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Piège de la mort tous les jours
Chijioke Ft Ndukwe
Quand je suis arrivé en Chine, une de mes premières
surprises a été de voir des hommes offrir des cigarettes
librement et ouvertement, comme un geste de bonne volonté, aux
amis, visiteurs ou collègues, à la manière dont on
offre des noix de kola ou des boissons aux invités au Nigeria.
Une autre surprise a été de voir des fumeurs partout, dans
les autobus, taxis, restaurants, bureaux, presque toutes les places publiques,
sans punition, et les gens à côté indifférents.
Même, j’ai vu dans des restaurants des hommes fumer en mangeant
et buvant. J’étais curieux, mais personne ne semblait ennuyé.
J’ai deviné que c’était une partie de la culture.
Quelques semaines plus tard, j’ai fait connaissance
avec quelques amis à Cixi, une ville près de Ningbo dans
la province du Zhejiang. Ils étaient vraiment hospitaliers et chaleureux.
Mais certains d’entre eux sont des fumeurs. Un soir, deux amis m’ont
invité à dîner dans un café.
« Vous fumez? » m’a demandé l’un
d’eux. J’ai répondu : « Non, je ne fume pas.
» Ils me regardaient incrédules. La deuxième question
était « Pourquoi? » J’ai répondu très
simplement que c’était mauvais pour la santé. Ils
ont ri et dit d’une même voix: « Il n’y a pas
de quoi. »
Alors est venue une autre question : « Vous buvez de
la bière? » Ma réponse était encore «
Non. » - «Pourquoi? » - « Ce n’est pas bon
pour ma santé non plus. » - « Alors vous n’êtes
pas un homme », ont-ils conclu finalement. « En Chine, si
un homme ne fume ni ne boit, il n’est pas un homme. » J’ai
répondu avec un sourire sec : « Alors, je ne suis pas Chinois.
»
La consommation de tabac est un point chaud dans le monde
d’aujourd’hui. Les phénomènes les plus inquiétants
sont que de plus en plus de jeunes achètent et consomment du tabac
sans punition, le mauvais effet sur les « fumeurs passifs »,
ainsi l’augmentation du taux de mortalité de maladies liées
à la consommation de tabac.
Seulement en Chine, pays qui a le taux le plus élevé
de tabagisme, le nombre de fumeurs approche 500 millions, non compris
les jeunes fumeurs qui sont assez importants. Environ 80 % des fumeurs
en Chine sont des hommes et garçons contre 20 % de femmes et filles.
Le problème est que les cigarettes sont facilement accessibles
en Chine. Elles sont vendues dans tous les coins et achetées par
n’importe qui. Bien que le gouvernement central ait publié
récemment une indication aux vendeurs de refuser de vendre aux
mineurs, la directive est loin d’être respectée strictement.
Réalité paradoxale, la prohibition semble augmenter le taux
de consommation de tabac parmi les mineurs.
Qui doit être blâmé ? Le problème
résulte principalement d’un mauvais phénomène
social. Quand son collègue est un fumeur, on est susceptible d’être
influencé ; quand le père ou la mère fument, leur
enfant est susceptible d’être influencé aussi. Dans
les écoles, un professeur qui fume ne peut interdire à ses
étudiants de fumer. C’est pourquoi on voit parfois des étudiants
apprendre ouvertement à fumer.
L’été dernier, j’ai rencontré
un vieil ami dans une rue animée de Cixi. Il faisait chaud et humide.
Certains passants tenaient à la main des bouteilles d’eau
froide, d’autres, une crème glacée, alors que mon
ami fumait comme une cheminée. Juste à côte de lui,
il y avait un grand panneau avec une inscription « Le tabac : dangereux
pour la santé ». Les mots s’étaient écrits
en anglais et en chinois. J’ai demandé poliment à
mon ami de lire ce panneau. Il y a jeté un coup d’œil
et m’a réfuté que son grand-père avait 95 ans,
mais fumait encore au moins dix cigarettes par jour.
Il a dit qu’il suivait son grand-père, sans arrêter
de fumer. Je n’ai pas continué de discuter avec lui et nous
sommes rapidement passés à autre chose. Nous avons gardé
contact par des messages courts. Au début de cette année,
quelques semaines avant le 26e anniversaire de mon ami, son frère
cadet m’a téléphoné pour dire que mon ami était
malade. Je ne pouvais pas l’identifier quand je l’ai vu à
l’hôpital. Il était atteint d’une bronchite aigüe.
Étendu sur le lit, il souffrait de la toux et de douleurs. Son
état s’est amélioré trois semaines plus tard
; il a quitté l’hôpital avec l’avertissement
strict du docteur « cessez de fumer si vous ne voulez pas mourir
dans un proche avenir ». Il a alors renoncé au tabac. Il
m’a dit qu’il n’aurait pas touché une cigarette
s’il avait su qu’elle avait un tel effet mortel.
À mon avis, il est tout à fait raisonnable et
utile que les compagnies de cigarettes changent de produits pour des produits
bons pour la santé. Bien sûr, il y aurait des pertes si ces
compagnies devaient fermer et réinvestir, mais le gain est toujours
accompagné de douleur. Un bon remède est amer au goût.
Si l’on perd un emploi aujourd’hui, on pourra en trouver un
autre demain. Mais qui meurt aujourd’hui ne renaîtra certainement
pas demain.
L’auteur est un Nigérian travaillant dans la
province du Zhejiang.
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