Nouvelle page de la cause internationale des droits humains

À l’occasion de la première session du Conseil des droits humains de l’Onu tenue le 20 juin à Genève, le sous-ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a prononcé un discours intitulé « Coopération harmonieuse pour écrire une nouvelle page de la cause internationale des droits humains ». En voici des extraits.

Élection des 47 premiers membres du Conseil des droits humains, dont la Chine, la France, la Russie et l'Angleterre, lors de l'Assemblée générale de l'Onu le 5 septembre 2005. Zhao Peng

Le 16 juin 2006, la Commission des droits humains de l’Onu s’est retirée de la scène historique après soixante ans d’élaboration des documents internationaux des droits humains, de lutte contre le colonialisme et l’apartheid, et de sensibilisation à l’esprit des droits humains. Malgré son travail, elle s’est retirée avec une réputation entachée à cause de sa conception de la guerre froide, des conflits politiques qui ont traversé son existence, de sa mentalité de double critère et de son parti-pris envers des cibles déterminées. Cette situation qui allait à l’encontre du courant historique ne pouvait continuer.

Dans le monde actuel, la paix et le développement restent à réaliser. Certains pays et peuples souffrent de la guerre, des conflits et de la pauvreté. La communauté internationale n’a jamais été aussi consciente qu’aujourd’hui du fait que la paix, le développement et les droits humains s’influencent mutuellement et jettent une base à la sécurité collective et au bonheur de tous.

La fondation du Conseil des droits humains est le choix commun de la communauté internationale en vertu de l’époque, et une réforme importante du mécanisme des droits humains de l’Onu. La résolution 60/251 de l’Assemblée générale de l’Onu a revêtu le Conseil d’un statut plus élevé, d’une compétence plus large et d’une capacité d’action plus forte. Le nouveau conseil pourra-t-il honorer sa mission ? Le monde entier attend de voir.

Il incombe aux pays membres de l'Onu, et à ceux du Conseil des droits humains en particulier, de faire preuve de volonté politique et de poser des gestes concrets pour établir un conseil réellement dynamique et efficace. Pour ce faire, le gouvernement chinois aimerait énoncer les points de vue suivants.

Premièrement, la pleine jouissance des droits humains n'est possible que dans un environnement de paix. Le Conseil des droits humains devra continuer à suivre de près la violation brutale et massive des droits humains provoquée par les conflits armés, soutenir les efforts de la communauté internationale pour prévenir les conflits, rétablir la paix et lutter contre toute forme de terrorisme. Nous soutenons le Conseil pour qu’il continue à se préoccuper en priorité de la situation dans les territoires palestiniens occupés afin que le peuple local jouisse le plus tôt possible de tous les droits humains dont l’autodétermination nationale.

Deuxièmement, la pleine jouissance des droits humains n'est possible qu'avec un développement durable. La mondialisation économique ne profite pas équitablement à tous les pays. La jouissance des droits humains dans les pays en développement est sérieusement compromise par la pauvreté, la maladie et la dégradation de l'environnement. Le Conseil devra corriger les défauts de la Commission des droits humains qui concrétisait rarement ses paroles dans la promotion des droits économiques, sociaux et culturels, mobiliser la communauté internationale et les organismes de l'Onu en faveur de mesures efficaces, soutenir le droit au développement de tous les pays, aider les pays les moins développés à éliminer la misère, parvenir au développement équitable qui intègre tous les peuples.

Troisièmement, la pleine jouissance n'est possible que dans une société harmonieuse et tolérante. Les préjugés et la discrimination issus de la différence de race, de couleur, de sexe, de langue et de religion existent encore dans le monde. Le Conseil devra s'attacher en particulier aux droits des femmes, des enfants, des personnes handicapées, des travailleurs migrants et des ethnies minoritaires, généraliser l'enseignement des droits humains, former une culture des droits humains, construire une société harmonieuse où chacun bénéficie de la même dignité. Nous soutenons le Conseil dans l’adoption au plus tôt de la Déclaration sur les droits et intérêts des indigènes à travers d’amples consultations.

