La 27e équipe médicale partira pour la Mauritanie

Xin Wan

La province du Heilongjiang, dans le nord de la Chine, a envoyé plus de mille travailleurs médicaux en Mauritanie au cours des trente-huit dernières années. Ces équipes ont soigné environ un million de patients. La 27e équipe médicale est prête à partir.

Sur les traces de son père

Yang Fengcai, âgé de 77 ans, a travaillait trois ans en Mauritanie comme membre de la 3e équipe médicale de Chine.

Un médecin chinois en Afrique. Fei Maohua

« Même si nous connaissions les conditions climatiques de Mauritanie, nous étions très surpris, à notre descente d’avion, de la température de 40°C et du vent chargé de sable », se rappelle Yang. La population locale vivait dans des tentes, et l’équipe médicale chinoise dans quelques maisons de bois. Dans le désert, pas d’électricité. La seule génératrice que nous avions apportée servait principalement pour l’équipement médical. La vie était dure. La nuit, nous sortions nos lits en plein air car il faisait trop chaud à l’intérieur.

Yang travaillait dans l’une des régions les plus pauvres de la Mauritanie. « On avait des opérations chirurgicales tous les jours, dit Yang. Avant l’ouverture le matin, les patients faisaient déjà la queue devant le poste médical. En cas de paludisme et de choléra, on devait traiter une centaine de malades par jour. Et tout était gratuit. »

Yang se souvient encore d’un secours d’urgence à une malade. Un après-midi, le travail était presque fini. Seulement Yang et une infirmière étaient au poste médical, tandis que les autres étaient allés dans la capitale pour une réunion. Une jeune femme est entrée, les deux mains sur le ventre. L’examen a révélé une obstruction intestinale aiguë ; la vie de la femme était en danger, et il fallait une intervention immédiate. Normalement, il fallait quatre ou cinq personnes pour faire une opération ; cette fois-là, elle a été faite par deux. Puis Yang a soigné la malade jour et nuit pendant trois jours. Il lui apportait de l’eau de riz et la femme s’est remise. Elle a demandé à garder une bol comme souvenir.

Au début de 2006, le fils de Yang, qui est également médecin, s’est inscrit à la 27e équipe médicale dont on lui a confié la direction. La décision du fils a eu l’appui du père.

Succéder à l’épouse

Il y deux hommes dans l’équipe médicale, Sui Weidong et Xu Guoqiang. C’est la première fois qu’ils vont en Mauritanie, mais ce pays ne leur est pas étranger car leurs épouses y ont travaillé.

Zhang Li, la femme de Sui Weidong, est anesthésiste. En 2002, lorsque Zhang est partie pour la Mauritanie avec la 25e équipe, leur enfant n’avait que cinq ans. Elle n’oublie pas un accident sur la route vers un poste médical. Un torrent en crue dévalant des montagnes inondait la voiture, et les membres de l’équipe n’avaient où se mettre à l’abri. À ce moment, un camion est arrivé et les a sauvés.

Yi Zhihong, la femme de Xu Guoqiang, praticienne de médecine traditionnelle chinoise, était membre de la 24e équipe médicale. Elle était renommée en Mauritanie comme « l’aiguille miraculeuse de Chine ». En deux ans, elle a soulagé un millier de personnes par l’acupuncture, la moxibustion et le massage. Le travail dur lui a fait perdre beaucoup de poids.

Un travail à haut risque

L’inquiétude de l’équipe médicale n’est pas due aux essaims de mouches, ni aux serpents qui peuvent glisser dans la maison à tout moment, mais au sida et au paludisme. Chaque jour on peut être infecté.

En Mauritanie, la plupart des patients doivent être soignés pour des maladies externes ou en gynécologie et obstétrique. L’opération chirurgicale est un contact direct avec le patient. S’il est sidatique ou porteur du VIH, le danger est grand pour les chirurgiens qui, par exemple, se coupent pendant une intervention.

Dans les grands hôpitaux de Chine, les patients doivent subir un test de VIH avant une opération. Mais on n’en a pas les moyens en Afrique. Les équipes médicales ont leur méthode de prévention, porter deux paires de gants pendant l’opération, et suturer les plaies lentement pour éviter de se piquer. Grâce à ces précautions, personne n’a été infecté par le VIH pendant trente-huit ans.

Cette année, on a donné pour la première fois une formation psychologique aux membres de l’équipe. Dong Bin, qui a fait partie de quatre équipes médicales, dit qu’on pourrait se sentir isolé à cause du mode de vie différent. On doit se préparer psychologiquement au travail à risque et à la séparation d’avec les siens.


 
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