouver des difficultés respiratoires, sentir un serrement
pectoral, éprouver de la confusion, une perte d’équilibre
ou la léthargie, qui sont des manifestations de l’enflure
du cerveau. Aujourd’hui l’internet fourmille d’information
sur le sujet.
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Le train traverse les monts Tanggula. Photo: Gesang
Dawa
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Aussi ne faut-il pas se croire assuré à vie
que parce qu’on est déjà allé au Tibet et qu’on
n’a pas subi le mal d’altitude. Certaines personnes ont connu
des problèmes graves après leur vingtième voyage!
Tout dépend de l’état de santé du moment.
De plus, il ne faut pas relâcher la surveillance pendant
le séjour en altitude. Un simple rhume, par exemple, s’il
n’est pas correctement traité, pourrait endommager en permanence
les voies respiratoires et le système immunitaire. Le changement
de climat et de nouvelles conditions environnementales peuvent causer
la diarrhée, laquelle peut engendrer la déshydratation grave.
Il est donc important de subir un examen médical avant de partir
et de se munir de médicaments.
Très important encore de protéger ses yeux et
sa peau du soleil en portant des verres fumés, un chapeau à
large bord et en se couvrant de crème anti-UV. De plus, comme la
température du haut plateau change très rapidement au cours
d’une même journée, il vaut mieux disposer d’une
gamme de vêtements divers.
Surtout les premiers jours - pendant l’acclimatation
- le voyageur qui arrive d’une altitude beaucoup inférieure
évitera de faire des efforts physiques, de courir et même
de marcher vite et changer de position rapidement. La nervosité
peut exacerber la réaction à la haute altitude; donc, on
doit chercher à rester calme et se reposer autant que possible.
Au lit, multiplier les oreillers peut aider à mieux respirer.
Quant à l’alimentation, il est préférable
de consommer peu de matières grasses et de prendre un repas léger
le soir. La consommation d’alcool prive le corps de son oxygène
et peut même causer des saignements du tube digestif.
En fait, les dangers sont réels, bien qu’il ne
faille pas les maximiser au point de craindre le voyage au Tibet, et il
est prudent de ne jamais s’aventurer seul en excursion.
À bord du train
Fabriqué par la coentreprise canado-chinoise Bombardier
Sifang Power Transportation Ltd., le train, vert foncé à
l’extérieur, se compose de seize wagons, soit deux de couchettes
molles, huit de couchettes dures, quatre de sièges, un restaurant
et une locomotive.
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Animaux sauvages dans la réserve de Hoh Xil.
Photo: Han Yuqing
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À bord du train, des bonbonnes d’oxygène
sont installées dans chaque wagon et au moins un médecin
fera partie du personnel de chaque voyage.
Les wagons de couchettes molles sont équipés
d’un lecteur de cédérom, d’un téléviseur
et d’un système d’appel au personnel de bord. Des sources
électriques permettent de recharger son téléphone
cellulaire, son ordinateur ou son appareil photo. Les wagons de sièges
durs comptent 98 places, contre 108 dans un train ordinaire, et les sièges
rembourrés sont inclinables, comme dans un avion.
Les fenêtres sont plus grandes qu’à l’habitude
et les vitres sont teintées contre les rayons ultraviolets. Plusieurs
tronçons du parcours offrent un « film » naturel :
des montagnes parsemées de yacks, des ânes sauvages qui broutent
le long de la voie ferrée, des lacs qui brillent au soleil comme
des pierres précieuses incrustées dans la verdure, des touffes
de fleurs rouges au printemps, des flocons de neige en hiver ou même
la bourrasque qui bouleverse le monde tandis qu’on est bien au chaud
à l’intérieur. De plus, des arrêts sont prévus
pour permettre aux voyageurs de descendre du train et d’admirer
les paysages pittoresques et les animaux en liberté.
Les toilettes fonctionnent par aspiration sous vide et système
d’égouts à compresseur de matières solides,
et sont désinfectées automatiquement. Une salle de bains
est réservée aux personnes handicapées.
Quarante-quatre personnes à la fois peuvent prendre
un repas au wagon restaurant. Six chefs, tous des hommes, et six serveuses,
offriront aux clients un menu de mets tibétains et chinois pour
le moment. Vu l’altitude, on doit recourir à l’autocuiseur
à pression.
Toutes les portes coulissantes du train sont décorées
de motifs tibétains.
Des renseignements sur le parcours, l’altitude, la température,
les lieux traversés sont affichés en tibétain, chinois
et anglais, et il y aura toujours du personnel capable de s’exprimer
dans ces trois langues.
Mais à quel prix?
Voilà une question que le public se pose de puis longtemps.
Les horaires et prix ont enfin été annoncés le 26
juin.
Le T27 quitte la gare de l’ouest de Beijing à
21 h 30 pour arriver à Lhassa à 20 h 58 le troisième
jour, soit une course de 47 heures 28 minutes. Le T28 part de Lhassa à
8 h et arrive à Beijing exactement 48 heures plus tard.
Selon qu’on choisisse un siège dur, une couchette
dure ou une molle, les prix entre Beijing et Lhassa sont respectivement
de 389 yuans, 813 (couchette du bas) et 1 262 yuans. Le billet le plus
cher équivaut donc à la moitié environ d’un
billet d’avion, soit 2 540 yuans.
Les gares
La nouvelle gare de Lhassa, de style tibétain traditionnel,
compte deux étages. Elle a ceci de particulier que ses couleurs
rouge, jaune et blanc ne sont pas l’effet de peinture mais de ciment
coloré.
Le parcours de 4 064 km est étayé d’arrêts
à Shijiazhuang (Hebei), Xi’an (Shaanxi), Lanzhou (Gansu),
Xining et Golmud (Qinghai). Les voyageurs peuvent monter à chacune
des cinq stations intermédiaires entre les deux extrêmes.
Trois lignes lient Lhassa à de grandes villes du pays
soit vers Beijing, vers Chengdu/Chongqing, et vers Xining/Lanzhou.
(Les renseignements ont été puisés dans
diverses éditions récentes du China Daily.)
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