Quatrièmement, la pleine jouissance n'est possible que par le dialogue constructif et la coopération. Les conflits politiques sont à l'origine de la chute de crédibilité de la Commission des droits humains. La réussite du Conseil des droits humains dépendra en grande partie de la possibilité d'établir des relations d'égalité et de confiance entre les pays au niveau de développement et de système social différents, et de traiter les divergences de façon constructive. Nous devrons surmonter de nombreux obstacles dans ce domaine. Le mécanisme d'examen de la situation des droits humains qui vise quelques pays en particulier doit être réformé, et on n’y recourra qu'en cas de violation brutale et massive des droits humains. L'examen périodique devra assurer le même respect à tous les pays, grands ou petits, puissants ou faibles, quelles que soient leur histoire, leur culture et leur religion.

Cinquièmement, la pleine jouissance des droits humains n'est possible qu'avec un système de garantie efficace.

De la Commission, nous héritons d’un système complet de protection internationale des droits humains. Le Conseil des droits humains devra procéder aux réformes nécessaires tout en préservant des aspects positifs du système existant.

Nous préconisons de restructurer le mécanisme spécial de l'ancienne Commission, clarifier les règles de conduite, améliorer la crédibilité, la justice et l’efficacité. La Chine souhaite renforcer le Haut Commissariat des droits humains, élargir sa représentativité régionale et sa compétence, afin de mieux servir les pays membres en leur fournissant l'information et l'assistance technique, et se soumettant à leur surveillance.

La nation chinoise a connu l’invasion étrangère et la mêlée des « seigneurs de la guerre ». Ayant longtemps souffert de la guerre, des conflits et de la pauvreté, elle est consciente du prix de la paix, de l’importance du développement et de la valeur des droits humains. La fondation de la République populaire de Chine a changé radicalement le sort de la nation chinoise, et le peuple est entré dans une nouvelle époque où il est maître de son propre destin. La Chine a entrepris la réforme et l’ouverture en 1978 et a parcouru depuis vingt-huit ans le chemin qui a requis d’autres pays une centaine d’années. La vie du peuple a réalisé un bond de la pauvreté à l’aisance. Les Chinois jouissent d’une liberté sans précédent dans les domaines de la mobilité, du choix de l’emploi, de l’accès à l’information, de la religion et du mode de vie. La Chine a largement contribué à la promotion de la cause internationale des droits humains.

La Chine est le plus grand pays en voie de développement. Le lourd fardeau historique, la population énorme et la pression exercée par les ressources et l’environnement font que les causes économiques et sociales, dont les droits humains, ne peuvent s’épanouir en un jour. Conformément à la conjoncture nationale et à l’époque, le gouvernement chinois s’efforce de créer une société harmonieuse en mettant en valeur la primauté de l’homme et le concept scientifique de développement. Nous tenons à promouvoir le développement au profit du peuple et en comptant sur le peuple. Nous nous attachons à la valeur, aux intérêts et à la liberté de l’homme, tenons compte de la qualité de vie, du potentiel de développement et de l’indice de bien-être du peuple, et œuvrons à réaliser le plein progrès de l’homme. Nous apprécions l’équité sociale et la protection des intérêts des faibles, mettons l’accent sur l’édification du droit et de la démocratie, et poussons avec prudence la réforme du système politique. Nous avons inclus « l’État respecte et protège les droits humains » dans la Constitution, mot d’ordre selon lequel nous faisons progresser la cause nationale des droits humains, remplissons strictement les devoirs de la Convention internationale des droits humains, et engageons le dialogue dans ce domaine avec les pays du monde sur une base d’égalité et de respect mutuel.


 
24 Baiwanzhuang, 100037 Beijing République populaire de Chine.